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Décembre 2002 (page 3/3)

Sommaire du mois de Décembre : Clic !

 

25 Décembre 2002

Bertrand a écrit : 

Tout d'abord, j'aimerais vous féliciter pour la qualité de votre site, le meilleur sur le sujet, au moins parmi les sites francophones. Le ton libre et humoristique est assez plaisant et moins rébarbatif que celui de nombreux historiens. Du point de vue formel, un petit regret : l'écriture de couleur sur fond noir fatigue vite les yeux (en tout cas les miens).

Sur le fond, vous avez un point de vue assez tranche et acerbe sur le christianisme primitif (et par conséquent aussi actuel). C'est parfaitement votre droit, qu'on le déplore ou non et je ne veux pas revenir sur les critiques et polémiques à ce sujet, d'autres lecteurs ont présenté leurs arguments mieux que je ne le ferais. Je me contenterai donc de m'interroger s'il n'y a pas des combats plus utiles et plus urgents que celui contre le christianisme, surtout catholique, qui est depuis des décennies une des religions les plus critiquées et même moquées dans le monde, alors que des gens meurent chaque jour à cause de leur foi dans cette religion. Le catholicisme me paraît bien inoffensif aujourd'hui - certains disent en déclin -, ce qui n'est pas le cas de certaines autres religions.

RÉPONSE :

Vous avez raison d'affirmer qu'il existe "des combats plus utiles et plus urgents que celui contre le christianisme, surtout catholique"… Mais je ne livre aucun "combat" ! Suis-je Voltaire pour vouloir "écraser l'infâme" ? Et d'ailleurs, aujourd'hui, cet "infâme" dogmatique, rétrograde et intolérant, ne se trouve plus à Rome, mais plutôt du côté de Riad, de Téhéran, d'Islamabad, ou dans certains quartiers de Londres, Paris ou Bruxelles !

Cela dit, je pense très sincèrement que ce qui, dans mon site, peut choquer certains chrétiens, ce n'est pas tant ce que j'écris, mais plutôt la façon dont j'expose certaines hypothèses que, moi-même, je qualifie souvent d'hasardeuses. Si j'utilisais un style "savant", mes suppositions historiques, même les plus aventurées, même les plus "irréligieuses", passeraient sans doute comme lettre à la poste. Mais, ce faisant, je me ferais passer pour ce que je ne suis pas, c'est-à-dire pour un vrai historien, sérieux, diplômé, patenté… et c'est alors que mes "hypothèses hasardeuses choquantes" risqueraient de devenir parole d'Évangile aux yeux de lecteurs trop jeunes et/ou trop influençables !

Entre imposture et honnêteté, le choix me paraît clair, même si c'est au prix de quelques fautes de bon goût et de quelques incongruités stylistiques !

Mais je me suis déjà suffisamment expliqué sur mon supposé "parti pris anti-chrétien", je ne m'étendrai pas davantage sur le sujet. Venons-en donc à vos questions.

Après cette parenthèse, j'aimerais aborder quelques points de détail sur vos écrits.

Je m'intéresse particulièrement à l'anarchie militaire, de 235 a 285. J'aurai à ce sujet plusieurs questions.

1. Vous ne mentionnez pas systématiquement les impératrices, Otalgie, Etruscille, Afinia Gemina Bæbiana (épouse de Trébonien Galle), Pauline, Cornelia Supera (épouse d'Émilien). Que sait-on sur celles-ci ?

Que sont devenues les impératrices Orbiane, Otacilie, Tranquilline, Etruscille, après la mort de leurs maris ?

Que sait-on de la descendance des empereurs de cette période : par exemple la fille d'Aurélien, les descendants de Zénobie ?

RÉPONSE :

En ce qui concerne les impératrices du IIIe siècle, je plaide coupable ! Il est vrai que je ne les évoque pas systématiquement. Mais je ne parle pas non plus automatiquement des épouses d'empereurs d'autres siècles : seules m'intéressent celles qui ont joué un rôle politique auprès de leur impérial époux (ce n'est pas sans raison, pour par esprit machiste, que mon site s'intitule "Empereurs romains"). Et justement, même sans avoir farfouillé longuement dans la documentation dont je dispose, il me semble que je puis affirmer, sans grands risques de me tromper, que ces Otalgie, Etruscille, Afinia Gemina Bæbiana, et autre Cornelia Supera ne sont plus guère connues que par leur nom… Et encore, car, je dois bien l'avouer, la plupart de ceux-ci me sont royalement inconnus.

