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Octobre 2006 (page 2/3)

Sommaire du mois d'Octobre : Clic !

 
14 Octobre 2006
Marie a écrit :
 
(…) Une question : des Grecs étaient esclaves à l'époque [de Jules César] : où avaient-ils été fait prisonniers ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je ne suis pas un grand spécialiste en histoire de l'esclavage antique… mais d'après ce que j'en sais, tous les esclaves romains n'étaient pas nécessairement des prisonniers de guerre, loin de là. Outre le fait qu'un esclave pouvait être tout bêtement un fils d'esclave, les sources d'approvisionnement de ce marché très particulier étaient très variées. Un Grec proposé à la vente sur l'île de Délos (le "supermarché" aux esclaves de l'époque) pouvait donc, bien sûr, être un prisonnier de guerre - mais pas nécessairement d'une guerre romaine : il y avait de très nombreux Grecs hors de Grèce, dans des régions qui, du temps de César, n'était pas (pas encore) soumises à Rome ni ne bénéficiaient de sa Pax romana (Paix romaine) : Égypte, Syrie, Mésopotamie… Mais cet esclave pouvait aussi être l'enfant d'une personne en graves difficultés financières, ou quelqu'un lui-même condamné pour dettes, ou une personne razziée par des pirates ou par des brigands, ou une victime d'un sordide trafic d'êtres humains (notre époque n'a rien inventé), etc, etc…

 
 
 
15 Octobre 2006
"LAFOUGEJOCERIC" a écrit :
 
Qui est Menenius Agrippa ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Ne confondons pas Menenius Agrippa avec Vipsanius Agrippa, lequel fut l'ami, le collaborateur et le beau-fils de l'empereur Auguste (voir aussi : wikipedia.org - Marcus Vipsanius Agrippa).
Votre Menenius Agrippa, lui, n'a strictement rien à voir avec ces empereurs romains dont s'occupe prioritairement mon site Web. Avec lui, nous nous retrouvons en effet près de cinq siècles avant le règne du premier empereur ! Désigné comme consul (premier magistrat de Rome) vers 503 av. J.-C., il eut à faire face à la sécession du petit peuple de Rome (la plèbe) qui, mécontent de son sort et de son manque de pouvoir politique, avait quitté la Ville et s'était réfugié sur le Mont Sacré.
Pour ramener ces mécontents à la table des négociations, Menenius Agrippa leur aurait raconté une petite historiette, une fable : le célèbre apologue des membres et de l'estomac. Peuples et nobles de Rome dépendaient l'un de l'autre, de la même façon dont l'estomac avait besoin de la force des bras pour le ravitailler et les bras du travail de l'estomac pour agir efficacement.

Voici comment l'historien romain Aurelius Victor (IVe siècle ap. J.-C.) relate ce célèbre épisode :

"Menenius Agrippa, surnommé Lanatus, élu général contre les Sabins, en triompha.
Le peuple s'était séparé des sénateurs, pour s'affranchir des impôts et du service militaire, et l'on tentait, pour le rappeler, d'inutiles efforts. « Un jour, dit Agrippa député vers lui, les membres du corps humain, voyant que l'estomac restait oisif, séparèrent leur cause de la sienne, et lui refusèrent leur office. Mais cette conspiration les fit bientôt tomber eux-mêmes en langueur ; ils comprirent alors que l'estomac distribuait à chacun d'eux la nourriture qu'il avait reçue, et rentrèrent en grâce avec lui. Ainsi le Sénat et le peuple, qui sont comme un seul corps, périssent par la désunion, et vivent pleins de force par la concorde. »
Cet apologue ramena le peuple, qui cependant créa des tribuns de son ordre pour défendre sa liberté contre l'orgueil des nobles. Quant à Menenius, il mourut dans une si grande pauvreté, que les citoyens contribuèrent, chacun pour un quadrant, aux frais de sa sépulture, et que le Sénat fournit, aux dépens de la république, un lieu pour son tombeau." (AURELIUS VICTOR, De Viris illustribus, XVII - trad. : remacle.org)

Sur Menenius Agrippa, voyez aussi : wikipedia.org - Menenius Agrippa.

