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Sommaire Avril 2004 :
  • 2 Avril :
    • D'où venaient les Pères conciliaires de Nicée ? : Clic !
    • Un de Sossania (?) au concile de Jérusalem ou à celui de Nicée ? : Clic !
  • 3 Avril :
    • Pour ne pas confondre les auspices de Rome avec ceux de Beaune… : Clic !
  • 4 Avril :
    • Des pistes pour s'y retrouver dans la famille de Néron : Clic !
  • 7 Avril :
    • Que penser des pratiques successorales des Julio-claudiens ?  : Clic !
  • 9 Avril :
    • Artémis et Apollon : même combat ?  : Clic !
  • 10 Avril :
  • 13 Avril :
    • Quelques infos (d'ordre très général) sur la "Table claudienne" de Lyon : Clic !
  • 14 Avril :
    • Qui a inventé le mot "chrétien" ? : Clic !

PAGE SUIVANTE

  • 15 Avril :
    • Christianisme au royaume de Saba ? : Clic !
  • 16 Avril :
    • Un fan d'Apollonios évoque l'historicité de Jésus…  : Clic !
  • 18 Avril :
    • Qui a parlé du "doux empereur" Julien ?  : Clic !
  • 19 Avril :
    • Une "Ère des Martyrs" de vingt ans trop précoce ? : Clic !
  • 20 Avril :
  • 23 Avril :
    • Quelques renseignements sur les débuts de la présence romaine en (Grande-)Bretagne : Clic !
  • 27 Avril :
  • Avril :
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2 Avril 2004
Bidzina a écrit :
 
Pourriez-vous m'indiquer un site qui indique d'où venaient les membres participants au premier Concile de Nicée ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Ces deux pages internet vous fourniront des informations très intéressantes - et, à première vue très complètes - sur le premier Concile Œcuménique de Nicée (325) :

En français :
Site "Les Bons Textes" - Ier Concile de Nicée : Clic !
(dans le même site, vous trouverez aussi : Le Symbole [= le Credo] de Nicée [Clic !] et les canons [= les décisions] de ce Concile [Clic !])

Et en anglais :
Site debate.org - The Council of Nicæa, Purpose and Themes : Clic !

De mon côté, je me permets également de vous proposer ce court texte de Charles PiETRI. Il me semble qu'il résume brillamment ce que l'on sait de la composition du fameux concile cher à Constantin :

"Constantin n'interfère pas directement dans l'œuvre théologique de l'assemblée : il souhaite une solution d'apaisement et d'unité, mais n'en dicte point les termes. Car le concile réunit un groupe considérable d'évêques, de chorévèques, de mandataires (des clercs, des experts), venus de l'oikouménè. La liste des souscriptions, compilée pendant le concile et connue en différentes recensions, réunit plus de 250 noms de prélats, dont ceux de 14 chorévèques. Eusèbe (de Césarée) parle de plus de 250 participants. Eustathe compte 270 Pères, tandis que Constantin et Athanase évaluent à 300 le nombre des assistants. Le premier, Hilaire de Poitiers poussera le nombre des présents jusqu'à 318 pour atteindre celui des serviteurs d'Abraham (Gn 14 :14)
Quoi qu'il en soit, l'intérêt porté à ces listes dès le IVe siècle, puis par toute l'historiographie ecclésiastique, illustre bien l'importance d'une telle assemblée.
La diversité des origines géographiques atteste l'œcuménicité du concile, le premier à mériter ce nom. La délégation occidentale paraît cependant très minoritaire : avec Ossius siègent deux légats romains, les prêtres Bitus et Vincentius. Le pape Silvestre a invoqué son âge pour excuser son absence : il avait déjà refusé de participer à la réunion d'Arles et cette double abstention fonde une règle valable au IVe et au Ve siècle, dès lors que l'empereur convoque un
Reichskonzil. Un évêque de Calabre (?) ainsi qu'un évêque de Die se joignent au titulaire du principal siège africain, Cæcilianus de Carthage. Mais le gros de l'assemblée vient d'Orient et d'Égypte. Les évêques de cette dernière région sont accompagnés de prêtres et d'ascètes, parmi lesquels Paphnutios, ainsi que par le jeune diacre Athanase. Rufin assure que les ariens avaient amené des philosophes, songeant peut-être à la présence du sophiste Astérios. L'Illvricum envoie seulement une dizaine de participants. L'œcuménisme déborde au-delà des frontières de l'Empire un évêque vient de la Perse, un autre du Caucase, avec des prélats du Pont et de Gothie. La présence de ces évêques pérégrins démontre peut-être que l'universalité de l'Église ne s'arrête pas à l'Empire ; elle atteste surtout que Rome et son empereur chrétien deviennent les protecteurs naturels des communautés lointaines qui professent l'Évangile.
Dans une assemblée où les Latins sont aussi minoritaires, le grec s'impose comme la langue des débats et en détermine l'orientation, limitant l'intervention des occidentaux. Ceux-ci, et parmi eux Constantin, maîtrisent mal les concepts et le vocabulaire de la koinè philosophique et logique à laquelle se réfèrent les ariens et leurs adversaires.
Le concile réunit en effet, dans leur variété, les grands courants de la théologie contemporaine.On remarquera aussitôt que les subordinatianistes (= ariens) représentent une minorité active et agitée, dont Eusèbe de Nicomédie est le porte-parole. Un groupe palestinien, avec une vingtaine de prélats, tient avec Eusèbe de Césarée des positions plus modérées. Alexandre et Ossius dominent l'assemblée : ils ont l'appui de Macarius de Jérusalem et de tous les évêques qui ont déjà pris parti contre Anus. Eustathe d'Antioche les rejoint, bien qu'il défende des conceptions plus originales ; enfin, Marcel d'Ancyre se situe dans l'opposition antisuhordinatianiste (= anti-arienne) la plus extrême. Cette répartition illustre la difficulté des positions ariennes."
(Charles PIETRI, in Histoire du Christianisme des origines à nos jours, Tome II : Naissance d'une Chrétienté, 2e partie, chap. III, III - Éditions Desclée, 1995).

