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Mai 2006 (page 2/2)

Sommaire du mois de Mai : Clic !

 
16 Mai 2006
"Coralus76" a écrit :
 
Qui était Lactance ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Lactance (Lucius Caecilius Firmianus Lactantius) est un écrivain latin chrétien, né en Afrique du Nord, vers 300 ap. J.-C. .
Avant sa conversion au christianisme, il avait reçu de Dioclétien la chaire de rhétorique dans sa nouvelle capitale de Nicomédie. Mais, dans cette ville grecque, où bien peu de gens avaient lé désir d’apprendre le latin, ce latiniste pur jus ne fit pas fortune. La persécution de Dioclétien le renvoya en Occident où il trouva enfin le bonheur. Constantin, auquel il avait dédié son ouvrage capital (Divinae institutiones - "les Institutions divines") , le chargea d'enseigner le latin à son jeune fils, Crispus, et il est probable qu'à cette occasion, il lui donna de quoi vivre confortablement.

Son ouvrage principal, les Divinae institutiones est le premier exposé général de la foi chrétienne en latin. Le De opficio Dei (“De l’œuvre créatrice de Dieu”) évoque la beauté et la cohérence de l'organisme humain. Le De ira Dei (“De la Colère de Dieu”) traite d'un problème déjà soulevé par le stoïcisme et par Épicure : la divinité peut-elle éprouver des sentiments ? On discute encore de l'authenticité de l'ouvrage sur la mort des persécuteurs (De rnortibus persecutorum - voir : ici Clic ! et - tout récemment - Clic !).
Les Humanistes ont appelé Lactance "le Cicéron chrétien" en raison de la pureté et de l'élégance de son style.

(Sources : Dictionnaire des auteurs grecs et latins de l’Antiquité et du Moyen Âge, Éditions Brepols, 1991 - H. LIETZMANN, Histoire de l’Église ancienne, Éditions Payot, 1941 - Lucien JERPHAGNON, Les divins Césars, Éditions Tallandier).

 
 
 
19 Mai 2006
Gildas a écrit :
 

Pourriez-vous nous faire connaître l’origine de l’expression "geste auguste du semeur ! terme employé par Victor Hugo dans son poème : le Semeur

Y a-t-il une origine Romaine ?

Merci de nous apporter votre connaissance sur ce terme.

Comme vous pouvez le voir sur notre logo, nous fabriquons des machines à semer… D’où notre curiosité concernant cette expression qui est une origine très lointaine de notre métier d’aujourd’hui…

 
 
 
RÉPONSE :
 

Eh bien, dites donc, on dirait bien que l'agriculture mène à tout… même à l'histoire ! Mais n'est-il pas vrai que déjà au milieu du XIXe siècle, Pierre Larousse, l'auteur des célèbres dictionnaires, prit déjà comme emblème une semeuse qui dispensait la science à tout vent et d'un geste auguste.

Après avoir définitivement triomphé de tous ses rivaux, Octave, le neveu de Jules César, devint le maître incontesté de Rome et de toutes ses provinces. S'il avait voulu ceindre la couronne royale - comme son tonton Jules avait peut-être envisagé de le faire -, nul n'aurait été en mesure de s'y opposer. Mais Octave, en bon Romain, était pragmatique ! Aussi se contenta-t-il de feindre de restaurer les institutions républicaines, tout en prenant grand soin de les concentrer toutes entres ses mains.
Pour le remercier de cette modération - qui frisait l'hypocrisie -, les (non moins hypocrites) Sénateurs romains lui octroyèrent, en 27 av. J.-C., le titre d'Auguste (en latin : Augustus), que l'on pourrait traduire par "de bon augure", "protégé des dieux", "noble", "sacré". Ce titre fut repris ensuite, comme surnom (cognomen - voir ici : Clic !), par tous les successeurs de cet Octave dit Auguste, ces souverains que l'on nomme les empereurs romains.

Tout cela pour vous dire qu'en français littéraire, l'adjectif "auguste" a repris son sens latin originel : noble, sacré. Chez le père Hugo, le geste du semeur est donc aussi noble, sacré et de bon augure que la personne du divin Auguste l'était pour les Romains.

 
 
 
25 Mai 2006
Hafed a écrit :
 
J'aimerais savoir ce que signifie SC sur le denier de Tibère.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je ne suis pas vraiment très versé en numismatique, mais, à ce qu'il me semble, les lettres "SC" figurant sur les monnaies romaines signifient que l'émission monétaire a été réalisée avec l'approbation du Sénat de Rome (en latin : "ex Senatus Consulto"). Cette abréviation n'est d'ailleurs pas réservée au monnayage (voir : crdp.ac-besancon.fr)

 
 
 
26 Mai 2006
Olivier a écrit :
 
Votre site c'est de la merde. Ça manque de femmes à poil !
 
 
 
RÉPONSE :
 

Sur ce point précis, je ne puis vous donner tort !…

 
 
 
26 Mai 2006
Sophie a écrit :
 
Étudiante en restauration de peintures, je suis à la recherche d'informations sur les représentations de Ponce Pilate. En effet, je restaure actuellement un tableau représentant "Ecce homo". Pilate porte la barbe et un turban.
J'aimerais savoir pourquoi un Romain est représenté comme un "barbare".
Pouvez-vous m'aider dans mes recherches ou m'indiquer d'autres sources d'informations ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Oui, je constate aussi - d'ailleurs non sans une certaine stupéfaction - que Ponce Pilate est parfois représenté affublé d'un turban, Par exemple, cet Ecce homo de João Gresbante - 1640-1680 : Clic !.

Je suis certainement bien moins qualifié que vous pour disserter de la signification artistique de ce travestissement… D'après ce que j'en ai lu sur le Web, il semblerait que ces artistes voulurent surtout opérer un contraste saisissant entre le Christ, innocent et nu, et le magistrat, richement vêtu de brocards chamarrés, qui le présente à la foule juive, vociférante et hostile.
Pourquoi pas !… Il est vrai que la toge romaine, simple pièce de laine blanche, que Ponce Pilate devait nécessairement revêtir pour rendre la justice était bien trop sobre, trop "candide", pour créer un tel effet pictural.

D'un autre côté, même si, dans l'art chrétien, le turban est souvent le signe distinctif de l'ennemi de la Vraie Foi, de l'incroyant, du "Barbare mahométan", je ne crois pas que c'est pour le dévaloriser que Pilate est figuré ainsi, barbu, coiffé et vêtu à la mode turque. En effet, bien que ce soit lui qui ordonna l'exécution de Jésus, ce gouverneur romain (que d'autres sources nous présentent comme un être plutôt brutal et obtus) est traité par les Saintes Écritures chrétiennes avec une modération qui frise l'aveuglement. Selon les Évangiles, Pilate aurait tenté, par tous les moyens, d'épargner à Jésus le terrible supplice de la Croix. Mais il se serait fait vilainement forcer la main par les Juifs, qui, dans toute cette histoire, sont systématiquement présentés comme les méchants, les mauvais, les sanguinaires… Cette valorisation de Pilate sera poussée si loin que certaines Églises chrétiennes primitives n'hésitèrent pas à le considérer, à l'instar de son épouse, comme un fort bon chrétien, voire comme un saint.

ponce pilate - ecce homo