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Juillet 2003 (page 2/3)

Sommaire du mois de Juillet : Clic !

 

10 Juillet 2003

Michel ELOY a écrit : 

Voici quelques précisions supplémentaires à la question d'un de tes visiteurs, relative à la Xe Légion.

Il ne faut pas confondre la Xe légion romaine et le Xe R.P.C. (Régiment de parachutistes coloniaux) dont parlait Jean Lartéguy dans son roman Les Centurions. Les régiments français ne portent pas de chiffres romains mais arabes. Le régiment imaginaire du colonel Raspéguy, le Xe R.P.C. [lisez ixième, un peu comme le Duc de N*** ou mademoiselle C. dans les romans du XIXe s.], n'est rien d'autre que le 3e R.P.C. (1) de Marcel Bigeard, le vainqueur de la "bataille d'Alger", avec tous les raccourcis, emprunts et extrapolations avec d'autres bataillons ou régiments qui relèvent de la licence poétique du romancier, ou plutôt de sa cuisine intérieure.

Donc, la Xe légion existe. Je l'ai rencontrée... dans mes studieuses lectures. Pour répondre au visiteur qui s'interrogeait sur l'existence d'une Xe légion romaine, j'aimerais préciser qu'il n'y en eut pas qu'une mais deux, la X Fretensis et la X Gemina. Héritières probablement de cette Xe légion de Jules César (SUÉTONE, Cæs., 70), qui participa à la conquête de la Gaule, et dont il avait fait, sa "cohorte prétorienne". C'est l'aquilifère (porteur de l'aigle) de la Xe légion qui, en Grande-Bretagne, montra l'exemple à ses camarades hésitants en débarquant le premier (B.G., IV, 25).

Voici ce que l'on peut lire dans le "Daremberg & Saglio", sous la plume du grand épigraphiste R. Cagnat :

  • Legio X Fretensis. Insigne : Taureau, sanglier (galère). - Aurait combattu, d'après M. Mommsen, dans la guerre de Sicile contre Sextus Pompée et aurait tiré son nom de Fretensis du fait qu'elle aurait eu son camp pendant plusieurs années sur le rivage du Fretum Siculum (2) : c'est pour cela que certains monuments figurés relatifs à cette légion portent l'image d'un Neptune, ou d'une galère. Elle fut envoyée par Auguste en Syrie. Sous Tibère, en 18, son camp était à Cyrrhus (3). Son histoire jusqu'en 59 se confond avec celle de la VI Ferrata. A cette date, Corbulon l'emmena contre les Parthes et les Arméniens, d'où elle revint à Cyrrhus. Après avoir calmé la révolte des Juifs d'Alexandrie, unie à la légion V Macedonica, elle allait avoir à se mesurer de nouveau avec eux, dans leur pays même, en Judée. Titus l'amena, en effet, en 67 à son père Vespasien; le légat de la légion était alors Trajan, le futur empereur. Elle prit part à la plupart des opérations qui marquèrent la guerre (prise de Japhta, de Tibériade, de Taricheæ, de Gamala), jusqu'au jour où Titus l'emmena faire de siège de Jérusalem; elle établit son camp sur la montagne des Oliviers. Elle commença par plier par deux fois devant l'attaque des Juifs; mais elle se ressaisit bientôt et déploya une grande valeur dans l'attaque même de la place. Quelques-uns de ses officiers, et en particulier son légat Larcius Lepidus, reçurent à l'occasion de cette guerre des décorations militaires. Le siège terminé, elle demeura campée aux portes de Jérusalem. De là elle fit encore quelques opérations, sous Lucilius Bassus, contre la ville de Machærus, sous Flavius Silva, contre Masada. Mais son siège était toujours Jérusalem, comme le prouvent les briques estampillées que l'on a découvertes autour de cette ville, et des inscriptions du IIe et du IIIe siècle, de même provenance. C'est de Judée que partit le détachement qu'elle envoya, sous le règne de Trajan, contre les Parthes. Elle prit naturellement une grande part à la guerre de l'empereur Hadrien contre les Juifs; nous avons, sur une inscription, le nom d'un de ses centurions qui reçut, à la suite de la victoire, des récompenses honorifiques.
    Dion Cassius lui donne pour province la Palestine. Elle y séjournait encore au temps de la Notice; son camp était à Aila (Elath, sur la mer Rouge).
    Son nom figure sur les monnaies de Victorin.
  • Legio X Gemina. Insigne : Taureau. - Légion qui est peut-être la même de la Xe légion de César, mais qui en tout cas, a appartenu à l'armée de Lépide ou d'Antoine, sans qu'il soit possible de décider sous lequel des deux elle servait. Son surnom fait supposer qu'elle fut formée par la fusion de deux légions en une.
    Lors de sa réorganisation par Auguste, elle fut établie en Espagne où elle demeura pendant une centaine d'années. En 69, au dire de Tacite, elle fut sur le point de passer en Maurétanie pour combattre la révolte du procurateur Lucceius Albinus; mais la mort de ce gouverneur rendit son intervention inutile. Après Crémone, de même que les autres légions d'Espagne, elle reconnut sans retard Vespasien. On ne sait pas au juste où elle était fixée pendant cette période; peut-être partageait-elle le camp de la légion VI Victrix. En 70, elle fut appelée en Germanie Inférieure. Elle y figure sur des inscriptions qui datent de la fin du Ier siècle ou du commencement du IIe. Il semble qu'elle ait campé d'abord à Arenacum (4); mais bientôt elle se transporta à Noviomagum (5), où elle remplaça la IIe légion. On y a trouvé le nombreux témoins de son séjour, inscriptions ou briques estampillées. Sauf la part qu'elle prit aux combats livrés par Cerialis, on ne peut pas affirmer qu'elle ait, pendant son séjour en Germanie, fait quelque expédition sur les confins du Rhin ou ailleurs. Au moment des guerres Daciques de Trajan, elle était encore dans la province. Elle passa de là en Pannonie, sous Trajan, et se fixa dans le camp de Vindobona (6), abandonné par la légion XIII Gemina. Elle y resta jusqu'à la fin de l'Empire. C'est de là qu'elle envoya des détachements pour la guerre Parthique de L. Verus en Asie et pour celle des Marcomans. Plus tard elle défendit la cause de Gallien. On sait également qu'elle se conduisit valeureusement pendant la guerre Gothique de l'empereur Claude II.
    La Notice des Dignités nous montre la légion X Gemina divisée en trois parties : le dépôt à Vindobona, des liburnarii à Arradona, et un détachement devenu legio comitatensis en Orient.
    Cette légion reçut les surnoms de Pia Fidelis, en récompense de la fidélité dont elle fit preuve lors de la révolte d'Antonius Saturninus en 89.
    On n'a point rencontré son nom sur les monnaies de Septime Sévère; M. Ritterling admet, cependant, qu'elle fut des premières à saluer le nouvel empereur et à combattre pour lui : il n'y aurait, dans cette absence de documents, qu'un effet du hasard.

