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Sommaire Novembre - Décembre 2008 :

  • 6 Novembre 2008 :
    • Des vrais descendants de Romains parmi nous ? : Clic !
  • 12 Novembre 2008 :
    • Les Romains, des partouzeurs invétérés, comme dans le film Caligula ? : Clic !
    • Cléopâtre, une camée manipulatrice, comme dans la série Rome ? : Clic !
  • 29 Novembre 2008 :
    • HELP ! Des infos sur la Crète romaine, SVP ! : Clic !
  • 1er Décembre 2008 :
    • Pourquoi Vespasien et son fils Domitien ont-ils sévi contre certains philosophes ? : Clic !
  • 10 Décembre 2008 :
    • La chute de l'Empire romain : la faute à la sécheresse ? : Clic !
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  • 10 Décembre 2008 :
    • GRICCA nous présente de nouveaux ouvrages sur l'Empire romain : Clic !
      • Légions romaines en campagne : La colonne Trajane - Georges DEPEYROT : Clic !
      • Julien l'Apostat - Glen W. BOWERSOCK : Clic !
      • Une invention nommée Jésus - Nicolas BOURGEOIS : Clic !
      • Jésus sans Jésus. La christianisation de l'Empire romain - Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR : Clic !
      • Le Christianisme antique. De Jésus à Constantin - Paul MATTÉI : Clic !
      • De l'esclave à l'empereur. L'art romain dans les collections antiques du Louvre - Cécile GIROIRE et Daniel ROGER : Clic !
      • Les Grammairiens lascifs. La grammaire à la fin de l'Empire romain - Maria Grazia BAJONI : Clic !
      • La Gaule narbonnaise de la conquête romaine à la fin du IIIe siècle apr. J.-C. - Pierre GROS : Clic !
      • La Bataille de Teutobourg - Yann Le BOHEC : Clic !
      • Ben Hur - Livre premier : Messala [BD] de Jean-Yves MITTON : Clic !
      • Guide de l'Antiquité imaginaire - Claude AZIZA : Clic !
      • La voie de Rome entre Méditerranée Atlantique [Catalogue expo] : Clic !
  • 12 Décembre 2008 :
  • 23 Décembre 2008 :
    • Et Tite-Live, on l'oublie ?… : Clic !
 
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"EMPEREURS ROMAINS"
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6 Novembre 2008
Joe (site irolog.free.fr/joe.htm) a écrit :
(…) J'ai une question sans réponse. Elle concerne les descendants des Romains de la Rome antique : est-ce qu'il y a des familles contemporaines qui, avec certitude, descendent des Romains antiques d'Occident ? Où ? qui ? lesquelles ?
Des noms, des noms !
 
 
 
RÉPONSE :

J'ai bien peur que ta question reste sans réponse… en tout cas de ma part, qui suis absolument nul en généalogie.

Bon, il est évident que nous tous descendons de personnes qui vivaient "au temps des Romains". Mais pas nécessairement de Romains, ni même de gens qui habitaient à Rome, en Italie, ou dans l'Empire romain, voire en Europe. Il y eut en effet au cours des vingt derniers siècles tant de brassage de peuples, d'invasions, de migrations que la "pureté ethnique" de la plupart des peuples européens n'est qu'un leurre, ou un fantasme de nazillons bornés (ô pléonasme !).

Quant à retrouver la trace d'ancêtres extrêmement lointains, à mon sens, c'est là aussi une illusion. L'absence de toute donnée fiable empêche le plus souvent de remonter bien loin. Comme tu le sais certainement, nous ne disposons de registres d'état-civil qu'à partir (au mieux) de la fin du XVIIIe siècle, et les plus anciens registres paroissiaux (ô combien lacunaires) datent des XVe - XVIe siècles. Avant cela, c'est généralement la bouteille à encre, le mystère des origines !…