 
 
Bidzina réécrit :
 
Le site que vous m'avez envoyé est très complet, mais je m'intéresse particulièrement à la participation soit au Concile Apostolique (à l'an 51), soit au Concile de Nicée, de quelqu'un venant de Sossania (ou un nom qui se prononce un peu près de la même manière).
 
 
 
RÉPONSE :
 

Ce ou cette Sossania (ou quelque chose d'approchant) n'évoque vraiment pas grand-chose chez moi…

S'agirait-il de la province perse de Susiane - autour de la ville de Suse, à l'Est du Tigre inférieur ?

Même si c'est le cas, le seul évêque perse ayant participé au Concile de Nicée aurait été un certain Jean d'Amida. Or, Amida ne se trouve pas en Susiane… Certes, il paraît que certaines listes signalent la présence d'autres prélats perses au Concile de 325, mais ces documents ne seraient pas authentiques.

Quant au Concile apostolique de Jérusalem (vers 48-50 ap. J.-C.), ce ne fut pas, à proprement parler, un vrai concile, même si les Actes des Apôtres (15 : 4-35) voudraient nous faire croire le contraire afin de montrer une "Église" unifiée et unanime autour de Jacques, Pierre et Paul. En fait, l'auteur des Actes présente d'une manière romancée - et idéalisée - une importantissime décision de compromis, prise dans les années 45-60 de notre ère au terme de débats sans doute très longs très houleux, pour ne pas dire après maintes palabres accompagnées de quelques horions qui ne furent pas perdus pour tout le monde. En ce soi-disant Concile, l'Église de Jérusalem, en la personne de Jacques, frère de Jésus, aurait en effet autorisé les chrétiens venus du paganisme à confesser le Christ sans suivre tous les préceptes les plus rigoureux de la loi de Moïse, et en particulier, la circoncision. Il leur suffisait de s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, des chairs étouffées, du sang et de la fornication pour être réputés "craignant-Dieu" et pouvoir partager la Cène avec les judéo-chrétiens.
C'était là une décision capitale pour l'avenir de la religion chrétienne… Ce qui n'empêche pas que ce prétendu Concile de Jérusalem n'est sans doute qu'une fiction romanesque à but théologique.
Question participants, pas de trace ici non plus de quelqu'un venant de Sossania. Les Actes des Apôtres mentionnent nommément Paul, Barnabé, Pierre et Jacques. Sont également signalés, mais sans autre précision "quelques frères" de la communauté d'Antioche qui accompagnaient Paul et Barnabé, ainsi que "les apôtres et les anciens" rassemblés autour du frère Jacques. Ajoutons encore Jude (surnommé Barsabbas) et Silas, les deux "frères éminents" qui, selon les "Actes", auraient été chargés de communiquer les décisions du "Concile" à l'Église d'Antioche.

