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Janvier 2004 (page 2/2)

Sommaire du mois de Janvier : Clic !

 

 

15 Janvier 2004

André a écrit : 

Je recherche de l'information sur sainte Nadia (ou sainte Nadège) fille de sainte Sonia, elle fut mise à mort sous le règne d'Hadrien (117-138). Tout ce que je sais, c'est ça et qu'elle était martyre et vierge… C'est tout, j'aimerais bien en savoir plus sur elle et sa mère aussi. Je n'arrive pas trouver autre chose sur le Net que cette information. J'aimerais savoir pourquoi fut-elle mise à mort, à quel âge, etc
Si tu peux me guider vers un lien qui m'informerait.
Je t'en remercie d'avance...

 

RÉPONSE :

On raconte que sous l'empereur Hadrien (117-138 ap. J.-C.), une chrétienne nommée Sophia fut martyrisée à Rome en même temps que ses trois filles - Pistis, Elpis et Agapè. Ces quatre saintes sont particulièrement vénérées par les chrétiens orthodoxes et surtout par les Russes, chez qui elles s'appellent Sonia, Véra, Nadia et Liouba.

Pour tout dire, la plupart des historiens sérieux doutent fort de l'authenticité de ces martyres. Il faut dire qu'en l'occurrence, les pieux hagiographes chrétiens ont poussé le bouchon un peu loin !
Tout d'abord, l'empereur Hadrien n'est pas précisément réputé comme grand persécuteur de Chrétiens - sauf à la fin de sa vie où il aurait peut-être eu tendance à les confondre (à tort ? à raison ?) avec les Juifs insurgés.
Ensuite - et surtout - l'allégorie paraît évidente : ce sont la Sainte Sagesse divine (en grec, Sophia) et ses trois filles, les trois vertus théologales - la Foi (Pistis en grec, ou Véra en russe), l'Espérance (Elpis, Nadia, Nadège) et la Charité (Agapè, Liouba) - que persécutent les vilains idolâtres romains.
Trop symbolique pour être vrai !

Des détails sur ce très hypothétique martyre ?
La Légende Dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) décrit par le menu les supplices endurés par "Sainte Sophie et ses trois filles". Au risque de me faire passer pour un sadique après m'être montré irrévérencieux, voici ce texte particulièrement "gore" (j'espère que tu as le cœur bien accroché) :

"Il y a à Constantinople un temple magnifique qui s'appelle Sainte-Sophie, dédié en l'honneur de sainte Sophie, et de ses trois filles, martyres. Sainte Sophie éleva ses, trois filles, Foi, Espérance et Charité, dans la sagesse et la crainte de Dieu. La première avait onze ans, la seconde dix et la troisième huit. Elle vint à Rome et chaque dimanche, elle visitait les églises et gagnait une multitude de dames à J.-C. Elles furent dénoncées à Hadrien. Ce prince fut tellement épris de leur beauté qu'il voulut les adopter pour filles ; ce qu'elles rejetèrent avec dédain. Foi est
1° fouettée par trente-six soldats ;
2° ses mamelles lui sont arrachées en présence du peuple. Le sang coula de ses blessures et ses mamelles rendirent du lait. Ce jugement inique excite l'indignation, et des clameurs s'élèvent contre le césar que la vierge toute réjouie insulte elle-même ;
3° la jeune fille est posée sur un gril rougi au feu ; elle n'en ressent rien ;
4° elle est plongée dans une chaudière pleine d'huile et de cire ;
5° elle est décapitée.
Espérance (Nadia - Nadège) est appelée à son tour, mais on ne peut lui faire consentir à sacrifier aux idoles. Alors elle est jetée dans une chaudière pleine de graisse, de cire et de résine : les gouttes qui en jaillissaient brûlaient les infidèles : enfin elle est condamnée à consommer son martyre par le glaive.
Pendant ce temps, la mère encourageait Charité, sa troisième fille, qui était toute petite. Elle ne ménage Hadrien en aucune manière, et ne veut pas lui obéir : c'est pourquoi le cruel lui fait
1° allonger et disloquer les membres ;
2° la fait frapper à coups de bâton ;
3° fouetter de verges ;
4° jeter dans un foyer ardent, d'où le feu, qui saute à soixante coudées de là, fait mourir six mille idolâtres. Quant à cette vierge, elle se promenait au milieu du feu sans en être brûlée, en sorte qu'elle brillait comme de l'or ;
5° elle est percée avec des lames ardentes, et au milieu de ce martyre qui fait frémir, elle reçoit par l'épée la couronne de gloire.
L'excellente mère de ces excellentes filles se joint à grand nombre des assistants pour recueillir leurs restes, ensuite se plaçant sur leur tombeau : « Je désire, s'écrie-t-elle, mes très chères filles, être avec vous. »
Sainte Sophie mourut donc en paix et fut ensevelie par les assistants avec ses très chères filles. Elle avait elle-même enduré chacun des supplices de ses enfants ; aussi fut-elle plus que martyre.
Hadrien périt desséché et dévoré par la putréfaction : il avoua qu'il avait injustement insulté aux saints de Dieu."

