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Sommaire Août 2005 :

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  • 24 Août :
    • Cedant arma togæ : l'art et la manière de revêtir la toge romaine… : Clic !
  • 26 Août :
    • Le livre Jésus après Jésus, de Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR  : Clic !
  • 26 Août :
    • Nag Hamadi en V.O.… : Clic !
  • 28 Août :
    • GRICCA : Pourquoi parler du pape Antéros ? : Clic !
  • 29 Août :
    • Le Satiricon disponible sur la Toile !  : Clic !
  • 30 Août :
    • Romulus Augustule, un bien jeune retraité !…   : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Août 2005
Raoul a écrit :
 

J'ai eu le plaisir de regarder quelques passages de votre site. (…) [J'aimerais] ajouter un détail sur les contorniates : ils ne sont pas tous de mauvaise qualité, certains sont même extraordinaires (voir à ce sujet le site du Classical Numismatic Group). Le livre de référence n'est pas l'ouvrage de Andreas Alföldi tel quel mais la réédition retravaillée par sa fille, Elisabeth Alföldi-Rozenbaum.

En vous souhaitant un bon travail.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Un grand merci pour ces renseignements sur les contorniates.

N'étant moi-même pas numismate pour un sesterce, et mes pages Internet n'étant pas prioritairement consacrées à la numismatique, j'ignorais tout de ces fameux médaillons contorniates jusqu'à ce qu'un internaute ne m'en parle (voir ici : Clic ! et Clic !). J'apprécie donc vivement lorsque des correspondants bien plus savants que moi prennent la peine de remettre à l'heure mes pendules défaillantes ou de compléter les renseignements trop lacunaires tirés de ma documentation bien trop sommaire.

 
 
 
5 Août 2005
Stéph a écrit :
 

Une question "bête", à vous poser : je sais bien que le plus loin que l'on puisse remonter en généalogie, c'est le haut Moyen-Âge (souvent ce sont les grandes familles nobles), mais existe t'il des personnes qui ont pu remonter jusqu'à l'époque romaine, autrement dit, existe-t-il des descendants actuels connus d'un des empereurs romains?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Vous trouverez sur la Toile les arbres généalogiques de simples quidams prétendant descendre qui de Néron, qui de Théodose, etc… Personnellement - et je l'ai signalé à plusieurs reprises dans mes propres pages Web (par exemple ici : Clic ! ou Clic !) - , je considère toutes ces généalogies avec le plus grand scepticisme. Comme vous le rappelez fort justement, au-delà du Moyen Age (et pas même nécessairement, le "haut" Moyen Age), plus rien n'est sûr.

Évidemment, plus on remonte dans le temps, plus augmente pour chacun d'entre nous la chance statistique de tomber sur un ancêtre illustre (voir ici : Clic !). Certes… mais puisque cette éventualité est le lot commun de l'humanité entière, et puisque ces généalogies fabuleuses demeurent et demeureront toujours aussi hypothétiques qu'improuvables, il est inutile de tirer d'aïeux aussi mythiques la moindre gloriole personnelle !.

 
 
Autre question : j'ai toujours considéré que les peuples français et italiens étaient des peuples frères, voire plus, tellement ils se ressemblaient. Y a-t-il des origines communes entre les peuples gaulois et romains (ligures, étrusques, celto-italiotes) ? Peut-on dire, finalement, que français et italiens sont les deux branches qui descendent d'un seul et même peuple ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Les peuples romain et gaulois étaient-ils apparentés ?

À première vue - mais je ne suis pas très versé dans ces questions -, les Latins et les Celtes étaient tous deux des peuples indo-européens (ce qui n'était pas le cas des Étrusques, peuple voisin des Latins, dont l'origine reste controversée).

Si je me souviens bien, les Celtes, une fois détachés du noyau primitif iranien, se répandirent en Europe occidentale à partir d'un centre situé entre le Sud de l'Allemagne et le Nord des Balkans (civilisation de Hallstatt, voir ici : /www.arbre-celtique.com).