 
 

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3 Avril 2004
Anita a écrit :
 
Pouvez-vous me renseigner sur les auspices ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Les auspices et les augures, c'est, comme qui dirait, un peu chou vert et vert chou : les deux termes sont interchangeables même s'ils sont ne sont pas absolument synonymes.

Chez les anciens Romains, prendre les auspices, c'était observer le comportement des oiseaux (leur vol, ,leur appétit) afin d'y lire les signes par lesquels les dieux faisaient connaître leur humeur aux humains. Il ne s'agissait pas à proprement parler de "prédire l'avenir", mais plutôt de voir si les dieux étaient favorables, et donc si le moment était opportun pour entreprendre une action importante (réunir une assemblée, livrer bataille, etc.)

Les auspices, qui prenaient les augures, composaient un collège sacerdotal de prêtres élus à vie (il y en avait 19 à l'époque d'Auguste). Ils portaient le lituus, un bâton à l'extrémité recourbée, qui leur permettait de délimiter le templum, c'est-à-dire la partie du ciel à observer. La section droite était réputée favorable (faste), la gauche défavorable (néfaste, sinistre).

Signalons également que l'avis des auspices n'était pas contraignant. Si les augures n'étaient pas bons, les magistrats romains pouvaient passer outre… à leurs risques et périls !
Certains cas sont restés célèbres. Par exemple, en 249 av. J.-C., avant la bataille navale de Drepanum qui opposa Rome et Carthage, les poulets sacrés refusèrent de manger. "Puisqu'ils n'ont pas faim, ils n'ont qu'à boire !", s'écria alors, furibard, l'amiral romain en flanquant les bestioles par-dessus bord.
inutile de dire qu'il fut battu à plates coutures !

auspices
 
 

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4 Avril 2004
Caroline a écrit :
 

Je fais une élocution sur Néron. Mais je dois surtout savoir beaucoup sur sa famille, etc…

Pourriez-vous m'envoyer schéma sur sa famille ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Vous trouverez dans mon site internet Empereurs romains quelques tableaux généalogiques qui permettent de situer Néron dans sa "famille", la dynastie Julio-claudienne :

  • Tableau généalogique simplifié des Julio-Claudiens : Clic !
  • Néron, descendant d'Antoine : Clic !
  • Néron, descendant d'Auguste : Clic !

    En outre, un autre tableau, réalisé par un sympathique internaute, peut également être téléchargé :

  • La famille julio-claudienne : Clic ! (doc. Word - env. 40 ko)

Si on résume un peu tout ça - en se limitant aux personnages les plus connus -, on pourrait donc dire que :

  • Néron était le fils d'Agrippine la Jeune et de Lucius Domitius Ahenobarbus (celui-ci mourut alors que Néron était encore en bas âge).
  • Néron était également, par sa mère, le petit-neveu de l'empereur Claude. Mais, ce Claude ayant épousé la maman de Néron, celui-ci devint, par adoption, le fils de l'empereur, et donc le frère des enfants que Claude avait eu d'un précédent mariage : Britannicus, qu'il aurait empoisonné (voir ici : Clic !) et Octavie, qu'il fut contraint de prendre pour épouse avant de la faire exécuter (voir ici : Clic !).
  • Néron épousa successivement Octavie (voir ci-dessus), Sabina Poppée (Clic ! et Clic !) et Statilia Messalina. Seule Poppée lui donna un enfant, une petite fille nommée Claudia, qui ne vécut que deux ans.
  • Si l"on remonte plus loin, Néron était aussi l'arrière arrière petit-fils d'Auguste et l'arrière petit-fils d'Antoine (voir à ce sujet cette ancienne correspondance : Clic !).
nero
 
 

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7 Avril 2004
François a écrit :
 

J'ai une explication de texte sur 2 extraits des Annales de tacite ; ça concerne la succession d'Auguste et l'avènement de Néron. .

