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Janvier-Février-Mars 2010 (page 2/2)

Sommaire de Janvier -> Mars 2010 : Clic !

 
 
4 Mars 2010
Andrian a écrit :

En cherchant à confirmer l'identité d'un empereur romain, je suis tombé sur votre page sur Dèce.

Serait-il intéressant pour vous de savoir que cet empereur est tombé à Abritus (Razgrad, Bulgarie), lors de son expédition contre les Goths. J'étais en train d'écrire un article sur Abritus, lorsque je suis tombé sur des infos concernant la bataille.

Dèce serait aussi le premier empereur romain tombé dans un combat contre les Barbares.

 
 
 
RÉPONSE :

Un grand merci pour ces informations sur la mort de Dèce, ainsi que sur la ville et la bataille d'Abritus.

Dèce fut-il le premier empereur romain à tomber lors d'une bataille ?

Contre les "Barbares", peut-être… Cependant, il ne fut probablement pas le premier à mourir au combat. En fait, ce serait plutôt Gordien III, en 244.
Bien que les circonstances de sa mort restent assez obscures et controversées, des historiens de plus en plus nombreux s'accordent pour penser que ce jeune empereur aurait été très grièvement blessé lors de la bataille de Misiche (Al-Anbar), contre les Perses, et serait mort peu après des suites de ses blessures.

Mais, bien sûr, les Perses n'étaient pas réellement des "Barbares"…

 

trajan dece
 
gordien III
 
 
 
10 Mars 2010
Brigitte Aubert nous écrit :

(…) Je cherche des renseignements s’il en existe, sur le culte de Léro aux îles de Lérins près de Cannes.

(…) Les îles de Lérins, où était pratiqué le culte de Léro (les fouilles ont mis à jour un grand temple sur Sainte-Marguerite, utilisé jusqu’au milieu du IVe siècle), ont ensuite été “évangélisées” par Saint Honorat , vers 395, 410. (…) Je cherche des documents s’il en existe qui feraient état de l’ordre de fermer le temple ou autre.

 
 
 
RÉPONSE :

Évidemment, il m'est impossible de recueillir des infos détaillées sur l'histoire du culte de Léro, sur l'île Sainte-Marguerite : étant Belge et résidant à Bruxelles, je n'ai pas accès à la documentation ad hoc, sauf à passer des journées entières dans des sections très poussiéreuses de la Bibliothèque nationale !

Je pense toutefois que la désuétude du culte de Léro pourrait être replacée dans un contexte plus vaste, celui de l'interdiction progressive des rites païens et de la fermeture des temples.

En résumant très grossièrement, les premières mesures réellement et incontestablement anti-païennes furent prises par l'empereur Constance qui, dans les années 354-357, interdit les sacrifices, ce qui, évidemment, rendait les temples inutiles. On peut cependant supposer que ces édits ne furent appliqués qu'assez mollement. Et puis, de toute façon, l'arrivée au pouvoir de l'empereur Julien, païen convaincu, mit provisoirement fin aux persécutions anti-païennes. Il revint à Théodose de porter le coup de grâce à la religion traditionnelle : en 391, interdiction de tout sacrifice sanglant, donc, en pratique, interdiction du culte, et, en 392, instauration du christianisme comme religion d'État et interdiction totale des cultes païens, avec peine de mort prescrite pour tout sacrificateur, et lourdes amendes pour qui pratiquerait encore un culte domestique.

Il est probable que la disparition du culte de culte de Léro s'inscrit dans ce contexte de plus en plus répressif. En outre, l'arrivée de saint Honorat à Lérins, avec la fondation d'un monastère, fut sans doute accompagnée de la destruction de tout vestige des cultes idolâtres qui pouvaient subsister dans ces îles.