Quant aux Latins, voici ce qu'écrit Pierre GRIMAL à propos de leur origine :

"Le début de l'âge du fer est daté, en Italie centrale, des environs de 800 av. J.-C. II correspond à l'arrivée dans le pays de populations immigrantes, venues du Nord, et appartenant à la « culture » indo-européenne. On peut penser que ces populations se répandaient ainsi à la suite de « printemps sacrés » (= installations pacifiques de jeunes gens sur des terres inoccupées). Il ne semble pas en effet que leur invasion ait été brutale ni accompagnée de guerres ; on croit discerner des vagues progressant lentement, qui s'étalent depuis la plaine du Pô jusqu'en Italie centrale et en Campanie.
On admet que ces populations parlaient une, ou plutôt des langues de caractère indo-européen ; ce qui devait devenir le latin est l'une d'elles. Les Latins sont le nom que prirent, à l'époque historique, les hommes du groupe qui, finalement, s'installa en Latium et y demeura. Nous ne pouvons reconstituer que d'une manière très approximative le trajet suivi par ces « Latins ». Il est possible qu'ils soient, au moins en partie, arrivés d'Orient, ou du moins des Balkans, en traversant l'Adriatique. La possibilité de ce détour expliquerait quelques similitudes de culture entre le Latium et certaines régions de la Yougoslavie. Mais d'autres hypothèses peuvent rendre compte de ces faits, qui se réduisent à une ressemblance constatée entre des types de poterie : il n'est pas croyable que l'Adriatique ait formé une barrière infranchissable entre la côte balkanique et l'Italie. Des infiltrations, au moins « culturelles ». se sont certainement produites, à date très ancienne, de l'Orient vers l'Occident, comme nous en trouverons aux temps historiques.
Ce qui importe, c'est de se persuader que ces populations, dont la progression fut très lente et s'étend sur des siècles, n'apportaient pas avec elles une civilisation toute faite. La « culture » des Latins paraît bien n'être qu'une variante développé localement de celle qui recouvrit l’Italie du Nord et du Sud au début de l’âge du fer.
"
(Pierre GRIMAL, Voyage à Rome, Éditions Robert Laffont, Coll. Bouquins, pp. 15-16).
livre grimal

Les Celtes et les Latins appartiendraient donc bien à la même grande famille, mais je laisse aux spécialistes le soin de déterminer jusqu'à quel point leurs liens de parenté furent étroits ou relâchés. Néanmoins, au moins un fait me semble difficilement contestable : si, aujourd'hui, il y a finalement assez peu de différences culturelles entre un Français (ou un Belge, ou un Suisse, ou un Espagnol, voire un Allemand ou un Hollandais, etc) et un Italien, c'est à moins à cause de leur origine indo-européenne commune que grâce à la conquête romaine. En effet, quasiment toute l'Europe occidentale demeura sous l'autorité de Rome pendant près de cinq siècle, et l'influence, prolongée et profonde, de la civilisation (gréco-romaine) exportée par les Romains créa certainement davantage de liens entre les différents peuples européens que l'origine indo-européenne de la plupart d'entre eux.

(Pour éviter toute polémique, je précise encore que la conquête romaine ne fut évidemment pas le seul facteur d'unification culturelle des peuples européens : la diffusion du christianisme y a largement contribué aussi).

 
 
 
6 Août 2005
François-Dominique Fournier a écrit :
 

Si cela vous intéresse, ou vos lecteurs, sachez que je viens de créer un nouveau site :

site histoire antique
 
Bonne navigation !
 
 
 
8 Août 2005
Dominique (site GladiatorStories) a écrit :
 

L'identité de l'empereur de la stèle de Pula est enfin trouvée…

A force de circuler sur la toile, j'ai eu la chance d'envoyer la photo à une bonne adresse qui m'a dirigée vers la personne la plus compétente, semble-t-il, pour résoudre cette énigme à savoir le Dr Alka Starac du musée de Pula.

Sa réponse : "inscription belongs to the emperor Licinianus and it is dated to the period 307-323 AD"

C'est Marjeta S. Kos du ZRC SAZU (Slovenie) qui m'avait donné l'adresse du Dr Alka Starac. Ci-joint un lien de leur site gis.zrc-sazu.si/zrcgiseng/.

Elle m'avait aussi donné comme information :

"Most probably this was an emperor of the 3rd century, judging by the formula in the last line (devota numini maiestatique eius)." le DNME mentionné tout à la fin de la stèle.

Et voilà ! le mystère est enfin résolu ! Et m'a permis d'en apprendre plus sur un empereur dont je n'avais jamais entendu parler.

 
 
stele pula
 
RÉPONSE :
 

… Comme quoi ceux qui médisent de la Starac en prétendant que cela ne sert à rien ne sont pas toujours nécessairement dans le vrai !

