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Novembre - Décembre 2006 (page 3/3)

Sommaire des mois de Novembre - Décembre : Clic !

 
13 Décembre 2006
Thaïs a écrit :
 
En vue d'un exposé, je cherche à savoir quel nom portaient les femmes romaines. Je sais que les filles portaient le nomen de leur père au féminin, mais qu'en était-il une fois qu'elles étaient mariées ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Les femmes romaines gardaient leur nom (nom de leur gens paternelle au féminin) après leur mariage. Tout au plus ajoutaient-elles parfois le nom de leur mari au génitif. Ainsi, par exemple l'épouse de Jules César aurait-elle pu se faire appeler Calpurnia Julii (= la Calpurnia de Jules).
Notez aussi que, quand plusieurs filles naissaient, celles-ci prenaient toujours le nom féminisé de leur père, avec en sus, mention de leur rang de naissance (l'aînée, la cadette, ou la première, la deuxième, la troisième). Ensuite, si d'autres filles voyaient le jour, on recourait à un nom dérivé de celui de la mère (Livilla = "petite LIvie", par exemple).

 
 
 
15 Décembre 2006
Christian a écrit :
 

Puisqu'on aime bien la politique-fiction dans votre pays, je vous adresse un scénario d'histoire-fiction que j'ai confectionné en imaginant que Justinien était parvenu à réunifier l'Empire romain.
Je ne sais pas s'il pourra trouver une place dans le courrier des lecteurs du site, mais j'aimerais savoir ce que vous en pensez.

L’Empire romain de Justinien à Othon VI

523 : Justinien, neveu et héritier de l’empereur byzantin Justin, épouse Théodora, fille aînée du roi Arthur de Bretagne.
526 : Après avoir conquis la Gaule et l’Italie, le roi Arthur est couronné empereur d’Occident à Rome et désigne Justinien comme son successeur.
527 : Justinien succède à Justin comme empereur d’Orient.
533/534 : Campagne de Bélisaire contre les Vandales en Afrique.
542 : Après la mort d’Arthur, Justinien proclame la réunification définitive de l’Empire romain.
552/555 : Campagne de Narsès contre les Wisigoths en Espagne.
565 : Mort de Justinien.
638 : Prise de Jérusalem par les Arabes.
711 : Les Arabes envahissent l’Espagne.
732 : Vaincus par Charles Martel à Poitiers, les Arabes renoncent à toutes leurs conquêtes en Gaule et en Espagne.
768/814 : Règne de Charlemagne.
955 : L’empereur Othon II repousse l’invasion des Hongrois.
1099 : Prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon.
1215 : Adoption de la Grande Charte.
1260/1375 : Conquête de la Syrie et de l’Arménie par les Mamelouks.
1268/1356 : Période du Grand Interrègne.
1309 : Le siège de la papauté est transféré à Avignon, qui devient la capitale des Etats pontificaux.
1396 : Vaincus à Nicopolis par Sigismond de Hongrie, les Mamelouks renoncent à toutes leurs conquêtes dans les Balkans.
1492 : Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.
1519/1558 : Règne de Charles-Quint.
1648 : Les Edits de Westphalie mettent fin à la guerre de Trente Ans et accordent la liberté religieuse aux protestants.
1740/1780 : Le règne de l’impératrice Marie-Thérèse inaugure l’ère du despotisme éclairé. Le mouvement des Lumières prend son essor.
1776 : Congrès de Philadelphie : les Etats-Unis d’Amérique du Nord se déclarent indépendants de l’Empire romain.
1786 : Abolition de la peine de mort pour les crimes de droit commun.
1798/1801 : Campagnes de Bonaparte en Egypte et en Syrie.
1815 : Congrès de Vienne : l’Empire romain devient une monarchie constitutionnelle de type fédéral ; la traite des nègres et l’esclavage sont définitivement abolis.
1826 : Congrès de Panama : les Provinces-Unies d’Amérique latine se déclarent indépendantes de l’Empire romain.
1837 : L’impératrice Victoria monte sur le trône à l’âge de dix-huit ans : c’est le début de l’ère victorienne.
1841 : Traité d’Antioche : l’Empire romain reconnaît les conquêtes de Méhémet Ali, qui s’étendent du désert de Libye au golfe Persique et de la Méditerranée aux sources du Nil.
1848 : Instauration du suffrage universel masculin.
1862 : Le dernier Grand Moghol lègue ses Etats à Victoria, qui prend le titre d’impératrice des Indes.
1881 : L’impératrice Victoria charge le chancelier Bismarck de mettre en place une législation sur l’assurance sociale, qui sera étendue à tous les travailleurs salariés en 1911.
1901 : Mort de l’impératrice Victoria : son fils, Edouard de Saxe, lui succède comme empereur des Indes, mais renonce à ses droits sur l’Empire romain en faveur de son cousin, François-Ferdinand d’Autriche.
1910 : Mort d’Edouard de Saxe : son fils, Georges de Windsor, lui succède comme empereur des Indes.
1914 : L’empereur François-Ferdinand meurt des suites d’un accident de chasse dans les Carpates. Son neveu, Charles de Lorraine, lui succède sous le nom de Charles VIII.
1920 : Ordonnance impériale accordant le droit de vote aux femmes et aux militaires.
1922 : L’empereur Charles VIII meurt d’une pneumonie au cours d’un voyage à Madère. L’impératrice Zita assume la régence au nom de son fils, qui prend le nom d’Othon VI.
1936 : Mort de Georges de Windsor : son cousin, Louis de Birmanie, lui succède comme empereur des Indes.
1937 :
Le Japon attaque la Chine : début de la Grande Guerre, qui fera plus de cinquante millions de morts en huit ans.
1945 : Signature des accords de Yalta, qui délimitent les zones d’influence respectives de l’Empire romain et de l’Empire russe en Extrême-Orient. Capitulation du Japon.
1948 : Louis de Birmanie renonce à son titre d’empereur des Indes.
1951 :
Le mariage de l’empereur Othon VI et de la princesse Régina de Saxe est célébré à Nancy.
1955 : Adoption du nouveau pavillon officiel de l’Empire romain (azur à douze étoiles d’or).
1969 : Premiers pas de l’homme sur la Lune.
1979 : Louis de Birmanie disparaît en mer d’Irlande.
1981 : Abolition de la peine de mort pour tous les crimes.
1989 : Mort de l’impératrice Zita.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je vous remercie aussi d'avoir pris la peine de m'envoyer cette intéressante "chronologie uchronique", à laquelle j'accorderai évidemment la place qui lui revient dans mon "courrier des visiteurs". Je regrette toutefois un peu qu'elle soit si concise. On aurait aimé en savoir plus sur les heurs et malheurs de cette "Romanie" persistante ! Et ce d'autant plus qu'en fait, s'il faut vous en croire, la réunification de l'empire romain par Justinien n'aurait finalement pas changé grand-chose à l'histoire officielle : les Arabes ne sont repoussés qu'à Poitiers, Charlemagne est empereur (d'Occident, d'Orient, des deux ?) au tournant des VIIIe et IXe siècles, Godefroid de Bouillon prend Jérusalem, etc… Bref, à part les Mamelouks qui remplacent les Ottomans (sans prendre Constantinople ?) et quelques transmissions dynastiques inédites de la couronne impériale romaine au XXe siècle, l'histoire ne paraît guère chamboulée par votre hypothèse.