Je lis d'ailleurs dans la Vie de saint Honorat (www.orthodoxa.org) que ces lieux étaient jusque-là infestés de serpents et qu'il suffit au saint d'étendre les bras et d'invoquer Dieu pour que tous les reptiles expirent soudainement. Et comme les charognes des bestioles dégageaient une odeur pestilentielle, le bon Honorat se fendit encore d'une petite prière, et un tsunami balaya l'île, purifiant l'île de toute cette corruption, mais épargnant le saint et ses compagnons, réfugiés en haut d'un palmier.
Ouais !… J'ai bien l'impression qu'il faut voir dans des serpents une métaphore des survivances païennes, cette "hydre à mille tête" que saint Honorat combattit victorieusement à Lérins. Et quand le saint levait les bras, c'était, à m'avis, moins pour provoquer un raz-de-marée prophylactique que pour inciter ses pieux compagnons à manier avec plus d'ardeur la pioche et la barre à mine, afin de raser définitivement le démoniaque temple de Léro, de le saper jusqu'aux fondations, d'anéantir cette abomination diabolique - en prenant toutefois grand soin de point trop abîmer les belles pierres susceptibles d'être réutilisées dans son beau monastère !

saint honorat

Saint Honorat
Évêque d'Arles

 

 
 
Brigitte Aubert réécrit :

Oui, je connaissais les édits de Théodose et j’avais fait le lien entre les dates (391 392) et l’arrivée d’Honorat qu’on situe entre 395 et 410. Je suis tout à fait d’accord avec votre interprétation de la légende et c’est d’ailleurs la “thèse” que j’expose dans mon bouquin (j’écris des romans policiers) qui doit paraître chez 10/18 à l’automne. (…).

Il est vrai que l’abbaye a réutilisé toutes sortes de pierres romaines au point de brouiller complètement les repères archéologiques sur Saint Honorat. Sur Sainte-Marguerite, des fouilles ont mis à jour un temple à peu près préservé (portiques, crypto-portiques, galeries), mais certains soutiennent qu’il s’agissait finalement d’une riche villa.

Bref, sur une portion de territoire ultra-fréquenté depuis deux mille cinq cent ans, c’est l’inconnu !

J’ai épluché une tonne de documentation sans rien trouver sur Léro et votre site m’avait donné l’idée d’y aller par la bande, en recherchant les “avis de fermeture” des temples. Par exemple en Provence qui était chargé de faire exécuter les édits ?

Mais bon, je vais laisser tomber, c’est trop pointu pour moi.

 
 
 
RÉPONSE :

Évidemment, si, en dépit de vous longues et studieuses recherches, vous n'avez pas trouvé de renseignements sur l'éradication du paganisme en Provincia romaine, c'est peut-être parce celle-ci s'est déroulée sans trop de difficultés, sans opposition farouche des derniers païens. Il est vrai que la Provence fut assez rapidement touchée par l'évangélisation : l'évêché d'Arles fut fondé dès le milieu du IIIe siècle, une installation très précoce pour l'Occident romain. Il n'est donc pas impossible qu'à l'époque de saint Honorat, un siècle et demi plus tard, la plupart des temples païens étaient désaffectés depuis belle lurette, désertés qu'ils étaient par une population qui s'était détournée depuis longtemps des rites de l'ancienne religion polythéiste. Dans ce cas, les édits persécuteurs de Théodose auraient, ici, "frappé dans le vide". Et le bon Honorat, en arrivant à Lérins, n'aurait plus trouvé à s'approprier qu'un temple désaffecté… et seulement les vagues miasmes d'un vieux culte idolâtre à exorciser !

Cela dit, l'attachement atavique des populations rurales de l'Occident à leurs cultes locaux - voire aux sources, aux pierres et aux arbres sacrés - démontre à suffisance la difficulté d'imposer abruptement de nouvelles croyances, largement étrangères au fond culturel et cultuel ambiant. Le plus souvent, les autorités chrétiennes eurent l'habileté de "maquiller" les divinités païennes en saints chrétiens, et le tour fut joué ! Par exemple, dans son livre Chronique des derniers païens, Pierre CHUVIN relate comment la patronne païenne de Catane, Isis, la bonne déesse (en grec, Agathè Daimôn) fut , en un tournemain, métamorphosée - pour ne pas dire "recyclée" - en la très chrétienne sainte Agathe.
Peut-être, dans les îles de Lérins, le culte de Léro - à qui une légende prêtait peut-être déjà l'éradication des serpents de l'île, qui sait ? - disparut-il parce qu'il fut remplacé par celui de saint Honorat…

 

 
 
 
15 Mars 2010
Richard a écrit :

C'est l'anniversaire du meurtre de Gaïus Julius César : 2054 ans aujourd'hui !