Voilà effectivement résolue cette énigme qui nous tarabuste depuis près d'un an.
Licinius… De fait, vu les conflits qui l'opposèrent à son beau-frère Constantin et son peu de sympathie pour la religion chrétienne, une stèle portant son nom avait toutes les (mal)chances de finir martelée par des mains vengeresses ou trop pieuses !…

 
 
 
8 Août 2005
Bonnet Desplan a écrit :
 

Un travail de la même catégorie que celui de votre site ne pourrait-il pas être fait pour… les rois romains ? il est en effet très difficile de trouver des renseignements sur cette période de l'histoire.

Je suis néanmoins tout à fait d'accord, comme vous l'avez fait remarquer à un autre internaute au sujet de Spartacus, qu'il est impossible de parler de l'ensemble de l'histoire de Rome. Cependant je me dois de rappeler que les rois sont les fondateurs de Rome et du début de son empire. Enfin, je me permets de rappeler, comme le laisse si souvent entendre Suétone dans les vies de César et d'Auguste (mais Suétone est-il partial ?), que ces derniers ne se sont pas proclamés rois, c'est juste pour la forme et permettre d'assouvir plus facilement leur pouvoir en dupant le peuple.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Les rois de Rome ?
Bof, le sujet ne me branche pas tellement… Tout d'abord, parce que l'étude de ces rois qui vécurent, dit-on, près de six ou sept siècles avant la naissance du Christ constituerait une incohérence de taille dans un site internet tel que te mien, axé prioritairement sur les rapports qu'entretint le christianisme primitif avec l'autorité romaine.
Et puis, il faut bien reconnaître que ces personnages sont plus mythiques qu'historiques. Jusqu'à présent, aucune découverte archéologique ou épigraphique n'a pu réellement confirmer les légendes colportées à leur sujet par les auteurs antiques (en particulier par Tite-Live au livre I de son Histoire romaine). Notez cependant que, naturellement, la réciproque est également vraie : ce n'est pas parce que nous ne savons pas grand-chose de sûr à propos de ces Romulus, Numa, Tullus Hostilius, Ancus Martius, Tarquins et autre Servius Tullius qu'ils n'ont pas existé. Une histoire devenue mythe n'est évidemment pas dépourvue de tout fondement historique…mais encore faut-il retrouver cette vérité cachée sous une montagne de légendes accumulée pendant des siècles, et cela, c'est l'affaire de savants spécialistes, dont je ne fais pas partie.

Pour vous faire une idée plus précise de ces questions (et de leur complexité), je vous recommande vivement la lecture de cet article de Jacques POUCET, Les Rois de Rome. Autopsie d'un récit historico-légendaire : Clic !.

 
 
Bonnet Desplan réécrit :
 
Qu'est devenue la sœur de Britannicus et première femme de Néron après que celui-ci l'eut répudiée ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Après avoir été répudiée par Néron, Octavie ne fit pas de vieux os ! Cette fille de l'empereur Claude, cette sœur de Britannicus fut reléguée dans l'île de Pandateria où elle fut contrainte au suicide. Si l'on en croit les historiens antiques, les soldats envoyés par Néron lui ouvrirent les veines, mais le sang de la pauvrette s'écoulant trop lentement, ils la flanquèrent dans un bain bouillant où elle suffoqua (voir ici : Clic !).

Si vous souhaitez vous en référer aux textes des historiens antiques qui ont rapporté cette édifiante histoire, voyez :

  • TACITE, Annales, Livre XIV, chap. 61-64 : Clic !
  • SUÉTONE, Douze Césars, Vie de Néron, 35 : Clic !
 
 
 
12 Août 2005
"perfect florent" a écrit :
 

Je suis le webmaster de www.totalwar.fr un site communautaire sur un célèbre jeu Rome Total War, concernant la Rome antique (pour plus de précisions : Clic !).
Nous avons une formidable communauté de joueurs, ainsi que de fans d'histoire sur la Rome. Le site a deux objectifs, informer sur le jeu Rome Total War et partager les connaissances concernant l'histoire !

rome total war

Je vous propose donc de venir nous rejoindre sur le forum du site. Sur ce forum, vous pourrez donc partagez avec d'autres personnes de votre niveau vos impressions en tout genre, et passer de très bon moment !

 
 
 
16 Août 2005
Philippe a écrit :
 

Concernant votre article sur l'hypothétique confession chrétienne de Philippe Ier, j'ai lu quelque part - mais où était-ce ? - que c'est en fait son épouse, Otacilie, qui aurait été chrétienne, et non l'empereur lui-même, d'où la relative bienveillance de cet empereur envers les chrétiens.