(Jacques de Voragine, Légende dorée, trad. de J. B. M. Roze, Garnier-Flammarion)

 

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15 Janvier 2004

Patricia a écrit : 

Tu peux me donner quelques renseignements sur l'œuvre architecturale d'Hadrien ?

 

RÉPONSE :

Hadrien, qui passa le plus clair de son règne à parcourir son vaste empire, fit bâtir, restaurer, embellir des édifices dans presque toutes les provinces qu'il inspecta.

"Construire, c'est collaborer avec la terre : c'est mettre une marque humaine sur un paysage qui en sera modifié à jamais ; c'est contribuer aussi à ce lent changement qui est la vie des villes. Que de soins pour trouver l'emplacement exact d'un pont ou d'une fontaine, pour donner à une route de montagne cette courbe la plus économique qui est en même temps la plus pure… L'élargissement de la route de Mégare transformait le paysage des roches skyroniennes ; les quelque deux mille stades de voie dallée, munie de citernes et de postes militaires, qui unissent Antinoë à la Mer Rouge, faisaient succéder au désert l'ère de la sécurité à celle du danger. Ce n'était pas trop de tout le revenu de cinq cents villes d'Asie pour construire un système d'aqueducs en Troade ; l'aqueduc de Carthage repayait en quelque sorte les duretés des guerres puniques. Élever des fortifications était en somme la même chose que construire des digues : c'était trouver la ligne sur laquelle une berge ou un empire peut être défendu, le point où l'assaut des vagues ou celui des barbares sera contenu, arrêté, brisé. Creuser des ports, c'était féconder la beauté des golfes. Fonder des bibliothèques, c'était encore construire des greniers publics, amasser des réserves contre un hiver de l'esprit qu'à certains signes, malgré moi, je vois venir.
J'ai beaucoup reconstruit : c'est collaborer avec le temps sous son aspect de passé, en saisir ou en modifier l'esprit, lui servir de relais vers un plus long avenir ; c'est retrouver sous les pierres le secret des sources. Notre vie est brève : nous parlons sans cesse des siècles qui précèdent ou qui suivent le nôtre comme s'ils nous étaient totalement étrangers ; j'y touchais pourtant dans mes jeux avec la pierre. Ces murs que j'étaie sont encore chauds du contact de corps disparus ; des mains qui n'existent pas encore caresseront ces fûts de colonnes. Plus j'ai médité sur ma mort, et surtout sur celle d'un autre, plus j'ai essayé d'ajouter à nos vies ces rallonges presque indestructibles.
(…)

livre yourcenar
Plotinopolis, Andrinople, Antinoé, Hadrianothères… J'ai multiplié le plus possible ces ruches de l'abeille humaine. Le plombier et le maçon, l'ingénieur et l'architecte président à ces naissances de villes ; l'opération exige aussi certains dons de sourcier. Dans un monde encore plus qu'à demi dominé par les bois, le désert, la plaine en friche, c'est un beau spectacle qu'une rue dallée, un temple à n'importe quel dieu, des bains et des latrines publiques, la boutique où le barbier discute avec ses clients les nouvelles de Rome, une échoppe de pâtissier, de marchand de sandales, peut-être de libraire, une enseigne de médecin, un théâtre où l'on joue de temps en temps une pièce de Térence.
(Marguerite YOURCENAR, Mémoires d'Hadrien, Gallimard, 1974)

Je crois que personne ne s'est jamais aventuré à dresser la liste exhaustive de toutes les réalisations architecturales d'Hadrien, tant il y en a (qui existent encore, qui sont en ruine, ou que l'on ne connaît plus que de nom).

