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Octobre - Novembre 2007 (page 2/3)

Sommaire d'Octobre et Novembre 2007 : Clic !

 
 
4 Novembre 2007
Philippe a écrit :

Après une absence assez longue, je retourne avec autant de plaisir et d'apprentissage sur votre site étant toujours fasciné par cette époque qui a vu les religions "païennes" éliminées par une obscure secte qui, à mon avis, a profité de bien d'éléments en sa faveur. Les seuls écrits (ou presque) sont uniquement issus des vainqueurs. On ne possède donc qu'une seule vérité.
Mais je m'éloigne du sujet : les relations entre l'empire romain et l'Inde antique pour faire suite aux précédents échanges (dont un voisin helvétique
[Philippe habite Ferney-Voltaire], si je me souviens bien).

Une preuve intéressante : dans l'actuel Kérala qui a depuis toujours été un carrefour d'échanges : à Cochin (ou Kochi) existe la communauté juive la plus vielle d'Asie centrale (la synagogue tout en céramique de Chine à l'intérieur mérite la visite) dont on suppose que leurs descendants soient les rescapés des événements de la prise de Jérusalem par Vespasien et Titus.
Je ne sais pas si vous avez des informations complémentaires mais il est intéressant de se pencher sur la raison qui les a attirés ici plutôt qu'ailleurs.
Il est vrai que le Maharajah local les avait accueillis les bras ouverts mais quand même est-ce suffisant ?

N'y avait-il pas déjà des comptoirs marchands, trait d'union entre la Chine et l'Europe, voir même avec certaines îles de l'actuel Indonésie dont une épice (je n'arrive plus à me rappeler laquelle - clou de Girofle ?) ne pouvait se trouver qu'aux Îles Moluques et était pourtant connue des Romains et coûtait plus cher que l'or. Ont-ils donc logiquement suivis la voie de navigation ?

Tout cela est passionnant.

 
 
 
RÉPONSE :

Après un silence de plus de plus d'une année, cela fait vraiment plaisir de vous relire, toujours Voltairien - et ce à double titre ! Un grand merci pour votre fidélité à mon site Web.

À part cette correspondance - dont vous avez , semble-t-il pris connaissance - échangée avec votre voisin genevois Christian, à propos de ces Malabars romains qui auraient été recrutés comme gardiens de temples indiens, je n'ai pas collecté d'autres infos sur la présence romaine aux Indes. Mais il est aussi vrai que je ne les ai guère recherchées. Ce problème historique, bien qu'intéressant, n'est en effet pas directement relié à la thématique principale de mon site.

Vous évoquez la présence d'une ancienne communauté juive à Cochin. Mais faut-il voir là une preuve de contacts entre l'Empire romain et le monde indien ? Peut-être… Mais il existait aussi - et surtout - de très importantes et très anciennes communautés juives disséminées de par les vastes états du Roi des Rois (Parthe arsacide, puis Perse Sassanide). Or, les souverains perses contrôlèrent longtemps la basse vallée de l'Indus et ses ports "indiens", à partir desquels les Juifs (mais aussi d'autres populations d'origine "perse", telles les Parsis, par exemple) pouvaient se répandre un peu partout dans le sous-continent…
À première vue - et sans être un grand spécialiste de l'histoire des diasporas juives - on peut donc, sans tomber dans l'invraisemblance crasse, voir dans ces vieilles communautés juives des Indes un essaimage de celles dites de Babylone. Mais l'on peut tout aussi bien - les deux hypothèses ne s'excluant pas - les imaginer composées de réfugiés des guerres juives de Vespasien, Titus ou Hadrien. Je lis d'ailleurs chez Léon POLIAKOV que l'histoire de ces Juifs indiens serait assez difficile à retracer :

