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Janvier Juillet 2011 (page 2/3)

Sommaire Janvier Juillet 2011 : Clic !

 
 
4 Mars 2011
Daniela a écrit :

Je trouve votre "soit disant" apport aux latinistes lamentable et peu constructif.
La longueur de vos textes, vos anecdotes et commentaires personnels sont décevants et pathétiques !

Je suis mère d'une élève à qui on a conseillé ce site, et bien je m'empresserai pour le déconseiller à tout le monde !
J'ai été incapable de comprendre les étapes de vie de chaque empereur, tellement l'information part dans tous les sens et tellement vos propos sont mêlés de tentatives avortées d'humour.

Les empereurs romains étaient certes dans la débauche, la vulgarité, les écrits des auteurs latins relatent cela avec détails croustillants, et cela ne me choque pas.

C'est burlesque et indécent : un style pompeux, faussement comique et l'information noyée dans des tonnes d'anecdotes, les unes plus inutiles que les autre.

J e m'interroge sur le sens de ce site, un défouloir pour l'auteur ? il ne sert qu'à faire perdre du temps car pour lire une bio et extraire les points principaux de la vie de chaque empereur il faut s'armer de patience et écumer l'info du détail tout aussi "croustillant" qu'inutile. Je me répète, désolée, mais ça doit venir de la lecture de votre site.

 
 
 
RÉPONSE :

Que vous répondre sinon que je suis navré - sincèrement - que mon site internet consacré aux empereurs romains vous ait si profondément déplu. J'aimerais vous dire que je vais m'employer à l'amender… Mais puisque les notices que vous critiquez sont présentes sur la Toile depuis plus de onze ans, qu'elles ont été consultées par près de deux millions de visiteurs, et qu'elles n'ont, jusqu'ici, suscité que quelques remarques irritées, et aucune aussi virulente, je me permettrai d'attendre encore d'autres avis résolument négatifs avant de me mettre à l'ouvrage.

Amicalement (mais oui !)

Lucien J. Heldé - Webmaster site www.empereurs-romains.net/

 

 
 
 
5 Mars 2011
Michel ELOY (Site peplums.info) a écrit :

(…) Daniel-Rops, à propos de la crucifixion de Jésus, fait observer que, par pudeur, les Romains crucifiaient les femmes face contre le bois. Mais (dans mon édition en tout cas) il n'y a pas de note infrapaginale pour me donner la source.
Renan, dans sa Vie de Jésus, ne fait pas allusion à cette chaste prévention.

Sais-tu d'où Daniel-Rops tiendrait cette info ?

 
 
 
RÉPONSE :

 

Comme pour le tien, "mon" Daniel-Rops ne fournit aucune référence à son allégation d'une crucifixion féminine face au bois de la croix.

Personnellement, j'avais précédemment lu cette assertion chez notre bon vieux Robert Ambelain, qui la commente en ne perdant pas l'occasion de se ficher quelque peu de la très catholique balle dudit Daniel-Rops.

Pour l'éviter d'aller trifouiller dans son bouquin, je cite :
“[La crucifixion] était le châtiment des séditieux, des malfaiteurs, des esclaves rebelles. À ce titre, on perçait les paumes des mains qui avaient refusé l'obéissance, la discipline, la servitude, le travail. Pour éviter que les mains ne se déchirent sous le poids du corps, on enfonçait un robuste clou de charpente au-dessous du périnée de l'homme, et cette « béquille » ajoutait le supplice du chevalet à celui de la crucifixion. Les femmes étaient crucifiées face au bois, non par pudeur, comme l'imagine naïvement Daniel-Rops en « Jésus en son temps », mais parce que leurs formes charnues ne permettaient pas de les asseoir sur ce barreau. Et ainsi accrochées face au bois, ce clou aux angles rudes blessait et la vulve et le périnée, peut-être même, en certains cas, le vagin de la crucifiée. Les pieds étaient percés à leur tour, en châtiment de la fuite qui accompagnait généralement la rébellion.” (Robert AMBELAIN, Jésus ou le mortel secret des Templiers, Robert Laffont, 1970).

Ouais, ouais !!
A priori, l'explication techno-anatomique d'Ambelain ne me convainc guère plus que la pudibonde de Daniel-Rops. Je ne vois vraiment pas en quoi "les formes charnues" l'anatomie féminine interdiraient d'asseoir les suppliciées sur cette "béquille", et ce aussi bien par-devant que par derrière !

robert ambelain, jesus, secret des templiers

J'ai bien peur que, si crucifixion inversée il y eût (ce qui, du reste, ne me paraît nullement prouvé), ce fut plutôt dans un but disons esthétique, histoire d'exhiber aux spectateurs quelques jolies paires de fesses. À rapprocher de l'anecdote - très certainement apocryphe - relatée par Guy Hocquenghem dans sa Colère de l'Agneau, qui montre le bon saint Pierre, cloué face au bois tel une pauvre miséreuse et présentant donc au peuple de l'amphithéâtre un fessier jugé encore fort appétissant par Néron, puisque celui-ci, particulièrement en verve, le juge digne d'assouvir ses impériaux (et impérieux) assauts sodomites.
Ah, on savait s'amuser, à cette époque !!