En ce qui concerne plus spécifiquement la ville de Rome, afin de mieux connaître les monuments qu'Hadrien y fit construire, je t'invite à visiter l'excellent site Plan de Rome de l'Université de Caen. En particulier ces pages :

  • Visite Historique - Haut Empire : Clic !
    • Hadrien :
      • Temple de Trajan : Clic !
      • Temple de Matidia : Clic !
      • Temple de Vénus et de Rome : Clic !
      • Mausolée d'Hadrien (futur Château Saint-Ange) : Clic !
      • Pont Ælius : Clic !
    • Hadrien fit également reconstruire le spectaculaire Panthéon d'Agrippa : Clic !

Hadrien se fit construire à Tibur (auj. Tivoli, dans la banlieue de Rome), une superbe villa (Villa Hadriana de Tibur) dont on peut encore admirer de nombreux vestiges. Voir ce site entièrement consacré à la "Villa Hadriana" : Clic !

Dans un tout autre registre, cet empereur fit édifier une gigantesque ligne de fortification au Nord de l'Angleterre. Ce "Mur d'Hadrien" était censé protéger la province romaine de Bretagne (Angleterre actuelle) des Pictes, peuplade barbare qui habitait alors l'actuelle Écosse. Pour plus de renseignements à ce sujet, voir :

  • Sur mon site "Empereurs romains" : Clic !
    et :
  • noyon.com - le Mur d'Hadrien : Clic !
  • Yahoo Encyclopédie - Mur d'Hadrien : Clic !

Ce sont là les réalisations les plus connues de l'empereur Hadrien. On pourrait encore ajouter (entre une multitude d'autres constructions) :

  • La ville d'Hadrianopolis (ou Andrinople), la "ville d'Hadrien (auj. Edirne, en Turquie) : Clic !
  • Aelia Capitolina, cité gréco-romaine fondée sur ordre d'Hadrien sur l'emplacement de Jérusalem, détruite en 70 ap. J.-C. : Clic ! et Clic !
  • Antinoë, ville de Moyenne Égypte, fondée par Hadrien en l'honneur de son favori et amant, le bel Antinoüs : Clic !
  • Le théâtre et l'amphithéâtre de Carthage : Clic !
  • Un pont à Adana (Turquie) : Clic !

etc, etc…

 

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19 Janvier 2004

A. Colla a écrit : 

Je dois faire un travail de fin d'année sur Cupidon et le comparer à Éros chez les Grecs, tout cela en se basant sur des textes latins.

Si vous pouviez me donner des informations à ce sujet, je vous en remercierais.

 

RÉPONSE :

En ce qui concerne la place de Cupidon dans littérature latine, voyez - sans doute entre bien d'autres :

  • Ce passage célèbre de l'Énéide de Virgile :
  • Ainsi que l'aventure de Psyché et de Cupidon, dans les Métamorphoses (L'Ane d'Or) d'Apulée :
    • Site BCS :
      • Traduction française du Conte d'Amour et de Psyché : Clic ! et Clic !
      • Le Conte de Psyché chez Apulée et La Fontaine par Maud ANDRÉ : Clic !
    • Site remacle.org ;
      • Apulée : Éros et Psyché :
    • Site Atrium - Éros (Cupidon) et Psyché : Clic !
    • Site lycos.fr/sabahmimigaga - Cupidon et Psyché : Clic !
    • iquebec.com/JardindesMuses - Cupidon et Psyché : Clic !
    • sitec.fr - Psyché : Clic !

Plus particulièrement sur Éros et Cupidon (ainsi que sur les nuances qui existent entre les mythes grecs et romains relatifs à ces deux déités) voyez aussi :

  • mythorama.com - Cupidon ou Éros : Clic !
  • asiaflash.com - En reportage chez l'Amour, Cupidon n'est pas Éros : Clic !
  • Site Atrium - Éros : Clic !
  • grenier2clio.free.fr - Éros / Cupidon : Clic !
  • mgr2.free.fr : Éros ou Cupidon : Clic !
  • ai.univ-paris8.fr - Éros : Clic !
  • jura.ch/lcp - Cupidon (Éros) : Clic !
  • fondationdethot.free.fr - Cupidon : Clic !
  • ifrance.com/prettyju - Qui est Cupidon : Clic !
  • bruyere.at - L'Histoire de Cupidon : Clic !
  • wanadoo.fr/mon.bateau - Éros (Cupidon) : Clic !

