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Sommaire Mai 2006 :

  • 3 Mai :
    • Un extrait d'acte de naissance pour Carus : Clic !
  • 6 Mai :
    • Les dirigeants romains de Judée au temps de Ben Hur : Clic !
  • 7 Mai :
    • Lactance, un auteur engagé ? : Clic !
    • La "vision de Constantin" : la genèse du mythe : Clic !
  • 10 Mai :
    • Marc Aurèle et Commode : un bref bilan de leurs règnes : Clic !
  • 12 Mai :
    • Qui était Aurelius Victor ? : Clic !
      • Pourquoi a-t-il médit de Dioclétien ? : Clic !
  • 15 Mai :
    • Quand Ulpien oublie de consulter l'Annuaire du Gotha… : Clic !
  • 16 Mai :
    • Legio III Hilaritas : la IIIe légion rigolote : Clic !
2e PAGE
  • 16 Mai :
    • Mais au fait, c'était qui, Lactance ? : Clic !
  • 19 Mai :
    • Auguste et le fameux geste du semeur : Clic !
  • 25 Mai :
    • Que signifie le sigle "SC" ? : Clic !
  • 26 Mai :
    • L'impardonnable lacune !… : Clic !
  • 26 Mai :
    • Turqueries pour Ponce Pilate : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 Mai 2006
Mathilde a écrit :
 
Nous cherchons les dates de naissance et de mort de Carus (empereur 282-283), Marcus Aurelius Carus.
Merci d'avance.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Si j'en crois l'ouvrage Les Empereurs romain de François ZOSSO et Christian ZINGG (Éditions Errance), l'empereur Carus serait né vers 230 ap. J.-C et mort à la mi-juillet 283.
On ne connaît donc pas précisément l'année ni le jour de sa naissance.

Le lieu de cette naissance est lui aussi controversé. Certains le font naître à Narbonne - et c'est d'ailleurs ce que j'indique dans la notice biographique que je lui ai consacrée. Cependant rien n'est moins sûr ! Il semblerait bien qu'il s'agisse là d'une confusion : un historien de l'Antiquité (en l'occurrence Eutrope) se serait un peu emmêlé les pinceaux entre la ville amie de Charles Trenet, Narbonne, en Gaule, et Narona, en Illyrie (auj. Vid en Croatie). D'autres érudits font encore naître Carus soit à Milan, soit à Rome.

 
carus
 
 
6 Mai 2006
Patricia a écrit :
 

Je participe à un concours, sur Ben Hur. Je ne connais pas la réponse. Pourriez-vous m'aider.
La question est :

Quel est l'empereur Romain qui administrait la Judée à partir de 26 après Jésus-Christ ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Si vous vous en référez à une liste chronologique des empereurs romains (celle de mon site, par exemple : Clic !) vous constaterez aisément que l'empereur qui régnait sur l'empire romain (dont la Judée n'était qu'une des nombreuses provinces) n'était autre que Tibère (14-37 ap. J.-C.).

Je me demande cependant si la question que vous me soumettez ne porte pas plutôt sur le nom du gouverneur romain qui administra la Judée - au nom de l'empereur Tibère - à partir de 26 ap. J.-C. Si tel est le cas, il s'agit bien évidemment du célébrissime Ponce Pilate, celui-là même qui ordonna la crucifixion de Jésus et qui fut en poste en Judée précisément de 26 à 36 ap. J.-C. (Pour plus d'infos sur Ponce Pilate, voyez ici : Clic ! et Clic !).

 
livre ben hur
 
 
7 Mai 2006
Charlène a écrit :
 

Je voulais savoir si Lactance, dans De la mort des persécuteurs, avait une vision propagandiste ou si son œuvre avait un but de propagande et qui cherchait-il à viser ? (Plus particulièrement dans l'épisode de la bataille du pont Milvius).

Je vous remercie d'avance pour votre réponse.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Bien sûr que Lactance écrivit son traité De la Mort des persécuteurs a des fins de propagande : lui-même était un propagandiste chrétien… et pas le moins virulent !
Du reste, étant moins intéressé par la littérature latine que par l'histoire (celle de Rome et celle de l'Église primitive), je ne connais de cet ouvrage que quelques passages, sans l'avoir lu dans son intégralité. Toutefois, son objectif est des plus clair - c'est même écrit dessus, comme disait une pub de jadis ! Lactance tente d'y démontrer que tous les dégoûtants personnages qui ont osé persécuter les chrétiens ont connu une mort épouvantable, misérable, ou épouvantablement misérable. Voyez par exemple ce pauvre Galère que Lactance décrit, avec une joie morbide (mais sans excessive charité chrétienne) littéralement boulotté vivant par des vers et d'autres répugnantes bestioles, le tout dans d'épouvantables remugles et indescriptibles - enfin, pour tout autre que le "bon" Lactance - écoulements nauséabonds.
Notez aussi que, comme l'a souligné Lucien Jerphagnon, ce thème du "mauvais empereur mourant de male mort" est récurrent dans la littérature antique, tant chrétienne que païenne. À ce sujet, voyez cet ancien courrier : Clic !.

