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Sommaire 2013 :

  • 20 Janvier :
    • Un empereur "calvophobe" ? Chauve qui peut, voilà Caligula ! : Clic !
  • 27 Janvier :
    • Jacques Paradoms a changé d'adresse : Clic !
  • 18 Février :
    • Réédition d'un roman antiquisant oublié : L’Orgie latine de Félicien Champsaur : Clic !
  • 27 Avril :
    • Les empereurs les plus importants ? : Clic !
  • 29 Avril :
    • Des œuvres à la gloire d'Hadrien ? : Clic !
  • 5 Mai :
    • Et si on reparlait un peu de la mort de la reine Cléopâtre ? : Clic !
  • 13 Mai :
    • Les Césars, le site sur l'Empire romain des élèves du collège J.-F. Oeben (Paris 12) : Clic !
  • 2 Octobre :
    • Quelques infos sur la jeunesse de Trajan : Clic !
 
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"EMPEREURS ROMAINS"
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20 Janvier 2013
Sacha a écrit :
(…) Lors d'un séjour d'études en Italie, mon professeur m'avait dit qu'un empereur romain, atteint de paranoïa, voulait tuer tous les chauves de l'empire car il croyait que ces derniers conspiraient contre lui. Je suis en train d'écrire un livre et je voudrais faire mention de ce fait historique. Pourriez-vous me dire de quel empereur il s'agit et quels historiens romains ont évoqué la paranoïa de cet empereur ?
 
 
 
RÉPONSE :

À vrai dire, cette histoire de paranoïa impériale envers les chauves n'évoque absolument rien chez moi.
Je lis toutefois sur cette page web esca2009.wordpress.com que l'empereur Caligula "était vraiment fou. Une preuve supplémentaire en est dans le fait qu’un matin, il se réveilla avec la phobie des chauves, ce qui l’incita à donner en pâture aux fauves du Cirque, affamés par une disette volontaire, tous les chauves. On imagine l’horrible carnage !"

Je ne sais pas où l'auteur de ce texte a été pêcher cette info, mais moi, je ne la trouve chez aucun auteur ancien (voyez par vous-même sur cette page qui compile les sources antiques relatives au "César Caius", alias Caligula www.mediterranees.net).

Je me demande toutefois s'il n'y aurait pas eu comme un télescopage de deux anecdotes.
L'une, colportée par Suétone, affirme que, les fauves du cirque venant à manquer de nourriture, Caligula visita les prisons, "et, sans examiner la cause de la détention de chacun des prisonniers, (…) condamna aux bêtes tous ceux qui y étaient renfermés." (voyez : bcs.fltr.ucl.ac.be). Et, cet autre commérage, rapporté quant à lui par Dion Cassius : "Ayant un jour vu un groupe soit de captifs, soit d'autres gens, il (= Caligula) donna l'ordre d'égorger tout, depuis le chauve jusqu'au chauve, comme dit le proverbe." (Voyez /www.mediterranees.net).

Ce qui, évidemment, ne signifie pas pour autant que Caligula fit trucider - en les jetant aux lions ou autrement - tous les chauves de Rome - voire de son vaste empire !…

 

caius cesar, caligula

 

 
 
 
27 Janvier 2013
Jacques Paradoms a écrit :

Voilà déjà un certain temps (et même un temps certain) que vous avez consacré une page à ma bibliographie.
Entre-temps, l’adresse de mon site a changé.
En voici la nouvelle (avec une nouvelle présentation) : http://jacquesparadoms.eu.

jacques paradoms
 
 
 
 
18 Février 2013
Karine CNUDDE a écrit :

Nous vous informons de la réédition récente par notre maison, d'un roman antiquisant de Félicien Champsaur qui n'avait pas été republié depuis le début du 20e siècle.

L’Orgie latine est une épopée lyrique dans la Rome de l’empereur Claude et de Messaline, celle que l’on surnomme Luxuria, et un formidable roman au parfum de scandale, version intense et sensuelle des chefs-d’œuvre que sont Quo Vadis ?, Ben-Hur ou Les Derniers Jours de Pompéi.