Avez-vous des informations sur cette hypothèse ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Malheureusement, j'ai bien l'impression qu'à part son nom (Marcia Otacilla Severa) et le fait qu'elle donna au moins un fils à son époux (le futur Auguste Philippe II, né vers 237), on ne sache rien de l'épouse de Philippe l'Arabe.
Déjà que cet empereur est très très mal connu (nous ne disposons à son sujet d'aucune source fiable). Alors, son épouse, vous pensez…

Cela dit, l'hypothèse de l'appartenance de Philippe à la religion chrétienne ne se fonde pas uniquement sur les témoignages, toujours suspects de partialité, d'écrivains chrétiens du siècle suivant. Elle se base aussi (sinon surtout) sur le fait que cet Arabe provenait d'une région (la Trachonitide) où le christianisme semble s'être rapidement imposé comme la religion majoritaire.
Naturellement, si cette Otacilla était une payse de Philippe, une de ses compatriotes, elle avait autant de chances que lui d'être chrétienne. Mais était-ce bien le cas ? le nom de cette gente dame paraît bien romain… Et le fait que Philippe l'épousa certainement avant de monter sur le trône des Césars (leur fils naquit sept ou huit ans avant que son géniteur n'accède au pouvoir suprême) ne signifie pas nécessairement grand-chose : ce soldat devait être au service de Rome depuis sa prime jeunesse.

Mais, de toute façon, Romaine ou Arabe, chrétienne ou non, rien ne pourra jamais prouver que cette digne matrone (Philippe lui accorda la titre honorifique d'Augusta - impératrice sacrée) influa sur la politique religieuse de son impérial mari. Rien !…

otacilla
 
 
 
18 Août 2005
François-Dominique Founier (Sites Des Textes pour l'Histoire et Tout sur la Rome Antique)
a écrit :
 
Pour votre information et celle de vos lecteurs, je mets en ligne en ce moment un Essai sur le règne de Domitien, qui est une thèse de doctorat présentée en 1893 par Stéphane GSELL à la Faculté des Lettres de Paris.
 
 
 
21Août 2005
"Cerny" a écrit :
 
Je vous écris car il y a une erreur sur votre site.
Noël n'est pas la naissance du petit Jésus, comme vous dites, mais une fête païenne pour célébrer le Dieu Soleil, car Noël est bien plus ancien que la naissance de Jésus, soit 2000 ans avant sa naissance.

Si vous cherchez des " preuves " en voici : Noël avant Christ ? La surprenante histoire
 
 
 
RÉPONSE :
 

Tout d'abord, merci pour l'intérêt que vous portez à mon site internet. Toutefois, je ne crois pas avoir commis l'erreur que vous me prêtez.

J'écris certes (voir ici : Clic !) que "selon les savants calculs (et la puissante imagination) de ce bon moine [Denys le Jeune], le petit Jésus serait né le huitième jour des calendes de janvier de l'an 754 de Rome, c'est-à-dire, le 25 décembre de l'an 1 de notre ère"… Mais j'ajoute aussitôt : "Une date qui allait s'avérer assez fantaisiste, le Christ étant, comme chacun le sait, né quelques années avant Lui-Même.".

Je n'ignore évidemment pas que les premiers Chrétiens auraient (entre autres choses) "volé" au culte de Mithra cette fête du Soleil Invaincu, transformée pour la (bonne ?) cause en celle du Sauveur de l'Humanité. [Voyez ici - Clic ! - , où j'écris : "Le choix du 25 décembre pour la date de Noël qui est, probablement, le résultat d'une récupération chrétienne de la fête païenne du Sol Invictus (évidemment, le solstice d'hiver, c'est normal !)].

Précisons encore, pour terminer, que, lorsque - dans ce courrier de Décembre 2004 - j'indique qu'au terme de "savants calculs (…) j'en suis arrivé à proposer 9 av. J.-C comme année de naissance de Jésus … Pour être précis, le 1er avril 9 av. J.-C. - 1er avril : le jour des "poissons d'avril", bien sûr !…", il s'agit évidemment d'une boutade.
Quoique !…
Selon l'Évangile de Luc, Jésus, tout nouvellement né, aurait été adoré par des bergers qui paissaient leurs troupeaux dans les collines des environs de Bethléem. Or, en haute Judée, de telles activités pastorales ne peuvent se concevoir en plein hiver : il fait bien trop frisquet !
Alors pourquoi ne pas reporter la naissance du petit Jésus aux premiers beaux jours, lorsque la nature reverdit, les oiseaux gazouillent, et les agnelets regagnent leurs verts pâturages ?