Donc à mon avis, si cette variante de crucifixion était pratiquée, elle devait surtout être réservée aux condamné[e]s callipyges. Mais, jusqu'ici, je n'ai jamais rien lu qui vienne étayer sa réalité.

 

 
 
Michel ELOY réécrit :

J'avais noté que sainte Thècle au Ier s. comme sainte Blandine (et les autres condamnés) avaient conservé une ceinture autour des reins, pour satisfaire à la pudeur. Les femmes Romaines ne se déshabillaient jamais complètement pour faire l'amour etc. L'EMPIRE BARBARE [de Gary Jennings] (oui, c'est un roman, je sais) faisait tourner tout le pitch autour de cette ceinture qui permettait à Thorn l'hermaphrodite de copuler avec les deux sexes sans jamais se trahir.

Alors je voulais rajouter les crucifiées au dossier de la pudibonderie romaine.
Ce qui aurait été un argument pour - outre les témoignages de Suétone et Martial - révoquer en doute le fait que des femmes aient été sexuellement livrées à des taureaux ou des ânes. Faire l'amour au beau milieu du cirque, sans révéler ses organes intimes… pas évident. Et puis, comme dit Monteilhet : c'est un métier, il faut des animaux spécialisés. (…)

Quant à Ambelain, il s'en tient, je pense, au canon esthétique gréco-romain de la femme à la silhouette androgyne. Mais il n'y a pas que des "femmes idéales" en ce bas monde…

Hocquenghem : il en remet une couche celui-là. Pourtant c'est dans Suétone : revêtu de peaux de bêtes, Néron faisait connaître les derniers outrages à des captifs attachés à des poteaux. Alors comme ça… san Pietro lui-même !?

Merci néanmoins pour ces dernières précisions. J'essayerai d'en faire bon usage.

ET :

La femme crucifiée dos à la foule semble être une prescription rabbinique (il m'avait, en effet, semblé avoir lu quelque part que les Romains agissaient ainsi pour ne pas choquer la pudeur juive).

Regarde ceci:

Joseph BONSIRVEN, Textes rabbiniques des deux premiers siècles chrétiens, 1955 - 804 pages (books.google.be)
Extraits :
L'homme est lapidé nu, non la femme. R. Yuda: on traite pareillement (p. 255) l' homme et la femme, mais pour l'homme on le crucifie la face tournée vers le peuple et son dos sur le bois, et la femme dans la position inverse, …

 
 
 
RÉPONSE :

Oui, tu as peut-être trouvé là, chez ce Joseph Bonsirven, l'origine de l'assertion de Daniel-Rops concernant les dames crucifiées façon recto.

Maintenant, reste à savoir si des prescriptions juives ont eu une quelconque influence sur les bourreaux romains ? Je suis assez sceptique ! En outre, d'après ce que j'en sais, le Talmud remonte - pour ses parties les plus anciennes - aux IIIe et IVe siècles, et ses rédacteurs ne devaient connaître les crucifixions que par ouï-dire. D'autant plus que ce supplice était semble-t-il (oui, c'est controversé, je sais…) assez étranger aux traditions juives. Certes, le roi Alexandre Jannée infligea ce supplice à quelques pharisiens, mais la Torah se borne à évoquer, occasionnellement, des personnes "pendues au bois", ce qui n'est pas la manière la plus explicite de désigner le supplice de la croix.

 

 
Conclusion de Michel ELOY :

De même que les Romains ont consenti - ça aussi, c'est controversé, je sais - à crucifier Jésus pour que les excités lui foutent la paix… de même je peux très bien concevoir que le parti collabo, les Sadducéens, leur aient demandé de respecter la pudeur des femmes et celle du peuple juif soumis, quand ils réprimaient les terroristes.

Je peux concevoir cette concession : frapper l'imagination des candidats maquisards, tout en restant bcbg.

 
 
 
 
6 Mars 2011
Cédric a écrit :
J'aimerais savoir si selon vous la féodalité existait déjà sous l'empire et dont notre Moyen-Âge aurait hérité.
 
 
 
RÉPONSE :

Bien sûr, il faudrait d'abord se mettre d'accord par ce que l'on entend par "féodalité"… Simplifions donc, et considérons que le régime féodal était surtout un système social basé sur des liens personnels.