 

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21 Janvier 2004

Paul a écrit : 

J'ai besoin pour mon devoir (latin, je suis en 4e) d'une ou plusieurs anecdotes sympas sur l'empereur TITUS.

Merci de me donner ça.

 

RÉPONSE :

titus

Question humour, Titus n'arrivait pas à la cheville de son père, l'empereur Vespasien (un fameux pince-sans-rire, celui-là !). Dans la biographie qu'il lui consacra (Vies des Douze Césars, Vie de Titus) l'historien latin Suétone rapporte toutefois quelques anecdotes assez amusantes à son sujet.

Quelques exemples ?

Titus se vantait de pouvoir - si nécessaire - exercer avec autant d'aisance que de compétence le fructueux métier de faussaire : "Il écrivait si vite, qu'il s'amusait à lutter avec ses secrétaires, et qu'il savait si bien contrefaire toutes les écritures, qu'il disait souvent qu'il aurait pu devenir un excellent faussaire." (Vie de Titus, III)

Titus était généreux, parfois même à l'excès : "À l'égard des autres bienfaits qu'on lui demandait, il avait l'habitude constante de ne renvoyer personne sans espérance. Je dirai plus: quand les gens de sa maison lui reprochaient de promettre plus qu'il ne pouvait tenir, il répondait que personne ne devait se retirer mécontent de l'entretien du prince. Un soir, après son souper, s'étant souvenu qu'il n'avait rien donné à personne de toute la journée, il prononça ce mot si mémorable et si digne d'éloge : « Mes amis, j'ai perdu ma journée »." (Vie de Titus, VIII, 2)

Titus était plutôt contre la peine de mort : "Il déclara qu'il n'acceptait le souverain pontificat qu'afin de conserver toujours ses mains pures. Il tint parole ; car, depuis ce moment, il ne fut ni l'auteur, ni le complice de la mort de personne. Ce n'est pas que les occasions de vengeance lui manquassent, mais il jurait qu'il mourrait plutôt que de faire mourir qui que ce fût". (Vie de Titus, IX).
Notez cependant qu'avant d'être empereur, lors de l'abominable guerre de Judée, il n'avait manifesté aucun dégoût devant les fleuves de sang qu'il avait fait couler (voyez à ce sujet : Clic ! et Clic !)

Aucun dégoût, certes… mais peut-être quand même une petite pointe de remords. Au moment de mourir, Titus se reprocha en effet d'avoir commis "un acte", en omettant de préciser duquel il s'agissait : "(…) la fièvre le prit. Il continua à voyager en litière, et, en ayant tiré les rideaux, leva, dit-on, les yeux au ciel, et se plaignit beaucoup que la vie lui fût injustement enlevée, ajoutant qu'il n'avait qu'une seule action à se reprocher. Il ne dit point quelle était cette action, et il n'est pas aisé de le deviner." (Vie de Titus, X).
Toujours aussi "bouche d'égout", l'historien Suétone émet l'hypothèse - cependant sans trop y croire lui-même - que l'empereur s'en serait voulu d'avoir "convoité la femme de son frère", comme dirait l'Écriture sainte : "Quelques-uns croient qu'il faisait allusion à des rapports intimes avec Domitia, l'épouse de son frère Domitien". Ouais, d'accord !… mais ses éventuelles galipettes avec sa belle-sœur devaient quand même peser moins lourd sur sa conscience que la foule des partisans juifs massacrés par ses légions lors de la Guerre de Judée ainsi que les horreurs de l'épouvantable siège de Jérusalem qui conclut cet inexpiable conflit.

 

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23 Janvier 2004

Xavier-Bertrand a écrit : 

Je voulais seulement vous signaler la sortie d'un jeu, Pax Romana, se déroulant dans la Rome antique. Chaque joueur dirige une faction du Sénat romain et essaye de devenir Consul à vie (soit de manière légale, soit aidée par la force armée).

Le jeu est vraiment intéressant (quand on aime ce genre de jeu où il ne se passe pas grand-chose au niveau action) et j'ai pensé que ça vous intéresserait.

Voilà le site décrivant le jeu :

Pax romana

PS : je n'ai rien à voir avec les concepteurs, simplement j'aime bien ce jeu.

pax romana

 

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25 Janvier 2004

Sandrine a écrit : 

J'ai un exposé à faire sur les recettes romaines mais malheureusement, je n'ai rien trouvé. Je voulais savoir si vous pouviez m'aider. Je ne sais pas traduire les textes latins et anglais. Pouvez-vous me faire parvenir quelques-unes d'elles ?  