En fait, nous connaissons très mal les empereurs du IIIe siècle : les sources antiques sont presque inexistantes, et les rares qui sont parvenues jusqu'à nous sont le plus souvent tardives et parfois assez fantaisistes (L'Histoire Auguste, par exemple). Même la chronologie est controversée ! Quand on voit que d'éminents spécialistes ne s'accordent même pas sur la durée exacte du règne d'un empereur aussi prestigieux et important qu'Aurélien, il est difficile d'attendre d'eux des précisions sur les fantomatiques épouses d'empereurs aussi évanescents que, par exemple, Trebonianus Gallus ou Émilien. Et pour savoir ce que ces nobles dames devinrent après la mort (le plus souvent tragique) de leur impérial époux, cela ne relève pas de la compétence d'historiens, mais de ce celle des spécialistes de la série TV "Mission impossible" !

Quant aux généalogies de tous ces souverains, comment faire la part des choses, comment séparer le bon grain de l'ivraie, le vrai du faux, bref comment distinguer les ancêtres réels de ceux qu'ils revendiquaient afin de d'asseoir leur légitimité ? Par exemple, Constance Chlore, père de Constantin, se disait descendant de Claude le Gothique, voire de Maximin le Thrace. Était-ce vrai ? Était-ce faux ? Bien malin qui pourrait le dire.
Le IIIe siècle (surtout de 235 à 285) est la période la plus obscure de l'histoire romaine, et il faut, hélas, "faire avec" !

Mais reprenons le fil de vos questions…

2. Certains affirment que l'impératrice Séverine serait la fille du sénateur Ulpius Crinitus (une invention de l'Histoire Auguste ?), d'autre la disent fille de Zénobie. Quel est votre avis ?

RÉPONSE :

D'après A. Chastagnol, le sénateur Ulpius Crinitus, ce présumé descendant de Trajan qui aurait adopté Aurélien, serait une pure invention de l'auteur de l'Histoire Auguste. Mais l'auteur de la notice consacrée à Aurelien dans le site DIR - De Imperatoribus romanis (voir ici : Clic !) paraît un peu moins affirmatif, et Eugen Cizek (L'empereur Aurélien et son temps, Éd. Les Belles Lettres), lui, ne l'est pas du tout : pour lui, Ulpius Crinitus, "père" d'Aurélien dans la hiérarchie mithraïque, fut même "l'éminence grise du régime instauré par cet empereur".

Quant à l'impératrice Séverine, elle se trouve dans la même situation que la plupart de ses consœurs du IIIe siècle : on ne connaît pratiquement rien d'elle. Elle fut l'épouse de l'empereur Aurélien, elle reçut le titre d'Augusta ainsi que celui de "Mère des camps, su Sénat et de la Patrie" (Mater castrorum et Senatus et Patriae). Elle joua peut-être un rôle politique de premier plan pendant le court interrègne qui suivit la mort de son impérial époux. Voici ce qu'écrit à ce sujet Eugen Cizek : "L'influence d'Ulpia (= Séverine) a dû être importante en matière de politique intérieure, en 274 et 275, lors des réformes entreprises par Aurélien. Nous avons déjà signalé qu'elle a géré l'État pendant l'interrègne. Selon nous, Ulpia Severina a pesé de tout son poids durant les pourparlers qui ont déterminé le choix de Tacite comme empereur. Très fidèle à la mémoire de son mari, elle ne pouvait se résoudre à soutenir un autre général de l'Empire. Il ne lui restait donc qu'à appuyer un "black horse", un sénateur, ayant moins d'éclat militaire. Ainsi, le souvenir des victoires militaires d'Aurélien ne risquait pas de pâlir. En outre, elle pouvait aussi éviter de se mêler de la rivalité des généraux, dont certains n'étaient peut-être pas près à accepter Probus comme prince ; ce dernier ne voulait pas encore du trône impérial. Nous ne savons pas ce que devint Ulpia Severina après l'interrègne" (Eugen Cizek, L'Empereur Aurélien et son temps, Édition Les Belles Lettres, Paris, 1994).

Évidemment, il ne s'agit là que de conjectures. Des conjectures certes brillantes, mais néanmoins hypothétiques…

En outre, puisque M. Cizek estime que Ulpius Crinitus n'est pas un personnage fictif, il pense, naturellement, que l'impératrice Séverine était "peut-être la fille ou une proche parente d'Ulpius Crinitus". Mais quant à moi, n'ayant pas la prétention de contredire d'aussi éminents historiens que M. Cizek ou M. Chastagnol, je ne me prononcerai pas à ce sujet.

Pour terminer, un grand merci pour votre mail, dont, rassurez-vous, je n'ai pas trouvé le ton acerbe pour un sou - ni au début, ni au milieu, ni à la fin. Des questions sensées, des remarques pertinentes et des critiques constructives : que demander de plus ?

3.Il me semble que Marc Aurèle a eu de nombreux enfants, dont une fille qui serait morte sous Caracalla.

