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Mai 2004 (page 3/4)

Sommaire du mois de Mai : Clic !

 
22 Mai 2004
Julien a écrit :
 

Vous faites à plusieurs reprises de l'homosexualité à Rome un phénomène marginal, mal vu par les contemporains ou même d'utilité politique. Force est de constater que chacun choisissait selon ses goûts et que l'homophilie active est partout présente dans les textes Romains. En effet Catulle se vante de ses prouesses, Cicéron chantait les baisers qu'il cueillait sur les lèvres de son esclave secrétaire. De même Virgile ou Horace, César, Hadrien, Commode... Le nombre de Romains qui sont restés dans les grands noms de l'histoire et qui avaient des pratiques homosexuelles ouvertes montrent bien que la société romaine, tout comme la Grèce Antique dont Rome est pour beaucoup issue du point de vue culturel, admirait les amours masculines.

Un numéro de L'HISTOIRE (Collections de l'HISTOIRE n° 5 - Juin 1999)) sur l'amour et la sexualité a consacré un article entier à l'homosexualité dans le Monde Grec et Romain insistant bien sur le fait que le phénomène était très courant et paraissait tout à fait normal. Ce qui n'était pas admis dans la société Romaine, c'était qu'un citoyen Romain tienne le rôle passif dans la relation amoureuse qui était alors méprisé et appelé impudicus. En revanche le rôle passif était réservé aux esclaves et aux affranchis comme un devoir normal envers leur maître et aussi aux jeunes hommes dans un contexte initiatique. Je citerai Sénèque le Père : "L'impudicité (rôle passif) est une infamie chez un homme libre, chez un esclave c'est son devoir le plus absolu envers son maître ; chez l'affranchi, cela demeure un devoir moral de complaisance". Et encore ce précepte ne dut pas être suivi à la lettre quand on regarde Octave qui, dans ses jeunes années, entretenait des relations homosexuelles passives sans s'en cacher, de même que Commode qui laissa même gouverner ses favoris à sa place et beaucoup d'autres encore. Les légionnaires de César avaient coutume de chanter en vantant ses exploits amoureux: "Voici César l'homme de toutes les femmes, et la femme de tous les hommes".

J'espère donc que mon e-mail vous sera utile et qu'il vous aura aidé à mieux appréhender le thème de l'homosexualité à Rome et pour plus d'informations je vous renvoie à L'HISTOIRE de juin 1999 qui traite merveilleusement du sujet.

REACTION A CE COURRIER :
Voir ici : Clic !

 
 
 
RÉPONSE :
 

En fait, vos remarques rejoignent celles d'un autre sympathique internaute qui, au moins d'août 2003 (voir ici : Clic !), me reprochait de douter trop systématiquement de l'homosexualité de certains hommes illustres de l'Antiquité.

Que pourrais-je dire de plus puisqu'en fait, je suis, en gros, d'accord, avec vous. Dans l'Antiquité romaine, le sexe du partenaire comptait moins que sa condition (libre ou servile) ou que le rôle (passif ou actif) qu'il assumait dans l'acte sexuel (voir ces courriers qui citent d'ailleurs, des textes extraits de numéros de l'excellente revue L'Histoire : Clic ! et Clic !).

Pour vous parler en toute franchise, je suis assez étonné de l'intérêt passionné que cette question de l'homosexualité dans l'Antiquité romaine semble susciter chez certains visiteurs de mes pages internet.
Bon, je veux bien admettre que l'histoire des mœurs - sexuelles et autres - des vieux Romains puisse être captivante… pour autant, bien sûr, qu'il soit réellement possible de l'appréhender avec un certain degré de certitude, tant les témoignages, littéraires ou historiques, me paraissent - mais il est vrai que je ne suis qu'un très modeste historien "du dimanche" - convenus et stéréotypés…
En revanche, je suis plus sceptique quant à l'intérêt de polémiquer à l'infini sur les préférences sexuelles de certains "hommes illustres". Comme je l'ai écrit dans le courrier mentionné ci-dessus - citant le grand Brassens (lequel, il est vrai, était hélas un tantinet homophobe sur les bords) -, finalement, qu'importe de savoir "avec qui et dans quelles positions" Jules César, Octave Auguste, Néron, Hadrien, Marc Aurèle ou Julien dit "l'Apostat" auraient plongé "dans le stupre et la fornication".

