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Sommaire Janvier-Février 2008 :

  • 3 Janvier :
  • 4 Janvier :
    • Const. Dioclétien ? Que signifie ce charabia ? : Clic !
  • 5 Janvier :
    • Et la bataille d'Alésia, c'est de la gnognotte ? : Clic !
  • 7 Janvier :
  • 17 Janvier :
    • IMP SARKOZIUS AUG APERTATOR SEGOLENUS MAGNUS SEMPER PIUS ET INVICTUS : Clic !
  • 23 Janvier :
    • HELP ! Jean-Pierre recherche des infos sur les forteresses romaines des confins égyptiens… : Clic !
      • Dodécaschène et Triacontaschène, de bien curieux noms de provinces ! : Clic !
  • 25 Janvier :
    • Galla Placidia a les boules !… : Clic !
2e PAGE :
  • 27 Janvier :
    • Un insufférable vocable ?… : Clic !
  • 27 Janvier :
    • Le visage de Janus… : Clic !
  • 2 Février :
    • Un sympathique internaute se pose une foule de questions à propos de Jésus… : Clic !
      • Juifs ou Romains responsables ? Que sait-on de l'acte d'accusation de Jésus ? : Clic !
      • Une occupation romaine pas particulièrement inhumaine ? (comme dirait le facho de sévices) : Clic !
      • Jésus : loubard ou blouson doré ? : Clic !
      • La Nativité à Bethléem, un coup de pub ? : Clic !
      • La crucifixion de Jésus, un travail bâclé ? : Clic !
      • Miracles de Jésus : falsification des essais cliniques ? : Clic !
      • Des zélotes parmi les douze apôtres ? : Clic !
    • Réaction à ce courrier : Clic !
  • 13 Février :
    • Ah, ces ratiocineurs de Byzantins, pourquoi abandonnèrent-ils la Dacie ? : Clic !
    • Et les contemporains d'Augustule, ils n'avaient plus rien dans le froc ? : Clic !
      • Pourquoi les empereurs ont-ils déserté Rome pour Ravenne ? : Clic !
      • Et pourquoi le Pape n'a-t-il pas lancé une croisade contre les Barbares ? : Clic !
3e PAGE :
  • 13 Février :
    • Et Claude prit sa plus belle plume, et tenta d'apaiser le conflit israélo-alexandrin… : Clic !
  • 14 Février :
    • Des infos complémentaires sur le Rex sacrorum, SVP ! : Clic !
  • 22 Février :
    • La Résurrection, le rite initiatique du compagnon Jésus, alias "Galiléen Cœur Fidèle" ?  : Clic !
      • Et la résurrection de Lazare ? Initiation ou "répétition générale" ? : Clic !
  • 24 Février :
    • Messieurs les Daces, tirez les premiers !  : Clic !
    • Les Romains au Pays de Galles et à l'Île de Man ? : Clic !
  • 26 Février :
    • Les Romains auraient-ils réchauffé en leur sein le serpent Attila ? : Clic !
  • 28 Février :
    • De l'art de reconstituer une inscription disparue : Clic !
    • L'île de Vénus et du cuivre : Clic !
 

Durant les mois de décembre 2007 et de janvier 2008, des problèmes de connexion internet ont perturbé la réception de mon courrier et m'ont empêché gérer celui-ci avec la célérité que la politesse requiert.

Je présente mes excuses, les plus plates et les plus sincères, à tous les correspondants qui auraient reçu tardivement la réponse qu'ils attendaient, ou - ce qui est encore pire - qui l'attendent toujours, leur courriel s'étant égaré dans les nébuleux méandres de la Toile.

Le webmaster, Lucien J. Heldé - 6 février 2008.

 
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 janvier 2008
Mlle Rosé (www.ambiance-statues.com) a écrit :

Notre site internet ambiance-statues.com est une boutique en ligne où il est possible pour les internautes d'acheter des bustes de quelques empereurs romains.
Pour cette raison, je pense que notre site pourrait intéresser vos lecteurs.

ambiance statues - bustes empereurs
 
 
 
 
4 Janvier 2008
Mariel a écrit :
Je me permets de vous poser une petite question qui me tourmente un peu en esperant que vous aurez une réponse.
Que veut dire l'abréviation (Const. Dioclétien) ?
 