Bien sûr, certaines grandes familles aristocratiques présentent des arbres généalogiques plongeant leurs racines plus loin dans le passé, jusqu'aux croisades, voire jusqu'aux Carolingiens. Ouais !… À mon avis, là encore, les plus anciennes racines sont probablement plus revendiquées qu'avérées, et de toute façon n'atteignent pas l'Antiquité romaine. Et quand c'est le cas, cela confine parfois au grotesque !
Si tu veux rigoler un bon coup, jette un coup d'œil sur cette page Web : american-pictures.com. Deux Américains s'y présentent comme les 61e arrières-neveux de l'empereur Néron. Rien que cela ! Et qui mieux est, ils comptent aussi parmi leurs ancêtres d'impressionnantes lignées de rois des Bretons, une volée de souverains des Scots, etc… Dommage que tous ceux-ci soient hautement légendaires. Et dommage aussi que le point de départ de cette fabuleuse généalogie soit très contestable : une fille d'Agrippine la Jeune (mère de Néron) aurait épousé un roi breton. Où diantre ces présomptueux Ricains ont-ils été pêcher cela ?

Je suis donc désolé de ne pouvoir te fournir des noms de personnes qui, à coup sûr, comptent parmi leurs ancêtres des Romains (nécessairement illustres puisque les noms des obscurs citoyens ne nous sont pas connus). Qui sait, tu descends peut-être de Jules César, et moi de l'empereur Valentinien (qui avait d'ailleurs une "résidence secondaire" en Ardenne belge, non loin de ma ville natale) ? Mais ni toi ni moi n'en saurons jamais rien… et à vrai dire, cela ne m'empêche pas de dormir !

(Sur ce sujet, voyez aussi : Clic !, Clic !, Clic !, Clic !, Clic ! et Clic !)

 

 
 
 
12 Novembre 2008
"Olive" a écrit :
Je viens de visionner le film de Tinto Brass sur Caligula,( plutôt le prétexte de faire un film olé-olé sur le sujet), et je voudrais savoir s'il existe un livre sur les orgies romaines, historique bien sûr ne vous m'éprenez sur mes intentions.
De plus pour rester dans l'orgie, la série américaine Rome, nous montre une Cléopâtre usant de ses charmes et fumant de la drogue. Ma question est la suivante, Cléopâtre était-elle aussi manipulatrice que le dévoile la série, et pouvons-nous connaître les us et coutumes en matière d'absorption de narcotique dans la Rome antique ?
 
 
 
RÉPONSE :

Non, désolé, je ne connais pas de bouquin spécifiquement consacré aux orgies romaines. Il me semblait pourtant avoir vu qu'un ouvrage de ce genre était paru récemment, mais j'ai dû confondre ou me tromper…
Il ne faut toutefois pas prendre les "inserts pornos" du Caligula de Tinto Brass pour des vérités historiques. Les calomnies de l'historien romain Suétone, grand amateur de cancans scabreux - et grand dénigreur de tous les empereurs qui avaient précédé ceux sous lesquels il avait l'heur de vivre (et qui le rémunéraient grassement) - ainsi que la verve érotique (voire pornographique) de certains romans antiques, tel le Satiricon, ne doivent pas nous faire oublier que, dans la réalité des faits, les Romains de l'Antiquité nous paraîtraient aujourd'hui assez "coincés". Dans un ancien courrier, je cite une phrase de Paul Veyne qui est ici aussi de circonstance : "Le Satiricon de Pétrone dut justement son succès au fait qu'il décrivait des scènes de débauche à une société, la société romaine, alors très puritaine : les Romains compensaient leur propre austérité par les délices de l'imagination" (L'Histoire, N°254, p. 53). Et je concluais en écrivant : "Prendre les orgies du Satiricon [et du film « Caligula »] au pied de la lettre, ce serait un peu comme croire que les films pornos américains sont l'exact reflet de prétendues mœurs dévergondées du commun des citoyens des States… On est vraiment loin de compte !"..

