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Novembre - Décembre 2008 (page 2/2)

Sommaire Novembre - Décembre 2008 : Clic !

 
 
10 Décembre 2008
Gricca a écrit :

Ouvrages sur l'empire romain

Les ouvrages sur l'empire romain et son époque continuant à paraître, en voici une liste non exhaustive avec le résumé pris au dos des livres :

  • Légions romaines en campagne. La colonne Trajane de Georges DEPEYROT - Errance, 2008

La colonne de Trajan est un des monuments les plus spectaculaires de Rome dont elle symbolise la puissance militaire. Elle fut l'oeuvre d'Apollodore de Damas, l'un des plus célèbres architectes romains, et s'intégrait dans le forum qu'il fit édifier pour Trajan. La très longue frise raconte les deux campagnes de conquête livrées par les troupes romaines pour annexer la Dacie (la Roumanie actuelle). En 140 scènes de longueur inégale, sont détaillés les principaux événements de cette guerre, les déplacements des troupes, les batailles, mais aussi les tractations, les sièges des villes, les pillages et les affrontements de cavaleries. C'est un témoignage des plus précieux pour l'étude de l'armée romaine en action. Bien plus précis que tous les témoignages littéraires, les graveurs ont montré les divers corps d'armée : les prétoriens, les légionnaires, les auxiliaires et les troupes étrangères au service de Rome. C'est aussi un enregistrement des moindres détails des équipements militaires. L'opération militaire comprenait plusieurs sortes de navires, les uns de haute mer, les autres fluviaux ; des transports d'armes lourdes ; des chariots ; des balises, etc. Chaque étape donnait lieu à une construction de camp fortifié dont la colonne montre les méthodes d'édification. C'est enfin un témoignage sur la tactique militaire romaine : il est possible de distinguer les interventions et les domaines de compétence spécifique des légionnaires, ceux des auxiliaires, mais aussi de remarquer le rôle majeur joué par la cavalerie, qu'il s'agisse des auxiliaires ou des contingents maures qui emportèrent la victoire. La colonne détaille aussi les soldats daces et leurs alliés. Elle constitue une mine d'informations sur les habitudes militaires des peuples du barbaricum ainsi que sur leur mode de vie, leurs villes, leurs fortifications, etc. Les scènes sont toutes décrites et illustrées.

  • Julien l'Apostat de Glen W. BOWERSOCK - Armand Colin, 2008 :

Ce livre retrace la vie et le règne de l'empereur Julien (331-363 après J.-C.) : sa jeunesse, ses années à la tête de l'armée romaine en Gaule avant d'être proclamé empereur par ses troupes, son ascension au cours de la marche sur Constantinople, les mois de turbulences à Antioche et, enfin, sa campagne malheureuse contre les Perses. L'homme, une des figures les plus ambiguës de l'Antiquité, fascine par ses exploits de guerrier, mais c'est surtout sa politique religieuse que la postérité retiendra. Car Julien, révélant son hostilité fondamentale au christianisme, abrogeant les mesures prises contre les païens et les juifs, prône le retour au paganisme et va contre son temps. S'appuyant sur la critique des sources anciennes - le témoignage des amis et des ennemis de Julien ainsi que les écrits de l'empereur lui-même - G. W. Bowersock révèle un visage plus nuancé de l'homme que l'image longtemps retenue par l'historiographie. S'il était un remarquable guerrier et un grand philosophe, il apparaît un piètre homme politique : sa tentative de restauration de la religion païenne, dans le contexte de la progression du christianisme, était inéluctablement vouée à l'échec.

  • Une invention nommée Jésus. L'existence de Jésus est une affirmation de foi et non d'histoire de Nicolas BOURGEOIS - Editions Aden, 2008 :
Jésus a-t-il existé ? La question a été posée il y a plus de deux siècles et le débat s'enlise. Trois tendances principales s'affrontent :
julien l'apostat - bowersock

* les mythistes pour qui la documentation concernant Jésus est un ramassis de fables totalement invraisemblables.
* les fondamentalistes pour qui cette documentation est un trésor d'une remarquable exactitude.
* les sommités bardées de doctorats d'universités catholiques et protestantes qui estiment avoir une démarche scientifique.
Ces trois camps s'écoutent peu et se méprisent mutuellement. L'auteur a donc entrepris d'examiner les approches des uns et des autres. Il en ressort qu'aucun document n'atteste clairement l'existence de Jésus et que ce personnage a toutes les apparences d'une fiction élaborée pour des raisons théologiques. Il en ressort également que certains spécialistes du Jésus historique, forts d'un prestige considérable et d'une absence de contradiction, se permettent de raconter n'importe quoi. La liste de leurs approximations, demi-vérités et vrais mensonges est impressionnante. Basée sur des travaux des spécialistes les plus réputés, cette synthèse sera précieuse à ceux qui veulent se faire une opinion.