 
 
RÉPONSE :
L'abréviation Const. Dioclétien signifie fort probablement "Constitutions de Dioclétien", c'est-à-dire la compilation des textes juridiques publiés pendant le règne de l'empereur Dioclétien (284-305).

 

diocletien
 
 
 
5 Janvier 2008
Pierre a écrit :

(…) Pourquoi passer si rapidement sur l'épisode d'Alésia ? Ce fut pourtant, selon Plutarque, le plus grand péril rencontré par César. Le moment aussi où il sut vaincre à un contre cinq (ou à peu près), se montrant capable à la fois de s'adapter à un adversaire ayant l'initiative, de retourner contre lui les atouts d'une imprenable forteresse et de stopper presque d'un coup une immense révolte. C'est un monument de l'histoire de France qui mériterait plus que la citation de son nom. C'est enfin un exemple passionnant à plus d'un titre de l'impossibilité, en France du moins, de faire évoluer la connaissance une fois que les institutions se sont prononcées, même et surtout quand elles en perdent… leur latin ! (…)

 
 
 
RÉPONSE :

Certes, au moment où j'ai écrit cette brève notice biographique de Jules César, j'aurais pu (j'aurais dû ?) consacrer plus de place à Alésia. Ce fut, en effet, une bataille des plus importantes, non seulement par son enjeu et ses conséquences, mais aussi parce qu'elle mit en œuvre des moyens techniques et humains considérables… et à rude épreuve le sens stratégique et la science poliorcétique du divin Jules. Toutefois, il n'entrait pas dans mes intentions de relater toute la carrière de César, puisqu'il ne fut pas réellement un vrai empereur (on me l'a suffisamment seriné depuis). Je désirais seulement lui "faire une petite place" dans mes pages Web : un site sur Rome sans César, ne serait-ce pas comme des frites sans mayonnaise, un hamburger sans ketchup, un hot-dog sans moutarde ?

Et pourquoi ne pas évoquer le siège d'Alésia aujourd'hui, m'objecterez-vous… Parce que tout ce que je pourrais en dire soit serait moins historiquement fondé, soit ferait double emploi avec le volumineux dossier que mon compatriote et ami MIchel ELOY a consacré à Vercingétorix et à Alésia dans son site (associé au mien) PEPLVM - Images de l'Antiquité.

C'est vous dire aussi que, même si je vous remercie d'avoir pris la peine de transmettre un long document sur la localisation d'Alésia, je ne me sens guère compétent pour prendre position sur cette question, ni même seulement pour en débattre. À mon sentiment, il s'agit plus d'une controverse franco-française que d'une véritable énigme historique. A priori, "ma religion" à ce sujet ne diffère pas de celle exprimée par Michel Eloy dans ce courrier… Mais, ainsi que je vous le dis, ce n'est pas là un problème qui m'empêche de dormir.

alesia - archeodrome de beaune

Contrevallation d'Alésia
(Reconstituée à l'Archéodrome de Beaune)

 

 
 
 
7 Janvier 2008
Claire a écrit :

Je construis un site d'initiation à la lecture des inscriptions grecques antiques : les pierres qui parlent (…). Je travaille en ce moment à mettre en ligne une première "promenade épigraphique à Delphes", et une base en l'honneur de Néron m'a amenée à débroussailler sa généalogie (quel casse-tête !). (…)

pierres qui parlent - epigraphie grecque
 
 
 
 
17 Janvier 2008
Christian a écrit :

Voici quelque temps, vous vous étiez livré sur ce site à une comparaison fort éclairante entre Bush et Trajan (à propos de la Mésopotamie, notamment). Puis-je m'autoriser à vous demander à quel empereur romain vous compareriez notre bien-aimé Sarko Ier, en tant que citoyen belge ?