En fait mon sujet n'est pas clair : "la succession d'auguste et l'avènement de Néron". Point ! Merci le prof !
I l me faut donc étudier le/les rapports entre les différentes successions, celle d'Auguste et celle de Claude, et même de voir s'il existe des similitudes avec les autres successions sous les Julio-Claudiens.

Pousse-pousse m'aider SVP ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Votre laconique prof ne vous a effectivement pas gâté. Les successions des Julio-claudiens, le sujet est vaste !…

A première vue, je vois assez peu de points communs entre la manière dont le vieil Auguste régla sa succession (voir ici : Clic ! et Clic !) et la manière dont son arrière arrière petit-fils Néron accéda au pouvoir (voir ici : Clic !).
Enfin, on pourrait quand même peut-être trouver une petite ressemblance : Auguste semble avoir toujours envisagé une succession de type bicéphale (Lucius et Caius Césars, Tibère et Agrippa Posthume, puis enfin Tibère et Germanicus). Or, l'accession au trône de Néron, flanqué de son demi-frère, le jeune Britannicus, paraissait concrétiser enfin le projet d'Auguste : assurer la continuité du pouvoir impérial (et, partant, celle de la dynastie julio-claudienne) en gardant en réserve, aux côtés de l'empereur régnant, un "apprenti césar" prêt à le supplanter en cas de défaillance.
Hélas, à Rome ou ailleurs, le pouvoir se partage très difficilement. Tant Germanicus que Britannicus moururent dans des circonstances assez peu claires, pour ne pas dire un tantinet suspectes…

Chaque empereur Julio-Claudien s'empara du pouvoir dans des circonstances particulières. Comme je viens de le signaler, le vieil Auguste prépara sa soigneusement sa succession, même si l'effrayante mortalité qui régnait au sein de la famille princière le contraignit à faire évoluer ses projets dans un sens qui ne lui plaisait sans doute qu'à moitié. Son héritier, le misanthrope Tibère se montra peut-être moins prévoyant (voir ici : Clic !). Claude fut "bombardé" empereur par les conspirateurs qui avaient abattu son neveu Caligula (voir ici : Clic !). Et enfin Néron s'empara du pouvoir suprême surtout parce que son ambitieuse mère lui en avait ouvert le chemin, à grands coups d'arsenic et de fines dentelles (voir ici : Clic !)
Difficile de déduire une "tradition successorale" de tant d'événements disparates !… D'autant plus qu'il n'existait évidemment pas de "constitution" réglant l'accession au "trône impérial romain" (en fait les diverses magistratures civiles, judiciaires, militaires et religieuses cumulées par celui que l'on appelle l'empereur romain). Dès lors, comment déterminer en quoi telle ou telle succession aurait été conforme à une norme qu'aurait, par exemple, instaurée Auguste, le premier empereur ?

Justement, prenez le cas du vieil Auguste

Par son "Testament", il semble avoir réglé sa succession avec un soin quasi maniaque. Mais voulait-il pour autant que ces dispositions fassent jurisprudence ?
Cela me semble douteux.
Pourquoi ?
Eh bien parce que son testament contenait une clause absolument ahurissante ! Ce n'était pas Tibère, son fils adoptif et successeur désigné, qui deviendrait Auguste, mais sa veuve Livie qui serait autorisée à porter le titre d'Augusta (après avoir été adoptée par Auguste moribond).
Bien sûr, il ne s'agissait sans doute là que d'une question de préséance - Livie, épouse d'Auguste, quand même c'était également la "reine mère", la vielle môman de Tibère, le nouvel empereur -, et c'était bien Tibère qui recueillait la plus grande partie de l'héritage d'Auguste (deux tiers pour lui, un tiers pour l'Augusta Livie). Toutefois, cette clause en faveur de LIvie, qui pouvait apparaître comme une ultime manifestation de la défiance du vieil empereur à l'égard de Tibère, n'était pas de nature à faciliter l'accession de celui-ci au pouvoir suprême.
Ceci semble montrer que le "Testament d'Auguste" s'occupait au moins des affaires privées de la famille Julio-claudienne que de la succession impériale.

"Mais, me demanderez-vous, si le Testament d'Auguste n'est qu'un one shot, s'il n'est pas normatif, en quoi est-il intéressant pour les autres successions julio-claudiennes ?"