Personnellement, je suis entièrement, fondamentalement, intimement et ouvertement convaincu que l'on peut être à la fois un "grand homme" et un gay avéré. Point n'est besoin de multiplier à l'infini les exemples historiques pour enfoncer cette évidence dans ma tête. Et c'est d'autant plus inutile que ces "exemples" ne sont nullement "exemplaires" tant les mentalités des hommes de l'Antiquité différaient des nôtres. Pour un aristocrate romain, coucher avec un jeune esclave à peine pubère, c'était peut-être normal, mais pour nous, c'est une horreur digne de Dutroux !

L'histoire ne justifie rien ; ni en bien, ni en mal…

Certains grands Romains furent peut-être homos, d'accord !
D'accord, l'homosexualité était sans doute mieux tolérée "à Rome" (quelle Rome d'ailleurs ? Celle de la République ? celle des Julio-claudiens ? celle des Antonins ? celle du "Bas-Empire" totalitaire ? - en 1000 ans d'histoire, d'une époque à l'autre, les mentalités, homophiles ou homophobes, eurent le temps de varier sensiblement dans un sens et dans l'autre) que dans nos sociétés modernes occidentales d'avant la "Révolution sexuelle".
Et alors ?… En quoi cela ajoute-t-il une once de plus-value aux revendications souvent légitimes de nos amis gays et lesbiennes ?

 
 
Julien réécrit :
 

Je vous remercie sincèrement d'avoir répondu si vite à mon e-mail sur l'homosexualité à Rome, votre point de vue sur le sujet étant maintenant plus clair pour moi et sachez bien que je m'y range à tous points de vue.

1. J'écris un modeste roman qui se base sur la vie du dernier des Antonins et j'aimerais, si cela ne vous dérange pas et si vous en détenez, vous demander des renseignements sur Perennis, Cléandre et la nature de leur relation avec Commode, ainsi que sur sa femme Crispina

 
 
 
RÉPONSE :
 

Bien que ce soit au risque - ainsi que je l'écris souvent - d'enfoncer des portes ouvertes en vous communiquant des renseignements que vous connaîtriez déjà, voici, en gros, ce que je sais de ces deux favoris de Commode que furent Perennis et Cleander :

Sextus Tigidius Perennis fut d'abord chef du bureau impérial de la correspondance administrative (a epistulis) avant d'être nommé préfet du prétoire par Marc Aurèle, sans doute vers 177. Il eut d'abord comme collègue M. Tarrutienus Paternus, mais il élimina celui-ci en 182, sous prétexte qu'il aurait favorisé, au moins passivement, une tentative d'assassinat sur la personne de Commode. Un complot d'ailleurs plus théâtral qu'efficace - le meurtrier se contentant de s'exclamer : Voici le poignard que t'adresse le Sénat ! au lieu de frapper d'emblée sa victime -, mais que l'empereur se hâta de l'exploiter en ordonnant une purge où disparurent les Sénateurs et les membres de sa famille les plus hostiles à sa politique de désengagement militaire.
Perennis, lui, n'était pas issu de l'aristocratie sénatoriale mais de l'ordre équestre, et c'est sans doute pour cela que Commode, de plus en plus soupçonneux à l'égard du Sénat (et pour cause) lui conserva sa confiance. Et ce d'autant plus que le préfet du prétoire l'encourageait à persécuter ces optimates qui, évidemment, voyaient son élévation d'un très mauvais œil.
Toutefois, Perennis n'était pas dépourvu de qualités. Comme général, il ne se débrouillait pas trop mal : il mena avec succès des opérations en Dacie, en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord.
Il "tomba" en 185, victime d'une intrigue assez mystérieuse.
Selon l'Histoire Auguste, il aurait été déclaré ennemi public parce qu'au cours des opérations menées en Bretagne, il aurait attribué à des chevaliers des postes de commandement normalement réservés à des Sénateurs. Livré à ses soldats, ceux-ci l'auraient "taillé en pièces"…
Plus sérieusement, Hérodien et Dion Cassius rapportent que Perennis aurait ordonné à ses fils de soudoyer les légionnaires (d'Illyrie ou de Bretagne) afin que ceux-ci prennent son parti et l'acclament comme empereur lorsque lui-même, en personne, se serait débarrassé de Commode…
Dans le doute, nous dirons simplement que Perennis fut exécuté en avril ou mai 185 suite à une cabale montée - probablement de toutes pièces - par le parti sénatorial, qui le haïssait, ainsi que par Cleander, qui visait à le remplacer dans les faveurs de l'empereur.

