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Juillet-Août-Septembre 2008 (page 2/2)

Sommaire Juillet-Août-Septembre 2008 : Clic !

 
 
16 Juillet 2008
Lydie a écrit :
Je voudrais acheter une copie de mosaïque romaine pour offrir à mon époux. Passionné d'histoire romaine, je sais que cela lui ferait plaisir, mais je ne sais pas où chercher !
Nous allons en Italie cet été, pensez vous que je puisse trouver cette mosaïque dans un musée ?
Sachant que je voudrais un exemplaire " mosaïque" pas sur papier.
Merci de m'aider…
 
 
 
RÉPONSE :

Je ne dispose guère de renseignements susceptibles de vous aider dans votre quête d'une reproduction de mosaïque romaine… Oui, la piste des musées italiens me paraît intéressante… Encore que, vu le nombre d'heures de travail nécessaires à la confection d'une "vraie-fausse" mosaïque et le prix de la main-d'œuvre dans nos pays développés, l'acquisition d'un tel objet risque de vous "coûter bonbon" (pour ne pas parler de "peau des fesses" - restons polis quand on s'adresse à une dame !).
Je ne sais pas, mais peut-être auriez-vous plus de chance de trouver cet objet, à meilleur compte, du côté de l'Afrique du Nord, une autre région très riche en vestiges romains, et particulièrement en mosaïques… Il n'est pas dit non plus que vous seriez pour autant contrainte de traverser la Méditerranée pour hanter les souks algériens, tunisiens ou marocains : des recherches sur la Toile pourraient, qui sait ? vous permettre de trouver votre cadeau au Maghreb de vous faire le faire expédier at home.

Désolé de ne pouvoir mieux vous renseigner.

 

 
 
 
6 Août 2008
Michel a écrit :
(…) Il se serait passé un événement particulier en 391 ap. J.-C.
Voudriez-vous éclairer ma lanterne ?…
 
 
 
RÉPONSE :

Par souci de commodité, la plupart des chronologies situent en 391 ap. J.-C. l'interdiction totale, par l'empereur Théodose, du paganisme dans tout l'Empire romain.

En réalité, Théodose signa trois édits successifs visant à prohiber le culte païen : deux, partiels (l'un concernant l'Italie, l'autre l'Égypte), furent publiés en 391, et le troisième, général, fut édicté le 28 novembre 392. (Voyez à ce sujet la notice biographique que j'ai consacrée à Théodose).

 

theodose le grand
 
 
 
20 Août 2008
Arthur a écrit :

1. (…) Je suis justement en train de lire votre notice sur Valentinien, et voila l'idée qui me frappe (non littéralement) :

La question chrétienne prend de plus en plus d'importance dans vos notices au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans le Bas-Empire. Logique, me direz-vous, le Christianisme prenant de l'ampleur.
Et si c'était plutôt pour briser la routine ?

En effet, je me rends compte en lisant la notice de Valentinien qu'à partir de Maximin le Thrace, et excepté quelques intermèdes, la plupart des empereurs présentent le même profil : ce sont des militaires, des reîtres populos (bon là je caricature), issus des rangs de l'armée, qui se soucient comme d'une guigne de Rome (ou bien souvent ils ne mettent pas les pieds)…des généraux plus que des princes, donc, qui guerroient et rançonnent, sans fantaisie, avant de mourir (vite, le plus souvent).

Pour échapper à une énumération de soudards interchangeables, la question chrétienne tombe à pic ! Elle permet d'égayer la notice par le récit (savoureux) des turpitudes du "parti chrétien", dont les membres, souvent d'authentiques margoulins, sont assez divertissants.

 
 
 
RÉPONSE :

Caramba, me voici démasqué ! Eh bien oui, mes digressions iconoclastes sur le christianisme antique vinrent fort à point pour agrémenter les notices biographiques des empereurs tardifs. Bravo pour votre perspicacité !