“(…) Les Juifs de l'Inde, dont l'immigration s'est faite en plusieurs vagues successives, se sont conservés en nombre jusqu'à nos jours. Ils sont encore quelques dizaines de milliers : « Béni-Israël », à la peau olivâtre, dans les régions de Bombay et, plus au sud, Juifs de Cochin ou de Malabar, dits « Juifs noirs » ; ethniquement, les uns et les autres ne se distinguent de nos jours en rien de la population environnante. La date de leur premier établissement se situe vers les premiers siècles de l'ère chrétienne. Au cours du Moyen Age, d'autres Juifs se sont établis aux Indes, venus soit de Mésopotamie par voie de terre, soit de l'Europe par voie de mer : ceux-là se tiennent rigidement à l'écart des Juifs indigènes. Si le commerce est l'occupation dominante de ces derniers arrivants, les « Béni-Israël » et ceux de Cochin sont le plus souvent agriculteurs et artisans (les « Béni-Israël » sont aussi appelés « Shauvar Telis » = « Presseurs d'huile de samedi »). Leur histoire est très mal connue, et on pourrait en conclure qu'ils furent heureux, puisque les peuples heureux, dit-on, n'ont pas d'histoire en tout cas, au cours des temps modernes, ces humbles n'ont guère suscité les haines, et ont ignoré les persécutions.“ (Léon POLIAKOV, Histoire de l’Antisémitisme, vol 1, Éditions Calmann-Lévy, 1955)

Quant à la présence, attestée, d'épices orientales sur les marchés romains de l'Antiquité, le prix exorbitant auquel elles étaient négociées prouve à l'envi les difficultés presque insurmontables du commerce "intercontinental". Outre la distance et les obstacles géographiques qui allongeaient les voyages et les rendaient périlleux à l'extrême, presque toutes les routes commerciales étaient contrôlées par l'ennemi héréditaire perse, qui exerçait un monopole de fait sur les produits de luxe orientaux. Rares étaient donc les commerçants "romains" qui osaient s'aventurer le long des côtes perses de l'Océan indien. Et encore plus rares ceux qui étaient assez téméraires pour s'aventurer au cœur de l'Empire du Roi des Rois, pour tenter de court-circuiter les intermédiaires perses et leurs indécentes marges bénéficiaires.

Cela dit, j'ai quand même lu récemment - enfin, il y a déjà un bon bout de temps, mais j'attendais l'occasion d'en parler dans mon site - un petit quelque chose sur les Romains en Orient. Oh, a priori, rien de très sérieux ! Simplement un bon roman historique de Valerio MANFREDI, intitulé L'Empire des Dragons (Pocket).
En voici la 4e de couverture :

Edesse, 260 après Jésus-Christ.
Le légendaire Marcus Metellus Aquila, chef de la garde personnelle de Valérien, empereur des Romains, vient de tomber dans un piège. Capturé en plein royaume de Perse, humilié, il réussit à s'évader et vient en aide à un mystérieux prince chinois dont le pouvoir a été usurpé par son ennemi mortel, l'eunuque Wei, et ses terribles guerriers, " les Renards volants ".
Commence alors une expédition riche en péripéties qui mènera Marcus Metellus Aquila et sa légion au cœur de la Chine, à la découverte d'une civilisation cruelle et raffinée...
empire des dragons - valerio manfredi

De la pure fiction, bien sûr… Toutefois, dans sa post-face, l'auteur fournit quelques justifications historiques qui seront peut-être susceptibles de vous intéresser, bien qu'il y soit évidemment question de la Chine, et non de l'Inde :

NOTE DE L’AUTEUR

“Ce roman est le fruit de mon imagination, tout comme ses personnages principaux, à l'exception des grands acteurs historiques de l'époque à laquelle son action se déroule - l'empereur Valérien, Chahpour Ier de Perse, Gallien -, mais il s'inspire d'une hypothèse dont on a récemment débattu, à savoir la présence de soldats romains en Chine.