 
 
 
15 Octobre 2006
Gricca a écrit :
 

Qu’est-ce que le passage de Commode ?

Les visiteurs de l'amphithéâtre Flavien à Rome, mieux connu sous le nom de Colisée, ont peut être entendu parler du passage de Commode. À droite de l’entrée sud de l’amphithéâtre, en correspondance avec la 5e arche, on aperçoit, derrière une grille, des structures qui appartiennent à un passage souterrain qui n’a jamais été complètement exploré.
Matériellement c’est une galerie qui se compose de 3 branches :
celle actuellement accessible, avec une direction Ouest-Est, parallèle à l’arène, d’une longueur d’environ 14 mètres et large de 1,80 mètres, ensuite la branche principale, avec une orientation Nord-Sud, qui est longue d’environ 60 mètres et large de 2,60 à 2,80 mètres, et enfin la branche terminale direction Est, qui n’a pas été complètement déblayée.
La hauteur de ce couloir varie entre 2 et 3 mètres environ. Avec le temps, cette voûte sur la branche principale a subi par endroits des éboulements qui laissent voir les structures supérieures de l’amphithéâtre.
On ne connaît pas la fonction exacte, ni la destination principale du couloir, de même, la date et les circonstances de la construction sont encore incertaines. Tout ce que l’on sait c’est qu’il est postérieur aux travaux des premiers empereurs Flaviens qui eurent lieu principalement entre 75 et 80, puisqu’il a fallu tailler en partie dans les fondations. Quant à l’attribution de ce passage à Commode il semble venir du récit de Dion Cassius, plus précisément du livre LXXIII de son Histoire romaine, où il raconte la tentative d’assassinat, en 182, de l’empereur « dans un passage étroit » de l'amphithéâtre.
Il constituerait, semble-t-il, une des trois entrées du Colisée réservées aux empereurs et aux autorités, étant donné le pavage à tesselles blanches et noires, le revêtement de marbre, le plâtre peint ainsi que la décoration en stuc des voûtes éclairées par des lampes à huile suspendues. Malheureusement de nos jours, il ne reste de tout ce décorum que des traces résiduelles.
Les deux autres accès conduisaient, pense-t-on, directement aux loges donnant sur l’arène - celle au Sud est habituellement considérée comme la tribune (pulpitum) impériale -. Si donc le passage de Commode pouvait aboutir sous la loge sud, on ignore encore son point de départ en raison des travaux de déblaiement non achevés, cependant on connaît sa direction, une fois sorti des fondations à l’extrémité méridionale - coté Célius - il se courbe vers l’Est en remontant doucement de niveau pour rejoindre très probablement un palais impérial ignoré peut-être situé vers les casernes de gladiateurs (Ludi) Gallicus et Matutinus.
Le Colisée n’a pas fini de nous en apprendre et de nous surprendre.

Quelques sites (en français) pour compléter l'information :


J'en profite pour donner aux amateurs de livres et de lecture un choix d'ouvrages parus récemment sur l'empire romain, j’ai marqué d'un astérisque * ceux que j’ai trouvés particulièrement intéressants (avis personnel bien sûr) :

  • L’épopée d’Aetius, dernier général de la Rome antique de Gilbert Sincyr – Vérités pour l’histoire Dualpha éditions ISBN 2-915461-89-9
  • Attila d’Éric Deschodt – Folio biographies Gallimard ISBN 2-07-030903-7
  • * Le Jour des Barbares Andrinople 9 août 378 d’Alessandro Barbero - Flammarion ISBN 2082105679
  • * Dioclétien, le renouveau de Rome de Stephen Williams - In-folio éditions ISBN 2-88474-208-5
  • * Néron le mal aimé de l’Histoire de Claude Aziza - Découvertes Gallimard ISBN 2-07.031927-X [Plus de détails, voyez ici : Clic !]
  • Le Christianisme des origines à Constantin de Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval - Nouvelle Clio PUF ISBN 2-13-052877-5
  • Les monnaies romaines de Georges Depeyrot – éditions errance ISBN 2-87772-330-5
  • Les Gallo-Romains de Gérard Coulon – éditions errance ISBN 2-87772-331-3
  • * L’armée romaine sous le Bas-Empire de Yann Le Bohec - Picard ISBN 2-7084-0765-1