    R. CAGNAT, s.v. "legio", in DAREMBERG et SAGLIO, Dictionnaire des antiquités grecques & romaines, Hachette, 10 vols, 1877-1903, pp. 1084 et 1085

C'est Auguste qui réforma l'armée romaine qu'il constitua en 25 légions (soit 150.000 hommes et à peut près autant de troupes auxiliaires), en fait 28 avec les XVII, XVIII et XIX, massacrées par Arminius en +9 et qui ne furent jamais reconstituées.

Elles étaient numérotées de I à XXII, et non jusqu'à XXV ou XXVIII, car plusieurs se partageaient le même numéro : il y avait trois III (Augusta, Cyrenaica et Gallica), deux IIII (Macedonica et Scythica), deux V (Alaudæ et Macedonica), deux VI (Ferrata et Victrix) et deux X (Fretensis et Gemina).

J'ignore la raison de ces dédoublements, mais si je puis me permettre une hypothèse personnelle : j'attribuerais ces doublets au fait que les triumvirs Octave, Antoine et Lépide prenant possession des légions de l'armée de Jules César, qui à la fin de la guerre civile étaient bien plus que dix, se seraient partagé des contingents de certaines d'entre elles, qui servirent de noyau à de nouvelles légions envoyées en Orient ou demeurant en Occident. Chaque légion ayant un génie propre incarné par l'aigle légionnaire, l'ancienne numérotation fut conservée telle quelle, par respect religieux ou superstitieux (ce qui n'avait pas empêché César de reconstituer la XIV exterminée à l'Atuatuca, en 54 - toutefois ceci n'exclut pas cela, il se peut qu'ayant préservé l'essentiel de la XIV, son aigle par exemple, le grand Jules pouvait se permettre cette résurrection).
Après Dioclétien, on verra du reste ces numérotations se démultiplier à nouveau, chaque ancienne légion en générant plusieurs nouvelles (R. Cagnat dénombre alors dix-huit légions I, onze II, six III etc.).

J'ai essayé de reconstituer la liste des légions de César, en Gaule. En 58, face aux Helvètes, César n'avait que la seule Xe légion, aussi rappela-t-il d'urgence ses autres troupes stationnées en Italie, à Aquillée (VII, VIII et IX). Ainsi César commença-t-il la "guerre des Gaules" avec les quatre légions (VII, VIII, IX et X) affectées à sa charge de proconsul d'Illyrie, Cisalpine et Narbonnaise, plus deux supplémentaires (XI et XII) qu'en même temps il leva en Gaule Cisalpine en se prévalant de son imperium proconsulaire ou en les finançant de sa cassette personnelle (B.G., I, 7 et 8). Pendant l'hiver 58-57, il en leva deux autres (XIII et XIV) que lui amena son neveu Quintus Pedius (B.G., II, 2), ce qui lui faisait en tout huit légions.
Après la conférence de Lucques réunissant César, Pompée et Crassus (avril 56), Pompée prêta à César une de ses légions (I) et, en 53, ses lieutenants Marcus Silanus, Caius Antistius Reginus et Titus Sextius lui en ramenèrent encore trois levées ou prélevées sur son propre contingent par Pompée (XIII, XIV et XV [7]) (B.G., VI, 1). Donc, à la veille d'Alésia, César dispose de dix légions, compte tenu des pertes subies à l'Atuatuca.