Cléopâtre était-elle manipulatrice ?
Je présume que l'on dira d'un homme qui use de tous les moyens dont il dispose pour imposer ses vues et parvenir à ses fins qu'il est un "fin politique", un "habile tacticien" et un "grand séducteur", tandis qu'une femme qui agit de même sera nécessairement une "manipulatrice" et une "pute" !… A l'époque de la belle Cléo, les seuls rôles consentis aux femmes n'étaient guère que ceux d'épouse ou de courtisane, d'amante ou de reproductrice. Soucieuse de conserver son trône, de perpétuer sa dynastie et de sauvegarder l'indépendance de son pays face aux prédateurs Romains, elle fut donc contrainte de combattre pour sa cause en usant des seules armes dont elle disposait, celles de sa féminité. Alors "manipulatrice", sans doute… mais avait-elle d'autre choix ?

Du reste, nous ne connaissons finalement pas grand-chose de Cléopâtre : elle n'apparaît guère dans l'Histoire que dans l'ombre de ses deux grands amants, César et Antoine. Nous ne pouvons donc que conjecturer sur sa psychologie, et supposer ce que furent réellement ses mobiles, ses projets et ses ambitions politiques. Quant à savoir si elle fut un temps une junkie, ainsi que la montre la - au demeurant excellente - série TV Rome, là, c'est absolument impossible. Le poète latin Horace a voulu faire croire à la postérité que la belle Cléo était alcoolo, mais à ma connaissance, jamais personne ne l'a prétendue camée… (Sur la série Rome et Cléopâtre, voyez aussi, sur le site ami Péplum.info : Clic ! - Vous y trouverez aussi un dossier sur le film Caligula : Clic !).

cleopatre

 

 
 
 
29 Novembre 2008
Jean-Pierre a écrit :

{…) Vous m'aviez mis en relation avec une jeune femme qui avait pu me fournir des explications sur le DODECASCHENE romain, ce qui est une performance quand on sait que cette région n'est restée romaine que 2 siècles à peine et que les sources bibliographiques en conséquence sont ténues.

C'est encore une question de spécialisation qui m'amène, mais qui devrait procurer d'avantage peut-être de renseignements bibliographiques : Pourriez vous SVP me mettre en relation avec des personnes capables de me fournir des informations sur la CRÈTE ROMAINE ?
A vrai dire, c'est nous mettre en relations, mon fiston et moi : J'ai en effet un de mes grands qui fait un mémoire d'histoire sur la Crête Romaine : Conquête, histoire politique, économique, militaire, géographie historique, cités crétoise, etc. . Bien entendu il bosse de son côté pour chercher des renseignements, mais j'aimerais aussi pouvoir l'aider.

D'avance grand merci de mettre ma demande sur le blog, en espérant qu'un de vos fans de l'Empire Romain pourra nous aider.

 

 
 
 
1er Décembre 2008
Éric a écrit :

Je suis un étudiant de troisième année en études anciennes (…) et j'ai une petite question pour vous
Pourquoi, lors du règne des Flaviens, certains philosophes stoïciens et cyniques (Dion entre autres) ont été mis à mort, ou exilés, et quel avantage y avait-il pour ces empereurs ? Je trouve cela un peu bizarre, certains étaient-ils moins menaçants ? Est-ce que c'était l'empereur lui-même qui décidait de leur sort ?

 
 
 
RÉPONSE :

A priori, Vespasien était aussi éloigné des préoccupations philosophiques, que - par exemple - le futur ex-président US George W. Bush l'est du socialisme révolutionnaire ! Esprit pragmatique, l'empereur romain se souciait essentiellement des problèmes bien concrets, bien terre-à-terre, comme la rentrée des impôts, l'entretien de l'armée, l'infrastructure urbaine, etc… La philosophie n'était pour lui qu'une perte de temps, et les gens qui s'adonnaient à plein temps à ces billevesées n'étaient, au mieux, que de rêveurs, et au pire, des inutiles. Comme l'écrit Lucien Jerphagnon, "Vespasien ne voulait aux philosophes ni bien, ni mal, dès lors qu'ils se tenaient à la place que leur assignait le Romain moyen. Un peu, dirais-je, comme le bourgeois demande à un curé de n'être ni coureur de jupons ni trotskyste, et de rester dans son église." (Lucien JERPHAGNON, Les divins Césars, Tallandier).