Ce problème a été soulevé pour la première fois par Homer Dubs, dans une publication datée de 1942. Il y commentait un passage des Annales des Han qui évoquait une bataille menée près du fleuve Talas, non loin de la ville de Zhizhi, dans le Gansu (aujourd'hui Douchanbe, dans le Tadjikistan), entre des troupes chinoises et les forces d'un chef local qui s'était rebellé. Parmi les forces rebelles, se battaient des soldats étrangers, probablement des mercenaires, selon une tactique particulière : au moyen de boucliers ovales disposés en écailles de poisson. Dubs pensa aussitôt qu'il s'agissait de Romains appliquant la tactique traditionnelle de la testudo. En outre, ces soldats étaient retranchés dans un campement constitué de gros piquets en bois, une sorte de castrum.

La bataille fut remportée par les troupes Han. Cependant, l'empereur Houang-ti cantonna les soldats étrangers en Chine dans le district de Fanmou (l'actuel Yongchon). Il les déporta dans une ville à laquelle il donna le nom de Likien, qui indiquait, semble-t-il, à l'époque les terres de l'Occident et Rome. Selon l'explication la plus courante, le toponyme « Likien » venait en réalité d'« Alexandreia »; en d'autres termes, il désignait, du nom des anciennes fondations d'Alexandre le Grand en Bactriane et en Asie centrale, toutes sortes d'implantation d'Occidentaux. D'après les sources chinoises, Likien serait toutefois demeurée indépendante pendant six cent douze ans, fait étrange et absolument singulier.

Mais si cette hypothèse est avérée, qui pouvaient être ces Romains ? Nombreux sont ceux qui ont pensé, en raison d'une correspondance chronologique, qu'il s'agissait peut-être de prisonniers romains qui avaient échappé au massacre de la bataille de Carrhes, en 53 avant J.-C.. et que les Parthes avaient déplacés dans les régions orientales de leur empire. Ces hommes auraient donné naissance à la tradition de la mythique « légion perdue ». On sait en effet que, lorsque Auguste conclut la paix avec les Parthes, en 20 avant J.-C., exigeant la restitution des enseignes et des prisonniers, il n'obtint que les premières, les seconds ayant disparu sans laisser de traces. Qu'étaient-ils donc devenus ?

Selon Homer Dubs et, après lui, plusieurs chercheurs chinois et d'autres nations, ils auraient atteint au terme d'une longue errance les confins de la Chine et y auraient fondé leur implantation.

De récents repérages dans la localité de Zhelaizhai, ainsi que des fouilles archéologiques, auraient amené les chercheurs à penser qu'ils avaient affaire à cette fondation romaine. Ils auraient même reconnu les caractères des Romains antiques dans les traits somatiques des populations locales.

Il convient de signaler que les arguments adoptés pour soutenir cette thèse sont plutôt faibles. Si l'on ne peut l'exclure a priori, il est nécessaire de l'étayer par des témoignages plus consistants.

Malgré tout, les Romains connaissaient l'existence des Chinois, et vice versa : non seulement Horace, Pline et d'autres auteurs, mais aussi le plus grand monument cartographique de l'Antiquité, la Tabula peutingeriana, indiquent à l'extrémité orientale du monde la Sera Major, c'est-à-dire la Terre de la Soie, la Chine. Il faut rappeler à ce propos un épisode extraordinaire, qui se produisit entre 97 et 98, à l'époque de l'empereur Hedi, quand le maréchal chinois Ban Chao, chargé de rétablir l'ordre et la sécurité le long de la route de la soie, une voie vitale à l'ouest, poussa jusqu'à la mer Caspienne. Ban Chao avait pour frère un historien célèbre, Ban Gu, et c'est peut-être sur ses conseils qu'il décida d'envoyer une délégation, menée par un de ses hommes, Gan Ying, auprès du souverain du Ta-T'sin, le mythique empire de l'Extrême-Occident, l'Empire romain ! Gan Ying arriva non loin des frontières, sans doute en Mésopotamie, en Syrie ou dans le Caucase. Comprenant ses intentions, ses guides parthes lui déconseillèrent toutefois de poursuivre son chemin en évoquant mille difficultés, si bien que l'officier chinois renonça à son projet. Les Parthes tiraient d'énormes profits des taxes qu'ils imposaient aux chargements de soie qui traversaient leur territoire, ils ne pouvaient donc pas accepter que l'Empire romain et l'empire Han entrent en contact et établissent des relations qui les auraient exclus. Si la mission de Gan Ying avait été couronnée de succès, les conséquences auraient été innombrables. Les deux plus grands empires de la planète auraient pu échanger de précieuses connaissances, peut-être même stipuler une alliance, d'autant plus que le pouvoir, à Rome, était alors détenu par un homme sage, intelligent et honnête, l'empereur Nerva. En raison de la distance qui les séparait, les deux empires ne pouvaient entrer en compétition l'un avec l'autre et avaient tout intérêt à collaborer. Le cours de l'histoire aurait peut-être été changé si Rome et Luoyang avaient pu communiquer !

