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Sommaire Octobre 2005 :

  • 1er Octobre :
    • Le Triomphe sanglant de la Croix dénoncé dans un livre de Benjamin GRAS : Clic !
  • 2 Octobre :
    • 476 : un millésime assez banal ! : Clic !
  • 3 Octobre :
    • La mort de Gordien III : l'empereur arabe comme bouc émissaire ? : Clic !
  • 3 Octobre :
    • Trajan, ce bel inconnu ? : Clic !
  • 4 Octobre :
    • Des amphithéâtres romains sur Google Earth : Clic !
  • 6 Octobre :
  • 9 Octobre :
    • Patrons et clients à Rome : Le Parrain, épisode 0… : Clic !
  • 11Octobre :
    • Commode pouponna-t-il ? : Clic !
  • 12 Octobre :
    • À la recherche de l'empereur qui inventa le droit romain : Clic !
2e PAGE
  • 13 Octobre :
    • "Écrasons l'Infâme !" : Clic !
  • 13 Octobre :
    • Saint Néron et l'interruption brutale des Actes des Apôtres : Clic !
  • 16 Octobre :
    • GRICCA : Matidie la Jeune : une riche et respectable matrone : Clic !
  • 16 Octobre :
  • 18 Octobre :
    • Quoi ? le grand Jules, un empereur ? Bis repetita placent… : Clic !
  • 18 Octobre :
    • Pour être sûr d'utiliser à bon escient le fameux slogan "Veni, vidi, vici" : Clic !
  • 20 Octobre :
    • Création de deux forums sur l'Antiquité romaine : Clic !
3e PAGE
  • 20 Octobre :
    • Varus et la revanche des zombis : Clic !
      • Varus et les zombies (réaction de Michel Eloy) : Clic !
  • 25 Octobre :
    • Que valaient réellement les talents de Jésus ? : Clic !
  • 26 Octobre :
    • De bonnes pâtes, romaines et autres… : Clic !
  • 26 Octobre :
    • Des infos sur les aigles romaines ? : Clic !
  • 28 Octobre :
    • Apothéose et conditions d'accès à l'Olympe : Clic !
  • 31 Octobre :
    • "Que le bon Dieu vous patafiole, espèce de malpoli !" : Clic !
      • Alexandre contre-attaque : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Octobre 2005
Benjamin Gras a écrit :
 

Je ne sais pas si tu te souviens de moi : préparant un ouvrage sur les païens et leurs vicissitudes sous les empereurs chrétiens, je t'ai jadis posé de nombreuses questions à ce sujet (auxquelles que tu as très gentiment répondu).
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de t'informer (ainsi que les visiteurs de ton site) que ce livre intitulé La persécution des païens dans l'empire romain et l'Europe du Moyen-Âge vient d'être publié à la Société des Écrivains.

Cet ouvrage commence au lendemain de la bataille du Pont Milvius (312) pour s'arrêter à la chute du dernier royaume païen d'Europe, la Lituanie, en 1386. Les trois-quarts de mon livre traitent en fait de la période 312-582 ; je ne fais que survoler la période 582-1386, sinon il aurait fallu écrire plusieurs livres !…

Tu pourras aussi remarquer, si tu lis mon ouvrage, que je considère désormais, après étude, que Constantin fut bel et bien un chrétien convaincu dès 312, et non pas à partir de 326. En outre j'affirme aussi que les empereurs Eugène et Anthémius ont été des païens déclarés, me basant, pour le premier, sur l'Histoire ecclésiastique du chrétien Philostorge, et pour le second, de la Vie d'Isidore du néo-platonicien Damascius.

4e de couverture :

À lire l'hagiographie catholique, on a l'impression que la christianisation de l'Empire romain s'est faite sans heurt ni bévue, après l'arrivée au pouvoir du premier empereur chrétien. Or, à reconsidérer les sources antiques, païennes comme chrétiennes, il apparaît clairement que les empereurs chrétiens et l'Église catholique ont eu recours, pour ce faire, à de violentes campagnes d'éradication contre les païens. Ces derniers furent en outre écrasés, au propre comme au figuré, sous un déluge de lois et de rescrits les condamnant à l'infamie puis à la peine capitale pour délit d'opinion.