Au Moyen Age, le possesseur d'un domaine foncier (duché, comté, baronnie, seigneurie, etc…) le tenait généralement avec l'agrément d'un personnage plus puissant que lui, à qui il avait rendu hommage. C'est-à-dire qu'au moment d'entrer en possession de ce "fief" (soit par cession, soit par héritage), il devait s'engager solennellement à devenir et à rester à jamais "l'homme" de ce seigneur, autrement dit le "vassal" de ce "suzerain'. Il s'engageait alors à l'aider, selon des modalités bien précises, tandis que, réciproquement, le suzerain lui accordait sa protection, également sous certaines conditions.

Rien de comparable dans l'Antiquité romaine ! En effet, l'Empire romain était, pour l'époque, un état relativement centralisé. Les provinces ou les diocèses (regroupements de provinces) n'étaient pas concédés en "fiefs" tendant à devenir héréditaires et autonomes, mais, comme aujourd'hui nos provinces ou départements, placés pour quelques années sous l'autorité de magistrats interchangeables, de fonctionnaires qui les gouvernaient au nom de l'Empereur, tant que celui-ci était satisfait de leurs services. Et si l'empereur exigeait la loyauté de ces gouverneurs de provinces - que l'on appelait déjà "préfets" - il n'avait pas plus d'obligations réciproques envers ces subordonnés qu'aujourd'hui le Président de la République française n'en a envers les modernes "préfets" de départements.

En revanche, si le mot "féodalité" évoque pour vous le triste sort des "serfs", ces paysans semi-esclaves du Moyen Age, on peut dire qu'il existe bien une similitude entre leur condition et celle des "colons" des dernières décennies de l'Empire romain.

Ainsi que je l'écrivais dans une correspondance échangée jadis avec un autre sympathique internaute : « Au cours des IIe et IIIe siècles, le nombre de petits fermiers propriétaires diminua considérablement dans l'Empire romain. Accablés de dettes, ruinés par les guerres, ils furent réduits au rang de métayers ("coloni") qui cultivaient les champs des gros propriétaires, leurs "patrons" ("patroni"). Quoique ces colons fussent toujours, en principe, des hommes libres, ils étaient désormais attachés à la terre, eux-mêmes et leurs familles. Ils ne pouvaient s'enfuir sous peine d'être poursuivis et ramenés manu militari à leur patron. Certes, celui-ci ne pouvait exiger d'eux un loyer exorbitant, et s'il vendait son domaine, ses colons devaient être repris par le nouvel acheteur, sans être déplacés. Néanmoins, leur situation économique restait précaire et leur sujétion totale : les colons romains, c'est un peu, mutatis mutandis, le prototype des serfs [du mot latin "servus" = esclave] du Moyen Age, "taillables et corvéables à merci.". »

Cela précisé, d'après ce que j'en sais - mais ce n'est pas ma spécialité -, le régime dit "féodal" n'apparut en Occident que dans courant du IXe siècle, soit 400 ans après la chute de l'Empire romain.
Profitant de la faiblesse des héritiers de Charlemagne, de grands dignitaires impériaux commencèrent à exercer des droits régaliens (justice, émission de la monnaie, signature de traités avec leurs voisins, etc…) dans les provinces qu'ils administraient jusque-là au nom de l'empereur (ou au nom des rois de France ou de Germanie). En fait, ils revendiquèrent progressivement une quasi-indépendance face à ce qu'il restait du pouvoir central. Les comtes de Flandre ou de Toulouse, les ducs de Normandie ou d'Aquitaine, infiniment plus puissants que le pauvre roi de France, leur suzerain, lui rendaient, occasionnellement, l'hommage qui lui était dû, mais en réalité, ils se voulaient les seuls vrais maîtres en leurs domaines.

À l'époque romaine, un tel comportement aurait été assimilé à une usurpation, et tout empereur digne de ce nom aurait aussitôt envoyé des troupes pour châtier le trublion qui menaçait la sacro-sainte unité de l'Empire en prétendant exercer des pouvoirs réservés au seul empereur légitime.

 

 
 
 
9 Mars 2011
Jean-Charles a écrit :

(…) Une petite intervention à propos du courrier des lecteurs, sans rapport avec l'histoire romaine j'en ai peur, mais tout de même la GRANDE histoire, celle de Tallemant des Réaux ou de Bussy-Rabutin, bref en dessous du nombril.

[Dans une intervention de Viviane ], on voit doctement affirmé que c'est « le très austère Gustave Eiffel qui inventa la jarretelle et le porte-jarretelles, non pour les porter lui-même mais parce que son épouse en avait ras le bol des bas qui vrillaient et qui tombaient, et des jarretières qui ne les tenaient pas bien. »

Comme le père Gustave est né dans ma bonne ville de Dijon, je regrette de signaler que c’est rigolo cela, mais soyons sérieux, c’est une blague de potache !

Car si Viviane, « ne supporte pas qu'il y ait encore à notre époque des gens qui essaient de propager des conneries aussi aberrantes que la Résurrection ou la virginité de Marie, les "miracles" et autres carabistouilles » (Clic !), alors assurément elle nous remerciera d’éviter la propagation d’autres âneries, certes moins incroyables que la multiplication des pains, mais qui sont (malheureusement ?) complètement farfelues.