Peut-être parce que les grands empires se ressemblent, au fond, Rome et la Chine avaient de nombreuses caractéristiques communes l'organisation des forces armées, le système routier, l'usage d'établir des colonies militaires, la façon de mesurer et de partager la terre, le concept de confins et de mur fortifié, la pratique de cantonner des Barbares à l'intérieur de cette enceinte fortifiée pour les naturaliser et les employer dans la défense du territoire contre d'autres Barbares. Ils eurent même des ennemis en commun, s'il est vrai que les Hiong-nou des documents chinois ne sont autres que les Huns des sources romaines.

La Chine survécut, transmettant sa tradition, sa civilisation et son union étatique, tout au long de quatre millénaires d'histoire jusqu'à nos jours, alors que Rome s'éteignit il y a fort longtemps. Cette histoire a pour but de raconter, comme en un rêve, l'expérience merveilleuse qu'aurait pu vivre un Occidental, ici le commandant Marcus Metellus Aquila, s'il avait atteint cet empire éloigné qu'on appelait alors Sera Major, un événement peut-être pas impossible, un de ces événements que l'Histoire a oubliés ou perdus dans les vicissitudes turbulentes qui caractérisent l'aventure de l'humanité.

(Valerio MANFREDI, L'Empire des Dragons [Note de l'Auteur], Pocket)

 

 
 
 
7 Novembre 2007
Calembro a écrit :
Objet : Antonin le Pieux
Auriez-vous des informations sur une médaille qu'aurait portée cet empereur et dont la titulature aurait été celle-ci :"MOK, IEP, AXT, APPO" ?
 
 
 
RÉPONSE :

Peut-être certains sympathiques (et serviables) visiteurs de mon site pourront-ils vous aider, mais quant à moi, n'étant nullement féru en numismatique, je serais absolument incapable de vous dire si des médailles à l'effigie d'Antonin le Pieux portèrent ces légendes, pour moi hermétiques, "MOK, IEP, AXT ou APPO".

Personnellement, je ne puis donc que vous renvoyer à ces deux sites qui détaillent le monnayage d'Antonin : www.inumis.com et (en anglais) www.wildwinds.com.

Désolé de ne pouvoir vous renseigner.

 

antonin le pieux
 
 
 
12 Novembre 2007
François-Dominique Fournier (www.mediterranee-antique.info) a écrit :

A propos de la naissance de Jésus, vous dites sur votre site : “ Quant à moi je pencherais plutôt pour l'an 9 avant J.-C. ”

Pour moi cette date me semble bien optimiste, en effet nous trouvons des allusions à Jean-Baptiste dans le texte slavon de Josèphe, et notamment celui-ci :