Depuis l'usurpation de Constantin, le premier empereur chrétien, jusqu'au quasi-génocide des Lituaniens par les chevaliers teutoniques, nous allons donc retracer, d'un point de vue païen, les étapes de la persécution du paganisme et pointer du doigt la responsabilité de l'Église catholique dans cette entreprise.

Responsabilité trop longtemps niée du fait de l'omnipotence dont a joui, pendant des siècles, cette organisation.

Benjamin GRAS, La Persécution des Païens dans l'Empire romain et l'Europe du Moyen Age, Société des Ecrivains, 2005 - Prix : env. 16.00 €

livre benjamin gras
 
 
 
2 Octobre 2005
Amandine a écrit :
 
J'ai une question à vous poser sur la chute de l'empire romain. Ferdinand Lot affirme que la date 476 ne fut pas perçu par les contemporains comme signant la fin de l'empire romain.
Je voulais savoir, quelles en sont les raisons ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

J'ai déjà eu l'occasion de répondre à une question du même genre, posée jadis (en janvier 2003) par une autre sympathique internaute (voir ici : Clic !).

À bien des égards, le traumatisme consécutif à la catastrophe du 27 août 410, c'est-à-dire à la prise et au sac de Rome par d'Alaric et ses Goths, fut infiniment plus grave que celui induit par la liquidation officielle de l'Empire romain d'Occident en 476. Le premier événement fut ressenti - au moins dans les milieux lettrés - comme un véritable cataclysme, comme une anticipation de la fin du monde. Mais la déposition de Romulus Augustule, elle, ne représentait guère que l'ultime péripétie d'une interminable descente aux Enfers, le dernier chapitre d'un livre dont la fin était écrite et prévisible depuis belle lurette. Cela faisait en effet des lustres que l'empereur d'Occident n'était plus qu'une marionnette aux mains de chefs d'armées barbares. Dès lors, quelle importance si ceux-ci se décidaient enfin à exercer la réalité d'un pouvoir qu'ils détenaient déjà en sous-main depuis bien longtemps ?

Et puis, pour les élites romaines, l'Empire romain n'était pas tout à fait mort puisqu'il existait toujours un empereur - celui de Constantinople - dont la suprématie était reconnue (de manière toute formelle, cela va de soi) par la plupart des rois barbares d'Occident. Quant aux petites gens, l'année 476 n'apporta aucun changement à leur triste condition : depuis plusieurs générations, le maître romain avait été remplacé par un maître barbare, et leurs conditions de vie n'en étaient pas plus jouissives pour autant !

romulus augustule
 
 
 
3 Octobre 2005
Aurélien Willecocq a écrit :
 

(…) Je fus l'auteur, durant mon année de maîtrise d'un mémoire sur les guerres romano-sassanides, ce qui m'a amené, comme vous pouvez vous en douter, à travailler sur le conflit entre Gordien III et Sapor.

Au sujet de la question de la mort de Gordien, ma directrice de recherche Annie Sartre et moi-même étions parvenus à une analyse différente de la vôtre. Comme vous le savez, les sources latines divergent des sources byzantines et des Res Gestae Divi Sapori. Les premières accusent Philippe l'Arabe de la mort de Gordien (H.A., Les trois Gordiens, XVI-XVIII ; Zosime, H.N., XVIII ; Aurelius Victor, Livre des Césars, XVII, 7-8 ; Eutrope, Abr., IX, 2-3). Les secondes incriminent quant à elles une chute de cheval au cœur de la bataille (Malalas, ap. Synopsis Sathas [cf. Stauffenberg 1939: 62]; Zonaras, XII, 17; Cedrenus, 1, 11-12), Sapor prétend quant à lui avoir tué l'Empereur de sa main.