RÉPONSE :

D'après un arbre généalogique figurant dans l'édition d'André Chastagnol de l'Histoire Auguste (édition Robert Laffont, Coll. Bouquins, p. 219), Marc Aurèle et son épouse Faustine la Jeune auraient eu treize enfants, dont ces six filles :

  • Annia Aurelia Galéria Faustina : née en 14. Ép. Claudius Severus. Morte en 180 ;
  • Annia Aurelia Galéria Lucilla : née en 149 - Ép. Lucius Verus, puis Ti. Claudius Pompéianus - morte en 182 (?). C'est elle, la Lucilla du film Gladiator ;
  • Domitia Faustina ;
  • Fadilla : née en 159 (?) - Ép. M. Peducaeus Plautius Quintillus ;
  • Cornificia : née en 160 (?) Ép. M. Petronius Sura Mamertinus, puis L. Didius Marinus. Morte en 212 (donc sous le règne de Caracalla)
  • Vibia Aurelia Sabina : Ép. Antistius Burrus, puis L. Aurelius Agaclytus.

4. Annia Faustina, 3e femme d'Élagabal, serait liée aux Antonins. Auriez-vous des précisions ? Que sont d'ailleurs devenues les épouses d'Élagabal ?

RÉPONSE :

Toujours selon l'édition de l'Histoire Auguste d'André Chastgnol, cette Annia Faustina serait la sœur d'une certaine Vitrasia Faustina, elle-même cousine de Commode. En fait, les "Annia et Vitrasia Sisters" seraient les filles de la sœur de Faustine l'Ancienne (l'épouse d'Antonin le Pieux). Par alliance, Marc Aurèle était donc leur oncle.

À noter aussi que je n'ai lu nulle part que cette Annia Faustina fût jamais l'épouse d'Élagabal. D'ailleurs, si on la présume contemporaine de son cousin Commode (né en 161), elle aurait été âgée de plus de cinquante ans quand le jeune Élagabal accéda au pouvoir suprême (en 218). Or, à cette époque, une femme était considérée comme "vieille" dès qu'elle avait atteint la quarantaine.

Même si on suppose qu'Élagabal était un tantinet vicieux, personne ne l'accusa jamais être gérontophile !

DEUX ANNIA FAUSTINA POUR LE PRIX D'UNE ?

Voyez ici : Clic !

5. Il existe 2 antoniniens mentionnant l'usurpateur Silbannacus. Il aurait tenté de prendre le pouvoir à Rome alors qu'Émilien etait parti affronter Valérien. Un unique aureus à l'authenticité incertaine mentionne un certain Sponsianus, usurpateur quelque part en Mésie sous Philippe. Savez-vous quelque chose sur ces deux personnages ?

RÉPONSE :

En fait, je ne sais rien de plus que ce qu'en dit l'excellent site DIR - De Imperatoribus Romanis (voir ici : Clic !).

Silbannacus n'est connu que par un seul antoninianus, trouvé en Lorraine. Sur base de critères stylistiques, cette monnaie fut datée de l'époque de Philippe l'Arabe (244-249). L'avers représente un Silbannacus (légende : IMP MAR. SILBANNACUS AUG). Au revers : Mercure, avec une Victoire et un caducée (légende ; VICTORIA AUG).

Donc une seule et unique pièce, à l'effigie d'un illustre inconnu de surcroît ! C'est bien peu de chose… Cela n'empêcha cependant pas certains historiens de reconstruire la carrière probable de cet énigmatique Silbannacus. Selon eux, il aurait été d'origine gauloise (son nom est Celte, et le dieu Mercure était très vénéré en Gaule). Chef des auxiliaires germains qui veillaient sur la frontière du Rhin, il se serait révolté contre Philippe l'Arabe après avoir repoussé victorieusement une incursion germanique. Sa rébellion aurait pris fin sous le règne de Dèce (249-251).

N'ayant été élaborée que par analogie avec autres usurpations du IIIe siècle, cette reconstruction demeure très fragile. En réalité, on n'est même pas très sûr que la monnaie de Silbannacus se rapporte effectivement à l'époque de Philippe l'Arabe, et la carrière de cet usurpateur (peut-être gaulois, peut-être du milieu du IIIe siècle) reste énigmatique.

Quant à Sponsianus, il n'est connu que par de mystérieux aurei, trouvés en Transylvanie en 1753. Des monnaies de Philippe l'Arabe et de Gordien III ayant été découvertes dans le même contexte, on supposa que ce Sponsianus aurait été proclamé empereur vers 240 en Mésie.

Mais il y a, paraît-il (car je ne connais pas grand-chose en numismatique), un hic dans cette belle histoire : le revers de cette pièce est celui d'une monnaie républicaine de la gens Minucii (IIe siècle av. J.-C) !

Les fans de Sponsianus ont alors présumé que celui-ci aurait pris la tête d'une révolte sénatoriale contre Philippe l'Arabe. Des historiens plus raisonnables leur ont répliqué qu'on ne trouve nulle part trace d'une telle révolte à l'époque de Philippe, et qu'en outre, si une telle révolte avait eu lieu à cette époque, ses dirigeants ne se seraient pas réclamé d'une famille républicaine éteinte depuis belle lurette mais plutôt de Pupien et Balbin, ces empereurs intronisés par le Sénat quelques années auparavant.