(Ouvrons une parenthèse : Quid de la V Alaudæ ? La fameuse "Légion de l'Alouette" composée de Gaulois transalpins, soumis à la discipline romaine et qui se distingua notamment pendant la guerre civile, à Munda. C'est Suétone (Cæs., 24) qui en parle comme de l'une des deux que César leva à ses frais. La XI ou la XII, donc, comme indiqué plus haut - mais R. Cagnat lui attribue le numéro V. Per che ? Mystère. A Alexandrie, on vit accourir à la rescousse de César une XXXVIIe légion : pendant la guerre civile les troupes étaient devenues pléthoriques. Il était grand temps qu'Auguste réformât ces numérotations qui avaient explosé pendant les guerres civiles ! Fermons la parenthèse.)

Pendant la Guerre des Gaules il y eut un incessant va et vient de renforts et d'officiers supérieurs, que sans doute César ne signale pas toujours. Lorsque Vercingétorix lance le signal de la révolte générale, César qui l'hiver se trouve en Italie, possède en Gaule : six légions dans le nord, chez les Sénons, avec Labiénus; deux légions chez les Trévires; et deux légions chez les Lingons. César lui-même, qui alerté vient de fortifier la Narbonnaise, traverse les Cévennes avec des troupes fraîchement levées, avec lesquelles il terrorise le territoire arverne - avant de rallier les deux légions qui sont chez les Lingons. Troupes de complément ou onzième légion ?

Ô combien complexes et incertains sont les mouvements des troupes césariennes. J'imagine que les légions n'étaient jamais à effectifs complets, ayant laissé ici et là des détachements appuyés par des auxiliaires gaulois ou des mercenaires non comptabilisés (frondeurs baléares, archers crétois, cavaliers espagnols ou numides; une fois César parle de 500 cavaliers germains; mais à Alésia, combien de Germains ? 2.000 ? Pure supputation des historiens modernes). Mais tout ceci nous éloigne de la Xe légion.

J'aimerais parler "boutique". Sur le site associé, PEPLVM - IMAGES DE L'ANTIQUITÉ, un de ces jours (8)je rapatrierai de feu Cinerivage.com mon étude du film et télésuite Masada/Les Antagonistes (1981) où l'on voit la fameuse X Fretensis en action. Oh, les emblèmes sur les boucliers sont les mêmes que ceux vus dans Cléopâtre et dans Spartacus, de même que ces armures à bandes articulées... de cuir (qui n'ont jamais existé) : c'est le matériel de la Maison Peruzzi, qui a habillé la plupart des péplums italiens et américains. Mais à quelques détails près, l'ensemble donne bien le sentiment de voir la vraie X Fretensis en action, avec ses centurions, ses primipilaires aux traits rudes, ses tribuns blanchis sous le harnais (merveilleux Jack Watson et Anthony Quayle) réalisant un défi poliorcétique à côté duquel le siège d'Avaricum semblait une plaisanterie !

Depuis une bonne vingtaine d'années, des groupes de reconstitution étudient le fonctionnement de l'armée romaine. Le mouvement est parti d'Angleterre et des travaux de l'érudit H. Robinson Russell, armurier de la Tour de Londres, avec le groupe pionnier spécialisé dans l'époque flavienne que fut et est toujours la fameuse "Ermine Street Guard" - la Legio XX Valeria Victrix, une des quatres légions qui occupèrent en permanence la Grande-Bretagne au long de l'histoire impériale. La conquête de la Grande-Bretagne - en 43, sous Claude - fut accomplie par les quatre légions en question : II Augusta, IX Hispania, XIV Gemina et XX Valeria Victrix. Ils ont fait tâche d'huile avec la IX Hispana (9) (Londres) et la II Augusta (qui, soit dit en passant, a fourni l'encadrement aux figurants de la bataille contre les Germains dans le film Gladiator, tournée dans une forêt de la région de Farnham), ainsi que la Milites Litoris Saxoni (spécialisée dans les IVe et Ve s.). Ils ont fait des émules sur le continent comme la germano-américaine Legio XIV Gemina Martia (Francfort, 1982) de Dan Peterson, historien militaire américain, alors conservateur du 3rd Armored Division Museum, ou les Legio XXI Rapax et Ala II Flavia d'un autre historien militaire, bavarois celui-ci, le Dr Marcus Junkelmann. Mais il y en a d'autres comme la VI Victrix (Opladen, Allemagne) et, justement, notre seconde Xe légion, la X Gemina (Zandam, Pays-Bas).