Mais de toute façon, même amplifiée, votre "histoire-fiction" ne risquait pas de me perturber autant que le canular diffusé la semaine passée par notre TV nationale (voyez aussi, sur le blog du copain Xavier : Clic !).
Pensez ! notre Belgique, cette "petite terre d'héroïsme" (et de surréalisme) assassinée par des extrémistes nationalistes flamands, le Roi demandant l'exil au Congo, et l'armée française, aux portes de Bruxelles, faisant sauter le "Lion de Waterloo", symbole de la défaite de Napoléon (ah non, cela, c'était dans une autre fiction…) !
Là, les plaisantins de la RTBF n'y ont pas été avec le dos de la cuillère !…

 
 
 
23 Décembre 2006
Anne-Sophie a écrit :
 

Dans le cadre d'un exposé, je suis amenée à faire un parallèle entre Suétone et Tacite. Je compte me baser particulièrement sur leurs deux œuvres majeures, à savoir La Vie des douze Césars et Les Annales dont nous avons étudié des passages en classe.

Pourriez-vous m'éclairer sur les points communs et les différences qui existent entre ces deux auteurs ? Peut-on dire qu'ils sont tous les deux historiens, mais que l'un est historien-biographe et l'autre historien-moraliste ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Oh, tant Suétone que Tacite se voulaient certainement moralistes ! Tous deux voulurent montrer la corruption des mœurs et la déliquescence des nobles institutions de la République romaine, du fait de la plupart des souverains des deux premières dynasties impériales romaines. Selon eux, ces satanés Tibère, Caligula, Néron, Domitien et tutti quanti ne furent qu'autant d'abominables tyrans, des monstres cruels et dépravés, des satyres immondes et libidineux, qui flattèrent les bas instincts de la vile populace pour asseoir leur pouvoir arbitraire sur l'élite de la société, les nobles et dignes Sénateurs.
Heureusement, à l'époque où ils écrivirent leurs œuvres majeures, ces tristes temps étaient révolus ! Avec l'arrivée au pouvoir de la dynastie dite "des Antonins" (qui sponsorisaient grassement leurs travaux d'écriture), c'en était fini de ces débordements ! L'ordre moral, la dignité, l'équité régnaient à nouveau à Rome. La vile plèbe était bien tenue en laisse, fermement cantonnée à sa place subalterne, impuissante, tandis que les Optimates, eux, ces aristocratiques membres du Sénat, étaient à nouveau honorés conformément à leur rang. Bref, désormais, "tout baignait", tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes romains… Mais il convenait néanmoins de bien analyser les errements du passé afin d'éviter que ceux-ci ne se reproduisent.