  • Jésus sans Jésus. La christianisation de l'Empire romain de Gérard MORILLAT et Jérôme PRIEUR - Seuil, 2008 :

Après le succès de leurs précédents essais, les auteurs des grandes séries télévisées Corpus Christi et L'Origine du christianisme enquêtent sur un événement considérable pour l'Occident: la naissance d'une nouvelle religion, le christianisme. Quelles ont été, entre la fin du Ier siècle de notre ère et le début du Ve, les étapes décisives de cette histoire ? Comment les chrétiens ont-ils rompu avec les juifs tout en gardant le Dieu de l'Ancien Testament ? Comment le monothéisme chrétien a-t-il pu s'imposer malgré le polythéisme païen qui dominait l'Antiquité ? Comment les chrétiens ont-ils réussi à surmonter leurs conflits internes, à écarter les hérésies ? Combien y eut-il de martyrs et qui furent-ils ? Quels furent le rôle et l'ampleur des persécutions ? Qui était l'empereur Constantin, qui consacra la victoire politique du christianisme ? Pourquoi le messianisme d'un courant marginal du judaïsme, entièrement tourné vers l'attente de la Fin des temps, a-t-il abouti à une immense institution, l'Eglise ? Comment le christianisme a-t-il pu devenir la religion officielle et obligatoire de l'Empire romain ? La conversion de l'Etat au christianisme était-elle inéluctable ? Un dossier critique précis et novateur, une synthèse constamment appuyée sur la connaissance des recherches les plus récentes et les plus solides.

  • Le Christianisme antique. De Jésus à Constantin par Paul MATTÉI - Armand Colin, Collection U, 2008 :

Comment une petite secte périphérique a-t-elle fini par imposer son message, pour ne pas dire sa loi à l’ensemble de l’empire romain ? Cette histoire improbable s’ouvre par la prise d’autonomie rapide des disciples du Christ envers le judaïsme, dont ils récusent, avec Paul, la clôture pour se livrer à un prosélytisme résolu en direction des Gentils. Puis, durant les trois premiers siècles de notre ère, le christianisme relève avec succès des défis décisifs : sauvegarde du message biblique, évangélique et apostolique, avec fixation de la doctrine par delà les divergences d’interprétation ; organisation des communautés chrétiennes autour de cette nouvelle vision de Dieu, du monde et des hommes ; victoire sur le monde païen choqué par certaines pratiques incomprises, avec tout le « bénéfice » du martyrologe : si la persécution fut très limitée dans le temps et dans l’espace, elle contribua à fixer le type idéal du chrétien. Cet ouvrage permet de mieux comprendre, grâce à de nombreux portraits, citations et analyses de textes ce que furent les débuts de cette religion qui allait devenir le socle de l’affirmation identitaire de l’Occident et de l’Orient.

  • De l'esclave à l'empereur. L'art romain dans les collections antiques du Louvre de Cécile GIROIRE et Daniel ROGER - Somogy (Editeur), Musée du Louvre, 2008 :

Divertissements du théâtre, du cirque ou de la chasse, plaisirs du banquet, des bains et de l'amour, sacrifices aux dieux de Rome ou cultes domestiques, l'art romain aura tout représenté avec le même raffinement et la même attention aux détails de la vie officielle ou privée. Mosaïques et peintures, statues et reliefs en marbre, inscriptions, terres cuites, bronzes, os et ivoires, argenterie et bijoux. Près de deux cents objets, tous issus des prestigieuses collections du Louvre, illustrent, "de l'esclave à l'empereur", la richesse et la variété infinies de cette extraordinaire civilisation romaine du Ier siècle av. J. -C. jusqu'au VIe siècle.