Sans doute avez-vous pris connaissance de ce buste de Jules retrouvé dans les eaux passant à Arles, il y a quelques années. Buste qu'on nous dit réalisé de son vivant donc probablement le plus représentatif.
Je le trouve plus beau que celui de votre site qui a l'air déprimé, amaigri, vieillissant. Pas d'un chef d'État de son envergure.
On serait peut-être mur pour un changement ?
Excusez mon impertinence.

PS. Je suis abonné à Herodote.net, pas très fort… On y soutient que Brutus est son fils bio ! :-)

 
 
 
RÉPONSE :

Vous avez raison : "mon" Jules César n'est probablement pas la plus belle reproduction que l'on puisse trouver. Entre nous, ce type émacié et austère, à l'interminable cou, et aux yeux cataractés me flanque un peu la frousse ! Faudra vraiment que je le remplace un des quatre, ce zombie ! Mais sera-ce par celui retrouvé naguère dans le Rhône arlésien ? Je ne sais pas trop…

J'ai évoqué cette découverte archéologique dans les pages de mon site. Mais, bien qu'il me paraisse assez oiseux de contester l'identification de ce personnage au Grand Jules - qui suis-je pour réfuter l'avis d'éminents spécialistes de la statuaire romaine ? -, je ne puis quand même m'empêcher d'avoir des difficultés à reconnaître dans ce bonhomme un fifrelin replet l'aquilin César.

On attendra donc un peu, juste le temps de s'habituer à cette nouvelle apparence.

Brutus, fils naturel de César ?…Vaut-il la peine de couper, une fois de plus, les ailes à ce canard bêtasse ? Rien que les dates de naissance devraient suffire à en démontrer l'absurdité : Jules César est né en 100 av. J.-C. et Brutus en 85. Alors, pour devenir à quatorze ans l'amant de Servilia et engrosser cette digne matrone, il aurait fallu qu'il soit drôlement précoce, le petit Julot !

 

julius caesar
 

julius caesar

Buste de César (?)
(retrouvé à Arles)

 
 
 
16 Mars 2010
Gricca a écrit :

Livres récents sur l'empire romain

Au retour d'un séjour à l'étranger sans internet et peu de nouvelles de France, je me suis mis à rechercher les livres portant sur l'empire romain sortis depuis le début de l'année. Entre les ouvrages prévus mais à la parution retardée, ceux non annoncés mais présents en librairie et les rééditions, j'ai opté, encore une fois, pour une liste ne mentionnant que les livres nouveaux dont j'ai pu effectivement me procurer un exemplaire :

  • Rome et l'Occident. Iles de la Méditerranée occidentale, Péninsule ibérique, Gaule, Germanie, Alpes, Bretagne (IIe siècle av. J. C.-IIe siècle ap. J. C.) de Jean-Pierre MARTIN et Giovanni BRIZZI - Sedes Histoire Capes Agrégation, 2010 :

Entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIe siècle après. J.-C. Rome a étendu son empire en Occident, du nord de la Bretagne à l'extrémité méridionale de la péninsule ibérique. Peut-on pour autant parler d'"impérialisme" dans son sens tradionnel ? Y a-t-il eu volonté consciente ou bien entraînement progressif d'une puissance qui n'aurait pu arrêter sa course ? A ces premières questions s'en ajoutent d'autres : comment Rome a-t-elle pu contrôler directement, avec un petit nombre d'administrateurs et de soldats, autant de territoires, pour certains très peuplés ? Que recouvre la notion de provincia ? Quels rouages de gouvernement, quels moyens de persuasion Rome a-t-elle utilisés ? A-t-elle réussi à créer un cadre de vie qui a durablement et assez largement suscité l'adhésion ? L'ensemble de cette étude qui aborde les aspects militaires, juridiques, administratifs, économiques et religieux met en valeur la progressive transformation d'un monde diversifié en un Occident européen. La notion de "romanisation" en est-elle le reflet ?