Perennis fut, selon l'Histoire Auguste et Hérodien, le premier mauvais génie de Commode. Il exploita la paranoïa de l'empereur afin d'asseoir son pouvoir absolu. Il l'encouragea à se montrer le moins possible en public et exigea que dépêches passent par ses mains avant d'être remises à leur impérial destinataire. Il le persuada de se décharger sur lui des affaires de l'État afin de vaquer tout à son aise à ses menus plaisirs : orgies effrénées au milieu d'un harem composé de 300 mignons et mignonnes, banquets infinis, baignades prolongées, combats de gladiateur, etc…
Bref, la vie exemplaire de tout "mauvais empereur" qui se respecte.

Marcus Aurelius Cleander (alias Kleandros, alias Cléandre) était un ancien esclave phrygien, probablement (du moins si l'on en croit son nom latin) affranchi par Marc Aurèle. Il avait été nutritor (précepteur) de Commode avant de devenir son favori - ne me demandez pas s'il partageait sa couche, je n'en sais rien. ;-)
Grand chambellan et chef de la garde de l'empereur, il gouverna de fait l'Empire romain entre 185 et 190. Il fut aussi préfet du prétoire juste avant sa mort, dans la seconde moitié de l'année 189.
C'était, paraît-il un personnage corrompu, qui distribuait charges et fonctions aux plus offrants (dont le futur empereur Septime Sévère). Il fit aussi exécuter de nombreux hauts personnages qui menaçaient ses intérêts ou son influence sur l'empereur : entre autres, un certain Burrus, beau-frère de l'empereur, ainsi qu'un Arrius Antoninus, un proconsul resté célèbre pour avoir suggéré aux chrétiens fanatiques d'aller se faire pendre ailleurs (voir ici : Clic !).
Il magouillait aussi dans le commerce des grains, histoire à la fois d'arrondir son pécule et de s'attacher le peuple par des distributions gratuites de blé à l'occasion de pénuries… dont il était lui-même responsable. Mais la disette provoqua des émeutes qui furent durement réprimées, à l'insu de Commode, paraît-il. Ce fut une des sœurs (survivante) de l'empereur qui se chargea de lui dessiller les yeux. Cette Fadilla, échevelée, se jeta aux pieds impériaux de son frère, déchira ses vêtements et sanglota qu'à cause des menées de ce satané Cleander, lui et sa famille couraient un péril mortel, que le peuple grondait, que les soldats grognaient et que s'il ne faisait rien, tout cela allait lui exploser à la figure. Commode, ébranlé, fit mander son favori par devers lui, et sans lui laisser le temps d'en placer une, il le fit arrêter et mettre à mort. Cleander fut aussitôt décapité et sa tête, fichée sur une pique, fut exhibée au peuple de Rome afin de l'apaiser.
Exit Cleander.

commode

Je ne crois pas que l'on sache grand chose de Crispina, l'épouse de ce Commode qui l'était si peu. C'était la file d'un certain C. Bruttius Præsens, fidèle collaborateur de Marc Aurèle et consul ordinaire en 180. Elle épousa Commode en 178. D'après l'Histoire Auguste (Vie de Commode, V, 9), l'empereur l'ayant surprise en flagrant délit d'adultère, la chassa d'abord, l'exila ensuite, et enfin la fit exécuter.