Bref, aujourd'hui, la plupart des numismates estiment que ces monnaies de Sponsianus sont des contrefaçons modernes de piètre qualité.

6. Gallien et Carin n'ont pas bonne réputation chez les historiens latins : l'Histoire Auguste et Aurélius Victor s'acharnent contre Gallien en particulier. Pour quelles raisons ? Est-ce lié au fait qu'il ait supprimé les charges militaires pour les Sénateurs ?

RÉPONSE :

Certainement… Mais aussi au fait que ces historiens écrivaient sous le règne de Constantin et de ses successeurs. Or, la dynastie de Constantin prétendait descendre de Claude le Gothique, ce militaire qui s'était emparé du trône impérial après l'assassinat de Gallien. Il fallait donc justifier cette usurpation en noircissant la mémoire posthume ce pauvre empereur. (voir à ce sujet la notice biographique consacrée de Gallien (Clic !)

7. Dans votre fiche sur la persécution de Dèce, vous semblez dire que la persécution de Dèce, a votre avis exagérée par les historiens chrétiens, serait due à une réaction exaspérée après les privilèges qu'auraient obtenus les chrétiens de la part de Philippe que vous présentez comme crypto-chretien, sans preuves à mon avis bien convaincantes. Sur quoi vous appuyez-vous pour cette hypothèse ?

RÉPONSE :

Bien sûr, il n'existe pas de preuve formelle que l'empereur Philippe l'Arabe fût chrétien. Cependant les témoignages successifs d'Eusèbe de Césarée, de saint Jérôme, de saint Jean Chrysostome, et plus près de nous, de Daniel-Rops et de Mgr. Jean Daniélou (sans parler de la Légende dorée de Jacques de Voragine) vont dans ce sens. J'avais d'ailleurs, en son temps, cédé au site e-stoire.com un petit article à ce sujet, mais je viens de constater qu'il n'est plus accessible. Il faudra donc sans doute que je publie ce texte dans mon propre site afin de répondre de manière plus satisfaisante à votre question, car, dans ce mail, cela risque d'être un peu longuet !

Phlippe l'Arabe, empereur chrétien ? :

Article (revu et complété) disponible ici : Clic !

8. De même, pour la persécution de Valérien, à votre avis aussi exagère, vous y voyez une réaction face à la collusion des chrétiens d'Orient avec les Perses, qui reste à démontrer. Les Perses ont aussi persécuté les chrétiens et je ne vois pas trop pourquoi les chrétiens auraient souhaité voir les Perses envahir l'Orient romain. Si on dit que certains chrétiens ont trahi en soutenant les Perses, on pourra toujours répondre que c'est pour empêcher les persécutions des Valérien, or vous dites que celles-ci ont été motivées par la trahison des chrétiens ? La question est : qui a commencé ?

RÉPONSE :

Dans le deuxième volume de la très volumineuse - et très sérieuse - Histoire du Christianisme (éditions Desclée), je lis ceci : "Les campagnes de Shâhpuhr Ier (240-272) dans l'Empire romain, en 241, en 256, puis en 260, eurent pour conséquence le transfert en Perse de nombreux chrétiens. De Cappadoce, de Cilicie, de Syrie furent en effet déportés et Installés en diverses provinces - Susiane, Babylonie, Perside, Parthie - des milliers, voire des dizaines de milliers de captifs, parmi lesquels des chrétiens. (…) Shâhpuhr fut donc un des artisans de la chrétienté perse, et, pour des raisons essentiellement politiques - le désir d'obtenir une bonne presse dans les communautés chrétiennes du monde romain oriental, sur lequel il avait des visées -, il sut aussi faire preuve envers elle d'une réelle tolérance. (…) Les successeurs immédiats de Shâhpuhr, Hormizd Ier (quelques mois) et Vahram Ier (273-276), conservent encore une attitude semblable envers ces communautés (…). Le règne du second est marqué, en 276, par la condamnation de Mani, qui avait pourtant été le protégé de Shâhpuhr Ier, et de sa doctrine, tenue comme dangereuse pour l'unité nationale. Son successeur Vahram Il (276-292), après dix ans de règne, réactive la persécution contre les manichéens, auxquels cette fois sont associés les Chrétiens et tous les fidèles d'une religion étrangère." (Histoire du christianisme, Vol II : Naissance d'une chrétienté. Partie V, Chap.VIII - Éditions Desclée).

Bon !

Donc, le roi des Perses Sapor (Shâhpuhr) Ier déporte (ou accueille) des captifs (ou des réfugiés) chrétiens dans ses domaines. Pour se faire bien voir de la minorité chrétienne de l'Orient romain, il se montre tolérant à l'égard des Chrétiens et des Manichéens (ceux-ci étant peu ou prou considérés comme des hérétiques chrétiens). Mani accompagne d'ailleurs Sapor dans ses campagnes contre Gordien (242-244) ou contre Valérien (256-260). Ce n'est que sous le règne de Vahram Ier que les Chrétiens (et les Manichéens) commencent à être inquiétés. Nous sommes à ce moment dans les années 276, et, à cette époque, dans l'Empire romain, le christianisme est presque reconnu comme religion licite (c'est la "Petite Paix de l'Église").