  • Vers la pensée unique. La montée de l'intolérance dans l'Antiquité tardive de Polymnia ATHANASSIADI - Les Belles Lettres Histoire, 2010 :

La montée de l'intolérance, entre le IIIe et le VIe siècle dans l'Empire romain, n'est pas un phénomène surprenant. Une série de développements interdépendants, qui s'inscrivent dans la longue durée, en sont à l'origine. Le présent ouvrage intégre et analyse dans un schéma narratif les thématiques du prosélytisme et de la persécution ; de la centralisation du pouvoir séculaire et de son alliance de plus en plus intime avec le domaine religieux ; de l'orthodoxie doctrinale et de l'hérésie ; de la polémique interne et externe des communautés scripturaires ; de la censure subtile ou brutale et, finalement, de "la nouvelle histoire", c'est-à-dire de la réécriture de l'histoire universelle en termes religieux. Imbriqués les uns dans les autres, ces développements ont une relation sinon causale, au moins dialectique, avec la présence, d'abord incidente, puis endémique, de l'intolérance (avec son corollaire plus concret de la violence) dans l'Empire romain. Tous ces phénomènes, déclenchés dans une société pluraliste par l'arrivée d'un nombre croissant d'hommes et de femmes revendiquant le monopole de la vérité théologique et résolus à répandre cette vérité par une démarche missionnaire, sont fortement corrélés et se trouvent à la base d'un nouveau modèle sociétal : celui de la communauté religieuse. Dans le vase clos qu'on a pris l'habitude de nommer l'"Antiquité tardive", s'effectue le passage d'une société organisée à la mesure de l'Homme à une autre bâtie pour la plus grande gloire de Dieu.

  • L'économie du monde romain de Jean ANDREAU - Ellipses, 2010 :

Rome, fondée au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, fut d'abord une très petite cité avec un territoire rural. Puis elle a conquis l'Italie, toute la Méditerranée, et même d'amples régions plus continentales - comme la Gaule ou les rives du Danube. On connaît l'étonnant brio de certaines de ses réalisations matérielles et intellectuelles: ses constructions publiques et privées, ses transports maritimes, son droit, ses connaissances techniques, etc. Comment l'économie de cette cité, qui est devenue un immense Empire, était-elle organisée ? Quels en étaient les ressorts ? Jusqu'à quel point peut-on parler de sa modernité ? Cet ouvrage fait le point sur les problèmes posés par les divers secteurs de cette économie, à la lumière des nombreuses découvertes de ces dernières décennies - et notamment des découvertes archéologiques.

  • La véritable histoire de Constantin. Textes réunis et commentés par Pierre MARAVAL - Les Belles Lettres, 2010 :

La tradition historiographique dans sa diversité considère la conversion de Constantin au christianisme comme un moment décisif tant pour l'histoire de la Chrétienté occidentale et de Byzance que pour celle de l'Empire romain. Sa victoire sur Maxence, le 28 octobre 312 au pont Milvius, est restée célèbre car c'est à la veille de la bataille que Constantin aurait vu une croix lumineuse. Les conséquences idéologiques sont immenses et l'Empire donne ainsi à l'église chrétienne une position officielle (édit de Milan, 313). En 325, est réuni, à son initiative, le premier concile œcuménique à Nicée pour mettre un terme à l'hérésie arienne qui déchirait l'Église. Cet empereur au long règne (306-337), maître tout puissant de l'Empire après plusieurs guerres contre ses rivaux, met fin au système tétrarchique en rétablissant la monarchie héréditaire. Homme politique d'exception, Constantin est aussi un grand bâtisseur. Constantinople, la ville qui porte son nom, sera pour onze siècles la capitale politique, culturelle et artistique de l'Empire romain d'Orient, le centre d'une brillante civilisation. À sa mort, après avoir favorisé de nombreuses réformes politiques, monétaires et fiscales, sociales et religieuses, Constantin laisse derrière lui un empire pacifié. De ce personnage pragmatique et efficace que disent les sources controversées tant païennes que chrétiennes ? On trouvera dans ce livre le récit des grandes étapes de sa vie, au travers des témoignages favorables ou défavorables de Lactance, Eusèbe de Césarée, Libanios, Zosime et bien d'autres.