  • Les Grammairiens lascifs. La grammaire à la fin de l'Empire romain de Maria Grazia BAJONI - Les Belles Lettres, 2008 :

"Il se laissait appeler le Lascif, et ce surnom, si contraire à la pureté de sa vie, il ne le repoussa jamais, parce qu'il plaisait aux oreilles de ses amis." Pourquoi Ausone, dans sa Commémoration des professeurs de Bordeaux, a-t-il centré sur ce surnom à connotation érotique, Lascivus, l'évocation funèbre du grammairien Leontius, son ami et homme de grande dignité morale ? Tel est le point de départ de l'étude sociologique que Maria Grazia Bajoni consacre aux différents acteurs de la profession enseignante à Rome, depuis le grammaticus qui donnait la formation élémentaire, jusqu'au professeur de rhétorique qui prenait la suite, le même terme de grammaticus désignant aussi les grammairiens érudits, ancêtres de nos linguistes modernes. L'immoralité des grammairiens est presqu’un lieu commun de la civilisation romaine. Pervers, libidineux ou seulement incultes, les chasseurs de barbarismes passent pour avoir des mœurs dissolues. À qui la faute ? Le type du « maître corrompu » se trouve un peu partout dans les textes anciens. Suétone (70-122) présente un Remmius Palaemon méprisable qui se consacre à des pratiques infamantes envers les femmes. Ausone (310-395) dit de même dans les épigrammes consacrés au grammairien Eunus, plaisantant sur la perversion du personnage qui n’a d’égale que son ignorance. Sexe et grammaire : pourquoi et comment s'est constituée cette relation ? Comment expliquer ce rapport entre l'écriture, l'écrit et le comportement de celui qui maîtrise la grammaire ? Loin d’être un essai sur l’éducation dans l’Antiquité classique, ce livre est une enquête sur une profession et des hommes qui, en Grèce et à Rome, se trouvaient à la fois au sommet et à la marge de la culture imposée par la tradition et les institutions politiques.

  • La Gaule narbonnaise de la conquête romaine à la fin du IIIe siècle apr. J.-C. de Pierre GROS - Picard, Paris, 2008 :

paru, commentaires pris sur internet :
Après avoir dressé un rapide tableau de la situation culturelle et économique de la Gaule Transalpine avant la conquête romaine, en insistant sur le rôle de Marseille, l'auteur rappelle les circonstances qui ont conduit Rome à intervenir sur ce territoire et à l'annexer. Il examine ensuite l'action d'Auguste, dont le rôle dans la définition administrative et juridique de la province de Gaule Narbonnaise a été primordial. Les formes, les finalités et l'évolution de l'urbanisation sont ensuite analysées, avec une attention particulière accordée aux centres monumentaux, aux édifices religieux, aux théâtres et amphithéâtres, ainsi qu'aux établissements thermaux. L'habitat des vivants et celui des morts n'est pas oublié ; envisagé sur la longue durée, il constitue l'un des «marqueurs» les plus significatifs du degré de romanisation atteint par les diverses couches de la population. L'organisation des territoires ruraux et les aspects économiques de la mise en valeur des campagnes font l'objet de chapitres spécifiques, et le livre se conclut sur les particularités de la vie religieuse et culturelle au cours des trois premiers siècles de notre ère.

  • La Bataille de Teutobourg de Yann Le BOHEC - Les Editions Maison, Collection Illustoria, 2008 :

Dans ce livre, l'auteur nous conte le comment et les pourquoi d'une des plus cuisantes défaites de l'armée romaine du début de l'Empire. Nous sommes en l'an 9 de notre ère. Auguste, successeur de César, veut consolider l'hégémonie romaine. Il dispose pour cela d'une armée de métier forte d'environ 25 légions. En Germanie, ce rôle de "pacification" incombe au légat consulaire Varus. Mais le manque de tact de ce personnage autoritaire débouche sur un fiasco. Et trois légions romaines se jettent dans un piège sanglant tendu par les guerriers d'Arminius…

Cette excellente petite collection prévoit de faire paraître; entre autres, Sarmates et Alains contre Rome par Iaroslav Lebedynsky, La campagne de Julien en Perse par Catherine Wolff, et Quades et Marcomans contre Marc Aurèle par Mihai Popescu.