Quant aux Méliens, pour l’avoir porté sur leurs bras et l’avoir honoré des honneurs royaux, ils furent massacrés.
Il y avait alors un homme qui parcourait la Judée dans des vêtements étonnants, des poils de bête collés sur son corps aux endroits où il n'était pas couvert de ses poils et de visage il était comme un sauvage.
En abordant les Juifs, il les appelait à la liberté en disant : « Dieu m'a envoyé pour vous montrer la voie de la Loi, par laquelle vous serez sauvés d'avoir plusieurs maîtres et vous n'aurez plus sur vous de maître mortel, mais seulement le Très-Haut, qui m'a envoyé. »
En entendant ces paroles, le peuple était heureux ; et toute la Judée le suivait, et les environs de Jérusalem. Et il ne leur faisait rien d'autre que les plonger dans le cours du Jourdain ; et il les renvoyait en leur enseignant de cesser de faire le mal, et qu'il leur serait donné un roi qui les libérerait et soumettrait tous les insoumis, et ne serait lui-même soumis à personne. Les uns se moquaient de ses paroles, les autres y ajoutèrent foi.
Il fut amené auprès d'Archélaüs, et les docteurs de la Loi se réunirent, et on lui demanda qui il était et où il avait été jusque alors. Et il répondit en disant : « Je suis l'homme que l'Esprit de Dieu m'a assigné d'être, me nourrissant de roseaux et de racines et de copeaux de bois. » Comme ils menaçaient de le torturer s'il ne cessait ces paroles et ces actes, il dit : « C'est vous qui devez cesser vos actes impurs et adhérer au Seigneur votre Dieu. » Alors, se levant avec fureur, un scribe, Simon, essénien d'origine, dit : « Tous les jours nous lisons la divine écriture, et toi, sorti aujourd'hui de la forêt comme une bête, tu oses nous faire la leçon et séduire le peuple avec tes paroles impies ? » Et il s'élança pour déchirer son corps. Mais lui, leur faisant reproche, dit : « Je ne vous découvrirai pas le mystère qui est parmi vous puisque vous ne l'avez pas voulu. Ainsi est venue sur vous une perdition invincible, et par votre faute. » Ayant ainsi parlé, il s'en alla de l'autre côté du Jourdain ; et, sans que personne osât l'en empêcher, il continua d'agir comme auparavant.
Quand Archélaüs eut pris la possession de l’ethnarque, il se souvint de l’hostilité des Juifs, et les écrasa sous des charges insupportables, ainsi que les Samaritains. Et la neuvième année de son pouvoir il vit un songe : c’étaient neuf épis dans un champ, pleins et grands, que des bœufs s’en vinrent manger et arracher. Il appela les Chaldéens interprètes des songes et leur demanda ce que signifiait ce signe. Comme ils parlaient chacun différemment, un sadducéen nommé Soum dit : « Les épis sont des années, et les bœufs un changement de régime. Et tu dois régner selon le nombre des épis, et après diverses vicissitudes et afflictions, tu périras. »
Et aussitôt, quatre jours après le songe, César l’appela à son tribunal.
Car auparavant les Juifs et les Samaritains avaient envoyé une députation à César pour se plaindre de ses violences. César, après enquête, l’exila dans la ville gauloise de Vienne ; quant à ses richesses, elles furent versées dans le trésor de César.

Remarquez dans le texte que cet homme, s'il est le Jean-Baptiste, celui qui est nommé comme le Jean Précurseur dans le texte slavon, alors que ce n'est pas l'habitude de Josèphe, est interrogé par Archélaüs, soit à l'âge de d'environ vingt-quatre ans, avant sa naissance.

J'aimerais bien, mais entre nous, que vous me développiez votre dire sur la naissance de J.-C. en - 9 av JC., si j'en crois les écrits que j'ai mis sur mon site, j'arrive péniblement à -7.
Mais bon Josèphe me remet du baume au coeur, il semble confirmer les moins de cinquante ans (Jean), à l'époque où ce Jésus commence son ministère.
Au fait, en parlant de J.-B. vous aviez parlé d'un ministère aquatique, ce texte le confirme.