Voilà voilà.

 

 
 
 
15 Mars 2011
Jean-Pierre Castel a écrit :

Connaissez-vous le livre de Polymnia Athenassiadi, Vers la pensée unique, La montée de l’intolérance dans l’Empire romain ?

polymnia athenassiadi, vers la pensée unique

Voyez-vous une montée de l’intolérance en général, c'est-à-dire une montée totalitaire, dans l’Empire dès de début du IIIe siècle (par ex. avec le décret de Dèce rendant obligatoire les sacrifices) ?

Dans cette montée de l’intolérance, voyez-vous la stratégie de centralisation de l'Empire comme la cause majeure, le christianisme n'ayant apporté qu'un appui secondaire, contingent, qu'un autre culte (comme celui de Mithra par exemple) aurait pu apporter ? Ou pensez-vous que dans cette montée de l’intolérance, le christianisme eut un rôle déterminant ?

jean-pierre castel, violence monothéiste

Jean-Pierre Castel est l'auteur de :
Le déni de la violence monothéiste,

L'Harmattan 2010. ISBN : 978-2-296-12825-5

Le monothéisme biblique n'a pas seulement projeté son dieu hors du cosmos, il ne lui a pas seulement donné les traits d'une personne douée de parole ; il en a aussi fait un dieu jaloux, qui stigmatise les autres dieux comme des idoles à abattre, et qui impose une nouvelle notion, inconnue jusqu'alors : la vérité révélée, unique et universelle. De la prétention à détenir une telle vérité, " inventée " par Moïse, puis conservée par Jésus et par Mahomet, a émergé une nouvelle forme de violence, d'abord exclusive et défensive dans le judaïsme biblique, où elle était motivée par l'obsession de la pureté, puis inclusive et offensive dans le christianisme et dans l'islam, où elle est mue par le prosélytisme et le dogmatisme.
Croyants ou non, la plupart des Occidentaux considèrent le monothéisme comme un aboutissement de l'esprit humain, jusqu'à occulter notre héritage gréco-romain, voire jusqu'à attribuer à la tradition judéo-chrétienne l'origine du développement scientifique moderne. Ils exonèrent en revanche le monothéisme de toute responsabilité quant aux violences commises pourtant en son nom, tant dans le texte biblique lui-même que dans la réalité de l'histoire depuis deux mille ans : soit ils dénient la réalité des massacres et des bûchers, soit ils en reportent la faute sur Constantin, sur Descartes, ou sur la violence humaine en général.
Croisant l'anthropologie et l'histoire des faits, des idées, des religions et des sciences, cet essai s'interroge sur les résistances de l'humanité à dépasser ses mythes, et sur les conditions d'une transition de la vérité unique à la tolérance.

 
 
 
RÉPONSE :

Je suis également de ne connaître ni le livre de Polymnia ATHENASSIADI ni, hélas, le vôtre. Je devrai donc recourir à mes seules faiblardes lumières pour aborder les vastes et complexes questions - assez inusitées pour moi - que vous évoquez.

Ce qui me gêne un peu dans votre message, c'est que vous semblez partir du postulat qu'avant l'apparition du christianisme, les Romains auraient été particulièrement "tolérants".
Je n'ai certes pas étudié ces questions aussi profondément que vous, et je ne vous livre ici que mon opinion d'amateur d'histoire, mais, à ce qu'il me semblait jusqu'ici, le concept de "tolérance religieuse" n'a guère de sens dans un environnement polythéiste.

Généralement, les peuples antiques, et particulièrement les pragmatiques Romains, acceptaient, respectaient - et peut-être surtout craignaient superstitieusement - les divinités étrangères. Dans l'incertitude des pouvoirs réels de ces dieux et déesses exotiques - à qui l'on cherchait désespérément des ressemblances avec les divinités nationales -, mieux valait les honorer tous, dans l'espoir que, séduit par la piété romaine, ce panthéon exotique consente, éventuellement, à donner un coup de main aux dieux tutélaires garants de la prospérité et de la pérennité de Rome. Sans qu'il soit question de "tolérance" au sens moderne du terme, il aurait donc paru absurde à un adorateur de Jupiter de chercher des poux à un quelqu'un qui vénérait Baal, Teutatès ou Odin ! D'autant plus que la religion officielle romaine était, essentiellement, un système de rites où la foi personnelle ne jouait pas un grand rôle. La coutume (mos maiorum) exigeait que certains rituels fussent accomplis pour se concilier les dieux - voire seulement se prémunir d'interventions néfastes de ces entités, puissantes mais capricieuses et imprévisibles, parce que davantage préoccupées par leurs soucis de dieux que par les affaires des hommes. Et si les cérémonies consacrées depuis des temps immémoriaux avaient été convenablement accomplies et que, malgré tout, la situation de la cité empirait, nul ne pouvait en être tenu pour responsable, ni le prêtre-magistrat qui avait officié selon les règles prescrites, ni les citoyens dont la "foi personnelle" ne pouvait en aucun cas influencer ces dieux généralement indifférents aux sentiments humains. La justice romaine ne s'intéressait d'ailleurs pas aux blasphèmes, aux sacrilèges, bref aux offenses faites aux dieux. Comme le disait l'empereur Tibère, "il faut laisser les dieux le soin de venger les dieux [deorum iniurias dis curae]" (TACITE, Annales, 1,73).