Mais que je vous explique, que je vous fasse visiter ma cuisine interne… Vers 1997, j'avais commencé à rédiger, dans un style assez voltairien, les biographies des premiers papes de Rome, mais je me suis assez rapidement heurté à une difficulté : ma méconnaissance (relative) de l'histoire de l'Empire romain. J'ai donc péniblement recueilli un peu de documentation, compilé quelques infos et rédigé quelques brèves notices sur les empereurs romains, presque aussi sèches que celles des dictionnaires.
Enfin, en 1998, l'internet vint ! Je me suis dit alors, in petto, "voilà qui tombe à pic, je vais enfin pouvoir collecter une manne de renseignements divers et variés sur l'Empire romain, la civilisation gréco-romaine et l'Église primitive !". Hélas, trois fois hélas ! à cette époque préhistorique, le web francophone, encore balbutiant (la France américanophobe s'accrochant désespérément à son Minitel, pourtant moribond), ne recelait strictement rien d'utile à mes recherches. Bonne âme, j'ai donc décidé de montrer l'exemple, et puisque je bénéficiais d'un espace web gratuit chez un serveur internet, j'ai décidé de l'utiliser pour y publier les brèves, sèches et sommaires notices impériales déjà rédigées.
Ensuite, vu le succès rencontré par cette initiative, j'ai commencé à étoffer ces textes… et je me suis retrouvé confronté au même problème que celui rencontré avec mes textes "papaux" : le manque de documentation accessible. En effet, pour disserter sur les premiers empereurs, on peut compter sur des sources très facilement disponibles, les œuvres de Tacite et de Suétone, puis, pour l'époque suivante, l'Histoire Auguste et Hérodien. Mais après, quand on en arrive au milieu du IIIe siècle, c'est une autre paire de manche ! Quasiment plus de "sources primaires" accessibles au commun des mortels ! À part Ammien Marcellin (dont l'œuvre, passablement mutilée, n'est d'ailleurs disponible sur la Toile que depuis peu), aucun historien romain digne de ce nom ! Les renseignements, il faut aller les grappiller un par un, disséminés qu'ils sont chez des abréviateurs latins assez tardifs, chez des historiographes byzantins qui le sont encore davantage, ou dans d'autres textes presque confidentiels (panégyriques, œuvres inédites de Pères de l'Église ou textes d'obscurs littérateurs que nul spécialiste ne s'avisa jamais de traduire dans une langue moderne).
Bref, le seuil de compétence de l'historien amateur que je suis fut vite atteint, et d'autant plus que pour certains de ces empereurs ou usurpateurs, la somme des connaissances des plus savants érudits se limite à quelques prudentes lignes, rédigées au conditionnel. Mes anciens textes sur les papes et le christianisme, dûment adaptés à la lecture sur écran, vinrent donc à point pour étoffer quelque peu des biographies d'empereurs assez lacunaires.

Et c'est ainsi que, plus on avance dans mon site "Empereurs romains", plus la part purement biographique tend à se réduire. En revanche, le "versant" consacré au christianisme primitif - relique de mon travail sur les Papes - reste assez fourni, et paraît d'autant plus important qu'il n'est pas dilué dans une longue notice.

 
 

2. Et un dernier point qui attire mon attention (…) : je viens de lire Benoist-Méchin, Julien l'Apostat, et j'ai été frappé des ressemblances entre le Christ et Mithra… J'ai cru comprendre que ces deux religions furent en concurrence un moment.
Alors faut-il penser que si le Christianisme n'avait pas vaincu, ça aurait été le Mithraïsme, une autre sorte de Monothéisme ?
Entre ces deux religions nouvelles, le sort du vieux paganisme semblait scellé…

 
 
 
RÉPONSE :

L'empire romain aurait-il peu devenir mithriaque au cas où le christianisme n'aurait pas réussi ? C'est le pitch (comme on dit maintenant) des romans - entre uchronie et heroic-fantasy - de Rachel TANNER (voyez ici : Clic !).