Alors pourquoi Vespasien condamna-t-il des philosophes ?

On remarquera d'abord que les épicuriens ne furent pas poursuivis : dédaignant les vains soucis des affaires publiques, ceux-ci ne représentaient pas une menace pour le régime. La vindicte impériale s'abattit exclusivement sur les philosophes stoïciens et cyniques. C'est-à-dire ceux qui, à cette époque, pensaient encore devoir s'ingérer dans le débat politique, afin de tenter de restaurer - dans ses valeurs, sinon dans ses institutions - la République romaine, sénatoriale et oligarchique. C'était la lubie qu'avaient poursuivie, sous Néron, les comploteurs réunis autour de Sénèque, Thraséas et Pison. Et ce fut encore le rêve, totalement anachronique, de ces philosophes qui, tel Helvidius Priscus (le gendre de Thraséas) ou Demetrius le Cynique, ne voyaient en Vespasien qu'un tyran de la pire espèce.

vespasien
   
Cette rancœur à l'égard du premier empereur Flavien peut nous étonner : à nos yeux ainsi qu'à ceux des historiens antiques, Vespasien, homme débonnaire et souverain très "libéral", apparaît comme tout le contraire d'un despote.
En réalité, il semble qu'aux yeux de ces beaux esprits, l'empereur Flavien avait commis trois "péchés capitaux" :
Tout d'abord, ses sympathies pour les cultes orientaux, en particulier pour celui de Sérapis. N'était-ce d'ailleurs pas par l'intercession de cette divinité égyptienne que Vespasien, à Alexandrie, avait réalisé un "miracle" qui, fort habilement exploité par sa propagande, avait favorisé son accession au pouvoir.
Il y avait ensuite la question du Capitole. Le temple de Jupiter Capitolin, incendié lors des "journées révolutionnaires" consécutives à la succession de Néron, devait être reconstruit. Les Flaviens s'y adonnèrent activement - et ostensiblement. Mais cela n'eut pas l'heur de plaire aux philosophes stoïciens : pour eux, il s'agissait de la récupération, pure et simple, par la dynastie du plus éminent symbole de la résistance à la tyrannie. C'est en effet sous les auspices de Jupiter Libérateur que leurs grands prédécesseurs, Thraséas et Sénèque, avaient versé leur sang (au sens littéral du terme) pour la cause.
Enfin, le mode de succession imposé par Vespasien leur restait au travers de la gorge. L'empereur avait opté pour le principe héréditaire. Estimant ses deux fils compétents (sans doute à des degrés divers), il tenait, mordicus, à ce que ce soient eux - et nul autre - qui lui succèdent. Les activistes stoïciens, eux, étaient partisans d'un système électif ; l'empire devait revenir au plus digne, au plus sage et au plus compétent des nobles sénateurs.

Comme l'écrit encore Lucien Jerphagnon, "ces multiples causes se potentialisant les unes les autres, on s'explique mieux comment une opposition de philosophes put prendre corps sous l'un des règnes les plus raisonnables que l'Empire connaîtra jamais."

Toutefois, dans un premier temps, Vespasien fit montre de patience et d'indulgence. Il subit les critiques du "parti philosophique" avec son impavidité et son humour habituels. "Je ne peux empêcher les chiens d'aboyer", répondit-il à une diatribe de Demetrius le Cynique. Mais constatant que ces doléances prenaient, de jour en jour, un tour plus politique, et que les beaux esprits risquaient de se constituer en faction séditieuse, il se résolut à frapper. Helvidius fut d'abord banni puis exécuté (Vespasien aurait envoyé un contrordre, mais qui n'arriva pas à temps - un poncif !), ses collègues stoïciens Titilius Hostilius et Euphratès furent exilés, un certain Diogène le Cynique fit fouetté, un Héras décapité.