(Il suffit de taper "ermine street guard+legion" dans un moteur de recherche pour trouver un nombre impressionnant de sites consacrés à la reconstitution. Celui-ci, par exemple, qui contient de nombreux liens : Legio XII Fulminata - Liens).

 

site peplum
La Xe Légion en action à Masasa ?
CLIC !


NOTES :

(1) Devenu, depuis la dissolution de l'empire colonial français, RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine). - Retour texte

(2) Fretum Siculum : le détroit de Messine. - Retour texte

(3) Cyrrhus : Nabi Hun, à 76 km au nord d'Alep, en Syrie. - Retour texte

(4) Arenacum : Arnhem, aux Pays-Bas. - Retour texte

(5) Noviomagum : Nimègue, aux Pays-Bas - Retour texte

(6) Vindobona : Vienne, capitale de l'Autriche. - Retour texte

(7) Camille Jullian leur attribue les numéros XIII, XIV et XV. Mais XIII et XIV étaient déjà en service depuis 57. En fait ces troupes, dit César, devaient remplacer par le double les quinze cohortes de Sabinus et Cotta massacrées à l'Atuatuca, dont la XIVe entièrement. Les cinq autres cohortes appartenant probablement à la XIIIe, diminuée de moitié.
Il y a donc lieu de considérer uniquement la XVe comme une nouvelle légion, les autres n'étant que des troupes de remplacement. - Retour texte 

(8) Masada - Les Antagonistes est en ligne sur le site PEPLUM depuis le 7 août 2003 (note du webmaster). - Retour texte  

(9) La IX Hispana a été l'héroïne de plusieurs romans pour la jeunesse, notamment Ernest A. GRAY, Trois de la Neuvième légion (Roman Eagle, Celtic Hawk), éd. Alsatia, coll. "Signe de Piste", n° 135, 1960 (a fait l'objet d'une adaptation BD par RIGOT, "Trois de la Neuvième légion", dans Signe de piste, n° 15, févr. 1971), et d'un autre roman de Rosemary SUTCLIF, Eagle of the Ninth, avant de se voir consacrer une mini-série TV de la BBC écossaise : Eagle of the Ninth (Michaël Simpson, 1976). - Retour texte

 

 

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10 Juillet 2003

Benjamin (Voir ici : Clic !) a réécrit : 

1. Pouvez-vous me donner des infos sur le mystique Apollonius de Tyane qui vécut au Ier siècle après JC ?

 

RÉPONSE :

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer Apollonios (ou Apollonius) de Tyane dans les pages de mon site Empereurs romains :

  • Dans la notice biographique consacrée à Aurélien, je raconte que, deux bons siècles après sa mort, ce saint homme (ou plutôt son fantôme) serait miraculeusement apparu à l'empereur romain, lui conseillant d'user de la clémence envers ses sujets rebelles plutôt que de succomber à son désir de vengeance.
  • Dans la page consacrée au courrier mois d'août 2001 - ça ne nous rajeunit pas ! - cette intéressante correspondance avec un internaute "fan" d'Apollonios où je reviens sur cette étrange vision d'Aurélien, qui rappelle malicieusement celle de son futur impérial collègue in hoc signo vinces Constantin : Clic !)

Comme je le signale également dans cette correspondance, mes connaissances personnelles sur Apollonios se limitent à peu de chose… Mais en définitive, je crois que personne ne sait réellement grand-chose d'historiquement fondé sur ce très évanescent personnage.

Contemporain du Christ (né vers 4 av. J.-C), Apollonios de Tyane fut un philosophe pythagoricien itinérant. S'il écrivit, entre autres œuvres, une Vie de Pythagore, il dut surtout son immense notoriété à ses dons de guérisseur car il fut l'un des thaumaturges les plus réputés de son temps (qui, pourtant, en compta une flopée : Jésus de Nazareth, Dosithée, Simon le Magicien, etc). Après sa mort, il fit l'objet d'un culte divin… Et comme on ne raconte pas la vie d'un demi-dieu comme celle d'un homme ordinaire, sa biographie, écrite par Philostrate au début du IIIe siècle, n'offre que peu de renseignements historiquement exploitables. D'autant plus que ce récit visait surtout à proposer aux païens un modèle de "divinité incarnée et bienfaisante" susceptible d'être opposé au Christ. Le souci d'approcher la vérité historique (ou même de respecter un semblant de vraisemblance) n'a guère sa place dans une œuvre de nature purement "hagiographique", n'est-ce pas ?…

Voici quelques sites où vous pourrez trouver d'autres renseignements sur Apollonios :

  • cobalt.lang.osaka-u.ac.jp/~benoit - Des réflexions sur la Vie d'Apollonius de Philostrate : Clic !
  • apollonius-de-tyane.ch - Apollonius de Tyane : Clic !
  • apollonius.net - Apollonios de Tyane, le singe du Christ ? : Clic !