Personnellement, j'ai des doutes… Du moins en ce qui concerne le culte de Mithra qui à mes yeux (mais je ne suis guère un spécialiste des cultes païens) ressemblait davantage un genre de "franc-maçonnerie", à un rassemblement d'initiés triés sur le volet (uniquement des mâles courageux, pas de femmes) qu'à une religion "de masse". En revanche, je ne vois pas pourquoi un monothéisme solaire n'aurait pas pu s'imposer, en pratiquant un large syncrétisme envers les dogmes chrétiens. Il n'est d'ailleurs pas impossible que Constantin ait, un temps, nourri un tel projet.L'instauration d'un christianisme teinté de culte solaire, ou le triomphe d'un Sol Invictus à la sauce chrétienne, cela aurait ménagé ses traditions familiales tout en s'adaptant à la situation nouvelle d'un christianisme de plus en plus en plus présent et influent (à ce sujet : Clic !). Du reste, le christianisme naissant se garda bien d'être imperméable aux cultes solaires, fort populaires au sein des légions romaines !…

Voyez aussi l'empereur Julien. Certes, il a échoué. Mais que serait-il advenu si l'Apostat était revenu, vainqueur, triomphant, glorieux - et fabuleusement enrichi - de son expédition contre les Perses ? (Voyez ici : Clic !).
À la réflexion, je crois que ses soldats chrétiens furent fort avisés de lui décocher dans le dos une flèche "perdue" (pas pour tout le monde) !

U

Julien dit l'Apostat

 

 
 
 
3 Septembre 2008
Christian a écrit :

(…) J'adore l'histoire romaine depuis mon enfance, j ai quand même maintenant 61 ans et a la retraite, et je lis et m'intéresse a ce sujet.
Je demeure à ARLES dans les Bouches-du-Rhône, où il y a musée de l'Arles antique, classée par l'UNESCO.
On a découvert dans le Rhône, il y a qq mois, un buste de CÉSAR, dans sa vieillesse : www.cite-sciences.fr.

 
 
 
RÉPONSE :

Je vous remercie d'avoir pris la peine de me communiquer ce lien relatif à la découverte dans le Rhône d'un buste de Jules César, le seul connu qui aurait été réalisé de son vivant.
Amusant : on constate ainsi que les auteurs de l'excellente série TV Rome (HBO) n'avaient pas eu tort de nous présenter un Jules nettement plus "replet" que celui auquel nous avaient habitués (par exemple) les aventures BD d'Astérix le Gaulois.
Cela dit, j'avais déjà eu connaissance de la mise au jour de cette relique archéologique, mais l'article que vous me renseignez est plus complet et explicite que celui que j'avais lu in illo tempore.

buste de cesar ciaran hinds - cesar - rome (hbo)

À gauche, le buste de César, repêché dans le Rhône.
À droite, Ciaràn Hinds interprète Jules, dans la série Rome (HBO).
Peut-être un vague "air de famille" ?…

 

RÉACTION À CE COURRIER
29 Octobre 2009
Christian a écrit :

Ci-joint un lien du musée de l'Arles antique - "Le buste de CÉSAR" sorti du Rhône, dans ma ville :

Un retraité Alésien, passionné d'histoire antique.

 
 
 
7 Septembre 2008
Didoujo a écrit :

Concerne page de Suétone et Chrestos : J'aurais dit Gominé et non Gommeux
Gominé
a un rapport avec Gomina, mixture appliquée sur les cheveux. Pourrait par analogie avoir un rapport avec la pratique cultuelle de huiler les statues en Orient ou tout simplement les cheveux des prêtres
Gommeux par ses liens avec résines et gomme ne convient pas à mon sens… Bien sûr on pourrait chercher un rapport avec l'argot… mais là, il y aurait comme un anachronisme

Toute cette histoire pourrait [encore] avoir un rapport avec le cognassier arbre originaire du Sud Caucase et de l'Iran. Des pépins du coing, on tirait une sorte de pâte appelée de nos jours la bandoline : ancêtre de la Gomina. Cette huile pâte servait de traitement dermique pour les cheveux secs. Gommeux et Gominé se rejoindrait ainsi car il s'agit bien d'onction sur les cheveux.
Voyez à ce sujet ;
nature.jardin.free.fr.

 
 
 
RÉPONSE :

Un grand merci pour ces intéressante précisions "botaniques" et "linguistiques". J'ignorais totalement cet usage du coing… que je voyais plus volontiers oindre les tartines que les cheveux !