« Karysta la Tanagréenne, tu danseras trois fois… à tous et à toutes plairont tes mimes… Mais le nuage engloutit ton étoile ; comme fait un griffon d’un oiselet…Tu danseras trois fois encore, et tu mourras… Ainsi parle le Destin par ma bouche. » La prophétie de Géo, celle qui lit l’avenir dans les cartes, se réalisera-t-elle ? Sépéos l’Égyptien saura-t-il l’empêcher ? Le gladiateur Manechus, surnommé le Roi du Glaive depuis sa victoire sur le nègre numide Golias, parviendra-t-il à rester le maître des munera ? Filiola, la douce servante de l’auberge des gladiateurs, adepte de la foi nouvelle, sera-t-elle jetée aux lions ? Tous ces héros échapperont-ils aux destins tragiques que leur réserve Messaline, l’impératrice scandaleuse, ivre de jouissance et de triomphe ?

Cet ouvrage, comme tous ceux de la maison peuvent être commandés dans n'importe quelle librairie ou en nous envoyant un simple mail à levampireactif@free.fr.
Nous sommes référencés sur Electre et Dilicom.

Karine CNUDDE,
Présidente de l'association Le Vampire Actif Éditions
http://www.vampireactif.com

L'ORGIE LATINE, Félicien Champsaur

Paru le 8 Février 2013 :

 
orgie latine, felicien champsaur  
(édition établie et présentée par Hugues Béesau et Karine Cnudde)
 

ISBN : 978-2-917094-08-2

EAN : 9782917094082
482 pages
20€

 
 
 
 
27 Avril 2013
Léa a écrit :
Ma professeur de Latin m’as demandé de faire un exposé, je vous donne le titre : Portraits d’Empereurs : la difficile succession de César.
Je n’ai juste ça comme renseignements sur l’exposé et je voulais savoir si vous pouviez me donner la liste des plus importants empereurs qui ont succédé César, car j’ai vu qu’il y en avait beaucoup et que je pouvais pas tous les mettre.
 
 
 
RÉPONSE :

Effectivement, pour votre exposé, mieux vaut s'en tenir aux empereurs les plus importants, c'est-à-dire ceux qui ont fait évoluer l'institution impériale, ou transformé, parfois radicalement, l'Empire romain. Et ceux-là peuvent finalement presque se compter sur les doigts d'une main :

  • À tout seigneur, tout honneur ! Tout d'abord, évidemment, AUGUSTE (27 av. J.-C. - 14 ap. J.-C). Fils adoptif et héritier de Jules César, il fut le vrai fondateur de ce que nous appelons "l'Empire romain", et en fut le premier empereur.
  • TRAJAN (98-117). Grand bâtisseur et grand conquérant, il porta l'Empire romain à son extension géographique maximale (voyez cette carte).
  • Deux siècles plus tard, CONSTANTIN (306-337) se convertit au christianisme et fonda l'Empire chrétien.
  • Vingt ans après la mort de Constantin, son neveu JULIEN, dit "l'APOSTAT" (361-363) tenta de restaurer le culte des dieux païens. Il échoua…
  • THÉODOSE, dit "le GRAND" (378-395) fit du catholicisme la seule religion officielle de l'Empire qui, à sa mort, fut divisé entre ses deux fils. C'était le début de la fin.
  • Et 70 ans après la mort de Théodose, la messe était dite (si j"ose dire) : l'insignifiant ROMULUS AUGUSTULE (475-476) fut le dernier empereur d'Occident. Rien qu'un fantoche, une marionnette aux mains des chefs barbares qui gouvernaient réellement ce qui restait de l'Empire romain.
octave auguste trajan constantin le grand
     

U

Julien dit l'Apostat

theodose le grand romulus augustule

Il me semble que vous avez là de quoi orienter vos recherches. Pour bénéficier d'une vue d'ensemble sur la succession des empereurs romains, vous pourrez toutefois encore jeter un coup d'œil sur ces pages (Clic ! et Clic !) qui présentent des notices succinctes sur tous les empereurs ainsi que sur des éléments de civilisation romaines. Éventuellement, vous pouvez aussi vous référer à cette correspondance avec un autre sympathique internaute qui désirait connaître l'empereur le plus important de chaque dynastie.

Je vous souhaite bon courage, bonne chance et grand succès pour votre exposé.

 

 
 
 
29 Avril 2013
Will a écrit :
Après avoir lu attentivement vos pages au sujet d'Hadrien, j'aimerais savoir quelles œuvres ont été érigées à sa gloire durant son règne.
Merci d'avance
 
 
 
RÉPONSE :

Je suis désolé, mais je ne comprends pas bien votre question…
S'agit-il des monuments édifiés en l'honneur d'Hadrien ou souhaitez-vous savoir de quelles œuvres littéraires nous disposons pour appréhender la vie et la personnalité de cet empereur ?