2. L'aristocrate païen du IVe siècle Virius Nichomachus Flavianus qui a traduit en latin la vie d'Apollonius de Tyane ne fait qu'un avec le Préfet du prétoire sous Eugène Flavianus ?

 

RÉPONSE :

Il y eut deux Nicomaque Flavien (ou, si vous préférez, deux Nichomachus Flavianus).

Nicomaque Flavien l'Aîné fut, effectivement, préfet du prétoire de l'Italie sous l'usurpateur Eugène (tandis que son fils Nicomaque Flavien le Jeune était nommé préfet de Rome - à ce sujet, voir site DIR - Flavius Eugenius). Il se suicida en 394 après la bataille du Frigidus où Théodose, champion du parti chrétien, triompha définitivement d'Eugène et de son puissant mentor, le général Arbogast, qui avaient, quant à eux, rallié à leur cause le parti de la réaction païenne.

Nicomaque Flavien Senior traduisit-il en latin la Vie d'Apollonios ?
Le poète chrétien Sidoine Apollinaire (milieu du Ve siècle) rapporte que ce Nicomaque "s'occupa" de l'œuvre de Philostrate, mais sans que l'on puisse préciser s'il se contenta de recopier le texte grec ou s'il le traduisit en latin.

Quant à son fils Nicomaque Flavien le Jeune, certains philologues le soupçonnent d'être le véritable auteur de l'Histoire Auguste, ce fameux recueil de biographies d'empereurs, prétendument rédigées par d'illustres inconnus du temps du Dioclétien, mais qui serait en réalité l'œuvre d'un seul auteur, un païen vivant à l'époque de Théodose le Grand.

Voici ce qu'écrit à ce sujet André Chastagnol dans la passionnante introduction de son édition de l'Histoire Auguste :

"On a parfois essayé d'identifier parmi les grands noms de la noblesse des années 390 un candidat possible à la paternité de l'H.A (= L'Histoire Auguste). Hohl pensait à l'entourage de Symmaque et de Nicomaque Flavien. Ce dernier a rencontré quelques faveurs et, plus que lui sans doute, son fils. Le détail qui a orienté la réflexion dans cette direction est le fait que, d'après une lettre déjà signalée (…) de Sidoine Apollinaire, Nicomaque Flavien le père avait traduit ou recopié la Vie d'Apollonius de Tyane ; or l'H.A., peu après avoir également évoqué Apollonius, indique qu'un certain Nicomaque était doté d'une réputation de traducteur (Aur., XXVII, 6), au surplus, le biographe d'Aurélien prétend qu'il a l'intention d'écrire lui-même une brève Vie d'Apollonius. Hartke penche plutôt pour le fils, non sans raison si l'H.A. a été achevée après l'année 394 qui a vu la mort de Nicomaque le père

J'ai observé en outre que la propagande païenne avait été réprimée avec force dans les années 394-398 et que Nicomaque Flavien fils, après plusieurs années de disgrâce, était « revenu à la lumière », comme l'écrit Symmaque, à la fin de 398 et avait été nommé préfet de Rome en 399, reprenant ainsi le fil de sa carrière interrompue ; pour garder la vie sauve, il avait été contraint de se convertir au christianisme, et cela pourrait expliquer certaines des réticences et précautions de l'auteur (les pseudonymes en particulier) lorsqu'il manifeste son paganisme secret et en appelle à la tolérance. On ne saurait cependant émettre qu'une hypothèse à ce sujet. D'autres, derrière Hohl et Straub, penchent plutôt pour un plébéien lettré, un grammairien par exemple, d'un niveau social moins élevé, vivant dans la clientèle ou sous le patronage d'un aristocrate;"

(André CHASTAGNOL, Histoire Auguste (introduction générale), Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, 1994).

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13 Juillet 2003

Vincent a écrit : 

Donc, au moment de sa mort, Constantin était un bon Arien. Je n'arrive pas à comprendre comment l'Empire s'étant déplacé à Constantinople, comment des Empereurs romains d'Occident ont-ils pu subsister ?

 

RÉPONSE :

J'ai déjà eu l'occasion de parler dans ce courrier de novembre 2001 (voir ici : Clic !) des raisons qui poussèrent Constantin à doter l'Empire romain d'une nouvelle capitale. Toutefois, il semblerait que ce qui vous tracasse plus particulièrement, c'est de savoir comment l'Empire romain a pu subsister en Occident alors que son centre de gravité avait été définitivement déplacé vers l'Orient.

Je crois que c'est un faux problème, car en réalité il n'y eut jamais qu'un seul et unique "Empire romain".