Gommeux ?… Ce mot, je l'entendais dans son acception, assez vieillie, de jeune homme que son élégance exagérée et son air prétentieux rendent ridicule (Dico Robert). C'est toutefois en vain que vous rechercheriez dans l'usage que j'ai fait de ce terme une quelconque réalité d'ordre historique ou cosmétique. En fait, au moment de décrire cet homme, ce Chrestos devant son surnom "dans le milieu" à ses cheveux gominés (ou simplement graisseux), et connu des "services policiers de l'Empire romain" par cette particularité physique, quelques vers d'une chanson (relativement) peu connue et passablement scabreuse de Pierre Perret me revinrent à l'esprit : "Le docteur du voisin du fils du cousin du p'tit potier / Gommeux à gomina, leur piqua la nana." (Le petit potier).

Il s'agit donc bien d'un usage sciemment argotique, et très volontairement anachronique.

 

jesus
 
 
 
15 Septembre 2008
Emmanuelle GRÜN a écrit :

Parution prochaine (28 Sept 2008) du livre :

SILENCES et NON-DITS de l’HISTOIRE ANTIQUE d’Emmanuelle GRÜN,
publié chez Yvelinédition. env. 400 p. 21 € en librairie.
(Possibilité de le commander dès maintenant.
En Octobre, dans les FNAC et sur Internet)

Ce livre traite de sujets non enseignés : Chaos et Cosmos, découvertes et inventions, origines de la démocratie, éthique, héritage religieux et explique pourquoi les racines de l’Europe sont surtout gréco-romaines. Il offre également un regard d’ensemble sur cette période de l’Antiquité : question des origines de la civilisation, rôle des Celtes dans la culture européenne, histoire des Indiens d’Amérique, influences de l’Égypte et civilisations de l’Afrique noire, etc
Plus d’infos, adresse provisoire : emmanuellegrun.vefblog.net - Projet soutenu par Helikon

silences et non-dits histoire antique - emmanuelle grun
emmanuelle grun

SILENCES ET NON-DITS DE L'HISTOIRE ANTIQUE

Jamais nos livres d'école nous ont appris qu'au cours de la Rome antique s'élevaient des immeubles aux baies vitrées et qu'on connaissait déjà le chauffage central, le tout-à-l'égout et les automates. Même silence sur la pratique d'une chirurgie avec anesthésie et les chiffres d'une espérance de vie plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Silence également sur les thèses héliocentriques, les premières conquêtes des airs et les théories sur l'existence d'un Nouveau Continent.

Silence encore, sur les débuts épiques d'une démocratie qui fur, en réalité, très égalitaire au point d'interdire la contrainte par corps. Silence enfin sur une éthique ancienne qui raconte le Chaos et sur des cultes passés qui, en fait, n'ont jamais été remplacés par une nouvelle religion monothéisme, r le changement fut ailleurs...
Il est permis de violer l'histoire à condition de lui faire un enfant, ironisait Alexandre Dumas. Victime d'une forme très moderne de révisionnisme, l'histoire gréco-romaine devient à la fois absurde et insipide. Derrière cela, une dangereuse remise en causes des acquis de la Renaissance qui ont pourtant fait sortir l'Europe des tourments du Moyen Age.
Sorte de miroir trouble qui révèle les travers de notre époque, notre passé antique, loin de déranger seulement un point de vue religieux, remet aussi en question une position scientifique, une approche philosophique, ainsi que des opinions historiques ou un point de vue social. Aussi, plus que jamais est-il urgent de redécouvrir nos racines gréco-romaines et d'une manière plus générale, ce que fut de cette mystérieuse période de l'Antiquité au cours de ces trois millénaires qui amorcent la longue marche de l'histoire de l'humanité.

Emmanuelle GRÜN est née le 10 Avril 1966 à Paris. Ses études de Lettres Modernes, à Paris X-Nanterre, lui ont fait découvrir un aspect inattendu de la civilisation gréco-romaine. Pour elle, ce sera le début d'un long travail d'investigation de plus de dix ans, période au cours de laquelle elle rencontrera différentes associations spécialisées dans l'histoire antique, ainsi que des enseignants en histoire, archéologues, conservateurs de musées... Devenue professeur de Français Langue Étrangère, elle poursuivra ses recherches et, en réponse à une demande, elle décidera de publier la « partie silencieuse » de ce passé. Les difficultés seront d'une part, de rassembler des informations rares et inédites pour certaines, et d'autre part de simplifier des textes anciens peu accessibles à un large public.