 
 
 
22 Août 2005
Bidzina a écrit :
 
L'Église orientale utilise le mot Presbyter pour désigner un prêtre. Je voudrais savoir, si le même terme Presbyter était utilisé en France dans les premiers temps du Christianisme.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Tout porte à croire que tous les premiers chrétiens, tant orientaux qu'occidentaux (et donc également les Gaulois christianisés), utilisaient le mot grec presbuteros (= "ancien", "vénérable") pour désigner certains responsables de leurs communautés.

Pourquoi ?

Tout d'abord parce que le grec resta longtemps la langue liturgique des premières communautés chrétiennes d'Occident, même à Rome. Ensuite parce que les Églises de Gaule (d'ailleurs assez peu nombreuses jusqu'à la fin du IIIe siècle) semblent avoir été majoritairement composées de chrétiens originaires des provinces orientales de l'Empire (la plupart des Martyrs de Lyon provenaient d'Asie mineure [Turquie actuelle]).

Et puis, n'oublions pas que le mot français actuel prêtre dérive directement, par évolution phonétique naturelle, du grec presbyter qu'utilisent aujourd'hui encore les chrétiens d'Orient.
On peut donc dire que non seulement ce mot était employé dans le christianisme gaulois primitif, mais qu'il est toujours usité aujourd'hui par les chrétiens francophones, sous une forme ayant subi l'usure du temps.

 
 
Bidzina réécrit :
 

Merci pour votre réponse. Mais quel était le mot, dans le christianisme gaulois primitif, pour désigner le prêtre dans le sens moderne.

Si je vous pose cette question, c'est parce que le mot Presbyter a été utilisé pour désigner le prêtre âgé.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Bien sûr, le mot grec Presbuteros signifie "ancien". Mais cela ne veut pas pour autant dire que, dans le christianisme gaulois primitif, il ne servait qu'à désigner de vieux prêtres…

Il ne faut pas imaginer que les premières communautés chrétiennes fonctionnaient d'une façon aussi hiérarchisée que l'Église catholique actuelle. Ceux que l'on nommait les "anciens" (presbytres) n'étaient pas vraiment des prêtres catholiques au sens moderne du terme. Primitivement, il s'agissait seulement de chrétiens baptisés depuis longtemps qui, en raison de cette ancienneté - et non d'un sacerdoce différent de celui du "fidèle de base" -, se voyaient confier les tâches, cultuelles ou administratives, nécessaires à la survie, tant spirituelle que séculière, de la communauté dont ils faisaient partie. L'Ancien présidait aux agapes sacrées, à la commémoration de la Cène, s'occupait des secours aux nécessiteux, de la gestion des biens de la communauté, etc… Mais (du moins aux premiers temps du christianisme), il n'était pas investi d'une grâce divine particulière. Il n'était nullement le représentant du Christ dans sa communauté, mais seulement un chrétien plus expérimenté, donc plus "crédible" et plus "vénérable" que le commun des croyants.

Il fallut attendre le IIe siècle (voire le IIIe) pour que s'établisse clairement la hiérarchie ecclésiale - évêque, prêtre, diacre -, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui. Avant cela, ces titres existaient, mais il est difficile de savoir les fonctions qu'ils recouvraient ou ce qui les distinguait l'un de l'autre.

Naturellement, l'établissement (progressif) de cette hiérarchie modifia le statut et le ministère des prêtres au sein de leurs communautés. Même si on continuait à les appeler "Anciens", ils n'étaient plus nécessairement les plus âgés. Le presbytre, c'était avant tout le vénérable représentant de l'évêque. Et on oublia vite le sens premier du mot grec presbuteros ( = "ancien"), surtout dans les provinces occidentales de l'Empire romain, où la langue grecque était pratiquement inconnue.

Pour en revenir à votre question, quand le christianisme commença à se diffuser en Gaule (à partir du IVe siècle), ce fut avec la terminologie d'origine grecque - stéréotypée - dont il s'était doté au cours des trois siècles précédents. Les noms (prêtres ; évêques) s'imposèrent probablement d'eux-mêmes, sans que l'on soucie nécessairement d'étymologie. Quel que soit son âge, un presbytre, c'était le prêtre qui desservait l'église de son quartier ou de son village.