Personnellement, j'hésite entre Caligula et Élagabal. Mais, à la réflexion, Trajan pourrait convenir aussi puisque notre nouveau chanoine du Latran (et co-prince d'Andorre) vient d'annoncer la création d'une base française permanente dans le Golfe…

 
 
 
RÉPONSE :

Ouh là ! que me demandez-vous donc là ? Votre hyper-président, si bien élu, chantre de l'ouverture tout azimut (à droite, à gauche, au centre, à l'Église, à l'Islam, aux USA, à Poutine, à Kadhafi, aux Chinois, aux Algériens, à Carla Bruni, etc), sauveur de l'Europe, rénovateur de la France et consolateur de l'humanité souffrante, n'est-il pas à nul autre pareil ? Et puis, comment me permettrai-je, moi, modeste natif du petit Royaume de Belgique, d'émettre le moindre jugement sur votre chef d'état ? Comment l'oserai-je alors que - qui sait ? - sous peu (à Dieu ne plaise !), ma pauvre patrie, éclatée, scindée, évaporée, devra se réfugier dans le giron bienveillant de votre grande République et se nourrir aux mamelles généreuses et nourricières de Marianne sous les auspices protecteurs de votre grand leader au cœur si compatissant ?

Car je le vois bien, si, si ! Vous, vous ne semblez guère apprécier votre Président pour le comparer à ce (présumé) déséquilibré de Caligula ou à cet androgyne d'Élagabal ! Et vous voudriez m'entraîner sur ce terrain piégé ? Ne savez-vous donc point que l'offense à un chef d'état étranger constitue encore un délit sévèrement puni par le droit belge ? Dire du mal de M. Sarkozy, ou du président Bush, ou de Notre Saint Père le Pape Benoît pourrait m'envoyer en prison, aussi sec ! Mais, mais, mais, vous ne m'aurez pas ! Prudent comme un Sioux sur le sentier de la guerre que je serai ! Foin de jugements à l'emporte-pièce, rien que des comparaisons dûment étayées… et rigoureusement objectives !

Or donc, M. Sarkozy, présentement président de la République française concentre en lui :

Quant à son pouvoir de séduction, son éloquence et son désintéressement, ces qualités sont chez lui portées à un tel degré qu'il serait vain d'en rechercher l'équivalent chez aucun maître de Rome, même en cherchant bien et longtemps !

"Il se rêvait César, il mourut Pompée", tel fut l'éloge funèbre d'un de vos éminents présidents, mort en de voluptueuses circonstances. Peut-être, plus tard, évoquant la présidence de M. Sarkozy, pourra-t-on dire, en paraphrasant ce bel hommage : "On le croyait Olybrius, mais il fut à la fois Pompée et Auguste !".

 

 
 
 
23 Janvier 2008
Jean-Pierre a écrit :

Cher Lucien, chers nouveaux amis du site Empereurs Romains,

Bravo, Lucien, et merci de ce site absolument somptueux, ahurissant d'érudition et de connaissances, et dont on sent que l'auteur, modestement, ne se prend même pas au sérieux, alors qu'il y aurait de quoi ! C'est une mine incroyable de renseignements sur Rome et ses empereurs ! Et mon merci est double, il s'adresse non seulement à vous, mais aussi à tous vos visiteurs : C'est que si je n'y prenais garde, je penserais naïvement, et prétentieusement, avoir quelques connaissances sur Rome. Mais à côté de vous tous, et de Lucien en premier, je sens mes quelques informations fondre et devenir bien modestes, quand on voit le niveau des questions posées par vos correspondants, et qui indiquent derrière la question une érudition romaine à rendre jaloux le fils de la Louve que j'espérais être !
En fait, je suis passionné par cette civilisation extraordinaire qui nous a tout transmis, tout appris, qui est à la fois si proche et si lointaine, et dont La Ville est toujours pour moi le centre de l'univers.