Je ne vous apprends rien.

Qui croire ?

Les deux derniers avis semblent se rejoindre, Gordien III est mort au combat, durant la bataille de Mesichè, ainsi, Sapor a pu s'en attribuer le mérite puisqu'il s'agit d'une victoire sassanide. D'un autre côté, les sources latines ont fort bien pu incriminer Philippe l'Arabe pour masquer la réalité de la défaite romaine, qui plus est, Philippe de par ses origines, n'était guère considéré des élites romaines. Il semble fort probable qu'on a décidé de lui faire "porter le chapeau". L’orgueil national romain était tel que, plutôt que de reconnaître une grave défaite ayant entraîné la mort d’un empereur et le paiement d’un tribut, la responsabilité de ce revers fut rejetée sur son principal bénéficiaire, Philippe l’Arabe.
De plus, les RGDS apparaissent comme une source fiable concernant cette période, dans la mesure où elle cite des succès sassanides confirmés par l'archéologie qui n'apparaissent pas dans les sources romaines. La question mérite donc réflexion.

En espérant vous convaincre de la pertinence de mon raisonnement, je vous prie d'agréer mes plus sincères salutations.

gordien III
 
 
 
RÉPONSE :
 

Convaincu par la pertinence de vos arguments ? Certes, je le suis !
En réalité cela fait déjà un certain temps que la thèse de l'assassinat de Gordien III suite aux manigances et sur ordre de Philippe l'Arabe ne me satisfait plus tellement. À ma connaissance, elle n'est d'ailleurs plus défendue par la plupart des bons historiens. Mais faute d'avoir pris le temps de corriger ma notice biographique, je n'avais jusqu'ici fait part de mes doutes à ce sujet que dans un courrier (voir ici : Clic !) où la thèse de la mort de Gordien III au combat (exposée par A. Chastagnol) était présentée comme "aussi pertinente (voire plus)" que ma propre version.

Complétant fort utilement et savamment ce court texte d'André Chastagnol, votre intervention s'en vient donc "remettre les pendules historiques à l'heure". Elle me permettra, à court terme, de modifier en connaissance de cause la notice biographique consacrée à Gordien III, en inversant, en quelque sorte, l'ordre de préférence des hypothèses proposées concernant la mort de cet empereur.

Un grand merci pour votre aide.

 
 
 
3 Octobre 2005
"lockart" a écrit :
 

Je cherche des renseignements concernant Trajan et plus particulièrement sur son passé avant de devenir empereur. Avait-il des enfants (biologiques, je ne parle pas d'Hadrien) ? Je sais qu'il avait une femme : Plotine.
Comment est-il devenu empereur ? Qui était sa famille, son milieu (déjà dans la "politique" ?),ses ascendants et ses descendants connus ?
Je me demande également pourquoi son nom est si peu connu par rapport à Auguste, César, Néron ? Il a pourtant agrandi l'empire romain et construit plusieurs monuments.

Je souhaite préciser que j'effectue cette recherche dans le cadre d'un exposé scolaire et que le nom de Trajan m'était totalement inconnu au début de cette recherche.

 
 
 
RÉPONSE :
 

À moins de réécrire complètement la notice biographique de Trajan qui figure dans mon site internet, il m'est évidemment difficile de répondre en détail à toutes les questions que vous me posez là.

Pour faire bref, son père, qui portait le même nom que lui (Marcus Ulpius Trajanus) effectua une brillante carrière politique et militaire qui lui valut de devenir proconsul (= gouverneur) de la riche province d'Asie (aujourd'hui en Turquie) en 79-80 ap. J.-C. Son, fils, le futur empereur Trajan, débuta sa carrière sous l'empereur Domitien. Il servit d'abord comme tribun de légion (officier en second) pendant dix ans, puis commença sa carrière politique (cursus honorum, voir ici : Clic !) qui le conduisit au consulat (magistrature suprême) en 91 ap. J.-C. Ensuite, en 97, il devint légat (gouverneur militaire) de Germanie supérieure, et c'est là qu'il se trouvait quand Nerva l'adopta afin de faire de lui son successeur.
Quant à son mariage avec la belle et intelligente Plotine, il resta stérile. Mais il est vrai que Trajan préférait nettement la compagnie des jeunes garçons à celle de sa chère et tendre moitié…