L'Empire romain, c'était, stricto sensu, l'ensemble des pays, villes, peuples qui reconnaissaient le pouvoir de Rome (en latin imperium romanum). Donc, et même si on utilise couramment ces termes par facilité, il n'y eut jamais à proprement parler d'Empire romain d'Occident et d'Empire romain d'Orient ; seules existaient - et la nuance est importante - une partie occidentale et une partie orientale d'un unique Empire romain ! Que chacune de ces parties fût gouvernée par un empereur ne changeait rien : même bicéphale (comme l'aigle impériale byzantine) l'Empire romain restait un !

D'ailleurs, quand, en 476, Odoacre déposa Romulus Augustule, dernier empereur d'Occident, il ne prétendit pas avoir "liquidé" l'Empire romain d'Occident (même si, dans la réalité des faits, c'était le cas). Le chef barbare procéda plutôt à un genre de passation de pouvoirs au profit de l'empereur d'Orient Zénon, désormais seul détenteur de l'imperium romanum : la succession impériale n'étant plus assurée en Occident, Odoacre expédia (ou réexpédia) les insignes impériaux à Constantinople et revendiqua pour lui le titre de roi d'Italie, sous la suzeraineté (très théorique) de l'empereur "romain" de Constantinople.
Ceci explique pourquoi, quelques années plus tard, le chef franc Clovis sera aussi ravi que flatté de recevoir de ce même empereur Zénon le titre - purement honorifique, cela va de soi - de "consul". Pour nous, Zénon n'est qu'un empereur "byzantin" (terme un peu péjoratif), mais pour Clovis, il était l'unique, le seul et le vrai "empereur romain" !

Et quand le pape Léon posa une couronne impériale sur la tête de Charlemagne par un beau soir de Noël de l'an 800 tandis que les soldats francs, peu accoutumés au bon vin de Frascati, chantaient à tue-tête Heilige Nacht et O Tannenbaum dans les rues de Rome, les diplomates "byzantins" ne trouvèrent pas cette plaisanterie drôle du tout. Pour eux, le seul empereur romain, c'était (en l'occurrence) l'impératrice Irène, et nul autre ! Quant à ce barbare rougeaud que le pape venait de couronner illégalement, ce n'était qu'un vulgaire usurpateur auquel les armées "romaines" règleraient son compte dès qu'elles en auraient fini avec les Arabes et qu'elles pourraient reconquérir les provinces occidentales perdues !

L'ire byzantine fit un foin tel que, pour s'excuser, Charlemagne dut jurer ses grands dieux que le pape l'avait pris au dépourvu : "Si j'avais su ce que Léon mijotait, jamais je serais entré dans cette église !" aura-t-il front de déclarer en dépit de toute vraisemblance.

C'était certes, une absurdité, doublée d'un gros mensonge… Mais cela ménageait les susceptibilités d'une cour de Constantinople fort sourcilleuse dès que l'irréfragable et sacro-sainte unité de l'Empire romain semblait remise en question.

 

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17 Juillet 2003

Alexandre a écrit : 

Je recherche une chronologie des auteurs latins jusqu'à la chute de l'Empire. Plus précisément en commençant vers 100 av. J.-C. jusqu'à vers 476 apr. J.-C. J'ai effectué plusieurs recherches sur internet mais sans résultats. J'ai réussi à trouver quelques auteurs mais pas une liste complète et encore moins chronologique.

Si vous avez des suggestions de sites, une liste vous-même etc. j'apprécierais grandement votre aide. Ceci est pour un projet personnel qui prendra quelques années à compléter.

 

RÉPONSE :

Dans ma bibliothèque, j'ai déniché cette petite liste d'auteurs latins classés par ordre chronologique. Elle est loin d'être exhaustive (elle ne reprend que les écrivains plus les célèbres), mais je vous la livre toutefois dans l'espoir qu'elle puisse vous aider dans vos recherches :