… Excepté bien sûr - et nous atteignons là les limites de la "tolérance romaine" - quand l'ordre public risquait d'être menacé par des comportements religieux outranciers, moralement inacceptables ou politiquement factieux. C'est ainsi que les autorités romaines interdirent, ponctuellement, les excès des cultes de Bacchus (les bacchanales risquaient de dévergonder les dignes matrones) ou de Cybèle (avec les mutilations rituelles de ses prêtres, les galles). Mesures de police plus que religieuses, qui visèrent d'ailleurs aussi parfois les écoles philosophiques : je crois me souvenir qu'au premier siècle avant notre ère, les Épicuriens furent un temps interdits de séjour à Rome parce que leur doctrine était réputée pervertisseuse de la jeunesse. C'est aussi dans une optique sécuritaire et non religieuse que les Romains persécutèrent les druides gaulois. Évidemment, ce n'était pas leur croyance en la métempsychose, ni le culte de leurs dieux particuliers qui était visés - les Romains s'approprièrent d'ailleurs le panthéon celtique comme ils avaient assimilé les dieux grecs -, mais l'irrédentisme gaulois de ces prêtres qui menaçait de ralentir la soumission de la Gaule) Rome et sa romanisation.

Finalement, même le judaïsme pouvait s'intégrer dans la société polythéiste romaine sans faire l'objet de rejet. Malgré son caractère exclusif, le dieu des Juifs restait une divinité nationale. Certes, les Juifs adoraient un dieu unique et jaloux, mais pourquoi s'en offusquer puisque, partout ailleurs qu'en Judée et en Galilée, dans toutes les provinces où les Juifs s'étaient installés, leur Yahvé s'accommodait de l'omniprésence d'une kyrielle d'autres divinités, aux cultes autrement plus spectaculaires. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir quand les Juifs passèrent de la monolâtrie (croyance à l'existence de plusieurs dieux, mais culte rendu exclusivement à l'un d'entre eux), dont on trouve l'écho dans plusieurs passages de la Bible, au monothéisme radical. Peut-être cette transition est-elle plus tardive et moins unanime que l'on ne le pense couramment. Mais ça, c'est une autre histoire !…

Bref, tant qu'ils ne prétendaient pas imposer leur croyance monothéiste aux autres peuples de l'Empire, et tant que leur prosélytisme restait marginal (de toute façon, la circoncision constituait un frein majeur à la conversion des gentils de sexe mâle), les autorités romaines ne virent aucune objection à ce que les Juifs pratiquent librement leur religion nationale. Que du contraire : des dispositions légales furent même prises en leur faveur, pour, par exemple, les dispenser du culte impérial, pour garantir le respect du shabbat aux auxiliaires juifs des légions, ou pour faciliter l'acheminement de l'impôt du Temple à Jérusalem.

Cependant, cette bienveillance des Romains à l'égard du judaïsme ne dura que tant que les Juifs, ceux Judée comme ceux la Diaspora, se tinrent (relativement) tranquilles. L'apparition des divers mouvements nationalistes, zélotes et autres sicaires, qui, en se fondant sur une interprétation particulière des textes sacrés de la religion juive, prônaient la résistance à Rome et la rébellion, changea radicalement la donne. Face à cette agitation de nature politico-religieuse, les Romains durcirent progressivement leur attitude face au judaïsme.
Déjà au début des années 50, l'empereur Claude expulsa de Rome les Juifs qui "se soulevaient continuellement au nom d'un certain Chrestos", et après l'échec de l'ultime révolte juive, en 135, l'empereur Hadrien finit par interdire la pratique du culte juif. Une mesure radicale, mais qui sanctionnait uniquement l'insoumission politique des Juifs et le rôle politico-religieux de certains rabbis intransigeants, responsables, aux yeux d'Hadrien, de la transformation de cette révolte en guerre inexpiable. Quoi qu'il en soit l'interdiction du judaïsme ne dura que peu de temps : elle fut levée dès le début de son règne d'Antonin le Pieux, successeur d'Hadrien,

hadrien

À mon avis, c'est dans le même contexte de répression politique qu'il faut situer les relations entre les chrétiens et e pouvoir romain.