Pour le reste, vous devriez trouver réponse à vos interrogations sur cet empereur dans la page de mon site consacrée à Trajan. Si ce n'est dans cette fameuse notice biographique qui est, j"en conviens, quelque peu laconique, ce sera certainement dans les très nombreux liens vers d'autres sites, qui sont références en bas de page, et que je viens de vérifier et de compléter. Faut dire que, sur le Web, les pages concernant cet empereur sont extrêmement nombreuses car, contrairement à ce que vous pensez, ce personnage est vraiment très connu. Il fut un des plus grands conquérants romains : ce fut lui qui porta l'Empire à son extension maximale (voir carte). Sans oublier que les Romains le considérèrent comme le meilleur empereur (optimus princeps) qu'ils eurent jamais. Il est vrai qu'il ne lésinait ni sur les distributions gratuites de pain, d'huile et de vin, ni sur les jeux de l'amphithéâtre !…

trajan
 
 
 
4 Octobre 2005
Ludovic a écrit :
 

Vous pourrez trouver sur Google Earth, 32 amphithéâtres romains (la plupart en haute résolution) : Clic !

Si vous en trouvez d'autres, n'hésitez pas à les rajouter.

 
 
 
6 Octobre 2005
Régis a écrit :
 

Juste pour vous indiquer notre site (depuis peu) sur la "toile" : Uxellodunum - Capdenac

site uxellodunum
 
 
 
9 Octobre 2005
Georges a écrit :
 
Pour aider mon petit-fils (en classe de 4éme) à faire un devoir de latin relatif aux "relations entre patrons et clients à l'époque romaine", merci de bien vouloir nous donner quelques explications.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je ne connais guère des rapports entre les patrons romains et leurs clients que ce que le commun des mortels en sait. C'est-à-dire en gros, que cette notion de clientélisme recouvrait les relations d'interdépendance entre un patron, fortuné et politiquement influent, et des clients, des plébéiens, gens du peuple, qui, en quelque sorte, s'associaient à la famille de leur patron.
Concrètement, celui-ci accordait à son client sa protection (assistance juridique, défense en justice) et pourvoyait à sa nourriture quotidienne, soit en nature (la "sportule"), soit en argent. Quant aux clients, ils se devaient de "renvoyer l'ascenseur" à leur patron en votant pour lui s'il briguait une fonction, en l'escortant lorsqu'il se pavanait sur le Forum (les vastes clientèles d'hommes influents pouvaient, le cas échéant, se transformer en fort dissuasives milices privées) ou en lui rendant des services liés à ses compétences professionnelles ou privées.

Il s'agissait donc là d'un système d'obligations mutuelles situé aux antipodes de nos conceptions très individualistes de la société. Vous savez quoi ? Tout cela fait furieusement penser à certaines pratiques de la Maffia italienne, si bien décrites dans le premier épisode du Parrain. Pour s'assurer la protection du chef du clan, il faut d'abord lui rendre hommage, étant entendu que votre "Parrain" pourra, en retour, exiger de vous quelques "menus services".

Malgré la pauvreté de ma documentation à ce sujet, j'ai néanmoins trouvé ce texte - très "généraliste" - de CARCOPINO. Peut-être vous intéressera-t-il autant qu'il sera utile à votre petit-fils :

"Du parasite au grand seigneur, chacun des Romains se considérait comme lié à plus puissant que lui par les mêmes obligations de respect, et, pour employer le terme technique d'obsequium auxquelles les anciens esclaves demeuraient astreints à l'égard du maître qui les avait libérés.