NOTA BENE : Une excellente collection qui a déjà produit sur les empereurs romains la véritable histoire de Caligula ainsi que celle de Marc Aurèle, et prévoit encore celles de Julien, Commode, Néron, sans compter pour la Rome républicaine, Pompée, Jules César, Cicéron, Antoine et Cléopâtre…

 
constantin - pierre maraval
  • Sarmates et Alains face à Rome de Iaroslav LEBEDYNSKY - Les Editions Maison, Coll. Illustoria, 2010 :

Ce fascicule présente les Sarmates et les Alains, nomades iranophones de la steppe, à l'époque de leur longue confrontation avec Rome (Ier-Ve siècles). Il explique comment les qualités guerrières de ces cavaliers en firent à la fois des ennemis redoutés et des auxiliaires désirables, voire un modèle technique et tactique, pour l'armée romaine.

NOTA BENE : Encore une excellente collection qui prévoit, entre autres La campagne de Julien en Perse par Catherine Wolff, Quades et Marcomans contre Marc Aurèle par Mihai Popescu et La bataille de Lyon, 197 aprs. J.-C. de Yann Le Bohec….

  • "Rends-moi mes légions !" : Le plus grave désastre de l'armée romaine de Luc MARY - Larousse, 2010 :

Trois légions, six cohortes d'auxiliaires et trois ailes de cavalerie, soit plus de vingt mille soldats, auxquels il faut ajouter une dizaine de milliers de civils : tel est le cortège qui avance, sous les ordres du général romain Varus, en ce matin brumeux du mois d'octobre de l'an 9. De retour d'une expédition en Germanie, cette foule de combattants, étirée sur une quinzaine de kilomètres, s'enfonce dans la forêt de Teutoburg pour rejoindre les camps fortifiés sur le Rhin. Or, tapis dans les taillis, des milliers de guerriers chérusques, le torse nu pour impressionner leurs adversaires, le visage et le corps peinturlurés de blanc, les épient, attendant le moment propice pour se jeter sur eux… A travers les récits des historiens antiques, tels Tacite ou Dion Cassius, Luc Mary retrace ici, dans un style vif et précis, l'histoire du plus grave désastre de l'armée romaine.

PLUS D'INFOS SUR LA BATAILLE DE VARUS ?
VOYEZ SUR LE SITE PEPLUMS.INFO DE MICHEL ELOY :
CLIC !

  • Le rituel du vote. Les assemblées du peuple romain de Virginie HOLLARD - CNRS Editions, 2010 :

Après cinq siècles de République, Rome met en place un régime impérial, caractérisé par la figure du Princeps se plaçant au-dessus des institutions existantes. Ce changement supprime-t-il le vote du peuple romain ? L'étude des règnes fondateurs d'Auguste et Tibère (27 av.-37 ap.J.-C.) permet de définir le vote romain comme un rituel politique qui, tout en devenant une simple formalité, demeure, du moins tout au long du Ier siècle de notre ère, un moment incontournable de la vie politique à Rome. Cette formalité ritualiste, qui fait le lien entre République et Empire, confère au vote toute sa valeur et pourrait même donner une coloration démocratique à la vie politique romaine.

varus arminius - luc mary
  • Occidents romains. Sénateurs, chevaliers, militaires, notables dans les provinces d'Occident (Espagnes, Gaules, Germanies, Bretagne) sous la direction de François CHAUSSON - Éditions Errance, 2010 :