Je vous donne ci-dessous quelques informations sur une région de l'Empire que tous ne connaissent peut-être pas, et vous demande si vous avez des notices bibliographiques dessus.

LES FORTERESSES ROMAINES DU DESERT EGYPTIEN
Je recommande à tous, une fois dans leur vie, de se rendre dans le désert libyque (c'est-à-dire tout ce qui se trouve à l'ouest du Nil, jusqu'à la frontière de Libye), pour visiter les oasis de Kharga (ancienne HIBIS) où fut exilé Nestorius, et Doush. Au nord de Kharga, la voie des caravanes à travers le désert était protégée par des forteresses romaines dont subsistent parfois des ruines imposantes : OUM DABADIB, EL LABAKHA, AÏN AMOUR, EL DEIR. Construites en brique sèche et pierre, alimentées par un réseau de canalisations drainant l'eau des montagnes avoisinantes (parfois de plus de 10 kms), elles surveillaient le Sud, d'où pouvaient surgir les nomades "Blemmyes", qui venaient des royaumes de Méroé et Napata. Toujours debout, revenues à la solitude du désert après l'arrêt de l'entretien des canalisations, elles témoignent de la grandeur de Rome.

  • 1re question - Je voudrais un jour essayer de réaliser un scénario de BD qui se déroulerait à la chute de l'Empire, dans cette région. J'ai vécu en Egypte pendant 12 ans, j'ai cherché des renseignements sur place, mais personne n'en avait, pas même les archéologues de l'IFAO, qui s'intéressent aux pharaons ou à l'art islamique, mais dédaignent Rome.
    Lucien, pourrais-tu m'indiquer des sources bibliographiques sur ces forteresses ? (je sais : ça ne concerne pas les empereurs, mais tu es tellement savant et tellement passionné par ton sujet …).
  • 2 - Au sud de Kharga, qui est la "grande" oasis du Sud égyptien, il y a la petite oasis de Doush, dernière oasis romaine vers le Sud, où se trouve un magnifique temple dédié à Sérapis et datant de Trajan, et une forteresse du même empereur, restaurée jusque sous les Ottomans. L'IFAO a découvert un extraordinaire trésor en or au pied des remparts du temple.
    Même question : saurais-tu où me procurer de la doc sur la Doush romaine ? (…Et sans jeux de mots sur la Doush romaine : tous les expat francophones qui visitaient le désert y ont déjà pensé).
  • 3 - Le "DODECASCHENE" : Au sud d'Assouan, donc à l'époque romaine, au sud d'Eléphantine, et jusqu'à Abou Simbel, et même Ouadi Halfa au Soudan, commençait la région nommée "Dodécaschène" (Je n'ai jamais trouvé la traduction. Dodéca bien sûr veut dire 12 en grec, mais le reste ?), que les Romains n'arrivèrent à pacifier que très tardivement, pour l'évacuer dès la fin du troisième siècle, sous Dioclétien. Cette région intermédiaire entre l'Empire et le Royaume de Méroé servait de "marche". Elle était peuplée d'Égyptiens, de Nubiens, de gens venus de Méroé et Napata plus au sud, de descendants de Grecs, de quelques Romains, et bien sûr de toute une population interlope refusant plus ou moins l'empire, comme on en trouve souvent à toutes les frontières. Lors de la construction du barrage d'Assouan, ce sont les temples de cette région (dont le fameux Abou Simbel) qui ont été démontés / remontés, mais pas seulement Abou Simbel.
    Même question : Lucien, où pourrais-je trouver des renseignements bibliographiques sur le Dodécaschène romain ? J'en ai cherché au musée d'Assouan, remarquable réalisation utilisant les ressources de la muséographie moderne, inauguré il y a une dizaine d'années (il fut réalisés avec l'aide de l'IFAO) mais en vain.
    Plutôt que de faire la même croisière sur le Nil que tout le monde, je recommande à tous tes lecteurs de faire une croisière sur le lac Nasser, ils verront d'aussi belles choses que sur le Nil.