On ne peut donc affirmer que les chrétiens furent persécutés simultanément en Perse et dans l'Empire romain. Exception faite de l'époque de la persécution de Dioclétien (303 - 313), c'est même plutôt le contraire.

Mais naturellement, il n'existe pas de preuve formelle de l'alliance des Chrétiens avec les Perses. Cela se saurait !… J'ai bien trouvé quelques indices, mais je préfère les garder "par-devers moi" en attendant soit des preuves qui les étayent, soit des éléments qui les réfutent - la recherche de ces "preuves"; à charge ou à décharge, étant d'ailleurs une des raisons (et non la moindre) de la "publication" de mes hypothèses sur le Net.

Il n'empêche que, sans cette "trahison chrétienne" (ou du moins le soupçon de trahison), il me paraît assez difficile d'expliquer pourquoi l'empereur Valérien décida brusquement, en 257, de persécuter les Chrétiens alors que, jusque-la, il s'était montré particulièrement bienveillant à leur égard. Peut-on exclure, a priori, que les victoires des Perses ne jouèrent aucun rôle dans répression soudaine ?

Mais, bien sûr, je ne doute pas que les Chrétiens avaient de fort bonnes raisons d'en vouloir aux autorités romaines qui, pour des raisons sans doute partiellement (et non exclusivement) non religieuses, les tracassaient, les harcelaient, les condamnaient (sans nécessairement recourir à des persécutions légales) depuis près de deux siècles.

9. Quelles sont vos sources pour cette période : utilisez-vous seulement les sources, et lesquelles, ou également des travaux d'historiens (par exemple Zosso et Zingg, " Les empereurs romains " ou "la crise de l'empire romain" de Loriot et Nony) ?

RÉPONSE :

Quand, il y a maintenant plus de deux ans, j'ai écrit les notices biographiques de ces empereurs du IIIe siècle, je me suis surtout basé sur l'Histoire Auguste (dans l'excellente édition d'André Chastagnol mentionnée plus haut), sur la bonne vieille Histoire du déclin et de la Chute de l'Empire romain d'Edward Gibbon, et surtout sur de vieux textes que j'avais pondu quelques années plus tôt et qui gisaient au fond de mes tiroirs.

"Bien peu de chose", me direz-vous… Oui, mais, à cette époque, je n'imaginais pas que mon site sur les "Empereurs romains" prendrait une telle extension et intéresserait tant de personnes. Comme je vous l'ai signalé, en jetant des hypothèses hasardeuses sur le Net, je comptais surtout recueillir des informations me permettant de les étayer ou de les réfuter. Naturellement, aujourd'hui, ma documentation, tant sur l'Antiquité romaine (en général) que sur la crise du IIIe siècle (en particulier) s'est considérablement étoffée - entre autres de l'excellent livre de X. Loriot et D. Nony. Mais cet enrichissement bibliophile n'a pas encore profité à mon site puisque les anciennes notices biographiques n'ont pas été réécrites. Si Dieu me prête vie (et l'envie), ce sera peut-être chose faite dans quelques mois (ou quelques années…).

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30 Décembre 2002

Stéphane a écrit : 

Je ne parviens pas à situer le contexte historique de la pièce de Shakespeare Titus Andronicus. Les sources (anonymes) utilisées par l'auteur anglais me semblent bien fantaisistes : l'intrigue se déroule après la mort d'un empereur (dont le nom n'est pas précisé) auquel succède un certain Saturninus (qui ne semble pas correspondre au Saturninus historique), frère aîné de Bassianus. Ce dernier est assassiné et Saturninus connaît une fin semblable à la fin de la pièce.

D'autre part, toujours dans cette même pièce, l'empereur Saturninus épouse une reine barbare (Tamora), épouse d'un roi goth vaincu par le général Titus Andronicus.

À qui peut-on identifier cet empereur Saturninus (il me semble qu'il pourrait s'agir de Caracalla, la confusion portant sur l'aînesse des deux frères puisque Bassianus est l'autre nom de Caracalla) ?

Enfin, le général Titus Andronicus est-il réellement un personnage historique ?

RÉPONSE :

"Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence".

S'il avait vécu à notre époque, c'est sans doute ce le grand Will aurait indiqué en exergue de son drame Titus Andronicus.

Je ne connais malheureusement pas cette pièce, mais, au vu du résumé que je viens d'en lire, il me paraît illusoire de rechercher dans ce bain de sang et cette boucherie de membres palpitants des analogies avec l'histoire de la Rome impériale.