N'ayant régné que deux ans, Titus n'eut pas le temps de démontrer son allergie à la philosophie militante. En revanche, Domitien se trouva confronté à une opposition "philosophique" comparable à celle qu'avait connue son père. Les raisons du contentieux restaient les mêmes (sympathie pour les divinités exotiques, récupération du culte de Jupiter Capitolin, et succession héréditaire), mais le conflit fut exacerbé par la personnalité suspicieuse du Prince, par ses mœurs relâchées, et par sa manière d'envisager le Principat qu'il souhaitait faire évoluer en une monarchie absolue, de style hellénistique. Pour le coup, ce Domitien qui se voulait Dominus et Deus (Seigneur et Dieu) et qui réprimait férocement toute opposition devait "inévitablement déchaîner contre lui la protestation des philosophes attachés à la fois aux libertés politiques et à un idéal de mœurs austères, au moins sur le papier." (Lucien JERPHAGNON, op. cit.).

Les penseurs "réactionnaires" fourbirent donc leurs stylets, aiguisèrent leurs plumes et les libelles hostile au "tyran", au "Néron chauve", commencèrent à pleuvoir. Évidemment, Domitien, colérique parano, n'y répondit que par une répression féroce, sanglante. Une fournée de sénateurs stoïciens payèrent de leur vie leur opposition au régime, puis, en 93, un sénatus-consulte condamna au bannissement tous les philosophes de Rome et d'Italie. C'est dans ces circonstances que Dion de Pruse (dit Chrysostome) et Épictète quittèrent la Péninsule. Le premier pour peu de temps : Dion revint à Rome après la mort de Domitien et fit office de "philosophe officiel" sous le règne de Trajan. Quant à Épictète, jamais il ne revint en Italie : malgré les prières insistantes d'Hadrien, il finit ses jours à Nicopolis, en Épire.

domitien

Voilà, j'espère que ces quelques renseignements pourront vous être utiles. Comme vous l'aurez remarqué, la plupart d'entre eux m'ont été inspirés par l'excellent ouvrage de Lucien JERPHAGNON, Les Divins Césars, idéologie et pouvoir dans la Rome impériale. Un bouquin que je vous invite d'ailleurs à consulter car je me suis contenté de résumer - peut-être un peu trop grossièrement - le propos de l'auteur.

 

 
 
 
10 Décembre 2008
Jean-Charles a écrit :

Un petit article à propos d'un lien entre déclin de l'Empire romain et sécheresse :

Le déclin des empires romain et byzantin : une histoire de sécheresse ?
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

En analysant les variations annuelles des précipitations en Méditerranée orientale au cours des derniers millénaires, une équipe américano-israélienne a découvert que la chute de l’influence de l’empire romain et byzantin dans cette région est curieusement concomitante d’une décroissance des précipitations.

Les stalagmites présentes dans les grottes sont d’excellentes mémoires du climat et en particulier des variations du taux de précipitation lorsque l’on sait correctement lire et interpréter les archives géochimiques qu’elles contiennent.
En effet, l’eau s’infiltrant dans les grottes et déposant lentement des couches de calcite emporte aussi avec elle des isotopes de l’oxygène ainsi que des impuretés sous forme de matière organique contenant des isotopes du carbone. En utilisant les techniques de la géochimie isotopique, on peut alors en déduire l'époque à laquelle ces couches de calcite se sont déposées, ainsi que l'intensité des précipitations et leurs températures.

La coupe de la stalagmite de la grotte Soreq. Crédit : University of Wisconsin-Madison
Un groupe de chercheurs américains de l’université de Wisconsin-Madison, menée par le professeur John Valley et son thésard Ian Orland, a entrepris avec des collègues israéliens d’analyser une coupe d’une stalagmite présente dans une célèbre grotte proche de Jérusalem, la grotte Soreq.