A bientôt - GRICCA

 
 
 
16 Octobre 2006
Laurent a écrit :
 

Je vous signale un site universitaire mais passionnant "pour en savoir plus" sur Néron : celui de la Société internationale des Études néroniennes

 
 
 
17 Octobre 2006
Carl a écrit :
 
Je vous fais part d'une petite erreur dans le chapitre Octave - La bataille d'Actium. Vous nommez d'une façon amusante Charlton - Antoine - Heston…Vous confondez Cléopâtre avec Ben Hur…En effet, vous auriez dû écrire Richard - Antoine - Burton
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je suis vraiment impardonnable ! Richard - Liz Taylor - Burton, bien sûr, et non Charlton - National Riffle Association - Heston !… Où donc avais-je la tête ?
Faut croire que, le jour où j'ai rédigé cette notice, j'ai réellement pédalé dans la semoule car, dans une belle macédoine de péplums, j'y avais également marié ledit prétendu Charlton-Antoine avec une très hypothétique Sophia "Cléopâtre" Loren.
Fallait le faire !

Un grand merci, Carl, d'avoir pris la peine de me signaler cette erreur, que je viens, illico (et le rouge au front) de corriger.

17 Janvier 2007

RÉACTION DE MICHEL ELOY
(Site PEPLVM - IMAGES DE L'ANTIQUITÉ)

 

Certes, la pulpeuse Sophia Loren, c'était dans LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN…

… mais Charlton Heston a bien incarné Marc Antoine, dans la pièce homonyme de Shakespeare, ainsi que dans le Jules César du même, plusieurs fois au théâtre, et les a portées toutes les deux au grand écran. Il en est même aussi le réalisateur, de ce Marc Antoine de 1972 (laissant la réalisation de son Jules César à Stuart Burges).

Cerise sur le gâteau, la bataille navale d'Actium du Marc Antoine hestonien, qui n'avait pas beaucoup de budget, est un montage de celles de Ben Hur et de Cléopâtre. Le monde est petit, hein ?

MICHEL ELOY

 
 
 
17 Octobre 2006
Bidzina a écrit :
 
Pourriez-vous me dire la date et le mois du début de la guerre entre Narsès et Dioclétien en Mésopotamie, en 296, qui s'est terminée par le traité de paix de Nisibis ?
 
 
 
RÉPONSE :
 
Malheureusement, je n'ai pas trouvé de chronologie précise concernant la première expédition de Galère contre les Perses (en 296).
Je lis cependant chez Edward GIBBON (Histoire du Déclin et de la Chute de l'empire romain, chapitre XIII), que la défaite des Romains dans la plaine de Carrhes (Harran) fut imputée à la chaleur et la sécheresse. L'armée romaine, "accablée par la chaleur et cruellement tourmentée par la soif", ne put en effet résister aux assauts incessants de la cavalerie perse.
On peut donc supposer que cette bataille se serait déroulée au plus fort de l'été irakien (fin août, début septembre). Et si Galère s'était résigné à affronter de telles conditions météorologiques, c'est qu'il n'avait pas pu faire autrement, qu'il n'avait pu engager les hostilités qu'assez tardivement dans l'année, sans doute dans le courant du mois de juin 296, soit bien après le début habituel de la saison guerrière (mars, avril).
Il semblerait d'ailleurs que lorsque Dioclétien se résolut à la guerre contre Narsès et établit son quartier-général à Antioche, son subordonné, le césar Galère était encore occupé à batailler sur le front du Danube. Avant que celui-ci puisse faire mouvement contre l'ennemi perse, il lui fallut donc encore arriver en Orient, puis être investi de son commandement, puis rassembler ses troupes. Ce qui, évidemment, lui fit perdre un temps précieux !…
galere
 
 
 