Merci de votre compréhension.

 

RÉPONSE :

Je crains bien que mon latin, défraîchi depuis plus de trente ans, ne soit guère meilleur que le vôtre. Quant à mon anglais, il est sans doute insuffisant pour traduire toutes les finesses absconses de l'art culinaire - ô combien compliqué ! - des anciens Romains…
Aussi, pour compléter les recettes mentionnées dans cet ancien courrier (Clic !) et qui sont, hélas, toutes rédigées dans les belles langues de Cicéron et de Shakespeare, en voici une autre, dans la langue de Voltaire :

J'ai également trouvé ces trois traductions de recettes d'Apicius, le plus célèbre des chefs coqs romains :

"Recette de la patina à l'Apicius : prenez des morceaux de tétine de truie cuite, de la chair de poisson, de la chair de poulet, des becfigues ou des filets de grive cuits, et tout ce que vous avez de meilleur. Hachez le tout avec soin, à l'exception des becfigues. Battez des œufs crus avec de l'huile. Pilez du poivre, de la livèche, et mouillez avec du garum, du vin, du vin de paille. Vous mettez à chauffer dans une cocotte et vous liez avec de la fécule Auparavant, vous y aurez jeté tous vos hachis et vous laissez bouillir. Après la cuisson, enlevez le mélange avec le jus et vous le versez à la louche dans un moule, couche par couche, avec du poivre en grains et des pignons, en mettant entre chaque louche des abaisses de pâte. Vous alternez les couches de pâte et les louches de farce. À la fin, Vous placez sur le dessus une feuille de pâte percée d'un roseau creux Saupoudrez de poivre.

Patina quotidienne : Prenez de la tétine de truie cuite et coupée en morceaux, de la chair de poisson et de la chair de volaille cuite. Hachez le tout avec soin. Prenez un moule en bronze, cassez des œufs dans une cocotte et battez-les. Mettez dans un mortier du poivre, de la livèche, pilez-les, mouillez-les de garum, de vin, de vin de paille et d'un peu d'huile. Versez dans la cocotte et portez à ébullition. Au premier bouillon, faites une liaison. Jetez dans la sauce les chairs que vous avez hachées. Placez au fond du moule une abaisse de pâte, par-dessus, une louche de farce, puis une autre abaisse. Alternez les feuilles de pâte et les louches de farce. Placez au-dessus nue feuille de pâté percée d'un roseau creux. Renversez le tout sur un plat, saupoudrez de poivre et servez.

Ofellæ à l'Apicius : Désossez les morceaux de viande, roulez-les, passez-y une brochette et mettez an four. Lorsqu'ils sont revenus, faites leur rendre leur jus, faites-les sécher à feu doux sans qu'ils brûlent Pilez du poivre, de la livèche, du souchet et du cumin, mouillez de garum et de vin de paille. Mettez les morceaux avec cette sauce dans une cocotte. Lorsqu'ils seront cuits retirez-les, séchez-les et servez-les sans sauce saupoudrés de poivre. S'ils sont gras, enlevez la peau au moment de les mettre en brochette On peut faire des ofellæ comparables avec du ventre de truie."

(APICIUS, cité et traduit in : Catherine SALLES, L'Antiquité romaine, Larousse, 2002).

livre c. salles

Vous avez sans doute noté qu'Apicius recommandait très souvent l'utilisation du "garum". Pour savoir en quoi consistait ce très (mal)odorant assaisonnement, voyez cette page du site du site civitas-fr.com : Clic !

 

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25 Janvier 2004

Gricca a écrit : 

Un usurpateur sous le règne de Dioclétien
ou
les conséquences tragiques d'un dur travail mal récompensé.

Eusèbe de Césarée (c.265-340) dans son Histoire Ecclésiastique (VIII, VI, 8) nous parle de soulèvements à Mélitène et en Syrie qui auraient été une des raisons du deuxième édit de persécution de Dioclétien contre les chrétiens (il y eut quatre édits, trois en 303 et le quatrième en 304) et qui ordonnait d'arrêter et d'emprisonner tous les chefs de l'Église. (Dioclétien fut sans doute convaincu que des chrétiens avaient participé à ces révoltes, Mélitène [aujourd'hui Malatya en Turquie] se situait prés de la frontière du royaume d'Arménie où le roi, Tiridate III, venait d'y proclamer le christianisme religion officielle). Quant à la tentative d'usurpation en Syrie, c'est le célèbre rhéteur grec d'Antioche Libanios (314-393), qui, dans un long récit autobiographique, nous la fait connaître car elle eut des conséquences tragiques pour sa famille.