Je relis mon mail, je m'aperçois que ça ne concerne pas les empereurs ! Je t'ai sûrement enquiquiné avec mes demandes, tu dois recevoir des foules de mails comme celui-ci dont les auteurs s'imaginent que tu sais tout, et n'hésitent pas à t'utiliser comme ordinateur bibliographique. Tant pis, je te l'envoie quand même pour partager avec toi ma passion de Rome. Ne m'en veux donc pas, et ne réponds qu'à ce que tu voudras ou pourras.

Encore une fois, bravo et merci pour ce site exceptionnel, que je visiterai régulièrement.

 
 
 
RÉPONSE :

Foin de tout cela, Jean-Pierre, car c'est moi qui te remercie - non seulement en mon nom, mais aussi en celui de mes correspondants, souvent plus érudits que je le suis - pour ce message si élogieux, ainsi pour que l'intérêt que tu portes à mon site Web et aux pertinentes interventions de ses visiteurs éclairés.

Cela dit, ton pressentiment était malheureusement juste et tu as nettement surestimé mon érudition ! Si je suis en effet - relativement - "dans ma zone de confort" (comme disent mes potes spécialistes de la gestion de ressources humaines) pour traiter des faits et gestes des empereurs romains, je suis résolument dépassé, incompétent, ignare quant à ces vestiges archéologiques romains des déserts égyptiens qui t'intéressent !… Il est toutefois fort possible que certains de mes correspondants disposent de renseignements qui pourraient t'être utiles. Je me propose donc de "publier" ton message dans les pages réservées au courrier de mon site, et, le cas échéant, de te transmettre les infos qui me parviendraient - voire te mettre en rapport direct avec ce correspondant.

RÉACTION À CE COURRIER
23 Février 2008
Christian a écrit :

Quelques éléments de réponse au message de Jean-Pierre :

Selon le Larousse du XXe siècle (édition 1929), Dodécaschène serait la transcription d'un mot grec signifiant "étendue de douze schènes" (le schène variant de 6 à 12 km selon les lieux et les auteurs). C'était le nom donné à la partie de la Nubie s'étendant immédiatement au sud de Philae, région également connue depuis l'époque d'Auguste sous le nom de Commilitonium (les Confins militaires de l'Égypte).

Là où ça se complique, c'est que le même ouvrage dit que l'on appelait parfois Triacontaschène la région comprise entre Philae et Ibsamboul (Abou Simbel). Quoi qu'il en soit, le (ou la ?) Dodécaschène (ou Triacontaschène ?) correspondait grosso modo à la Basse-Nubie, qui fut évacuée par les troupes romaines aux environs de l'an 298 de notre ère, sous le règne de Dioclétien, peut-être en raison des fréquentes incursions des Blemmyes. Cette région serait restée ensuite pratiquement isolée du reste du monde jusqu'à l'arrivée des moines byzantins, au cinquième siècle.

 
 
 
RÉPONSE DE JEAN-PIERRE :

Grand merci, Christian !
Grâce à vous j'ai enfin la réponse sur la signification du mot ! Si j'avais fait des études de grec ancien, j'aurais pu essayer de traduire (Je savais que l'archipel du Dodécanèse signifiait "Les douze îles, mais le reste , j'étais sec !).
En effet, comme le signale Christian, le Dodécaschène fut évacué par Dioclétien, et aucun occidental n'y pénétra plus jusque vers le V° siècle, à cause des incursions permanentes des Blemmyes, ces populations de pillards qui, leur coup fait, se réfugiaient au sud , vers l'ancien royaume de Méroé. Au début du V° siècle, ils firent ainsi à travers le désert un raid audacieux vers Hibis (aujourd'hui Kharga, "capitale" des oasis égyptiennes) et repartirent avec des prisonniers, parmi lesquels l'hérésiarque Nestorius , qui avait été exilé dans ce trou par l'empereur. Il paraît que Nestorius convertit ces barbares qui, édifiés par sa sainteté, le relâchèrent. Il y a d'ailleurs à Kharga un cimetière chrétien "monophysite" du III° - VI° siècle, qui s'appelle le "Baghawat" , et dans lequel on trouve pas mal de peintures chrétiennes, qui ont été identifiées comme étant d'inspiration monophysite, c'est-à-dire qui niait la double nature, humaine et divine, du Christ.