Effectivement, l'empereur Caracalla s'appela Bassianus (du nom de son grand-père maternel, Julius Bassianus) durant les premières années de sa vie (ensuite, il devint officiellement le "César Marc Aurèle Antonin"). Son deuxième successeur, le fantasque et pervers Élagabal, arrière petit-fils de Julius Bassianus, porta lui aussi ce nom. Quant à Saturninus, ce fut le nom de deux usurpateurs, l'un à l'époque de Domitien (fin su Ier siècle), l'autre sous le règne de Probus (fin du IIIe siècle - voir ici : Clic !)… sans parler du Saturninus imaginé par le facétieux auteur de l'Histoire Auguste pour atteindre le nombre requis des Trente tyrans". Mais la ressemblance entre ces personnages réels (ou presque) et ceux du drame de Shakespeare se limite à une homonymie d'ailleurs fort peu flatteuse.

À ma connaissance Titus Andronicus est également un personnage imaginaire. On connaît bien un certain Livius Andronicus, l'un des premiers écrivains romains (IIIe siècle av. J.-C.) qui fit se retourner Homère dans sa tombe en traduisant l'Iliade et l'Odyssée en latin… Mais ce forfait n'est en rien comparable à ceux du héros de Shakespeare !

Mais alors, me direz-vous, où le grand Will a-t-il pêché toutes ces horreurs ?

Comme je ne suis pas spécialiste, j'ai été voir dans un site anglophone consacré à Shakespeare, et j'y ai lu ceci (traduction approximative) : "Pour la pièce Titus Andronicus, aucune source principale n'est identifiable, bien qu'il soit probable que certaines aient existé, et qu'elles ne soient plus accessibles aux lecteurs modernes. Il est également possible que Shakespeare se soit inspiré d'une poésie qui circulait dans les années 1570, intitulée A Lamentable Ballad of the Tragical End of a Gallant Lord and of his Beautiful Lady, With the Untimely Death of Their Children, Wickedly Performed by a Heathen Blackamore, Their Servant: The Like Seldom Heard Before. Nous savons que, comme source secondaire, Shakespeare utilisa un conte des Métamorphoses d'Ovide, Progné et Philomèle, qu'il cita presque mot pour mot à l'Acte IV, Scène I (42) de sa pièce. Les tragédies de Sénèque, troublantes et noires, semblent aussi avoir inspiré Shakespeare pour le plus terrifiant de ses drames. Parmi ces œuvres, ce serait le Thyeste de Sénèque qui paraît avoir le plus influencé Shakespeare" (d'après site shakespeare-online.com : Ciic !)

Notez toutefois qu'un autre site (Clic !), lui aussi consacré aux œuvres de Shakespeare, mentionne, parmi d'autres sources possibles pour Titus Andronicus, la Vie de Caracalla de l'Histoire Auguste (œuvre anonyme de la fin du IVe siècle et signée du nom fantaisiste de d'Aelius Spartianus).

Comme je n'ai qu'une connaissance très superficielle - et c'est le moins que l'on puisse dire - du drame de Shakespeare, je me garderai bien de me prononcer à ce sujet, même si, comme je vous l'ai signalé d'emblée, cette corrélation me semble, à première vue, quelque peu tirée par les cheveux.

Stéphane réécrit : 

Je viens tout juste de vous écrire mais, comme je consultais le courrier des lecteurs de votre site, je me permets de vous envoyer cette information qui pourra vous intéresser. Un de vos lecteurs (Clic !) demandait si une traduction française de la Guerre des Gaules de César était disponible. C'est le cas à l'adresse suivante : Bibliotheca Classica Selecta de l'université catholique de Louvain - par conséquent, digne de confiance : Clic !

On y trouve d'ailleurs d'autres traductions françaises d'auteurs latins.

NB :
Depuis peu, une traduction française de La Guerre des Gaules
est également disponible
sur le site Nimispauci d'Ugo Bratelli : Clic !

Stéphane réécrit : 

Décidément, je ne peux me plus me passer de votre site que je consulte avec avidité.

Comme l'indique l'objet de mon mail ("pax hominibus bonae voluntatis…") je vais m'appliquer à prendre la défense de ceux qui agissent de bonne foi, dont, ce me semble, vous faites partie.

En effet, après avoir parcouru avec intérêt le courrier des lecteurs de votre site, je voulais réagir aux critiques parfois virulentes qui ont été portées sur votre travail - je pense tout particulièrement à un courrier intitulé "une volée de bois vert" (Clic !).

En guise de préambule je souhaite préciser que je ne suis pas spécialiste d'histoire romaine. Cependant, je suis historien de formation (diplômes de licence et de maîtrise d'histoire de la Sorbonne) et je connais donc, un peu, les principes de la recherche historique. Ainsi, pour répondre aux propos de vos détracteurs, je souhaiterais, si vous me le permettez, faire quelques remarques.