Au début du christianisme, les Romains ne savaient probablement pas trop distinguer Juifs et Chrétiens. On savait, grosso modo, que les adeptes de Chrestos adoraient le même dieu unique que les Juifs, mais qu'ils ne semblaient pas respecter avec la même intransigeance les interdits (alimentaires et sociaux) si rigoureusement prescrits par la loi mosaïque. Mais il n'était pas facile de faire la distinction entre les deux groupes religieux puisque, d'une part, on trouvait au sein du judaïsme des "craignant-Dieu", c'est-à-dire des Gentils séduits par cette religion, mais qui n'en acceptaient pas les obligations les plus pénibles (dont la circoncision), et d'autre part, dans le christianisme, les judéo-chrétiens, circoncis et judaïsants, étaient encore largement majoritaires…

Au fil du temps, les Romains apprirent à mieux connaître les Chrétiens. Toutefois, on ne peut vraiment pas dire que les informations qu'ils recueillirent les poussèrent à les considérer d'un œil bienveillant ! Comme certains Juifs exaltés, ils croyaient qu'un Messie, un envoyé de Dieu, allait instaurer le Royaume de Dieu sur Terre, au détriment, bien sûr, de l'autorité de l'empereur de Rome. Mais, contrairement aux messianistes juifs, eux, les Chrétiens, prétendaient que ce Sauveur était déjà venu, qu'il avait été crucifié comme rebelle à Rome, et qu'il reviendrait de parmi les morts pour anéantir l'Empire romain et leur donner tout pouvoir sur le monde entier. Car, c'étaient eux, les Chrétiens, qui constituaient désormais le véritable Peuple Élu (Verus Israël), seul prédestiné à régenter les Gentils, les idolâtres et à les mener à trique. "Vous les mènerez avec une verge de fer", disaient-ils benoîtement !

Pour les autorités impériales, tout cela n'était ni engageant ni rassurant !
De surcroît, tous ces exaltés, sans exception, même ceux qui n'étaient absolument pas d'origine juive, entendaient bénéficier de la dispense du culte impérial accordée aux Juifs. Leur refus, obstiné, de participer aux plus simples manifestations patriotiques, au contenu religieux des plus anodins, aggravait encore les soupçons de déloyauté qui pesaient sur eux, considérés généralement comme de mauvais citoyens, voire comme des rebelles en puissance.

Même sans retenir la participation de groupes chrétiens aux révoltes juives de 66, 115 ou 135 (possible, mais controversée), ces lourds soupçons d'antipatriotisme peuvent suffire à expliquer les premières mesures de rétorsion prises à l'encontre des Chrétiens durant les Ier et IIe siècles de notre ère. Sans compter que l'action de certains groupes extrémistes chrétiens, comme les Montanistes, recherchant le martyre par des "provocations anti-païennes", ne pouvait que conforter les autorités romaines dans leur méfiance envers le christianisme.

Mais encore une fois, il est difficile de parler d'intolérance religieuse. En l'occurrence ce serait plutôt la "tolérance zéro" à l'égard de trublions !

Il en va même probablement de même pour les deux premières persécutions générales, celles de Dèce et celle de Valérien, dont les motivations politiques m'apparaissent plus clairement que celles d'ordre religieux. Les raisons de la persécution de Dioclétien sont plus mystérieuses, mais, comme je l'ai écrit par ailleurs (Clic !) :
"Comment en effet expliquer qu'après avoir laissé l'Église en paix pendant dix-neuf ans, après avoir admis le recrutement de fonctionnaires chrétiens, de militaires chrétiens, après avoir permis d'édification d'une magnifique église en face de son palais de Nicomédie, après avoir toléré que sa femme et sa fille manifestent des sympathies pour cette secte, le bon Dioclétien se réveille subitement, un beau matin de l'an 303, dans la peau du plus virulent persécuteur que l'Empire romain a connu ? Sachant qu'il ne lui reste qu'un an "à tirer" comme empereur (il avait prévu d'abdiquer après 20 ans de règne), et n'ignorant probablement pas que toutes les mesures prises jadis par Dèce et par Valérien pour éradiquer cette religion avaient échoué, il renoue néanmoins avec cette politique répressive, au risque de créer des troubles, voire des séditions ou des sécessions, dans des provinces - en Orient - où les chrétiens sont déjà très nombreux, sinon majoritaires.
Moi, personnellement, je ne comprends pas !
"

L'intolérance de Dioclétien me paraît donc aussi douteuse que celle de Dèce et de Valérien. Notez d'ailleurs que si le "Premier des Tétrarques" fit interdire le manichéisme dans son Empire, c'était surtout parce qu'il s'agissait d'une des principales religions des Perses, l'ennemi héréditaire. Dioclétien craignait que les manichéens deviennent leur "cheval de Troie" dans l'Orient romain… un peu comme cela s'était passé en Arménie au détriment du roi de Perse : les chrétiens devenus nombreux, s'étaient emparés du pouvoir, avaient chassé les soldats perses et les prêtres zoroastriens et proclamé d'indépendance du pays.