18 Octobre 2006
Antoine a écrit :
 

Je voulais vous informer de la publication récente d'un livre sur Aetius : L'épopée d'Aetius - dernier général de la Rome antique de Gilbert Sincyr (aux Éditions Dualpha). [Voir aussi ce courrier de GRICCA : Clic !]
Ce livre, d'après moi, n'est pas totalement dénué de partialité (mais en existe-t-il ?), puisque l'auteur était - ou est toujours, je ne sais pas - membre de la "Nouvelle Droite" (…), et cette Nouvelle Droite est pro païenne. Il faut le lire un peu comme le Julien ou le rêve calciné de Benoist-Méchin.
Cependant il est remarquable en de nombreux points, et c'est le seul, à ma connaissance, qui ait été consacré à Aetius. Je dois écrire pour une revue une note de lecture sur ce livre, je vous la ferai parvenir lorsque ce sera fait.

PS :

  • Avez-vous lu le livre La mort des Dieux - Le roman de Julien l'Apostat de Dimitri de Merejkovski ? Il se peut qu'il vous intéresse…
  • À propos de Boèce, autre "dernier des Romains", il existe un roman passionnant (qui parle cependant assez peu du personnage) : Persécutez Boèce ! de Vintilia Horia (Éditions l'Age d'Homme).
 
 
aetius - gilbert sincyr
 
RÉPONSE :
 

Je vous remercie vivement d'avoir songé à me faire part de ces infos d'ordre bibliographique. Je ne connaissais pas les livres que vous mentionnez - et je ne sais pas si je pourrais les acquérir, l'état de mes "phynances" ne me permettant pas nécessairement d'acquérir tous les bouquins qui me sont signalés - mais je serais ravi de lire et d'accueillir dans les pages de mon site Web les notes de lectures que vous auriez la gentillesse de me transmettre.

 
 
 
19 Octobre 2006
Guillaume a écrit :
 
Je me permets de t'envoyer ce mail pour te demander si tu as des renseignements sur l'inauguration du Colisée par l'empereur Titus ? À ce jour, les sources sur la question que j'ai trouvées peuvent se compter sur une seule main, et en plus seules quelques lignes traitent du sujet !
À part un extrait de Dion Cassius (justement l'extrait qu'il nous est demandé d'interpréter), peu d'auteurs à ma connaissance parlent de cet évènement.
En saurais-tu plus à ce sujet ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Moi non plus, je ne connais que bien peu de textes antiques relatifs à cette pourtant mémorable cérémonie. En fait, hormis celui de Dion Cassius que tu évoques (LXVI, 25), ne vois guère que le passage - d'ailleurs des plus brefs - de la Vie de Titus de ce bon vieux Suétone : "[Titus] ne le céda à personne en munificence. Après avoir inauguré l'amphithéâtre [le Colisée] et construit promptement des thermes autour de cet édifice, il y donna un splendide et riche spectacle. Il fit représenter aussi une bataille navale dans l'ancienne naumachie ; il y ajouta des gladiateurs, et cinq mille bêtes de toute espèce combattirent le même jour." (Trad. bcs.fltr.ucl.ac.be).

Il paraît aussi que le poète Martial (fin du Ier siècle ap. J.-C.) évoqua l'inauguration du Colisée dans une de ses épigrammes relatant le combat, fameux et incertain, qui opposa à cette occasion les célèbres gladiateurs Verus et Priscus…C'est du moins la "thèse" défendue par un excellent téléfilm de docu-fiction, intitulé "les Gladiateurs" (Tilman Remme, GB, 2003 - voir : www.peplums.info).
Voici le texte de Martial. Comme tu le constateras, le contexte de l'inauguration du Colisée n'est pas explicitement mentionné :

"SUR LES GLADIATEURS PRISCUS ET VÉRUS. Quand Priscus et Vérus, prolongeant le combat, laissaient depuis longtemps entre eux la victoire incertaine, les spectateurs, à diverses reprises, demandèrent à grands cris quartier pour ces gladiateurs ; mais César [Titus ?] obéit lui-même à la loi qu'il avait faite. Cette loi voulait que le combat durât jusqu'à ce qu'un des deux combattants eût levé le doigt. Plusieurs fois il leur fit donner, ce qui était permis, des vivres et des présents. Ce combat sans issue eut cependant un terme. Les deux champions luttaient avec un succès égal, et la victoire était balancée entre eux. César envoya à l'un et à l'autre la baguette de congé et la palme de la victoire. C'était la juste récompense de leur adresse et de leur valeur. Jamais, excepté sous ton règne, César, on n'avait vu deux combattants être tous deux vainqueurs."
(Martial, Des Spectacles, Épigramme 29 - trad : agoraclass.fltr.ucl.ac.be).