Le « patron » était tenu d'accueillir chez lui ses clients, de les inviter parfois à sa table, de les aider par ses secours et ses cadeaux. Lorsqu'ils manquaient du nécessaire, il leur distribuait des victuailles qu'ils emportaient dans un panier, la « sportule », ou plutôt, pour s'épargner ce tracas, il leur remettait, lors de leur visite, des gratifications en argent. À l'époque de Trajan, l'usage s'en était si largement répandu que le chiffre n'en variait guère d'une maison à l'autre et qu'une sorte de tarif « sportulaire » s'était généralisé dans la Ville : six sesterces par tête et par jour. Que d'avocats sans causes, de professeurs sans élèves, d'artistes sans commandes, pour qui cette mince allocation formait le plus clair de leurs revenus ! Les clients qui exerçaient un métier l'ajoutaient à leur salaire, et pour ne point arriver en retard à leur atelier ou à leur boutique, ils couraient la chercher avant le jour. Comme la puissance d'un magnat se mesurait à l'importance de sa clientèle, il aurait terni sa réputation s'il avait préféré la douceur d'une grasse matinée à la cohue bourdonnante de ses réceptions. Passe encore en province (…). Mais, à Rome, il n'aurait pas osé écarter les plaintes de l'un, les exigences de l'autre, les salutations de tous.

Au reste, un protocole vétilleux et sévère y contenait, y ordonnait cette affluence. D'abord, si les clients restaient libres de venir à pied plutôt qu'en litière, ils ne pouvaient décemment se présenter qu'en toge, et cette obligation stricte pesait tant sur leur budget qu'elle eût rapidement dévoré leurs sportules si le patron n'avait pris l'habitude de leur offrir en quelque occasion solennelle une toge de rechange en plus des cinq à six livres d'argenterie qu'ils escomptaient chaque année pour leurs étrennes. Puis ils devaient patiemment attendre leur tour qui était réglé, non d'après l'ordre de leur arrivée, mais suivant leurs places dans la société les préteurs avant les tribuns, les chevaliers avant les simples citoyens, les ingénus avant les affranchis. Enfin, il leur fallait prendre garde, en abordant leur patron, de ne point l'appeler par son nom, mais de lui donner le titre de Seigneur (dominus), faute de quoi ils couraient le risque de s'en retourner les mains vides.

Ainsi, chaque matin, Rome s'éveillait dans le va-et-vient de ces politesses coutumières. Les plus humbles, pour cumuler les sportules, additionnaient les visites. Les plus riches n'étaient point dispensés d'en faire après en avoir reçu. Car, si loin qu'on se fût avancé dans la hiérarchie romaine, on connaissait toujours quelqu'un de plus haut placé pour mériter un hommage, et, à vrai dire, il n'y avait dans la Ville que l'empereur qui n'apercevait personne au-dessus de lui. Du moins les femmes étaient-elles exclues de ce tourbillon de salamalecs. D'habitude, elles s'abstenaient aussi bien de faire leur cour que d'en tenir une. Ne se dérobaient à cette règle, au second siècle de notre ère, que les veuves désireuses de porter en personne leurs doléances ou leurs requêtes au patron de leur défunt époux, et les femmes de certains quémandeurs rapaces qui, pour s'attirer par un empressement ostentatoire quelques rémunérations supplémentaires, se faisaient pompeusement accompagner dans leurs tournées par leurs épouses en litières. (…)”

(Jérôme CARCOPINO, La vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire, Hachette, 1939)

livre carcopino

Enfin, pour terminer, précisons que sur le Web, je n'ai pas trouvé grand-chose à propos des relations entre clients et patrons. Seulement cette page du site remacle.org reprenant un texte extrait d'une œuvre d'un auteur du XIXe siècle.