J'ignorais le nom romain de la région, de même que le nom de "Triacontaschène". Les ouvrages que j'ai lus et qui mentionnent la région l'appellent tous Dodécaschène. En ce qui concerne la taille du schène, dans le cas du Dodécaschène, il mesurait plutôt 12 kms que 6, puisqu'il y a au moins 150 kms d'Assouan à Abou Simbel, en suivant la vallée, qui aujourd'hui correspond au lac Nasser. Par la route, et à cause du même lac, qui a inondé des vallées adjacentes de part et d'autre de la vallée du Nil, il y a environ 300 kms pour gagner Abou Simbel.

 
 
 
 
25 Janvier 2008
Daniel Blériot a écrit :

(…) Je vois que dans un article récent sur Johannès (l'usurpateur Jean) vous illustrez votre propos de portraits empruntés à la Croix de Desiderius du musée de Brescia.

croix de desiderius

Croix de Desiderius
Galla Placidia et sa famille

Il me semble que l'image que vous intitulez Galla Placidia est plutôt le portrait d'Honoria. C'est vrai, cette figure est au-dessus des deux autres sur l'image originale, et semble donc être la mère des deux autres personnages. Toutefois, je ne le pense pas. Pour moi, Placidia c'est celle qui porte la tunique passementée et les perles. L'autre femme est sans bijoux sauf un petit collier, et habillée d'une tunique simple, comme d'ailleurs Valentinien. Sa coiffure est sans apprêt, alors que celle que je pense être Placidia montre l'élaboration qu'on s'attend à trouver chez une Nobilissime.
La coiffure et les perles correspondent plutôt bien aux portraits de Placidia en médaille ou monnaies.

Voici un solidus.

galla placidia

Galla Placidia

Sur une autre monnaie frappée par Valentinien, la coiffure est moins caractéristique, mais le collier de grosses perles est présent.

Parmi tous les sites qui s'intéressent à cette période et qui illustrent l'impératrice, je citerai celui de Judith Mathes, élève de l'université de Tübingen, enseignante à l'université de Munich : Clic ! Mme Mathes semble être de mon avis sur l'identification de Galla Placidia.
fr.wikipedia ne se mouille pas et montre le médaillon en totalité. D'autres sites existent mais rarement illustrés.

Par ailleurs, j'ai commis une bio légèrement romancée de Galla Placidia, que vous avez eu la gentillesse de mentionner dans vos notes de lecture en son temps. Pour l'illustration, dessinée d'après cet unique portrait de la croix de Desiderius, j'ai demandé au Musée Chrétien de Brescia, l'autorisation de publier. On ne m'a pas dit que je me trompais de personne, enfin, si on a vraiment lu ma lettre.

 
 
 
RÉPONSE :

Vous avez étudié ce problème bien davantage que moi, et c'est très volontiers que je me range à votre argumentation : sur la Croix de Brescia, Galla Placidia, c'est bien la dame au collier de perles et au manteau de brocards ! Moi, j'avais opté pour une analyse bêtement "hiérarchique" de cette image, avec Placidia au centre et ses deux enfants l'entourant. Mais votre raisonnement fondé sur la richesse des parures et des vêtements est autrement convaincant que mes a priori sur l'ordre de préséance en usage à la cour de Valentinien III.

Je m'empresse de modifier en conséquence l'illustration de ma notice biographique de l'usurpateur Jean.

Encore merci de m'avoir aidé à rectifier le tir et de m'avoir ainsi permis de rendre son vrai visage à cette fameuse Augusta, la dernière grande héroïne de la Rome antique. C'est un plaisir - et un honneur - pour moi que de pouvoir compter sur la perspicacité, la compétence et la serviabilité de visiteurs tels que vous.

 

galla placidia