  • Lois des XII Tables (Ve siècle av. J.-C.)
  • Livius Andronicus (284-205)
  • Naevius (268-199)
  • Ennius (239-169)
  • Plaute (254-184)
  • Caelius (249-1.66)
  • Térence (185-159)
  • Caton l'Ancien (234-149)
  • (Polybe 208-120) - écrit en grec
  • Lucilius (180-103)
  • Varron (116-26)
  • Lucrèce (95-55)
  • Cornelius Nepos (99-30)
  • Catulle (87-54)
  • Cicéron (106-43)
  • Salluste (86-34)
  • Jules César (100-44,)
  • Virgile (70-19)
  • Horace (65-8)
  • Tite-Live (59-16 ap. J.-C.)
  • Tibulle (54.19)
  • Properce (47.15)
  • Stace (45-16)
  • Ovide (43-17 ap. J.-C.)
  • Phèdre (4-65)
  • Sénèque (4-65)
  • Perse (34-62)
  • Lucain (39-65)
  • L'Iliade latine
  • Pétrone (?)
  • Pline l'ancien (23-79)
  • Quintilien (vers 40 - vers 100)
  • Martial (40-104)
  • Pline le jeune (61-113)
  • Tacite (55-120)
  • Juvénal (60-130)
  • Suétone (70-144)
  • Fronton (100-175)
  • (Épictète) - écrit en grec
  • (Marc Aurèle) - écrit en grec
  • Apulée (125-180)
  • Aulu-Gelle (125-175)
  • Tertullien (160-245)
  • (Saint) Cyprien (?-258)
  • Lactance (250-340)
  • Arnobe (?-327)
  • Ammien Marcellin (330 - 400)
  • Julien dit l'"Apostat" (331 - 363) - écrit (surtout) en grec
  • (Saint) Ambroise (340-397)
  • (Saint) Jérôme (340-420)
  • (Saint) Augustin (354-430)
  • Histoire Auguste (fin du IVe s. - Déb. Ve s. ?)
  • Boèce (480 - 524)

    (D'après Léon THOORENS, Panorama des littératures, vol II, Marabout; 1966.)

Si vous souhaitez identifier d'autres auteurs latins que ceux repris dans cette courte liste - et Dieu sait s'il y a ! -, je vous conseille de consulter ce site qui les repend tous (y compris les latinistes tardifs du Moyen Age et de Renaissance : Clic !.
Bien sûr, les écrivains y sont classés par ordre alphabétique, mais comme l'époque à laquelle ils vécurent est mentionnée, il vous est possible de repérer ceux qui vous intéressent puis, éventuellement, de les insérer dans liste ci-dessus…
Un véritable travail de bénédictin, je vous préviens !

 

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18 Juillet 2003

Bidzina a écrit : 

À part l'arianisme et le manichéisme, quelles d'autres hérésies ont existé aux IIe - IIIe siècles.

 

RÉPONSE :

"Il faut qu'il y ait des hérésies" écrivait saint Paul (I Cor, 11 : 19)… Et l'on doit avouer qu'aux IIe et IIIe siècles, les premiers chrétiens prirent au pied de la lettre cette recommandation de l'Apôtre des Gentils.
Impossible en effet d'établir une liste exhaustive des hérésies chrétiennes des trois premiers siècles de notre Ère : autant tenter de compter les gouttes d'eaux de l'océan ou les étoiles du ciel ! Quant à expliquer par le menu les spécificités de ces différentes doctrines, un épais dictionnaire y suffirait à peine (je crois d'ailleurs qu'il existe de tels "Dictionnaires des Hérésies", écrits par de savants ecclésiastiques du XIXe siècle).

Rien que pour vous donner une vague idée de l'incroyable diversité de ces croyances, je me contenterai de citer quelques-unes des plus célèbres hérésies des Ier - IIe et IIIe siècles, en tentant d'expliquer un peu de quoi il s'agissait - du moins lorsque je comprends quelque chose à ces divagations souvent échevelées. (Source : Jean DANIÉLOU, L'Église des premiers temps, Points Histoire) :

Les Ébionites.
Ces judéo-chrétiens estimaient que le Christ était un homme comme les autres, rien de plus qu'un prophète comme ceux de l'Ancien Testament.

Les Elkasaïtes.
Autre sorte de judéo-chrétiens, ils pensaient aussi que Jésus n'était qu'un prophète. Ils pratiquaient la circoncision mais aussi des rites baptistes. Ils rejetaient presque tout l'Ancien Testament ainsi que les épîtres de saint Paul, refusaient les sacrifices et priaient en se tournant vers Jérusalem. Notez que Mani, fondateur du manichéisme, passa les premières années de sa vie dans une communauté de cette secte.

Les Nicolaïtes rejetaient le Dieu de l'Ancien Testament et prônaient la liberté totale (y compris sexuelle) On ne sait pas grand-chose d'eux, les Pères de l'Église n'ayant parlé d'eux qu'avec répugnance.

Cérinthe.
Ce judéo-chrétien pensait que Jésus n'était qu'un homme éminent dans lequel Christ s'était incarné lors du baptême pour le quitter et remonter vers le Père juste avant la Passion.

Ménandre.
Ce Samaritain, disciple de Simon le Magicien, prêchait que ceux qui le suivaient ne mourraient pas. Il se présentait comme le Sauveur envoyé par Dieu pour sauver les hommes. Il prodiguait un baptême qui, à ce qu'il prétendait, rendait les hommes supérieurs aux anges.

Satornil.
Disciple de Ménandre, il opposait un Dieu caché aux sept anges qui créèrent le monde et dont le chef était Yahvé, le Dieu des Juifs. L'homme était prédestiné à ramper sur terre tant qu'il n'avait pas reçu une part de la lumière du Dieu caché. Satornil condamnait le mariage, œuvre de Satan, et semble avoir interdit la viande à ses disciples.