Un général romain vaincu, un légionnaire chasseur d'ours, un orateur nîmois connu pour ses talents de délateur, des chefs gaulois et bataves : tels sont quelques-uns des personnages présentés dans ce volume. La constitution de l'Empire romain en Occident, commencée aux IIIe-IIe siècles av. J.-C., et poursuivie jusqu'au IIe siècles ap. J.-C., ainsi que sa gestion furent en effet l'oeuvre de divers acteurs, aussi bien des envoyés de Rome dans les provinces que des provinciaux tantôt favorables, tantôt hostiles à la domination romaine. Ordinairement, nos connaissances en histoire militaire, administrative et financière du monde romain se bâtissent grâce à la recomposition d'organigrammes qui éclairent les mécanismes d'une gestion centralisée d'un vaste monde. Pourtant, au détour de la documentation, au-delà des fortes lignes et structures de l'Etat romain, il arrive qu'apparaissent des silhouettes saisissantes. Le présent volume offre un évantail varié de ces destins humains, chaque fois replacés dans un contexte géographique, politique et chronologique qui explique leur trajectoire. Le lecteur est ainsi invité à suivre ces biographies singulières ou ces portraits de groupe qui font entrer dans la matière vivante de ce que furent les liens multiples entre Rome et l'Occident.

  • Femme dans la Rome impériale de Nathalie PAPIN - Editions Altipresse, 2010 :

Leur nom sent le soufre et le sang ! Messaline ou Agrippine illustrent à l'extrême l'indépendance acquise par les femmes sous l'Empire. Entre la sage matrone admirée par tous et la dévergondée qui n'a pas froid aux yeux, la femme romaine est incroyablement multiple. Alors, suivons-la, pas à pas, de sa naissance à son mariage (ou son divorce !), du lever du jour à la réception du soir en passant par les thermes, accompagnons-la au théâtre, dans ses visites à ses amies et en vacances dans la baie de Naples. Découvrons comment elle est éduquée, comment elle se soigne, ou comment elle se pare. Les femmes de la Rome antique peuvent consacrer des heures à leur toilette. Elles raffolent des parfums, des onguents, des cosmétiques, des coiffures les plus sophistiquées et dépensent parfois des sommes folles pour une tunique taillée dans la meilleure étoffe. Dressons le portrait de quelques "tempéraments" : des femmes vertueuses dont la sagesse est passée à la postérité, des princesses avides de pouvoir, des femmes d'affaire qui se font construire des immeubles à Pompéi ou encore d'authentiques monstres, comme la terrible Locuste, celle par qui le poison arrive. Voilà bien le paradoxe de la femme romaine, officiellement inférieure, elle est néanmoins partout, indispensable.

Je signale encore une revue :

  • Histoire antique et médiévale n°48 (mars/avril 2010), avec son port-folio consacré à Trajan et les guerres d'Orient3

Et j'ajoute un roman historique (non encore lu !)

  • Miserere nobis de Roger BEVAND - Actes Sud, 2010

Gricca

 
 
 
 
23 Mars 2010
Jean-François a écrit :

Je m'intéresse depuis quelque temps à la fascinante impératrice Justine, mère de Valentinien II et farouche adversaire d'Ambroise, évêque de Milan, sur laquelle j'ai lu des hypothèses fort passionnantes concernant son ascendance généalogique (voir notamment Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe siècle, de François Chausson).

Je suis cependant surpris de constater qu'aucune monnaie ne semble avoir été frappée à son effigie et qu'aucun portrait n'a été identifié comme étant celui de cette impératrice, qui fut pourtant une figure de notable importance, ayant assumé le rôle d'une régence officieuse au nom de son jeune fils, après avoir été successivement l'épouse de deux empereurs. Les études récentes en matière de généalogie en feraient même une princesse apparentée à la dynastie des Constantinides et elle serait en plus le lien unissant les Valentiniens aux Théodosiens.