S'il s'agit des monuments, je ne suis, hélas, guère compétent. Je m'intéresse davantage aux faits et gestes des empereurs qu'aux mouvements artistiques ou aux styles architecturaux de l'Antiquité romaine. Je sais que l'empereur Hadrien fit radicalement rénover le Panthéon, dont on peut encore admirer de nos jours la splendide coupole. Toujours à Rome, il fit aussi construire un Mausolée "à sa gloire", que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Château Saint-Ange. Et enfin, n'oublions pas non plus, dans la banlieue de Rome, à Tivoli, la Villa Hadriana, où Hadrien fit aménager des évocations de quelques-uns des plus spectaculaires paysages de son empire.

Voyons maintenant les sources littéraires relatives au règne d'Hadrien…

Probablement soucieux du jugement que la postérité réserverait à son règne, Hadrien avait pris la précaution de rédiger ses mémoires. Peut-être aussi cet empereur quelque peu fiérot de son petit talent littéraire estimait-il que personne d'autre que lui n'était digne - ou capable - de relater la vie de l'homme exceptionnel qu'il croyait être.
Malheureusement cette autobiographie d'Hadrien n'est pas parvenue jusqu'à nous. Une perte d'autant plus regrettable que les sources antiques sur le règne d'Hadrien ne sont pas légion !

En fait, l'essentiel de ce que nous savons de cet empereur est concentré dans deux œuvres seulement :

Hadrien (117-138)

  • Dans le chapitre 69 des Histoires de Dion Cassius, un auteur qui écrivait environ un siècle après Hadrien. (Traduction française : www.mediterranees.net)
  • Dans la Vie d'Hadrien d'un recueil tardif (fin du IVe siècle) de biographies impériales, connu sous le nom d'Histoire Auguste (Traduction française : www.mediterranees.net)

Sinon, des renseignements épars peuvent encore être trouvés dans :

 

 
 
Conclusion de Will :
Merci de votre réponse qui m'a bien aidé, et excusez-moi pour ne pas avoir été très clair dans mon précédent mail.
Je vous remercie encore.

 

 
 
 
5 Mai 2013
Lætitia a écrit :

Déjà, je me dois d'initier ma petite lettre électronique, par mes fortes impressions positives, ressenties à la lecture de vos textes historiques tout en proses… Un style que j'affectionne particulièrement, si bien que votre site aura été ajouté avec plaisir à mes favoris. Bien qu'en tant que linguiste et littéraire aguerrie, je ne puis m'empêcher d'émettre de critiques constructives, à des écrits, qui auront retenu mon attention, me faisant ressentir différentes émotions, car sachez qu'actuellement ma lecture actuelle du soir, c'est le contenu de votre site, moi-même ayant un trait grand attrait pour l'histoire de "Rome", aussi bien des rois, à la république, passant par la guerre civile puis l'empire et pour continuer avec sa chute et les âges qui ont suivi pour abréger… Je noterai donc quelques trop grandes répétitions en ce qui concernera les appellations de Cléopâtre par exemple (mais je ne m'en tiendrai qu'à votre style qui m'a captivé, je le répète), et à noter, pas mal d'erreur de frappe, je pense…

Et justement, venons-en à votre chapitre sur l'histoire d'Octave, et la mort de Cléopâtre… Il est maintenant reconnu que les écrits, ainsi que les paroles du grand orateur qu'est notre cher Auguste César, était fort romancé et de parti pris (pour lui-même), tout n'a jamais été que manipulations, ce qui a fait sa grandeur nonobstant…

De facto j'ai pensé à la lecture de votre récit sur l'empereur Auguste, qu'il serait peut-être bon de nuancer son histoire…
Il ne serait pas impossible, qu'Octave ait lui-même assassiné Cléopâtre IX, pensant qu'il serait bien trop compliqué d'aller l'exhiber sur la place du forum, tel un trophée de prise de guerre, à Rome, ce qui plaisait énormément à la plèbe à cette époque.