Tout d'abord, il n'est pas aisé de s'engager dans la voie que vous avez suivie pour aborder, dans un support accessible au public amateur, la vaste question de la Rome impériale. Rien que pour ce morceau de bravoure, vous méritez tout de même quelques lauriers.

D'autre part, je crois me souvenir - et je me plais à croire que j'ai une mémoire assez solide - que, dans une sorte d'avertissement donné au frontispice de votre site, vous précisez que vous n'êtes pas historien : il faut féliciter cette franchise ; d'aucuns, nombreux, n'ont pas tant de scrupules. J'y suis personnellement très sensible.

Les principales critiques qui vous sont faites me semblent tenir à deux traits essentiels que, par paresse et bien trivialement, je désignerais par "le Fond et la Forme".

La critique du fond qui vient ad primum est, à mes yeux, la plus importante et je me dois d'y répondre en tant que chercheur. Ainsi, la première des choses, lorsque l'on apprend le métier - car c'est un métier - d'historien est-elle d'appuyer chacun de ses propos par des sources (littéraires, archivistiques, numismatiques, archéologiques, etc.) ; la deuxième règle fondamentale exige de les examiner avec le plus de circonspection possible, a fortiori lorsqu'il s'agit de sources littéraires, souvent les plus contestables. Disant cela, je n'invente rien, les meilleurs historiens nous apprennent à aborder la question avec beaucoup de prudence. Je ne citerai ici que le grand Jean FAVIER qui connaît ce sujet mieux que quiconque. Dans sa biographie consacrée à Louis XI - je m'excuse auprès des non-médiévistes pour cette digression, cet archiviste et paléographe de métier, répètent à plusieurs reprises que les sources sont sujettes à caution : les auteurs, par définition, sont souvent partiaux - il suffit de lire l'Histoire de Louis XI de Thomas Basin pour s'en rendre compte. Leurs jugements sont d'autant plus subjectifs lorsqu'ils sont contemporains des événements qu'ils relatent. D'ailleurs Jean FAVIER étend son constat aux sources archivistiques (livres de comptes parfois truqués, témoignages mensongers : rien de bien étonnant à ce phénomène qui traverse l'histoire avec toujours autant de succès. Ne réclamons pas de nos anciens plus de vertus que nous n'en avons). Bref, la première tâche de l'historien peut être résumée par une formule : avant tout, procéder à l'examen critique des sources. Il me semble bien que votre démarche soit de cet ordre même si, il est vrai, vous systématisez quelque peu vos jugements, même si, c'est un défaut du genre de la notice biographique, vous procédez parfois à des raccourcis abrupts. Je réponds toutefois aux lecteurs qui érigent en dogmes les propos de Tacite, de Suétone ou de Tite-Live, qu'ils font fausse route.

Quant à votre anti-christianisme présupposé, je dois dire qu'il ne m'a pas sauté aux yeux. En toute objectivité, étant moi-même catholique, je trouve que votre analyse de la biographie de Julien par Benoist-Mechin est assez claire à cet égard : vous n'êtes pas un "bouffeur de curés" comme disait un de mes anciens professeurs d'histoire - qui savait de quoi il parlait puisqu'il était Beauceron. Je laisse donc aux polémistes de métier le soin de longuement débattre sur vos convictions religieuses.

Enfin, examinons la forme dont vous usez. Elle est assez irrévérencieuse, disons-le. Pour un sujet aussi grave que celui de la Rome impériale, il y faudrait davantage l'éloquence des vieux maîtres de rhétorique que le verbe imagé dont vous semblez jouer avec délice : nul doute qu'une telle trivialité eut choqué les oreilles de ces empereurs pourtant habitués aux vociférations de la plèbe, aux campagnes lointaines et aux campements de soldats - dont je doute qu'ils fussent tous des disciples d'Ovide ou de Cicéron ! Pourtant, soit, j'admets avec l'un de vos critiques que votre ton n'est pas à la mesure du sujet, surtout s'il s'adresse à de jeunes enfants - ils ont, ailleurs, suffisamment l'occasion de lire des grossièretés, n'en rajoutons pas.

En conclusion de ce long plaidoyer (non pas pour moi-même, je ne suis pas l'évêque Basin), je voulais seulement dire, citant pour mes amis et confrères chrétiens les Saintes Écritures, que la paix soit sur les hommes de bonne volonté… et qui se consacrent à des sites tels que le vôtre.