 
 

2. Je ne parviens pas à trouver des informations sur la Guerre des déserteurs qui a eu lieu en Gaule et en Espagne sous son principat.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Tous les renseignements concernant cette "Guerre des Déserteurs" se trouvent chez Hérodien, la seule source antique qui évoque cette histoire bizarroïde.
L'œuvre d'Hérodien, dûment traduite en bon français, a été publiée récemment par les éditions "les Belles Lettres", mais au cas où vous ne disposeriez pas de cet indispensable livre, voici le passage qui relate cette anecdote du règne de Commode :

"Peu de temps après (la mort de Cleander), un autre complot (…) fut fomenté contre lui (= Commode). Un certain Maternus, qui précédemment, comme soldat, avait osé commettre une foule d'actes délictueux, déserta. Il persuada d'autres camarades d'abandonner comme lui leurs tâches et eut rapidement à ses côtés une troupe importante de malfaiteurs.
Maternus commença par piller villages et campagnes au cours de ses raids, puis lorsqu'il disposa d'une quantité importante d'argent, il rassembla autour de lui une bande encore plus considérable de malfaiteurs en leur promettant de fortes récompenses et en les associant au partage du butin. Il en fit assez pour qu'on considérât ces gens-là non plus comme des pillards, mais comme des ennemis. Ils s'attaquaient désormais à de très grandes cités, délivraient et libéraient tous ceux qui, pour tel ou tel motif, se trouvaient incarcérés, leur assuraient l'impunité et par des bienfaits les attiraient dans leur coalition. Ils parcoururent en totalité le pays des Celtes et des Ibères, où ils agressèrent les cités les plus puissantes : ils y mettaient partiellement le feu, en pillaient le reste, puis opéraient leur retraite. Quand on porta ces faits à la connaissance de Commode, il écrivit, sous le coup d'une vive colère, des lettres fort comminatoires à tous les gouverneurs de province, pour leur reprocher leur indolence, et leur enjoignit de mettre sur pied une armée contre ces trublions. Ces derniers apprirent qu'une troupe se constituait pour lutter contre eux. Ils s'éloignèrent alors des régions qu'ils dévastaient et subrepticement, par des raccourcis inaccessibles, s'infiltrèrent par petits groupes en Italie.
Maternus avait maintenant d'autres projets : il songeait à l'Empire et à des entreprises plus importantes. À l'en croire en effet, comme ses initiatives passées avaient connu le succès au--delà de toute espérance, il lui fallait maintenant réussir en accomplissant quelque grand dessein ou, puisqu'il vivait en plein danger, trouver une mort qui ne fût ni commune ni déshonorante. Mais il se disait qu'il ne disposait pas d'une force armée assez importante pour affronter Commode à égalité et en terrain découvert da masse du peuple romain était encore, il le voyait, fidèle à ce dernier, ainsi, du reste, que la garde impériale). Aussi Maternus espéra-t-il triompher de son adversaire par la ruse et l'habileté. Et voici le projet qu'il imagina. Au début du printemps de chaque année, et à un jour déterminé, les Romains organisent une procession en l'honneur de la Mère des Dieux. Chacun porte devant la statue de la déesse tout ce qui, selon lui, symbolise sa richesse, et les empereurs y présentent leurs trésors, merveilles dont le matériau ou la qualité artistique font le prix. Comme l'on jouit alors d'une liberté totale, on peut se livrer à tous les divertissements imaginables et prendre l'apparence qu'on veut, et il n'existe point de dignité si grande ni si considérable qu'il ne soit loisible à quiconque de revêtir : par jeu on déguise la réalité, et assez bien pour qu'on ne puisse aisément distinguer le modèle de l'imitation. Maternus trouva que c'était là une bonne occasion de masquer son complot. En effet, en prenant lui-même l'uniforme des prétoriens, en en habillant pareillement ses complices, en se mêlant enfin à la foule des gardes pour sembler faire partie intégrante sans donner l'éveil à personne, il espérait pouvoir fondre sur Commode et l'assassiner. Mais une trahison se produisit : certains comparses de Maternus avaient pénétré par avance dans la ville et révélé la conjuration (la jalousie les y incitait, et la pensée de devoir trouver en lui non plus un brigand, mais un maître, un empereur). Avant le jour de la fête, donc, Maternus lui-même fut arrêté et eut la tête tranchée, et ses affidés subirent les châtiments qu'ils méritaient. Quant à Commode, il célébra la fête en offrant un sacrifice à la déesse, en lui rendant des actions de grâces et en participant avec joie à la procession ; et durant la tête le peuple romain accomplit solennellement des sacrifices pour le salut de l'Empereur.
"
(Hérodien, Histoire des Empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III, traduit par Denis ROQUES, Les Belles Lettres, Paris, 1990).