Simple hypothèse pour le moment (bien que pour toute science, tout ne soit jamais qu'hypothèses balayées et tombant en désuétude à l'arrivée de chaque nouvelle hypothèse - mais je ne m'arrêterais certainement pas là-dessus, car je pourrais malheureusement en disserter pendant des heures, et c'est de plus ce que j'ai commencé à faire). Octave pensant tirer profit en relatant ainsi la mort de Cléopâtre, a finalement fait de cette histoire une légende, qui devient presque un mythe…

 
 
 
RÉPONSE :

Un grand merci pour ce message, très sympathique, ainsi que pour l'intérêt - lui aussi fort sympa - que vous portez à mon travail. Et toutes mes excuses pour les "coquilles" qui trop souvent déshonorent ma prose : il est déjà passablement malaisé de détecter ses propres erreurs en se relisant, mais sur un écran, c'est le pompon !

Difficile de savoir ce qui s'est réellement passé à Alexandrie, au mois d'août de l'an de grâce 30 av. J.-C. Suicide d'Antoine, suivi de celui de Cléopâtre ? Règlements de comptes entre triumvirs avec liquidation du couple scandaleux des ennemis vaincus ? Exécution de la seule Cléo ? Vu le caractère partial des sources dont nous disposons, tout est envisageable.

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de regarder un documentaire télé ("Qui a tué Cléopâtre ?" de Lisa Harney, G.-B., 2004) où une "profileuse" d'ingéniait à prouver la culpabilité d'Octave dans la disparition de Cléopâtre. Je ne me souviens pas de tous les détails, mais cette "démonstration" ne m'avait pas totalement convaincu.
Il est possible - comme vous l'écrivez d'ailleurs - qu'il était "compliqué" de transférer la reine captive à Rome et que son l'exhibition sur le Forum représentait un risque superflu. Certes !… Mais la participation, en chair parfumée et en os délicats, de l'Égyptienne au triomphe du futur Auguste eût été le point d'orgue, la cerise sur le gâteau, le grain de sel de Guérande sur le foie gras, l'épluchure de truffe dans l'omelette baveuse de la propagande qu'il avait mise en œuvre dès qu'il avait pris la décision de se débarrasser de son rival d'Orient. Avec Cléo endossant le rôle de l'ennemie vaincue, le triomphateur aurait pleinement manifesté, urbi et orbi, qu'il avait été entraîné - contre son gré, cela va de soi - dans une guerre étrangère, et non mené, par pure rivalité interpersonnelle, une guerre civile contre un rival qui lui faisait de l'ombre, son collègue et beau-frère Antoine.

À mon avis, Octave n'avait donc nul intérêt à liquider Cléopâtre avant qu'elle ne tienne son dernier rôle à Rome. Et s'il l'avait tuée malgré tout, il n'aurait probablement pas pris la peine de maquiller cette exécution en suicide : à l'inverse de son père adoptif Jules César, le nouveau maître de Rome n'avait pas de réputation de mansuétude à soutenir ! Politicien pragmatique, davantage porté à la vengeance qu'à la clémence et dénué de tout scrupule, il préférait inspirer d'abord une crainte salutaire à ses adversaires, quitte à joncher son ascension que quelques cadavres exemplatifs. Cléopâtre, ennemie proclamée de Rome, aurait ainsi subi le juste châtiment dévolu à cette engeance, et la messe aurait été dite ! L'exécution de son "demi-frère" Césarion, pourtant révoltante, fut pleinement assumée par la propagande augustéenne. Nul ne protesta, comme personne n'aurait moufté si Octave avait décidé de faire passer Cléopâtre de vie à trépas.

cleopatre reine d'egypte octave, auguste, octavien antoine

A priori - conscient que tout est conjecture et qu'il n'existe aucune preuve historique susceptible de valider cette hypothèse plutôt qu'une autre -, je me satisfais donc de la version traditionnelle du drame. Antoine meurt, après un suicide un peu bâclé. Cléopâtre le pleure, mais tente quand même, en derniers recours, de séduire Octave, qui fait mine de ne pas comprendre. Et enfin, la reine, consciente qu'aucune humiliation ne lui sera épargnée, se suicide - grâce au venin d'une vipère, pourquoi pas ?… Et si Octave fut quelque peu désappointé par le désistement de la future star de son spectacle romain, il s'en remit bien vite et passa cet accident par "pertes et profits". Qu'importait la mort de la reine dès lors que la guerre était gagnée et que la richissime Égypte était devenue son domaine personnel !