 
 
 
RÉPONSE :

Oh, le "comput" qui me permet de fixer la date de naissance de Jésus à 9 avant Lui-Même n'a vraiment rien de confidentiel, ni de secret ! Je l'ai expliquée, in illo tempore, dans une réponse à un internaute, un de ceux que je qualifie systématiquement de sympathiques. Je vous invite donc à vous en référer à cette correspondance : Clic !.

Ceci précisé, cet extrait du manuscrit slavon de Josèphe relatif à Jean Baptiste - car c'est certainement de lui dont il s'agit - est vraiment intéressant. Il complète fort utilement le passage habituellement cité :

"Or, il y avait des Juifs pour penser que, si l'armée d'Hérode avait péri, c'était par la volonté divine et en juste vengeance de Jean surnommé Baptiste. En effet, Hérode l'avait fait tuer, quoique ce fût un homme de bien et qu'il excitât les Juifs à pratiquer la vertu, à être justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu pour recevoir le baptisme ; car c'est à cette condition que Dieu considérerait le baptême comme agréable, s'il servait non pour se faire pardonner certaines fautes, niais pour purifier le corps, après qu'on eût préalablement purifié l'âme par la justice. Des gens s'étaient rassemblés autour de lui, car ils étaient très exaltés en l'entendant parler. Hérode craignait qu'une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s'emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet, que d'avoir à se repentir plus tard, si un mouvement avait lieu, de s'être exposé à des périls. À cause de ces soupçons d'Hérode, Jean fut envoyé à Machæro [ou Machéronte], la forteresse dont nous avons parlé plus haut, et y fut tué. Les Juifs crurent que c'était pour le venger qu'une catastrophe s'était abattue sur l'armée, Dieu voulant ainsi punir Hérode." (Antiquités judaïques, Livre XVIII, 5 : 2 - trad. site remacle.org)

Ouais ! Disons qu'à mes yeux profanes, ce passage me paraît assez suspect d'interpolation ou d'autres chipotages "monastiques". D'abord, une phrase circonstancielle sur une défaite des armées d'Hérode Agrippa, puis l'ajout - digression aisément supprimable [passage mis en italiques] - d'un copiste, consistant en un genre de "flash-back", un retour en arrière narratif sur la carrière du Précurseur.

Pourquoi cette manipulation ? Mais précisément pour combler le vide laissé par la suppression d'un passage antérieur (situé à la fin du chapitre 12 du livre XVII - voir remacle.org ?). Passage dont votre manuscrit slavon a heureusement - mais probablement non sans autres interpolations - gardé la trace.

st jean baptiste

Évidemment, cette coupure peut s'expliquer : le fait de situer la mission du Baptiste avant la mort d'Hérode (4 av.J.-C.), alors que son fils Archélaüs n'avait pas encore accédé au trône, avait de quoi troubler les esprits faibles. En effet selon l'Évangile de Luc (1 : 39 et suivants), Jean Baptiste ne serait que de peu - quelques mois tout au plus - l'aîné de son cousin Jésus : quand Marie, qui vient de recevoir la visite de l'Ange annonciateur (fécondateur ?), se rend chez sa parente Elisabeth, celle-ci est déjà enceinte de son Jean. "Dès qu'Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en son sein", précise joliment l'Évangéliste (Luc, 1 : 41). Or, si le Baptiste était déjà actif en 4 av. J.-C., ces événements, Annonciation et Visitation, se seraient déroulés au moins vingt années auparavant. Ce qui situerait la naissance de Jean Baptiste - et de Jésus - vers 25 avant Son ère. Au plus tôt !

On est loin de l'An Zéro !