Les Barbélognostiques.
Comme les disciples de Satornil, ils pensaient que le monde et l'homme avaient été créés par les sept anges supérieurs (les Archontes) mais que ceux-ci avaient bâclé leur travail. Tant que l'homme ne recevait pas un souffle de la Sagesse divine (Sophia), il restait incapable de se mouvoir. Malheureusement, aussitôt l'homme était-il investi d'une parcelle de divinité, ces satanés Archontes se mettaient à jalouser férocement cet être devenu leur égal - le plus jaloux de ses prérogatives divines étant aussi le plus puissant des Archontes : Ialdabaoth, le Yahvé des Juifs.

Les Séthiens.
Chez eux, les principaux esprits (éons) qu'étaient Dieu le Père, Dieu le Fils, le Saint-Esprit et l'Église produisaient la Sagesse (Sophia) qui, en s'unissant avec les eaux inférieures, engendrait les sept dieux (Ialdabaoth, Iao, Sabbaoth, Elohim, Adonaï, Astaphain et Horaios) qui présidaient aux sept cieux. Quand le Fils s'était incarné, il était descendu à travers les sept cieux en prenant la forme des sept dieux, ce qui - on le conçoit volontiers ! - ne manqua pas de frapper ceux-ci d'une vive stupeur.

Carpocrate enseignait que Jésus n'était qu'un simple mortel dans lequel une puissance supérieure (Christ) s'était incarnée. Loin d'être exceptionnelle, cette incarnation était reproductible à l'infini : n'importe quel disciple de Carpocrate était susceptible d'être habité par Christ. Il pouvait alors mépriser les mauvais anges, responsables de la création du monde (les Archontes). Cela dit, pour se libérer du pouvoir des Archontes, l'homme devait d'abord être l'esclave des vices auxquels ils présidaient. C'est vous dire que, parmi les déviants chrétiens de tout poil, les Carpocratiens n'étaient ceux qui se distinguaient le plus par leur moralité !

Basilide effectua une synthèse de nombreuses doctrines gnostiques, favorisant surtout celle de Ménandre. Des anges créent le monde puis s'en disputent la domination (parmi eux, c'est le Dieu des Juifs qui est le plus avide de promotion sociale). Basilide se présente lui-même comme un intermédiaire entre les Juifs et les Chrétiens.

Les Marcionites.
Outre le fait qu'ils fêtaient Pâques à une date particulière, et que, chez eux, les femmes pouvaient accéder au rang de diacre et procéder à des exorcismes, ces hérétiques se distinguent surtout par le fait qu'ils n'acceptaient comme Saintes Écritures que l'Évangile de Luc et les Épîtres de Paul.

Valentin.
Sa doctrine semble se rattacher à celle des Séthiens. Bien que nous connaissions mal son œuvre, ce théologien paraît avoir été l'un des premiers à avoir tenté une synthèse des différentes gnoses judéo-chrétiennes afin de doter la religion chrétienne naissante d'un corpus dogmatique cohérent.

Le Montanisme était un genre de christianisme radical, prophétique et apocalyptique, où les prophétesses jouaient un rôle très important. Selon les Montanistes, la fin des temps était toute proche (le compte à rebours avait commencé avec la prédication de Montan, vers 150 ap. J.-C.). La Jérusalem céleste n'allait plus tarder à descendre sur terre ; Christ allait incessamment revenir, dans Sa gloire, pour récompenses les justes et (surtout) pour punir les méchants. Pour se préparer à la Parousie, le bon chrétien devait vivre dans la continence et refuser toute compromission avec le siècle : la violence anti-romaine ainsi que la recherche du martyre étaient encouragées. Le célèbre polémiste africain Tertullien se rallia au montanisme ; l'église de Lyon, "persécutée" à la fin du règne de Marc Aurèle (exécution de saint Pothin, sainte Blandine, etc - voir ici : Clic !) semble aussi avoir été contaminée par cette hérésie.

Tatien.
Lui aussi prônait un christianisme radical, de tendance judéo-chrétienne. Il rejetait les Épîtres de Paul et l'Évangile de Jean.

Terminons cette énumération (largement incomplète - je vous avais prévenu d'emblée) par une hérésie nettement plus importante du point de vue historique, le Donatisme, qui naît après les premières persécutions légales (milieu du IIIe siècle).
En gros, les Donatistes refusaient les sacrements conférés par des prêtres indignes (ceux qui avaient apostasié, ou ceux qui avaient livré les Saintes Écritures aux païens). En Afrique, à partir du règne de Constantin, cette hérésie prendra une tournure révolutionnaire, avec des revendications indépendantistes et sociales (voir à ce sujet : Clic ! et Clic !).

Vous trouverez également dans ce courrier (Clic !) quelques réflexions personnelles, et de portée plus générale, sur les hérésies des premiers siècles.

 

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