Non, à mon avis, outre le fait que Tacite traita l'histoire sur le mode chronologique, et Suétone par des biographies, ce qui distingue profondément ces deux auteurs, c'est l'ampleur de vue, et bien sûr le style. Si vous voulez, de nos jours, Tacite aurait été éditorialiste au Monde, tandis que Suétone, dans ses bons jours, aurait été reporter pour Paris-Match et, quand il se lâchait, paparazzi pour Voici ou pour Détective !

Avec Tacite, l'histoire, relatée dans une noble langue latine, ciselée au point d'en devenir parfois quasi obscure (ah, ces épineuses versions de Tacite qu'il nous fallait décrypter, nous pauvres latinistes en herbe !), dispense des leçons de portée universelle. Suétone, lui, moralise de façon plus terre-à-terre. Ses leçons ont une portée plus immédiate, et sa vision de l'histoire n'est souvent guère plus large qu'un trou de serrure (dans ses bons jours) ni plus profonde qu'une cuvette de W.-C. (quand il dérape).

tacite

Du reste, dans une page Web reprenant quelques livres sur Néron et son époque , j'ai eu l'occasion quelques extraits du "Panorama des littératures" de Léon Thoorens, dans lesquels ce critique belge exprime, ma foi fort clairement ce qui caractérise les œuvres de Tacite et de Suétone.
Pour mémoire,

TACITE : "Tacite n'est pas un historien, un savant, qui ferait la somme objective et froide de la vie politique de Rome au Ier, siècle, mais un homme vivant, d'une grande intelligence limitée par des préjugés d'époque et de classe, d'un jugement sûr mais orienté par des passions qu'il avoue, d'une grande noblesse d'âme mais tempérée par beaucoup de prudence. C'est un artiste. Il voit loin et profond, il remarque, en tout, la ligne de force, la couleur dominante. Il sait ramasser une impression, situer un fait, ouvrir par un seul mot de vastes perspectives. Le premier, parmi les écrivains occidentaux, il a compris que l'histoire des hommes n'est pas un état de choses vers lequel on s'efforce, et puis qui se prolonge, mais une durée sans fin, un changement, une évolution. Il y a malentendu lorsqu'on veut voir en lui le premier grand peintre de la grandeur et de la décadence de Rome. Il est le témoin d'un moment particulier, et c'est bien pourquoi il devient le contemporain de chacun de ses lecteurs." (Léon THOORENS, Panorama des Littératures, 2, Marabout, 1966).

Et SUÉTONE : "Lire Suétone, c'est enquêter de nuit dans le palais, en rasant les murs, écoutant aux portes et fouillant dans les corbeilles à papier. (…). Suétone a une âme de détective privé. Il note tout, les anecdotes, les on-dit, les potins : tout ce qui, de tous les temps, passionne les lecteurs de la presse à sensation. (…) Car ses portraits n'en sont pas. Pour chaque César, il avait rédigé des fiches où il groupait les faits et anecdotes glanés dans les archives ou dans les conversations d'antichambres sous des rubriques, toujours les mêmes . la table, le lit, les amis, les cruautés, les vices, etc. (…). Suétone n'a pas d'imagination précisément, ni de style, ni de vision. Il rapporte ce qu'il entendait raconter, et ce qu'il entendait raconter était, pour une large part, la vérité, les Césars ayant eu plus d'imagination, dans leur vie, que leurs contempteurs, plus tard, dans leurs récits." (Léon THOORENS, op. cit.)

Les différences sautent aux yeux …

 
 
 
25 Décembre 2006
Yamina a écrit :
 
J'aimerais avoir des informations au sujet d'une église, construite par Michel-Ange, dans les termes de Dioclétien.
Lors de mes lectures, j'ai souvent été confrontée à des confusions. L'église est parfois appelée Santa Maria dei Fiori ou encore Sainte-Marie-des-Anges. église se trouve tantôt dans les termes de Caracalla et tantôt dans ceux de Dioclétien.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je lis dans Voyage à Rome de Pierre GRIMAL (Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins) qu'une salle des thermes de Dioclétien fut transformée en église par Michel-Ange, sous le vocable de Sainte-Marie des Anges.

À ce sujet, voyez aussi :

 
 
 
28 Décembre 2006
S. Lemoine a écrit :
 

Salve omnes,

Connaissez-vous le site des Armes et guerriers de la Rome antique (de la royauté au haut empire) ?

armes romaines - guerriers romains

Bonne visite !