Eh bien, justement, il me semble que nous sommes là au cœur de la question qui vous intéresse.

Quand Auguste meurt, que fait Tibère ? Après un mois de deuil (et d'hésitations), il convoque le Sénat, y lit le "Testament d'Auguste", et, après moult supplications des Pères conscrits, se voit confier les destinées de l'Empire.
Notez qu'à cette époque, Tibère est déjà, dans la réalité des faits, le maître suprême de Rome : Auguste l'avait associé au pouvoir depuis de nombreuses années. De plus, en convoquant le Sénat pour lui faire part les dernières volontés de l'empereur défunt, il avait agi en Princeps, alors qu'il ne l'était pas encore officiellement.

auguste

Ceci signifie, en gros, que la succession impériale ne semble rien de plus qu'une simple affaire de famille, qui se règle "en interne" au sein de la famille régnante, la dynastie julio-claudiennes. Bien sûr, le Sénat approuve les dispositions testamentaires… Mais que pouvait-il faire d'autre lorsque, comme l'écrit Tacite (Annales, I, 7), Tibère "commandait déjà comme empereur aux cohortes prétoriennes ; il avait des gardes devant sa porte, des armes, une cour ; des soldats l'escortaient au Forum, l'accompagnaient au Sénat ; il écrivit aux armées comme un prince déjà reconnu".

La toge le cède définitivement devant les armes ! Jusqu'à Néron, on peut définir l'empereur romain comme étant un membre de la famille Julio-claudienne ayant l'armée à sa botte ou ayant été plébiscité par les soldats… Quant au Sénat, il se transforme de plus en plus en une simple chambre d'entérinement, pour ne pas dire en une assemblée de "bénis oui oui".
Caligula succède à Tibère parce qu'il est son héritier, et parce qu'il a mis Macron, le préfet du Prétoire, dans sa manche (et la femme de celui-ci dans son lit).
Après l'assassinat de Caligula, les Prétoriens sont tout heureux de dénicher (caché derrière une tenture, dit la légende) en la personne de Claude, prince assez falot (et c'est un euphémisme), un Julio-claudien pour succéder à celui qu'ils viennent de trucider. Il ne leur vient à l'esprit de chercher un homme digne de l'Empire ailleurs que dans la famille de Jules César et d'Auguste.
Quand Claude meurt, empoisonné par son épouse Agrippine, celle-ci s'empresse de prendre son fils Néron sous le bras pour l'exhiber devant les Prétoriens qu'elle sait acquis à sa cause. Ensuite, la ratification de l'élévation à l'Empire du jeune homme par le Sénat ne sera qu'une formalité.

 
 

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9 Avril 2004
Bidzina a écrit :
 

On connaît Artémis et Apollon, et leur fonction. Mais on ne sait pas la fonction du temple où ils sont présentés ensemble.

Je suis intéressée à qui ou à quoi peut être dédié le temple dans ce cas ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Ne possédant guère de documentation sur la mythologique gréco-romaine, je ne peux malheureusement pas vous dire grand-chose que vous ignoriez au sujet d'Artémis et de son frère Apollon.

Cependant, il est possible qu'ils aient été présentés ensemble dans certains temples dédiés à leur mère commune Léto (assimilée à Latone dans la mythologie romaine - voir ici : Leto / Latone).
Notez aussi qu'Artémis et Apollon avaient quelques "spécialités" communes. Ces deux divinités excellaient dans le maniement de l'arc, et elles pouvaient déclencher la peste dans un pays en lançant sur lui leurs flèches "empoisonnées", puis le guérir lorsque ses habitants s'étaient suffisamment repentis. Il est donc possible - mais je n'en suis pas sûr - que ces dieux, à la fois "semeurs de peste" et guérisseurs, aient été invoqué ensemble lors d'épidémies (un peu comme saint Sébastien dans la "mythologie" populaire chrétienne).

 
 

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10 Avril 2004
Alain a écrit :
 

J'ai le plaisir de vous informer que je viens de mettre en ligne un site consacré à une nouvelle méthode d'analyse des textes anciens :

ANALYSE RÉFÉRENTIELLE ET ARCHÉOLOGIQUE

 
 

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13 Avril 2004
Nicolas a écrit :
 
Je t'écris car j'ai un exposé à faire sur la table claudienne de Lyon (CIL, XIII, 1668) et je rame un peu, donc si tu aurais des infos ou doc sur le sujet, ça m'aiderait bcq !
 