diocletien

À ce qu'il me semble, on ne peut véritablement parler d'intolérance religieuse qu'après la conversion de Constantin et l'instauration progressive de l'Empire chrétien. À peine s'est-il emparé du pouvoir, grâce à l'intercession - supposée - du Dieu des Chrétiens, que Constantin persécute les donatistes, puis, après le concile de Nicée, ce sera le tour des ariens d'encourir les foudres impériales, avant que le divin César retourne son impériale veste contre les chrétiens "nicéens". Ensuite, quelques décennies plus tard, quand le christianisme sera devenu religion d'état, tous les autres cultes seront progressivement interdits et leurs fidèles pourchassés.

Souci de l'ordre public comme auparavant ? Que non point, puisque le pouvoir n'hésitera jamais à soutenir les émeutes, les pogroms, les règlements de comptes des foules de "bons chrétiens" contre les déviants ou païens. L'État se présente désormais comme investi de la seule Vérité et se propose, prétendument pour le bien commun et le salut de chacun, de la faire triompher, de l'imposer à tous, par n'importe quel moyen.

Effectivement, comme vous l'écrivez, il s'agit là d'un genre de totalitarisme !

Mais je ne vais pas m'étendre davantage sur la question de l'intolérance du christianisme. L'histoire est bien connue ! Disons simplement que,, dans la réalité des faits, la vraie "tolérance" religieuse ne s'imposera, dans l'Occident chrétien, qu'à partir du XVIIe siècle. Avant cela, cette tolérance religieuse était plutôt considérée comme un vice : c'était, pour le croyant, une insigne faiblesse et une complaisance coupable que de mettre sur le même pied la seule Vérité et le mensonge. Quant à l'intolérance, c'était plutôt une vertu : il fallait défendre la Vraie Foi contre tous ses ennemis, et forcer à entrer ceux qui, conviés au Repas du Seigneur, refusaient d'y participer.

 

 
 
 
23 Mars 2011
Marc a écrit :

Tout d'abord je tiens à vous féliciter pour le bon travail que vous fournissez sur la Rome antique, une passion si chère à mon cœur.
Cependant, je tiens (sans mauvaise intention aucune) à vous faire part de certaines remarques sur la vie de Commode qui, à mon sens, devraient être corrigées.

Étant étudiant, et faisant un mémoire sur cet empereur même, je me permets de faire remarquer que la vie de Commode que vous présentez est beaucoup trop négative, et tendrait à être nuancée.
En effet vous vous basez sur des études anciennes d'auteurs modernes (vous citez notamment Gibbon), sans vous appuyer sur des auteurs beaucoup plus récents, et particulièrement deux études relativement plus récentes (je pense à Fulvio Grosso (La lotta politica al tempo di Commodo), et à Olivier Hekster (Commodus, an emperor at the crossroads), qui tendent à nuancer l'aspect négatif de Commode, et ceci en partant de deux types d'études différentes (un sur les sources littéraires, et l'autre sur la statuaire et la numismatique).

Ainsi il apparaît, par exemple, que la paix conclue avec les Marcomans, Quades, et autres tribus situées au nord du Danube, fût plus qu'honorable et souhaitable pour les Romains.

D'autre part le fait est que Commode fut perçu comme un empereur extrêmement bénéfique pour la plèbe de Rome (en attestent ses nombreuses donations d'argent relatées par Dion Cassius, ou le doublement de la flotte Africaine chargée de l'annone de Rome).

Aussi Commode a énormément géré la politique intérieure et extérieure de Rome, et n'a absolument pas tout délégué à ses conseillers (Saoterus, Perennis ou Cleandre), cela est attesté par de nombreuses inscriptions retrouvées, qui montrent l'engagement de Commode.

Commode est un empereur vu de façon négative, car il a considérablement diminué les pouvoirs du Sénat. Les sources écrites étant écrites par des sénateurs (Dion Cassius notamment, Hérodien étant un chevalier sympathisant du Sénat, et l'Histoire Auguste, ouvrage du IVe siècle qui se réfère souvent à Marius Maximus), celles-ci ne peuvent pas être prises pour argent comptant, comme l'ont souvent fait les auteurs modernes.

Il y aurait énormément d'autres précisions à apporter, mais dans ce cas, autant lire les ouvrages de référence.

Je vous remercie de l'attention qui vous porterez à mon mail (sans doute inutile).

commode
 
 
 
RÉPONSE :

Un très grand merci pour l'intérêt que vous témoignez à mon travail ainsi que pour ce message - tout le contraire d'"inutile" ! - qui vient à point pour nuancer le portrait par trop "à charge" que j'ai livré de l'empereur Commode.