Cet ouvrage sort par ailleurs à un moment où une découverte archéologique étonnante, faite à Kalefeld-Oldenrode, nous apprend que l'armée romaine était à nouveau présente en plein coeur de la Germanie, à l'Ouest du massif du Harz, dans la première moitié du IIIe siècle, probablement lors de l'offensive des légions de Maximin le Thrace (235-238). Il semblerait cette fois que les romains soient sortis vainqueurs de la bataille, mais cela reste à confirmer.

 
bataille de teutoburg - le bohec
Parmi les bandes dessinées, comme les "Alix raconte" sur Cléopâtre et sur Néron parus chez Casterman, il convient de signaler celle tirée du roman de Lewis Wallace paru en 1880 (et non du célèbre film de 1959 incarné par Charlton Heston), Ben Hur. Il est prévu 4 tomes.
  • Ben Hur - Livre premier : Messala de Jean-Yves MITTON - Delcourt, 2008 :

En l'an 27, sous le règne des Césars, l'empire romain s'étend désormais jusqu'aux confins du Moyen-Orient afin d'enserrer le Mare Nostrum dans sa totalité. Pour mieux contrôler les routes stratégiques qui passent par Jérusalem, Tibère fait de la Judée, jusqu'alors simple colonie, une province romaine gouvernée par un procurateur. L'étau des légions, des lois et de l'impôt de Rome se resserre sur les populations. La révolte des Juifs couve, alimentée par la faiblesse et la duplicité de leur roi fantoche, Hérode Antipas. Deux conceptions du monde s'opposent et tous les éléments du drame à venir sont réunis. La condamnation pour l'exemple et la vengeance de Juda Ben Hur, prince juif de Jérusalem, seront à la mesure de la cruauté de Messala, impitoyable tribun romain qui fut son ami d'enfance.

Pour terminer signalons pour les amoureux de l'Antiquité un très bon :
  • Guide de l'Antiquité imaginaire Claude AZIZA - Les Belles Lettres, 2008 :

Clair, ludique et concis, ce Guide de l'Antiquité imaginaire livre une indispensable réflexion sur l’usage de la fiction à l’antique, depuis le début du XIXe siècle, et un commode mode d’emploi pour exploiter les ressources actuelles - et disponibles - de cette fiction. Ont été ainsi recensés et commentés près d’un millier de titres de romans, de films et de BD. Il était temps de montrer que le sérieux universitaire n’est pas incompatible avec l’apparente fantaisie du roman historique, du cinéma ou de la bande dessinée. Et que la réalité ne peut se passer du rêve. De l’Atlantide à Byzance, en passant par Thèbes, Jérusalem, Athènes et Rome.

  • Et enfin, car très bien réalisée, la publication par les Editions Ausonius 2008 du catalogue d'une exposition tenue à Bordeaux La voie de Rome entre Méditerranée Atlantique qui analyse les relations entre la Méditerranée et l'Atlantique, essentielles pour l'histoire économique de l'Occident romain, avec des chapitres intitulés : Les zones portuaires méditerranéennes ; Le trajet de Narbonne à Bordeaux ; Les produits ; Les zones portuaires atlantiques.

GRICCA

 
 
 
12 Décembre 2008
Webmaster d'Apprendre Tous Cours a écrit :

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23 Décembre 2008
J.C. a écrit :
(…) Vous citez souvent Tacite. Avez-vous aussi songé à Tite-Live et son "Histoire romaine" qui est aussi une source exceptionnelle d'information ?
 
 
 
RÉPONSE :
Vous avez raison : l'œuvre de Tite-Live fourmille de renseignements sur l'histoire romaine… Oui, mais pas vraiment pour la période de cette histoire qui m'intéresse. En effet, mes pages web sont surtout axées sur les biographies des empereurs romains (ainsi que sur les premiers temps du christianisme). Or, de l'Histoire romaine de Tite-Live (-50 - 17) qui, originellement, couvrait la période allant de la fondation de la Ville (753 av. J.-C.) à la mort de Drusus (9 av. J.-C.), il ne nous reste que 35 livres sur 142 : les 10 premiers (jusqu'en 293 av. J.-C.), les livres 21 à 45 (de 210 à 167 av. J.-C.), et un fragment du livre 91 (campagne de Sertorius en Espagne, vers 80).
C'est dire que, même là où, à la marge (c'est-à-dire pour les années 27 à 9 av. J.-C.), ce contemporain (et ami) du "premier empereur" Auguste aurait pu nous aider dans nos recherches, il nous fait défaut !