 
 
RÉPONSE :
 

En fait, je n'ai pas trouvé des masses de renseignements sur cette "Table claudienne"… À part peut-être un intéressant texte de P. LE ROUX, qui analyse des dispositions prises par l'empereur Claude en matière d'intégration des Gaulois évolués, comme on disait au "bon vieux temps des colonies" (tu parles !), mais dont je ne puis citer ici que le début :

"Le discours de l'empereur de Lyon, conservé en bonne partie par la plaque de bronze affichée selon toute vraisemblance à Condate (le confluent de la Croix-Rousse) et résumé par Tacite en même temps que les discussions qui le sous-tendaient, pose directement la question de la promotion des provinciaux dans l'ordre sénatorial. Prononcé à l'occasion de la censure, il permet de comprendre les rapports subtils qui s'étaient établis entre le droit, la politique et la réalité sociale. Claude y plaide en faveur de l'admission de Gaulois (des Trois Gaules) à siéger au Sénat, certainement à la suite d'une demande publiquement formulée du concile provincial. L'histoire de Rome, dit-il, manifeste une longue tradition d'ouverture aux étrangers et Auguste et Tibère eux-mêmes avaient suivi cette voie en décidant d'admettre pour la première fois aux honneurs romains l'élite des colonies et des municipes. (…) "
(Patrick LE ROUX, Le Haut-Empire en Occident, d'Auguste aux Sévères, pp. 298-301, Points, Histoire,1998)

Ces fameuses plaques de bronze, découvertes à Lyon au XVIe siècle, reproduisent donc un discours de l'empereur Claude - par ailleurs connu par Tacite (Annales, XI, 24) -, prononcé devant le Sénat de Rome afin que les plus distingués des Gaulois se voient octroyer le droit de cité et puissent accéder aux magistratures romaines.
Bien qu'il soit probable que tu les aies déjà repérées, voici toutefois les adresses de quelques pages internet - vraiment très basiques - sur cette Table :

  • Wikipedia - Tables claudiennes : Clic !
  • Ac. Lyon (Archives) - Table claudienne :
    • Texte latin et traduction : Clic !
    • Texte de Tacite (autre traduction que celle mentionnée ci-dessus) : Clic !
  • Clioweb - Table claudienne : Clic !
 
 

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14 Avril 2004
Jean-Charles a écrit :
 

En tentant répondre à un quiz d'Arte, je recherche la réponse à la première question, que voici :

  • Le terme "Chrétien" fut probablement inventé par les Romains vers les années 40 pour désigner certains groupes de disciples de Jésus hors de Judée.
    Vrai ou faux ?

Merci de me répondre si vous savez ou si je n'ai pas trouvé à la lecture des joutes verbales en ligne.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Si l'on en croit les Actes des Apôtres (11 : 26), c'est effectivement vers 40, à Antioche de Syrie, que les disciples de Jésus reçurent pour la première fois le nom de "Chrétiens".

On ne sait pas qui a "inventé" ce nom, mais il semble douteux que ce soit les chrétiens eux-mêmes ou les habitants d'Antioche. Alors, pourquoi pas les autorités romaines ? L'adjonction du suffixe latin _ianus (= partisan de…) au mot grec chrestos (= oint) semble plaider dans ce sens : les habitants d'Antioche, pour la plupart d'origine sémite ou grecque devaient être assez rétifs à la langue de Cicéron !

Notez aussi que ce nom devait être peu méprisant. En effet, dans le langage courant, le mot grec chrestos désignait simplement quelqu'un enduit d'huile d'olive (sur le corps ou les cheveux). Dès lors, les "païens" d'Antioche qui, bien sûr, ignoraient tout de l'onction sacrée des Rois d'Israël et de l'attente messianique, devaient considérer avec un dédain amusé ces gens bizarres qui se réclamaient d'un individu porteur d'un tel sobriquet.
Qui pouvait donc bien se cacher derrière ce chrestos ? Un type crasseux, "plein de cambouis" ? Un "gommeux" brillantiné ? De toute façon, certainement un "visqueux" personnage…

 
 

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