NOTE COMPLÉMENTAIRE (8 Décembre 2013)

Une pièce supplémentaire à verser au (volumineux) dossier de la mort de la reine Cléo : l’avis de Pierre COSME sur la question, exprimé dans sa récente biographie d’Auguste :
Le 12 août, quand Octavien reçut, par l'intermédiaire d'Epaphrodite, un billet dans lequel Cléopâtre demandait à être enterrée auprès de Marc Antoine, il était trop tard. On retrouva la reine morte, revêtue d'une robe somptueuse et de tous les insignes royaux, avec deux suivantes qui l'avaient accompagnée jusque dans la mort. Quelques traces de piqûres à son bras firent penser à la morsure d'un aspic qu'un paysan lui aurait apporté dans une corbeille de fruits ou de fleurs à la fin de son repas. Mais Dion Cassius évoque également l'emploi possible d'une aiguille empoisonnée qu'elle aurait tirée de ses cheveux. Après de vaines tentatives d'aspiration du venin et d'administration de contrepoisons à la défunte, Octavien dut se résoudre à se passer de l'exhibition de la reine d'Égypte à son triomphe.` Il n'est pas sûr qu'il ait tant regretté cette issue. Il pouvait en effet craindre un revirement de l'opinion romaine qui aurait pu faire preuve de compassion à l'égard de cette femme enchaînée, devenue bien inoffensive après avoir été présentée comme une grave menace. Arsinoé, la propre sœur de Cléopâtre, exhibée dans des circonstances analogues au triomphe de César en 46, n'avait-elle pas su émouvoir la plèbe urbaine ? Plutarque évoque le rôle équivoque joué par le jeune Cornelius Dolabella qui aurait dévoilé à la reine les projets de son vainqueur, peut-être d'ailleurs à la demande de celui-ci. Octavien pouvait de toute manière se consoler en pensant que le dernier obstacle qui le séparait encore des ressources du royaume lagide avait disparu. Cléopâtre fut inhumée avec son dernier époux dans son mausolée. C'était une manière habile pour le vainqueur de manifester une clémence comparable à celle du divin Jules, tout en confortant l'image d'un Marc Antoine victime de son mirage oriental.
(Pierre COSME, Auguste, Perrin, 2005)
auguste, pierre cosme

 

 
 
 
13 Mai 2013
L'équipe du site www.les-cesars.fr écrit :

Nous sommes la classe latiniste de troisième du collège J.-F. Oeben (Paris 12), et nous réalisons dans le cadre de notre scolarité un site internet. Ce site que nous construisons depuis le début de l'année a pour sujet l'Empire romain : Les Césars.

site les cesars, collège J.-F. Oeben
 
 
 
 
2 Octobre 2013
Hadrianus a écrit :

Une nouvelle fois, je suis amené à vous consulter car je n’ai pas trouvé sur votre site qui est une mine de renseignements, la réponse à mon interrogation.

Que savons-nous sur la prime jeunesse de Trajan (fils de M. Ulpius Trajanus et futur empereur) ? Il me semble que son année de naissance n’est pas certaine (53 ou 56 voire une autre), ni son lieu de naissance (Italica voire Rome). Peut-on cependant penser qu’au vu de la carrière de son père, il grandit à Rome ?

Merci par avance de votre réponse.

 
 
 
RÉPONSE :

Effectivement, le père de Trajan effectua un cursus honorum très… honorable puisqu'il le mena jusqu'au proconsulat d'Asie (en 79-80). On peut donc penser que le petit Trajan et sa mère le rejoignirent à Rome dès le début de sa carrière politique, au début des années 60. Le futur empereur avait alors environ 7 ans : sa date de naissance, à Italica, en Espagne, est généralement située - sans certitude absolue - vers 53 ap. J.-C.

trajan

Personnellement, je n'ai pas pu recueillir beaucoup d'informations sur la jeunesse de Trajan. Seulement, quelques éléments dans les Douze autres Césars de François FONTAINE, un auteur sérieux qui, pour tenter de reconstituer le livre perdu de Marius Maximus, continuateur des biographies impériales de Suétone, a compilé tous les textes disponibles d'historiens des IIIe et IVe siècles, dont les œuvres nous sont parfois parvenues fort mutilées.