RÉPONSE :

Tout d'abord, je tiens à vous remercier de l'intérêt que vous accordez à mon site. Ne considérez pas cela comme de la flagornerie visqueuse ; je suis sincèrement très flatté lorsque des historiens professionnels tels que vous prennent la peine, non seulement de lire ma prose, mais encore de me faire savoir que, globalement, ils apprécient mon travail…

C'est vrai, et je le répète à l'envi, je ne suis pas un vrai historien. Cependant, je ne suis pas aussi ignorant en matière de méthodologie historique que je le laisse parfois entendre, et de vieux souvenirs d'études universitaires avortées, ainsi que la lecture de nombreux bons livres d'excellents historiens me permettent d'estimer à sa juste mesure (et avec moins de bienveillance que vous) l'abîme qui sépare mes "notices biographiques" d'études historiques "sérieuses" !
Certes, je me réfère aux sources antiques (Suétone, Tacite, l'Histoire Auguste, etc…), et je les "critique". C'est même ce que j'apprécie le plus dans la rédaction d'une notice. Mais je suis aussi parfaitement conscient que, me contentant souvent des allégations d'un seul historien antique, et ne confrontant que trop rarement mes intuitions aux conclusions de vrais historiens, il m'arrive souvent de "systématiser mes jugements" (comme vous l'écrivez trop indulgemment) ; c'est-à-dire, pour parler franchement, de proférer des idées très aventurées, sinon des bêtises plus grosses que moi.
En fait, lorsque je suis confronté à deux thèses antagonistes, je choisis celle qui me paraît la plus raisonnable… Mais on sait assez que l'Histoire n'est pas nécessairement "raisonnable" !

Ce sont ces lacunes en matière de méthodologie historique qui m'ont conduit à opter pour ce style que vous qualifiez (avec trop d'indulgence encore) d'"irrévérencieux". Je vous explique : Avant de me consacrer aux "Empereurs romains" j'avais commencé à écrire, dans un style plus "scientifique", des notices biographiques consacrées aux premiers papes. Mais je me suis vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas du tout. Le texte étant complété par des notes infra textuelles destinées à "justifier" les hypothèses avancées, toute ironie légère se transformait en satire mordante, toute critique en attaque virulente, toute hypothèse "irrévérencieuse" en affreux blasphème. Bref l'historien amateur, sceptique mais indulgent que je suis, y apparaissait comme un pseudo savant pédant; partial et hargneux ! Dès lors, quand, un peu plus tard, j'ai entrepris d'écrire des notices biographiques d'empereurs, j'ai décidé de changer mon fusil d'épaule, de jouer d'emblée cartes sur table, et de ne plus endosser un costume d'historien qui ne me convenait pas. Au risque de paraître grossier à certains, j'ai opté pour un ton léger, à la limite de l'irrévérence ; et au risque de paraître trop abrupt ou foncièrement irréligieux, j'ai choisi d'éviter de trop justifier mes hypothèses douteuses. Et si cela "décribilise" quelque peu mon site, tant mieux ! Mes pages internet ne sont pas conçues comme des réservoirs de connaissances où il n'y a plus qu'à puiser une vérité prédigérée, mais plutôt comme des invitations à réfléchir, à vérifier et à se faire une opinion personnelle?

Vous voyez, dans mon esprit, fond et forme sont liés. Puisque l'honnêteté me commande de ne pas me faire passer pour l'historien que je ne suis pas, je préfère adopter un style qui ne pourrait, en aucun cas, être confondu avec celui d'un scientifique de niveau universitaire. Et mon apparente légèreté de ton, que d'aucun pourraient juger irresponsable, est en réalité l'aboutissement d'une réflexion sur la meilleure façon d'aborder un sujet finalement assez sensible.

nav vox - emp

 

Décembre 2002

Michel a écrit : 

En cette fin d'année, j'ai travaillé d'arrache-pied pour arranger mon site !

Trop de changements pour les décrire tous ! Le contenu de bien des pages a été modifié. Pour l'Age du fer (Clic !), vous trouverez quelques objets supplémentaires. Quant aux monnaies romaines (Clic !), elles ont été chambardées (les premières pages tout au moins !).

J'ai également l'honneur et le plaisir de vous annoncer la naissance d'une nouvelle rubrique que j'ai appelée : "Monnaies gauloises d'avant et de pendant l'occupation romaine : Clic !, J'y ai rassemblé une partie des monnaies, dites "barbares".

Comme beaucoup d'autres termes numismatiques, cette appellation a été inventée au XIXe siècle quand d'éminents numismates estimèrent que tous les petits dessins représentés sur certaines monnaies de l'époque romaine ne répondaient pas aux critères de la plastique et du style romain pur. Dès qu'une pièce de monnaie différait du sacro-saint style romain, elle reçut donc le qualificatif de "barbare". Il s'agissait en fait de monnaies frappées par des artisans gaulois, le plus souvent illettrés et qui, ne connaissant pas le style romain, fabriquaient des matrices selon leurs propres critères et traditions.

La situation fut sensiblement différente dans le sud de la France, dans cette vieille Provincia romaine (Provence) qui possédait déjà une tradition artistique grecque avant même la conquête romaine. Mais, à nous, les Nordiques que nous sommes, il nous a fallu beaucoup plus de temps pour nous adapter, aussi retrouve-t-on ce style "barbare" non seulement sur les monnaies, mais aussi pour les objets de la vie quotidienne, ou pour ces statuettes de divinités que vous pouvez également voir sur mon site.

site archeobel

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