 
 

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23 Mai 2004
Philippe a écrit :
 
J'ai une toute petite question et j'espérais que vous pourriez éclairer ma lanterne.
Lors du siège de Massada, un des assiégés avait dit à un général romain : "Nous pouvons tenir le coup pendant mille jours", et celui-ci répondit : "Alors nous attendrons la mille et unieme journée et nous attaquerons". Je voudrais savoir le nom de ce général en question (si c'est bien un général).
 
 
 
RÉPONSE :
 

Le général - qui était aussi gouverneur de Judée - qui assiégea la forteresse zélote de Massada et qui s'en empara après le suicide de ses derniers défenseurs s'appelait Flavius Silva.

Ceci posé, je ne connais pas la réplique que vous citez dans votre mail. À première vue, je ne la trouve pas dans le texte de Flavius Josèphe, l'historien romain d'origine juive qui nous a transmis le récit de ce mémorable fait d'armes (Guerre des Juifs, Livre VII, chap. 8 et 9 - voir sur site remacle.org : Clic !).
En réalité, j'ai bien l'impression que cette petite phrase résolue pourrait être extraite des dialogues de l'excellent téléfilm Masada - Les Antagonistes (Boris Sagal, 1980) dans lequel Peter O'Toole incarnait ce Flavius Silva, général blanchi sous le harnais et tiraillé entre son penchant pour la dive amphore, sa passion pour une jolie captive juive et son désir de terminer - en beauté et avec le moins de casse possible - ce siège particulièrement éprouvant pour ses légionnaires. (Sur ce film, voir site Péplum - Images de l'Antiquité : Clic !)

 
 

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23 Mai 2004
Thomas a écrit :
 
Je suis à la recherche de la définition du mot "lapsi". Mon moteur de recherche m'a indiqué votre sit. Pouvez-vous éclairer ma lanterne ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Les lapsi, ce sont ceux qui ont trébuché, achoppé ou chuté (du verbe latin lapsare, glisser, tomber).

Ce terme désignait les chrétiens qui, lors d'une persécution, n'avaient pas résisté aux pressions des autorités romaines et avaient abjuré leur Foi.

Il y avait plusieurs façons d'être lapsi. Certains de ces faibles croyants, trop douillets pour faire de bons martyrs, avaient carrément sacrifié aux dieux à l'intérieur des temples païens ; d'autres avaient seulement brûlé de l'encens devant l'effigie de l'empereur ; et enfin, certains, plus habiles, s'étaient contentés de soudoyer un fonctionnaire afin d'obtenir un papelard attestant qu'ils avaient honoré les dieux selon les formes prescrites.