Aux antipodes de ces vilains-pas-beaux, punis par un Dieu particulièrement rancunier des horreurs qu'ils ont infligé à Son Église, Constantin, le bon empereur, est gratifié d'une expérience mystique, d'une vision divine qui - "joie, pleurs de joie !", comme écrivit Blaise Pascal dans un moment d'égarement semblable - lui ouvre aussi bien les portes de la Rome terrestre que celles de la Rome Céleste. In hoc signo ("Par ce signe") Constantin vainc Maxence au Pont-Milvius, et ouvre son cœur à la Vraie Foi.
Que du bonheur !
Mais comme j'ai déjà amplement évoqué la vision de Constantin dans les pages de mon site internet, je me permettrai de vous renvoyer à ces anciennes correspondances : Clic ! et Clic !.

J'ai aussi retrouvé dans un très vieux bouquin un passage intéressant, qui relate la genèse littéraire de cet épisode fameux (et/ou fabuleux). Peut-être y trouverez-vous quelques pistes susceptibles de nourrir vous réflexions.

"Les deux adversaires [Constantin et Maxence] s'observèrent un certain temps comme des animaux féroces prêts à bondir. Avec une soudaineté qui surprit même ceux qui l'entouraient, Constantin passa les Alpes avec ses troupes qui s'étaient aguerries dans les combats livrés aux Germains, prit Suse, Turin, Milan, Vérone ; Aquilée aussi tomba en son pouvoir ; avec une rapidité inattendue, il parvint aux abords de Rome. Maxence avait approvisionné la ville et y avait concentré une puissante armée. Un oracle sibyllin, aussi ambigu que le voulait une longue tradition, l'encouragea à se porter la rencontre de l'ennemi, devant les portes. À l'endroit où se trouve aujourd'hui le Ponte Molle, il fit refaire le pont sur le Tibre et passa, avec ses troupes, de l'autre côté. Du haut du mur d'enceinte, nombre de hiboux regardaient cette sortie, ce qui, dit-on, réjouit Constantin. Il attaqua son adversaire et le battit ; par bonheur pour lui, Maxence, dans la déroute, fut précipité du haut du pont et se noya, ce qui mit fin à la guerre. Constantin entra dans Rome comme l'unique souverain de tout l'empire d'Occident et reçut, du Sénat, le titre d'auguste suprême. Ceci eut lieu le 28 octobre 312.

Le monde entier vit dans l'issue, aussi heureuse que surprenante, de l'entreprise de Constantin un jugement des puissances supérieures. L'histoire des hiboux reflète cette croyance : le rassemblement de ces oiseaux de mauvais augure apparaissait comme un présage, un prodige dans le genre de ceux que l'on connaissait par les récits de Tite-Live. Quand, en 315, le Sénat érigea un arc de triomphe en l'honneur de Constantin, il attribua la victoire, selon le texte de la dédicace, non seulement au génie de l'empereur, mais encore à « l'inspiration de la divinité ». Cette idée se retrouve, sous diverses formes, dans un discours d'apparat qui fut prononcé alors, mais, quelques années plus tard (321), elle parut déjà insuffisante et le rhéteur de la cour impériale, Nazarius, ne se borne pas à proclamer que Constantin, dans toutes ses entreprises, était placé sous la protection divine ; il affirme, de plus, que dans le combat livré à Maxence, Constance, son bienheureux père, lui a « prêté assistance en personne, à la tête d'une armée céleste ».