 

COMMUNIQUÉ

Emmanuelle GRÜN présentera son livre :

SILENCES ET NON DITS DE L’HISTOIRE ANTIQUE

au cours de deux prochains rendez-vous :  

  • Le 14 MARS 2009, au SALON du LIVRE de PARIS, de 11h. à 12h.
    sur le stand E81 d’Yvelinédition, pour  une séance dédicaces de son dernier livre, ainsi que du précédent : « Du Soleil dans les yeux et le pas de l’âne comme un cœur qui bat. » (2005)
  • Le 21 MARS 2009, à la MAISON de la GRÈCE, à 17 h., pour une conférence de l’auteur sur le thème de son livre., organisée par l’association Helikon.  
    Adresse : 9, rue Mesnil – 75016 PARIS.  Métro : Victor Hugo.
 
 
 
 
21 Septembre 2008
Gricca a écrit :

Incertitude sur le nom de l'épouse de l'empereur Pupien Maxime

Dans la liste des épouses des empereurs romain, j'avais indiqué, sur la foi d'anciens ouvrages du XIXe siècle et du début du XXe, que la femme de l'empereur Pupienus Maximus se nommait Quintia Crispilla. Elle est mentionnée dans des ouvrages comme : 

  • "Histoire philosophique des empereurs depuis César jusqu'à Constantin", par M. TOULOTTE (Paris 1822, Tome 3, page 121), où il est indiqué : L'histoire dit que cet empereur [Pupien] avait pour épouse une dame d'une grande résolution. Elle se nommait Quintia Crispilla. On en connaît ni sa patrie, ni sa famille. Il ne parait point qu'aucun enfant soit né de leur mariage.
  • Ou encore "La vie privée à Venise, depuis les premiers temps jusqu'à la chute de la République" par Pompeo MOLMENTI (Venise 1882), où il est écrit : Le siège d' Aquilée, entrepris en 238 par le tyran Maximin, qui s'opposait aux deux empereurs Maxime et Balbin élus par le Sénat, fit briller leur courage et leur fermeté. La ville se défendit avec une rare vigueur. Elle sut, bravant la famine et affrontant la mort, se signaler par des actes innombrables d' héroïsme. Comme on manquait de cordes pour les arcs, les femmes offrirent volontairement leurs cheveux. Aussi, après la mort de Maximin, pour conserver la mémoire du dévouement des femmes d'Aquilée, on frappa une médaille à l'effigie de Quintia Crispilla, épouse de Maxime le revers figurait un temple avec la légende à Venus chauve. Ce trait, que l'histoire a conservé et qui était digne de l'être, est une précieuse indication des mœurs et du caractère de ces fortes générations du passé
maxime pupien

J'ignore d'où ces auteurs ont tiré ce nom de Quintia Crispilla et je ne connais aucune médaille à son effigie. Je crains que ce nom soit une invention du XIXe siècle, comme ceux imaginés pour les épouses de Postumus (Junia Donata), de Victorin (Nera Pivesuvia) et de Carausius (Oriuna). Surtout après avoir lu, dans un livre récent (1), que la femme de Pupien se nomme Cornelia Praetextata et qu'elle possède une propriété près de Viterbe au nord de Rome, en Etrurie, ainsi qu'une figlinae (carrière d'argile) produisant des briques estampillées à son nom.

Encore une fois j'ignore sur quoi se base le professeur Emanuele Papi, de l'Université de Sienne, pour relier cette Cornelia Praetextata à Pupien. En tout cas, cette Cornelia Arria Sextia Praetextata appartient sûrement au patriciat et rien n'empêche qu'elle ait épousé Pupien, issu d'une famille patricienne de Volterra en Etrurie. On attribue généralement à Pupien au moins deux fils, T. Clodius Pupienus Pulcher Maximus et M. Pupienus Africanus, et peut-être une fille Pupiena Sexta Paulina Cethegilla, car celle-ci pourrait être la fille de ce M. Pupienus Africanus et d'une Paulina ou même de cette Cornelia Praetextata, qui dans ce cas serait la belle-fille de l'empereur Pupien.