 
 
 
11 Octobre 2005
Nathalie a écrit :
 
Je voudrais savoir si l’empereur Commode, fils de Marc Aurèle, a eu des descendants ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Non, à ma connaissance, l'empereur Commode n'a pas eu de descendance…
Mais, évidemment, quand, comme lui, on fait exécuter son unique épouse (une certaine Bruttia Crispina) après quelques années seulement de vie commune, il est assez vain d'espérer en attendre une nombreuse progéniture. Et j'ajouterai encore que, si, comme le veut sa légende noire, il aurait abrégé les jours de son propre père, l'empereur-philosophe Marc Aurèle, il est peut-être possible que lui-même ne souhaitait pas engendrer de rejeton susceptible de lui rendre la pareille en le punissant par où il avait péché !

 
commode
 
 
12 Octobre 2005
Pierre a écrit :
 
Nous recherchons depuis plusieurs jours le nom de l'empereur roman qui inventa le Droit (repris ensuite par Napoléon).
Malheureusement nous ne parvenons pas à trouver cette information.
Pouvez-vous nous aider.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Le droit faisait en quelque sorte partie intégrante du génie romain. Comme, dit-on, la galanterie (et la gastronomie) caractérisent les Français, l'élégance les Italiens, la fierté les Espagnols, le sérieux les Allemands, et le surréalisme décalé (ainsi que l'art subtil de préparer les moules-frites) mes compatriotes belges, les Fils de Louve étaient des juristes dans l'âme. Le tout premier texte rédigé en latin (au Ve siècle av. J.-C.) fut d'ailleurs un recueil de règlements juridiques, la célébrissime Loi des Douze Tables. Ensuite, pendant neuf siècles, ce fondement de la tradition juridique romaine fut constamment enrichi d'une multitude de lois, décrets ou rescrits par les magistrats de la République, puis par les empereurs successifs.

Tout cela pour vous dire que, bien sûr, aucun empereur n'inventa le droit romain. Celui-ci s'élabora au fil des siècles. En revanche - et je présume que c'est là le sens de votre question - aux Ve et VIe siècles de notre ère, certains empereurs romains d'Orient (ou empereurs "byzantins", si vous préférez) ordonnèrent que l'on rassemble (en supprimant ou en adaptant les dispositions devenues par trop obsolètes) cet immense corpus juridique en de nouvelles compilations plus maniables et plus adaptées à l'époque où ils régnaient. On connaît ainsi le Code de Théodose, du nom de Théodose II, empereur romain d'Orient de 408 à 450, et surtout l'immense Corpus Juris Civilis réalisé à l'initiative de l'empereur Justinien, entre 528 et 534.

Pour info, cette œuvre juridique, créée sous le patronage de Justinien, se divise en quatre sections :

1. Le Code Justinien qui, en douze livres, reprend les constitutions impériales édictées du IIe au IVe siècle ap. J.-C.
2. Les Institutions (en quatre livres) : un manuel destiné aux étudiants en droit, mais qui avait néanmoins force de loi lui aussi.
3. Les Digestes (ou Pandectes) : recueil (en cinquante livres) d'avis ou de décisions juridiques émanant de juristes romains (surtout de juristes des IIe et IIIe siècles, l'âge d'or du droit romain)
4. Les Novelles qui rassemblaient les lois "toutes neuves" du règne de Justinien.

Je ne puis évidemment terminer sans ajouter que, bien avant Justinien, le droit romain fut un des plus importants facteurs de la romanisation des provinces assujetties à Rome. En effet, les habitants de ces régions préféraient souvent ester en justice devant les tribunaux romains plutôt que de s'adresser aux tribunaux locaux, le droit romain ayant l'énorme avantage d'être écrit. En général, les plaignants (et les accusés) savaient donc assez précisément ce qui leur était interdit (tout ce qui n'était pas explicitement interdit étant théoriquement permis) et quelles peines ils encourraient en cas d'infraction.
Pour nous, qui habitons des démocraties, des états de droit, tout cela semble aller de soi, mais dans l'Antiquité, pour les nouveaux sujets de Rome, cela apparaissait le plus souvent comme un énorme progrès tant le droit coutumier auquel ils étaient soumis avant la conquête romaine était partial et arbitraire.