L'histoire commence à Séleucie de Piérie (aujourd'hui Samandag sur la côte sud-est de la Turquie), cité maritime accrochée aux collines rocheuses de la rive droite de l'Oronte, dominant un port au bassin de forme grossièrement circulaire, dont l'importance commerciale et militaire était due à sa proximité avec la capitale de la Syrie, Antioche, et plus loin avec le limes de l'Euphrate. Sous Vespasien et Titus (69-81) des milliers de prisonniers juifs avaient dû s'activer à la construction d'un canal de 1300 m. pour dévier vers la mer les eaux d'un torrent descendant de la montagne et se jetant dans le port, pour éviter qu'il ne s'ensable lors des crues d'hiver. Ce fut un travail gigantesque, on dut tailler dans la roche et même y creuser un long tunnel encore visible de nos jours. On aménagea en même temps le lit de l'Oronte pour faciliter la navigation en amont vers Antioche. Constance II (337-361) complétera cette œuvre. Entre temps l'entretien du port fut un souci constant des autorités, ainsi donc, sous Dioclétien (284-305), nous rapporte Libanios, s'achevaient des travaux de curage de l'accès du port par une cohorte de 500 soldats romains. Les hommes surmenés espéraient une récompense à la hauteur de leur dur labeur, aussi lorsque les autorités ne leur accordèrent qu'un peu de mauvaise farine, ce fut la révolte immédiate de tous les soldats qui allèrent vers leur tribun (Libanios lui donne le titre grec de taxiarque), nommé Eugène, et le proclamèrent empereur en lui faisant endosser une robe de pourpre qui se trouvait là par hasard sur une statue ; puis les insurgés décidèrent de gagner Antioche, la capitale de la Syrie. Eugène entama la marche en larmes à l'idée du sort qui l'attendait, tandis que ses hommes se servaient par le pillage et le saccage de la région, et, après forces libations en cours de route, les mutins arrivèrent à Antioche, où les habitants, mécontents de leur comportement, finirent par les massacrer tous, y compris Eugène qui, capturé, fut mis à mort.

La suite fut la répression ordonnée par Dioclétien, les autorités procédèrent à des exécutions parmi la population de Séleucie et d'Antioche. C'est ainsi que le grand-père et le grand-oncle paternels de notre Libanios, membres de la Curie d'Antioche, qui avaient peut-être fourni des subsides à Eugène par crainte de confiscations, furent exécutés sans autre forme de procès et leurs propriétés confisquées. Le grand-père maternel de Libanios, aussi impliqué, put échapper à la mort.
Une amnistie interviendra peu après, en novembre 303, à l'occasion des Vicennales, les 20 ans de règne de Dioclétien. On sait par la suite que le père de Libanios eut du mal à reconstituer son patrimoine pour entretenir sa femme et ses trois fils (Libanios étant le deuxième), ainsi que ses deux sœurs célibataires. Il mourut à l'époque du triomphe de Constantin sur Licinius sans avoir put rétablir l'aisance de sa famille.

GRICCA.

 

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Janvier 2004

Michel a écrit : 

Nouveautés du site Archeobel :

  • J'ai décidé d'élargir un peu le panorama des monnaies gauloises : Clic ! et Clic !
  • Un sesterce de Faustine, émis du son vivant de l'impératrice : Clic !
    Vous devez vous douter que ce n'est pas courant, puisqu'elle n'a vécu que jusqu'en 141.
    Antonin le Pieux fit frapper des monnaies à son effigie jusqu'en 161. Seulement le texte était tout différent. Après sa mort, les monnaies portaient le nom de DIVA FAVSTINA. Ces monnaies-là, on les trouve très facilement ; par contre, celles frappées de son vivant, c'est une autre paire de manches !
  • Plus extraordinaire encore : une demi-semelle de caliga (chaussure en cuir, cloutée) de soldat romain : Clic !
    Pour des renseignements complémentaires sur les habits et chaussures romaines, vous pouvez également consulter le site
    Roman clothing, Jewelry, Footwear, and Armor : Roman Footwear. On y indique (entre autres choses intéressantes) que ce genre de caliga fut été porté jusqu'à la fin du premier siècle.

 

site archeobel

 

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