On voit qu'une grande incertitude demeure sur cette famille et tant qu'une inscription ou un texte ne nommera pas expressément l'épouse de Pupien, on pourra toujours la nommer Quintia Crispilla, Cornelia Praetextata ou encore Sextia Cethegilla, d'autant qu'on ignore si Pupien n'a pas eu deux ou même trois épouses successives durant sa vie.

Voir le tableau généalogique de Christian Settipani (2002) page 10 :  users.ox.ac.uk/~prosop (doc. pdf à télécharger).

Gricca


NOTE

(1) "Approaching Late Antiquity. The Transformation from Early to Late Empire" par Simon SWAIN et Mark EDWARDS (Oxford University Press,2004). Plus particulièrement dans le chapitre "A New Golden Age ? The Northern Praefectura Urbi from Severans to Diocletian" d'Emanuele PAPI (pp. 53-81), à la page 60 - Retour texte

 
 
 
 
26 Septembre 2008
Chantal a écrit :
En lisant la notice biographique de l'empereur Claude, il me semble avoir trouvé une petite erreur.
Claude étant fils d'Antonia, elle-même fille de Marc Antoine, il ne peut donc être que petit-fils de Marc Antoine, et non arrière-petit-fils… à moins que ces fameux Julio-Claudiens nous réservent encore une péripétie inédite dans leur généalogie !
 
 
 
RÉPONSE :
… Il y a pourtant plusieurs années que je ne bois plus d'alcool ! Effectivement, Claude fut bien le petit-fils d'Antoine (fils d'Antonia Minor, elle-même fille du Triumvir), et non son "arrière petit-fils", ainsi que je l'avais étourdiment indiqué. Quelle infâme bourde !
Un grand merci, Chantal, d'avoir pris la peine d'attirer mon attention sur cette erreur grossière, que je m'empresse de corriger.

 

 
 
Chantal réécrit :

Dans un courrier datant de 2002, que l'on peut consulter sur votre site, dans lequel vous donnez quelques précisions à Michel sur Antonia Minor, on peut lire qu'elle était la belle-mère d'Agrippine l'Ancienne, mais aussi la grand-mère de Britannicus. Je ne suis pas d'accord avec cette dernière filiation, car je crois que c'est sa sœur, Antonia Major, qui a un lien avec Britannicus. Antonia Major était la grand-mère de Messaline, et donc l'arrière grand-mère de Britannicus. Antonia Minor serait alors son arrière grande tante, je suppose.

ET :

Moi non plus, je n'abuse pourtant pas d'alcool, et pourtant j'ai eu un regrettable trou de mémoire hier au sujet de cette pauvre Antonia Minor. Elle était bien sûr la grand-mère de Britannicus, étant la mère de Claude.
Je vous demande donc de bien vouloir m'excuser.
Lors de mes études, l'un de nos professeurs écrivait en grandes lettres au tableau, avant nos devoirs écrits : "R.A.E", ce qui voulait dire : "Réfléchir Avant d'Écrire"...
Je vais réactualiser ce conseil dans mon esprit.

 
 
 
RÉPONSE :

… Mais vous êtes tout excusée… Et ce d'autant mieux que, dans votre premier message, vous aviez tout à fait raison ! En effet, si Britannicus est bien le petit-fils d'Antonia Minor, celle-ci est aussi son arrière-grand-tante.

Or donc :

  • Britannicus est fils de Messaline, fille de Domitia Lepida, fille d'Antonia Major, fille d'Antoine
  • Britannicus est fils de Claude, fils d'Antonia Minor, fille d'Antoine.

    ERGO, Britannicus est la fois (par son père) l'arrière petit-fils d'Antoine, et (par sa mère) son arrière arrière-petit-fils.
    ERGO, il est aussi l'arrière petit-neveu de sa grand-mère Antonia Minor, et le petit-neveu de son arrière grand-mère, Antonia Major.

Vous avez dit consanguinité ? Après cela, comment s'étonner que Britannicus fut un garçonnet chétif, maladif et épileptique ? Comme disait le Papet du Jean de Florette de Pagnol : "Les mariages entre proches parents, si c'est pas bon pour les lapins, c'est pas bon pour les gens non plus."

Un petit dessin valant mieux qu'un long discours, je joins à ce message un croquis généalogique… juste histoire de clarifier un propos facilement susceptible de devenir confus.

britannicus
 
britannicus et antoine