Voici ce passage :

Il (= Trajan) n'était pas destiné à demeurer à Italica car son père avait déjà rejoint Rome, attiré croit-on par la faction espagnole qui se formait là autour des Sénèque et des Lucain de Cordoue. Il commandait une armée en Orient lorsque Vespasien accapara là-bas le pouvoir que s'étaient disputés à mort les prétendants à la succession de Néron. Il n'eut pas à hésiter et entra dans la clientèle des Flaviens. Il combattit les juifs aux côtés de Titus et eut un petit triomphe à Rome. Puis il servit Domitien. Sénateur, consul et gouverneur d'Asie, sa carrière fut prudente et heureuse. II mourut peu après l'avènement de son fils, mais on n'a pas entendu dire qu'il ait participé à son élévation. Il paraît, au contraire, qu'il le garda près de lui dans des commandements modestes dès sa seizième année et qu'au lieu de le préparer aux grandes charges civiles dans les prestigieuses universités, il le laissa dix ans de suite exercer la fonction de tribun militaire en Orient et sur le Danube. Certains prétendent que c'est Trajan lui-même qui fit ce choix tout à fait inhabituel chez les jeunes laticlaves que l'ambition ramène vite à Rome, dans des charges administratives où ils peuvent se faire remarquer par le prince. Or le prince fut quelque temps - un temps trop court, hélas - Titus, qui était un camarade de Trajan. Mais ce dernier avait décidé de ne devoir rien qu'a lui-même et d'exercer à tous les niveaux, à commencer par les plus modestes, la stratégie et l'art du commandement. Si bien qu'a vingt-cinq ans déjà il n'en ignorait plus rien.
Il revint à Rome où l'attendait impatiemment sa sœur Marciane. Celle-ci, plus âgée que lui de dix ans, était la première du nom à s'implanter dans la capitale de l'Empire, et elle y mit la même application et la même ambition bien contrôlée qui caractérisent cette famille de provinciaux solides. (…) Quand il fut à Rome, Trajan parcourut une carrière civile sans éclat. J'ai eu beaucoup de peine à retrouver les traces de son action comme questeur en 78, et comme préteur en 84. Pline n'a eu garde d'en parler au cours de son Panégyrique, car il lui eût fallu dire que Domitien n'avait pas persécuté tous les gens de bien. A plus forte raison ne souffle-t-il mot du consulat dont Trajan fut investi en 93, en même temps qu'Acilius Glabrio qui, lui, moins chanceux et peut-être imprudent, fut condamné par l'autocrate à combattre un lion dans les arènes d'Albe.
Mais on a toutes raisons de penser que Trajan fut alors à Rome, comme il l'était aux armées, consciencieusement attaché à son travail administratif d'édile et de gestionnaire financier, et qu'en tant que préteur il s'initia à la pratique du droit. Dans les époques difficiles, le meilleur moyen de se disposer sans risques au pouvoir est d'en exercer chacune des fonctions à des niveaux modestes. Tout en évitant d'être vu, on a l'occasion de voir l'ensemble des rouages qu'on ne verra plus des hauteurs où l'on sera brusquement porté quand la chance reviendra. (…)
Au demeurant, nous savons que toute cette période ne se déroula pas pour lui dans l'ombre des bureaux, mais que de belles échappées lui permirent de retrouver le cadre aéré des provinces et la vie rude des légions où il s'épanouissait. On le revit en Germanie, sur le Danube. Il était en Espagne, commandant de la IIIe Gemina lorsque le légat de Germanie supérieure, Antonius Saturninus, entra dans une rébellion irréfléchie contre Domitien et souleva ses quatre légions dont il s'était approprié la caisse de retraite pour mieux leur faire des libéralités, après s'être assuré de la complicité des Germains. Ceux-ci devaient traverser le Rhin pris par les glaces pour lui venir en renfort. Sur quoi, il se déclara empereur. Cet Antonius prétendait descendre du fameux Triumvir. Domitien, dès qu'il apprit le fait, se mit en route pour aller combattre l'usurpateur avec ses prétoriens et envoya l'ordre à Trajan de le rejoindre à marche forcée. Cette équipée reste comme un exploit militaire, et la VIIe Gemina partit de Tarragone pour gagner Aoste par Narbonne, Arles, Vienne, Chambéry, puis par Avenche elle remonta en peu de jours jusqu'à Vindonissa. Mais là déjà, le légat de la Germanie inférieure, Lappius Maximus, à la tête de la VIIIe Augusta, avait défait son collègue Saturninus. Le Rhin ayant subitement dégelé, l'appui des barbares manqua au rebelle qui périt avec beaucoup de ses amis et présumés complices
Trajan avait fait preuve de loyalisme sans avoir eu à combattre ses camarades légionnaires, double avantage.
" (François FONTAINE, Douze autres Césars, Julliard, 1985).