La plupart des impératrices appartenant à la famille des Constantins, Valentiniens et Théodosiens étant identifiées à partir de monnaies anciennes, je m'interroge sur les raisons pour lesquelles Justine ne fut pas ainsi honorée.

À moins qu'il y aurait une iconographie connue de l'impératrice Justine et que cela m'ait échappé ?

 
 
 
RÉPONSE :
Je ne connais pas grand-chose en matière d'iconographie impériale. Toutefois, au vu de l'index chronologique - assez exhaustif, me semble-t-il - du site numismatique wildwinds.com, je remarque que, tout au long du IVe siècle, extrêmement rares paraissent avoir été les monnaies frappées à l'effigie d'"impératrices". En fait, depuis Fausta, épouse de Dioclétien, jusqu'à Ælia Flaccilla, première épouse de Théodose Ier, aucune d'entre elles n'aurait bénéficié de cette marque de distinction. Notre Justine ne ferait donc pas exception à ce qui semblerait constituer une mode, sinon une règle…

Quant à son ascendance, ZOSSO et ZINGG (Les empereurs romains, Éditions Errance, 2009) la disent petite-fille de Jules Constance (demi-frère de Constantin et père de l'empereur Julien ainsi que du César Gallus). Cette hypothèse est également évoquée par mon érudit correspondant Gricca dans l'intervention qu'il a consacrée à cette Justine, précisément à l'occasion de la parution de la Stemmata Aurea.

Et puisque l'ami Gricca la trouve séduisante - l'hypothèse, pas Justine -, je me rallie volontiers à son opinion !

 

 
 
Conclusion de Jean-François

Merci de votre réponse. J'ai tenu à vérifier dans différentes sources numismatiques et iconographiques si effectivement il n'y avait aucune représentation de l'impératrice Justine. Mes recherches démontrent que c'est effectivement le cas. Par ailleurs, il est également vrai qu'aucune impératrice, de Fausta à Flacilla, n'a vu son profil représenté sur des monnaies. Assez curieux, tout de même, quoique qu'on ne peut nier que peu d'entre elles aient réellement fait preuve d'envergure, hormis peut-être la seconde épouse de Constance II, Eusébie...

Je trouve néanmoins décevant de ne pas disposer de représentation iconographique de Justine, que je trouve à la fois mystérieuse et impressionnante, autant par son rôle dans le gouvernement impérial que par son opposition déterminée face à Ambroise de Milan, lequel n'a pas hésité à la comparer, de façon très démagogique pour l'époque, à Jézabel et à Hérodiade, entre autres figures féminines "peu recommandables" de la tradition judéo-chrétienne.

Il est tout de même possible de voir une "représentation" de cette impératrice dans le dernier chapitre de la saga Imperium produite par les studios italiens Lux Vide (www.luxvide.it). Les scénaristes en ont certes fait l'une des "vilaines" de cette mini-série télévisée, selon le souvenir simpliste perpétué par la tradition catholique, mais j'aime bien le petit côté grandiloquent, et même flamboyant, qu'ils lui ont attribué.

 
 
 
 
26 Mars 2010
Le Musée des Temps barbares (Marle) nous écrit :

 

musee des temps barbares

22 mars 2010

5e Festival d'Histoire Vivante

26-27 juin 2010

Un programme exceptionnel,
des nouveautés inédites à Marle
+ de 400 participants

CHAR DE GUERRE CELTE, GUERRIERS GAULOIS,
HADRIEN, empereur de Rome, JEUX DU CIRQUE,
DEUX CENTURIES ROMAINES (160 légionnaires !),
MACHINES DE GUERRE, COURSE DE CHARS ROMAINS,
GLADIATEURS, FRANCS, ALAMANS, SAXONS …

 
festival de marle
 

du spectacle en perspective, et bien d'autres animations
que vous découvrirez ici !

http://www.museedestempsbarbares.fr

 
Musée des Temps Barbares - rue des Moulins - 02250 - MARLE tél : 03 23 24 01 33 -
mél : contact@museedestempsbarbares.fr