titus
 
 
 
19 Octobre 2006
Claude COMANDÉ a écrit :
 
Un ami m’a indiqué s’être un temps passionné pour l’histoire de Jules César. Il m’a affirmé que celui-ci aurait été « trahi » par différentes personnes dont un certain « COMANDÉ ». Est-ce exact ? C'est-à-dire que c’est mon nom, alors j’aimerais bien savoir…
Pardon de vous importuner avec cette demande toute personnelle, mais je n’ai de mon côté rien trouvé à ce sujet…
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je crois pouvoir vous rassurer : à première vue votre honneur familial est sauf ! Aucun de vos ancêtres Comandé ne paraît avoir été impliqué dans ce que Goethe a appelé "le crime le plus stupide de l'histoire", l'assassinat de Jules César.
Comme vous pourrez le constater en parcourant - par exemple - le récit (il a l'avantage d'être succinct) que fait l'historien Suétone de cet événement tragique (Vie de César, chap. 80 et suivants), les chefs des soixante conjurés se nommaient Cassius et Brutus, et c'est un certain Tillius Cimber qui porta le premier coup au dictateur. Nulle part, il n'est question d'un "Comandé", voire d'un "Comandatus" ou d'un "Commandatus", selon les versions latines supposées de votre patronyme. D'ailleurs ces noms n'apparaissent pas davantage dans les index des biographies de César dont je dispose, ce qui signifierait qu'aucun de vos aïeux supposés n'aurait eu de rapport avec lui, que ce fût pour l'aider, le trahir, ou le tuer.

[Si, d'aventure, vous souhaitez quelques infos complémentaires sur l'assassinat de Jules César, je vous invite à jeter un coup d'œil sur ces anciennes correspondances, référencées au bas de brève notice biographique je j'ai consacrée au grand Jules : Clic !].

 
julius caesar
 
 
20 Octobre 2006
Sébastien a écrit :
 
J’aurais voulu avoir des informations sur Lucius Volusius Maecianus, notamment s'il a réellement été le tuteur de droit de Marc Aurèle, et s'il a encouru un risque de disgrâce, au sujet du nom du port d’Ostie (port conçu par Claude) ?
Merci de votre aide.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Non, il ne semble pas que Lucius Volusius Maecianus fut le tuteur légal de Marc Aurèle. D'après l'Histoire Auguste (Vie de Marc Aurèle, III, 7), cet éminent juriste n'aurait été en fait que le prof de droit du futur empereur-philosophe : "Il [= Marc Aurèle] étudia aussi le droit en suivant les leçons de Lucius Volusius Maecianus".

Je n'ai pas trouvé trace d'une quelconque disgrâce encourue par ce personnage à propos du nom du port d'Ostie. En revanche, il n'est pas impossible qu'il ait été inquiété, voire peut-être exécuté après l'usurpation d'Avidius Cassius, dans laquelle il aurait trempé. L'Histoire Auguste - toujours elle - mentionne en effet un certain Maecianus, fils présumé de l'usurpateur, qui aurait été chargé par lui du gouvernement de la ville d'Alexandrie. Or, ce fils d'Avidius n'est attesté que par cette seule Histoire Auguste, un recueil assez tardif (fin du IVe siècle) de biographies impériales dont les informations sont parfois assez fantaisistes. Certains érudits tendent donc à voir dans ce Maecianus "qui avait pris parti pour Cassius dans l'espoir de partager le pouvoir avec lui" (HA, Vie d'Avidius, VII, 4), non un rejeton du rival de Marc Aurèle, mais le juriste Lucius Volusius Maecianus lui-même.

Pour plus d'infos (surtout d'ordre bibliographique) sur Lucius Volusius Maecianus, voyez aussi (mais c'est en anglais) :

marc aurele