Les chrétiens avaient la même idée. Eusèbe, dans le livre IX qu'il ajouta à son Histoire ecclésiastique en 315, place la campagne victorieuse de Constantin sous la protection miraculeuse de Dieu, que l'empereur a obtenue par sa prière au dieu du ciel et à son logos, Jésus-Christ. Après la victoire, dit Eusèbe, l'empereur fit installer à Rome une image qui représentait le Christ tenant une croix et qui portait une inscription indiquant qu'il devait la victoire à ce signe. Lactance qui écrivait presque en même temps donne des détails plus précis. D'après lui, Constantin reçut en songe l'avertissement de faire placer le signe divin, le monogramme du Christ,, sur les boucliers de ses soldats. Il le fit et c'est ainsi qu'il remporta la victoire. Plus de vingt ans plus tard, Eusèbe compléta abondamment, dans le discours prononcé en mémoire de l'empereur qui mourut le 22 mai 337, l'exposé qu'il avait présenté dans son Histoire ecclésiastique. Constantin, raconte-t-il, était parvenu à la connaissance de la vérité chrétienne au moment où il livra le combat décisif; il pria Dieu de se manifester et de lui prêter assistance. Un signe lui fut donné : au début de l'après-midi, une croix lumineuse apparut au-dessus du soleil, avec ces mots : « Vaincs par ceci ! » L'empereur et toute l'armée contempla ce spectacle avec étonnement. La nuit suivante, le Christ tenant cette croix lumineuse apparut à Constantin et l'exhorta à faire, comme moyen de protection, une imitation du signe céleste. En conséquence, la garde impériale reçut l'étendard, connu sous le nom de labarum, qui, par ses barres croisées, représente la croix et porte, en un faisceau, le monogramme du Christ. L'empereur lui-même raconta cela, plus tard, à son biographe et en confirma la vérité par serment.

On peut ici saisir sur le vif la formation de la légende, aussi bien du côté païen que du côté chrétien. Avec le temps, les raisons d'ajouter foi à ces dires ne devinrent que plus impérieuses. Les chrétiens s'efforçaient de faire de l'empereur, déjà alors, le champion de leur foi, et Constantin, dans les années ultérieures de sa vie, desquelles parle Eusèbe, se montra satisfait de cette tendance et la favorisa lui-même. [Cependant] En 313, il se tenait encore sur la réserve […].”

vision de constantin

(H. LIETZMANN, Histoire de Église ancienne, vol. 3, Éditions Payot, Paris, 1941).

 
 
 
10 Mai 2006
François a écrit :
 

Je suis un jeune latiniste de 4e rénové. Je dois faire un travail de groupe avec un ami sur Marc Aurèle et Commode et nous aimerions bien avoir un avis extérieur pour rendre le travail un peu original et instructif. Nous aimerions donc vous posez quelques questions sur ceux-ci.

  • Que pensez vous de Marc Aurèle et Commode en tant qu'empereurs ? et en tant qu'hommes ?
  • Qu'ont-ils fait de bon ?
  • Le film Gladiator est-il une copie exacte de la réalité ? Sinon en quoi pourrait-il être dangereux dans notre vision de ces 2 empereurs ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Les notices biographiques que j'ai consacrées à Marc Aurèle et à son fils Commode, ainsi que les réponses déjà fournies aux internautes qui m'ont questionné à leur sujet (voir ici : Clic ! et Clic !) recèlent déjà pas mal d'infos susceptibles de vous aider dans vos recherches.
Par exemple, dans cet ancien courrier, j'exprimais certains doutes à l'égard de Marc Aurèle, que l'on considère pourtant généralement (et grosso modo, à juste titre), comme un excellent empereur. Car s'il fut, certes - personne de sérieux n'en disconvient -, un fort honnête homme, tous les beaux enseignements que cet érudit, que ce philosophe à la santé fragile avait reçu des plus brillants esprits de son temps ne lui servirent pas à grand-chose quand il lui fallut affronter les masses de barbares chevelus, barbus, velus, puants et hurlants qui déferlaient sur son bel empire, si bien ordonné.
Bref, l'empereur était bon, mais l'époque était mauvaise…
Quant à Commode, ce serait plutôt le contraire : il fut un souverain détestable alors que la conjoncture militaire s'était plutôt améliorée.

Car c'est bien là le principal trait positif des règnes de ces deux empereurs que tout opposait : le maintien, envers et contre tout et tous, de l'intégrité territoriale de l'Empire romain. Bien sûr, le père et fils obtinrent ce résultat par des moyens diamétralement opposés : Marc Aurèle en menant d'interminables campagnes contre les Barbares, et Commode en signant des traités avec eux. Toutefois, l'essentiel était bien là : ni le dilettantisme militaire de Marc Aurèle, ni l'indolence psychopathique de son dégénéré de rejeton ne coûtèrent la moindre province à Rome.