Le problème de la réintégration de ces lapsi dans l'Église provoqua une grave crise au sein du christianisme des IIIe et IVe siècles. En effet, les évêques les plus rigoristes s'opposaient fermement au retour au bercail ecclésial de ces incurables apostats, tandis que d'autres, plus coulants, permettaient la réintégration de ces brebis égarées, moyennant des pénitences proportionnelles à leur faute. Horrifiés d'un tel laxisme, les chrétiens rigoristes se séparèrent de l'Église officielle pour fonder des communautés rivales qui combattirent - et pas seulement par de belles paroles - les thèses de leurs adversaires trop conciliants. Cette crise se prolongea bien longtemps après la christianisation de l'Empire romain : quand, au milieu du Ve siècle, les Barbares mirent fin à la présence romaine en Afrique du Nord, ils y trouvèrent encore les Donatistes (chrétiens rigoristes) et les chrétiens orthodoxes tout occupés à s'étriper avec un bel entrain !

REACTION A CE COURRIER :

Voir ici : Clic !

 
 

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23 Mai 2004
Laurent a écrit :
 

Objet : recherche sur les instruments de levage dans l'Antiquité Romaine

Je m'appelle Laurent Cabot (email : lorencabot@net-up.com) et je suis prof d'histoire dans un lycée professionnel de Dordogne. (…).
Après avoir cette année construit avec mes élèves de bac professionnel une réplique de scorpion vitruvien (sorte de catapulte à flèches en service dans les légions) pour le compte d'une association de reconstitution historique, je désire l'année prochaine faire travailler mes élèves sur le thème architecture et travaux publics dans le monde gallo-romain. Pour l'instant, je suis à la recherche de documentation sur les instruments de levage utilisés par les Romains (du genre grue à cage d'écureuil). Pourriez-vous m'indiquer des pistes : où chercher ? Existe-t-il des livres traitant du sujet ? Des musées spécialisés dans ce domaine ?

Je fais confiance en vos talents évidents de détective du monde romain et j'attends avec impatience votre réponse
Merci d'avance

Laurent

 
 
 
RÉPONSE :
 

Merci beaucoup pour ce compliment, mais, en l'occurrence le "détective du monde romain" serait un tantinet en panne d'informations… 

Les instruments de levage utilisés par Romains ?
J'ai bien peur que, pour concrétiser votre projet, il vous faille une nouvelle fois vous replonger dans le De Architectura de ce vieux Vitruve, qui vous a sans doute déjà servi lors de la construction de votre "scorpion", et dont le dixième livre est tout entier consacré "aux engins et aux machines".

Au cas où vous ne l'auriez pas encore repéré, voici un site qui propose une traduction (en savoureux français du XVIe siècle) de ce vénérable ouvrage :

  • Site CHASS (Univ. Toronto) - Architecture, ou Art de bien bastir, de Vitruve : Clic !
    • Le livre X : Clic !
      • Je me permets d'attirer votre attention sur cette "chèvre" : Clic !
      • ainsi que sur cette "autre machine tractoire pour tirer les fardeaux amont" : Clic !

Voici encore quelques liens vers quelques sites qui vous fourniront peut-être des infos susceptibles de vous être utiles :

  • Site LacusCurtius - Science, Technology, Engineering : Clic !
  • Site BCS de l'Université Catholique de Louvain - Sciences et techniques dans l'Antiquité : Clic !
  • Instrumentum - Artisanat et produits manufacturés dans l'Antiquité : Clic !
  • Annuaire de l'archéologie française : Clic !
  • Institut des Arts et techniques de l'Antiquité : Clic !
livre vitruve

De mon côté, c'est à peu près tout ce que j'ai trouvé. Toutefois, je me propose de publier votre message dans les pages consacrées au "courrier des visiteurs" de mon site. Peut-être de savants internautes, férus de technologie antique, pourront-ils vous renseigner mieux que je ne peux le faire. (Pour écrire à Laurent Cabot : lorencabot@net-up.com).

 
 

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