Des siècles de sécheresse
En utilisant la microsonde à ions du Wisconsin Secondary-Ion Mass-Spectrometer laboratory, ces chercheurs ont effectué une série d’analyses sur des portions très faiblement espacées de la coupe de la stalagmite. À chaque fois, une région de seulement une centième de millimètre était échantillonnée ce qui a permis de suivre les variations du climat, et même des saisons, à l’échelle de l’année.

À leur surprise, les chercheurs ont découvert que pendant une période s’étendant en gros de l’an 100 à l’an 700 après Jésus-Christ, le climat de la région de Jérusalem, et donc de la Méditerranée orientale, était devenu de plus en plus sec avec des chutes abruptes des précipitations autour des années 100 et 400 après J.-C. Or, c’est précisément pendant cette période que les empires romain et byzantin voient l’amorce de leur déclin et surtout la chute de leur influence dans cette région de la Méditerranée.

John Valley (gauche) et Ian Orland (droite). Crédit : University of Wisconsin-Madison-Bryce Richte
Il est bien sûr difficile de savoir s’il s’agit d’une simple coïncidence ou si un lien de causalité existe. De plus, même si un tel lien existe, il ne saurait expliquer à lui seul la chute de ces empires. Mais la question mérite d’être examinée de plus près.
Les chercheurs eux-mêmes continuent leur plongée dans le passé climatique enregistré finement dans la grotte Soreq. La stalagmite étudiée leur permettait déjà de lire les archives climatiques sur la période s’étendant de 200 avant J.-C. à 1100 après J.-C., mais ils peuvent faire beaucoup mieux car la grotte a au moins 185.000 ans. En particulier, il serait au plus au point intéressant de corréler les enregistrements climatiques de la grotte avec ceux des glaces en Antarctique et au Groenland.

[ Source : http://www.futura-sciences.com ]

Ceci s'inscrit dans la logique du déclin d'Angkor suite à la sécheresse (les forêts ayant été coupées) ou à la surexploitation ou sécheresse pour les Mayas, voire le déclin de notre civilisation suite à la surexploitation des ressources que nous promettent certains.
Comme le dit l'article : "Il est bien sûr difficile de savoir s'il s'agit d'une simple coïncidence ou si un lien de causalité existe. De plus, même si un tel lien existe, il ne saurait expliquer à lui seul la chute de ces empires. Mais la question mérite d'être examinée de plus près".
On trouvera sur votre site bien d'autres éléments pour nourrir notre réflexion, mais bon, un malheur de plus sur l'Empire en décrépitude pourquoi pas ?
Bref, "Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire" (Racine. Phèdre).

 
 
 
RÉPONSE :

Merci Jean-Charles, pour cet intéressant renseignement.

Je ne suis naturellement pas trop expert en "géochimie isotopique", mais, à première vue, il me semble quand même un fifrelin aventureux d'extrapoler sept siècles du climat de tout le bassin Méditerranée orientale sur base de l'analyse d'une seule stalagmite d'une unique grotte (située près de Jérusalem). "C'est un peu court, jeune homme !", comme disait Cyrano. Quant au lien entre le déclin puis la chute de l'Empire romain et cet éventuel changement climatique, il reste évidemment à prouver… Il pourrait toutefois contribuer à expliquer la pression croissante des tribus nomades d'Arabie, les plus affectées par un changement du régime des précipitations, sur les confins du "Croissant fertile" (Palestine, Syrie, Mésopotamie). Une pression démographique et militaire qui, au VIIe siècle (donc à la fin de la période déterminée par nos chercheurs israélo-américains), trouva son apogée avec les grandes invasions arabes et la défaite l'Empire byzantin (bataille du Yarmouk, 636) ainsi que l'effondrement total de l'Empire perse (prise de Ctésiphon en 637).

N'empêche que ce type d'explication est bien "dans l'air du temps" (si j'ose dire). Dans ma jeunesse, on ne jurait que par le matérialiste historique, et l'on trouvait au moindre événement des causes socio-économiques. Aujourd'hui, vive l'écologie et les causes climatiques ou environnementales !