Évidemment, il convient de relativiser ces conclusions.
Tant le lien de parenté entre Marie et Elisabeth, mère du Baptiste (et, partant, celui qui aurait existé entre Jésus et Jean), que la quasi-contemporanéité du Christ et de son "Précurseur" ne sont probablement que des reconstructions des Évangélistes. La nativité du Baptiste, avec le "merveilleux biblique" de ses vieux parents, chenus mais si fermes dans leur foi, rappelle, trop pour être honnêtement vraie, celle d'Isaac, le fils tard-venu d'Abraham et de sa vieille épouse Sara, si longtemps stérile.
De surcroît, les rédacteurs des Évangiles devaient absolument éviter de décrire un Christ trop étroitement subordonné au Baptiste, bien que celui-ci fût probablement son maître et qu'il était impossible d'occulter un fait aussi notoire que son baptême. Ils s'employèrent donc à rajeunir Jean de quelques bonnes années. Ils abrégèrent ainsi considérablement la durée de sa carrière de prophète et la lièrent intimement à la mission de Jésus. Le Baptiste ne fut plus alors considéré que comme le Précurseur, uniquement "programmé" d'abord pour annoncer, pendant quelques mois seulement, l'avènement du Messie Jésus, celui "est plus grand que lui", puis pour lui conférer un baptême qui sert surtout de rite de substitution à l'onction royale.

Je terminerai en disant qu'il me semble donc difficile de déduire des indices relatifs à la date de naissance du Christ sur base d'indications biographiques concernant Jean le Baptiste. Toutes les sources anciennes (Josèphe ou le Nouveau testament) ont été retravaillées de manière à inverser le lien de subordination qui existait entre ces deux personnages.
Il est probable que Jean était bien plus âgé que Jésus, qu'il était déjà actif depuis longtemps quand ledit Jésus devint son disciple, et que celui-ci resta un moment dans son orbite avant de le quitter pour voler de ses propres ailes, non sans avoir "débauché"quelques autres compagnons du Baptiste. Mais tout cela a été occulté afin de ne pas promouvoir l'Eglise mandéenne, celle de Jean, qui fut un moment une concurrente très sérieuse de l'Eglise "chrétienne" des Apôtres et de Paul.

 

 
 
 
15 Novembre 2007
Frédéric a écrit :

Objet : jeux de simulation historique à propos de l'empire romain

Pour les amateurs de simulation historique, je me permets de signaler à votre attention les magazines Vae Victis n° 42, 56 et 74 qui traitent de la situation stratégique de l'Empire lors des périodes 161 à 217 ap. J.C., 305 à 374 ap. J.C. et 405 à 490 ap. J.C.
Le dernier en particulier me semble intéressant pour ceux qui ont lu La fin de l'armée romaine de Philippe RICHARDOT et/ou La fin de l'Empire romain d'Occident de Georges-André MORIN.

vae victis - 42 vae victis - 56 vae victis - 74

 

 
 
 
15 Novembre 2007
Bidzina a écrit :
Dans votre site vous dit qu'Hélène a été déjà chrétienne en 303. Pourriez-vous préciser la source pour cette conclusion ?
 
 
 
RÉPONSE :

Sainte Hélène déjà convertie au christianisme en 303 ?
Il est vrai que c'est un peu ce que laissait supposer ma notice biographique consacrée à Constance Chlore. J'y écrivais qu'en 303, "Hélène, sa première épouse (…) était Chrétienne". Pure spéculation de ma part ! Pour être exact et précis, j'aurais dû me contenter de supposer à Hélène des sympathies chrétiennes. Je vais d'ailleurs corriger mon texte en ce sens.

En réalité, nous ne connaissons pas précisément la date de la conversion de sainte Hélène, la mère de Constantin. Ainsi que je vous l'avais indiqué dans un courrier de Novembre 2002 (il y a donc plus de cinq ans que nous correspondons, comme le temps passe !), Eusèbe de Césarée sous-entendrait qu'elle se serait convertie sous l'influence de son fils. Mais comme la date de la conversion de Constantin est elle-même très controversée, nous ne sommes guère plus avancés !…

 

ste helene