Vous me questionnez aussi sur les infidélités historiques du film Gladiator
Bof, l'analyse des péplums n'est pas tellement ma tasse de thé (voyez plutôt avec Miche Eloy, du site ami Péplum - Images de l'Antiquité). J'ai cependant relayé les opinions à ce sujet de divers correspondants (voyez : Clic !, et plus particulièrement Clic !, Clic !, Clic ! et Clic !.
Cela dit, a priori, je ne vois rien de fondamentalement "dangereux" dans la vision que ce film propose des deux empereurs Marc Aurèle et Commode… Il est parfaitement licite qu'une œuvre de pure fiction comme l'est le Gladiator de Ridley Scott prenne de (grandes) libertés avec l'histoire puisqu'il ne s'agit ni d'un documentaire, ni d'une docu-fiction.

 
marc aurele
 
commode
 
 
12 Mai 2006
Julia a écrit :
 

Qui était Aurelius Victor ? Et pourquoi dresse-t-il un portrait négatif de Dioclétien ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

On ne sait pas grand-chose de la vie d'Aurelius Victor (voir site remacle.org), sinon que ce grand fonctionnaire était originaire d'Afrique du Nord et que son Livre des Césars (De Caesaribus) fut écrit vers 360.
Je connais assez mal cette œuvre (elle n'est disponible sur la Toile que depuis peu de temps), mais son hostilité à l'égard de Dioclétien peut, peut-être, s'expliquer par le fait qu'il écrivait à une époque où il était impossible de louer un empereur qui avait tant de sang chrétien sur les mains. Pourtant, Aurelius Victor lui-même était fort probablement un païen bon teint : il rencontra l'empereur Julien à Nis, en Serbie, en 361, et celui-ci lui confia l'administration d'une province de cette région. Mais son De Caesaribus avait été rédigé sous le règne précédent, celui de Constance II, un chrétien assez fanatique, qui tolérait fort mal toute critique de sa Sainte et Vraie Religion.

 
diocletien
 
 
15 Mai 2006
Laetitia a écrit :
 

Actuellement, en pleine rédaction de ma thèse intitulée « La femme dans le Digeste », je rencontre une difficulté (une parmi tant d’autres !) sur un fragment : Ulpien témoigne de l’existence d’une femme appelée Domitia, (fille de Néron ?). Le problème étant que je ne trouve pas de documentation à son sujet. Pourriez-vous me renseigner ?
Je vous fais parvenir la citation en question :

Ulpien D., XII, IV, 3, 5 : « Si un homme libre, qui était mon esclave de bonne foi, m’a donné une somme pour me déterminer à l’affranchir, et que l’ayant affranchi, il prouve ensuite qu’il était libre, pourra-t-il me redemander l’argent qu’il m’a donné ? Julien écrit, au livre onze du digeste, qu’il a action pour me le redemander. Nératius écrit aussi, au livre des feuilles, qu’un certain Paris pantomime s’était fait rendre en justice par Domitia, fille de Néron, une somme qu’il lui avait donnée pour obtenir sa liberté, et qu’on n’avait pas examiné si Domitia avait su qu’il fût libre ».

 
 
 
RÉPONSE :
 

Néron eut effectivement une fille de son mariage avec Sabina Poppée (voyez ici : Clic !, Clic ! et Clic !). Cependant, cette fillette qui, en toute bonne logique patronymique romaine, se nommait Claudia (d'après Claudius, le nom gentilice officiel de son père Néron, fils adoptif de l'empereur Claude), mourut en bas âge et n'eut donc point le temps ni d'affranchir quiconque, ni de rembourser un homme libre inutilement affranchi.

Alors Ulpien et son cher confrère Nératius se seraient-ils lamentablement emmêlés les pinceaux dans les généalogies impériales ?
À moins qu'il ne s'agisse d'une coquille de copiste, on dirait bien que oui…Et d'ailleurs pourquoi pas puisque ledit Ulpien vécut quand même environ un siècle et demi après le règne de Néron.

En fait, j'ai l'impression que ces excellents juristes ont voulu parler non de la fille de Néron, mais de sa tante, Domitia Lepida. D'ailleurs, l'historien Tacite (Annales, XIII, 19) indique bien que l'histrion Pâris était un affranchi de Domitia Lepida.

 
 
 
Conclusion de Laetitia :
 
J'étais arrivée à la même conclusion, n'étant pas surprise d'une telle erreur, d'autant plus que cela n'est pas la première qui se présente… Cependant je n'écartais pas non plus une lacune de ma part ! Vous me confortez dans mon interprétation. (…)
 
 
 
16 Mai 2006
Rue Vic a écrit :
 

IIIe légion rigolote : www.iiiemelegion.net/