Car vous avez cent fois raison ! Les textes des historiens anciens (Hérodien, Dion Cassius, l'Histoire Auguste) ou même ceux du plus "moderne" Gibbon, ne peuvent, ni ne doivent être acceptés sans réserve ni examen critique. Partiaux et orientés, tous ces auteurs sont, a priori, farouchement hostiles au dernier des Antonins et n'hésitent pas à s'arranger avec la vérité pour présenter les réalisations du règne sous un jour défavorable, et l'empereur lui-même comme l'archétype du César fou.

Finalement, vos réserves se conforment à celles émises par Lucien Jerphagnon - l'historien de Rome que, pour l'heure, j'apprécie le plus - quand, dans sa très généraliste mais brillantissime Histoire de la Rome antique, il évoque, avec sa verve accoutumée, la personnalité de Commode :

"La postérité n'a pas été tendre pour le fils de Marc Aurèle. Avec Caligula, Néron, Domitien et quelques autres, Commode est membre du club des princes maudits, voués aux zones les plus désolées des Enfers. Renan, par exemple, le voit comme « un équarrisseur de bêtes, un gladiateur », et les manuels vont répétant qu'il fut une sombre brute, sans se donner la peine d'aller plus loin. Il est vrai que les historiens antiques, Dion Cassius, Hérodien, qui furent ses contemporains, ou les textes plus tardifs d'Aurelius Victor et de l'Histoire Auguste lui appliquent le schéma des sept signes particuliers auxquels se reconnaît le signalement des « mauvais empereurs » :
Impie, il entre dans les lieux saints pollués de débauches et de sang ;
contempteur de sa famille, il tue une de ses sœurs et couche avec les autres ;
arbitrairement cruel, il se montre insatiable de sang ;
sa lubricité dépravée le pourvoit d'un harem de six cents filles et mignons !, ce qui ne l'empêche pas de courir les bordels ;
rapace, il dépouille les vivants et les morts ;
ivrogne, il boit jusqu'au petit jour et se goinfre des forces vives de l'Empire ;
enfin, touche finale qui signe le tout, il donne dans la démesure, poussant au-delà du maximum tolérable son identification avec Hercule.
Tout y est - ergo, Commode est un tyran vomi par les Enfers et qui gagne à y retourner ! C'est ainsi qu'on écrit l'Histoire. Seulement, comme le fait observer Jean Gagé dans les savantes études qu'il a consacrées à Commode, est-il pensable qu'un homme de la qualité de Marc Aurèle ait eu la faiblesse de désigner un taré pour lui succéder à un poste qu'il savait difficile ? Trop, c'est trop : les outrances, d'ailleurs stéréotypées, des historiens antiques indiquent bien qu'il s'agit de leur part d'un phénomène de rejet. On évacue Commode, on condamne à jamais sa mémoire parce qu'il ne répond pas à l'image à laquelle on s'était fait depuis quarante-deux ans - autrement dit sous les règnes additionnés d'Antonin le Pieux et de Marc Aurèle - du « bon empereur », c'est-à-dire du prince selon le cœur du Sénat. Il n'en faut pas plus, et le reste est à décrypter." (Lucien Jerphagnon, Histoire de la Rome antique, Éditions Tallandier, 2002)
lucien jerphagnon, histoire rome antique

Oui, les médisances de Dion Cassius et consorts sur Commode sont, évidemment, aussi exagérées - et stéréotypées - qu'à propos des Julio-Claudiens, la verve réactionnaire et scandalisée de Tacite ou les anecdotes salaces de Suétone.

SI je puis me permettre de vous parler un peu de ma "cuisine interne", il y a quelques années, j'avais commencé à réécrire les notices biographiques de mon site en adoptant un point de vue plus critique par rapport aux sources antiques. Les vies des Julio-Claudiens, d'Auguste à Néron, puis celles de Galba et d'Othon, furent ainsi passées à la moulinette de mon esprit critique (peut-être parfois trop exacerbé !). Mais, malheureusement, faute de temps, je n'ai pu continuer sur le même rythme, et ma nouvelle biographie de Vitellius reste en chantier depuis quelques années.

Je ne désespère cependant pas de poursuivre ce travail et, qui sait, en arriver à reprendre totalement cette notice de Commode qui en aurait bien besoin… Et elle n'est pas la seule dans ce cas : Domitien, le dernier Flavien, est un peu embarqué dans la même galère que le dernier des Antonins, et le règne du "Néron chauve", adulé par la plèbe et par l'armée, fut certainement moins calamiteux que les historiens sénatoriaux le prétendent !

En attendant cette nouvelle présentation de Commode, votre message viendra à point pour signaler aux internautes intéressés par ce personnage que l'empereur Commode ne fut peut-être pas tout à fait le césar brouillon, débauché et incompétent qu'ont à l'envi dépeint ses ennemis du clan sénatorial.