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Sommaire Octobre 2002 :

  • 2 Octobre :
    • Les douze "empereurs les plus connus" à partir d'Auguste : Clic !
  • 5 Octobre :
    • De nombreux "liens morts" ? : Clic !
  • 5 Octobre :
    • Marguerite Yourcenar : une grosse feignasse ! : Clic !
  • 5 Octobre :
    • Quelques remarques sur les empereurs "gays" : Clic !
  • 6 Octobre :
    • Un ioli spécimen de griffon et quelques précisions sur ce curieux animal : Clic !
  • 11 Octobre :
  • 12 Octobre :
    • Topographie de la ville de Rome : quelques bons plans : Clic !
  • 13 Octobre :
    • Des précisions sur Aelius César : Clic !
    • Julia Domna était-elle pieuse ? : Clic !

PAGE SUIVANTE

  • 13 Octobre :
    • Quid du livre Jésus parlait araméen d'Éric Edelmann ? : Clic !
    • Quelques (très modestes) réflexions sur les Saintes Écritures : Clic !
  • 15 Octobre :
    • Où trouver quelques infos sur le roi Numa Pompilius : Clic !
  • 15 Octobre :
    • Sait-on pourquoi Hadrien licencia l'historien Suétone ainsi que le Préfet du Prétoire Septicius Clarus : Clic !
  • 15 Octobre :
    • La Villa de Lucullus, dernier refuge de Romulus Augustule : Clic !
    • Étiquette et courbettes à la Cour des Césars : Clic !
  • 16 Octobre :
    • Maryline recherche de la documentation sur le Quo Vadis ? de Sienkewicz : Clic !
  • 24 Octobre :
    • Quelques liens sur la gastronomie romaine : Clic !
  • 24 Octobre :
    • L'éruption du Vésuve : sous Vespasien ou sous Titus ? : Clic !
  • 25 Octobre :
    • Connaissez-vous la bande dessinée Muréna de Dufaux et Delaby ? : Clic !
  • 27 Octobre :
    • L'Agrippine du Britannicus de Racine conforme à la "vérité historique" ? : Clic !
  • 28 Octobre :
    • Des provinces romaines converties au christianisme avant l'Édit de Milan ? : Clic !
    • La Géorgie (ancienne Ibérie) faisait-elle partie de l'Empire romain : Clic !
  • 30 Octobre :
    • Qui était saint Tryphon ? : Clic !
  • Octobre :
    • Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
    • Où l'on explique comment et pourquoi les empereurs "sauçaient" leurs monnaies : Clic !
    • C'est quoi, un "simpulum" ? : Clic !
    • Petite digression sur l'homme de Neandertal : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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2 Octobre 2002

Manon a écrit : 

Je voudrais vous demander un petit service : mon professeur de latin m'a demandé un exposé portant sur les empereurs de Rome, mais sur 12 seulement, les 12 empereurs les plus connus à partir d'Auguste… Mais je n'ai pas les noms. Pourriez-vous me renseigner dessus ?

Merci d'avance

RÉPONSE :

Un simple coup d'œil à liste chronologique des Empereurs romains figurant dans mon site (Clic !) vous renseignera d'emblée sur l'identité des douze successeurs d'Auguste. Cependant, comme, d'après ce que vous me dites, ce sont seulement les empereurs "les plus connus" qui intéressent votre prof, et comme certains (comme Galba, Othon ou Vitellius, par exemple) sont loin de répondre à ce critère, voici, parmi les successeurs d'Auguste, la liste de ceux qui me paraissent les plus importants (un lien vous mène directement à la notice biographique de l'empereur) :

1. Auguste : Clic !

2. Tibère : Clic !

3. Caligula : Clic !

4. Claude : Clic !

5. Néron : Clic !

6. Vespasien : Clic !

7. Titus : Clic !

8. Domitien : Clic !

9. Trajan : Clic !

10. Hadrien : Clic !

11. Antonin le Pieux : Clic !

12. Marc Aurèle : Clic !

13. Commode : Clic !

(Comme je ne sais pas si Auguste doit être inclus ou non, j'ai repris treize empereurs - Si Auguste est concerné, alors supprimez Antonin le Pieux).

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5 Octobre 2002

Chloé a écrit : 

Je dois faire un exposé sur Titus et, en traînant sur le Net, j'ai trouvé ton site qui n'est pas mal du tout par rapport a tout ce que j'ai pu trouver comme horreurs !

Juste un petit détail, il y a quelques liens qui ne sont pas mis à jour.

Voilà, c'etait juste comme ça, pour te dire.

Alors bonne continuation !

RÉPONSE :

Bonjour Chloé, et merci pour ton mail très sympa.

Pour les liens qui ne sont pas mis à jour (dans la page consacrée à Titus, mais sans doute aussi dans bien d'autres), bien que ce soit dommage, c'est malheureusement "normal". Vu le nombre de pages de mon site et vu le nombre de liens qui y figurent, il m'est rigoureusement impossible de vérifier ceux-ci régulièrement : il y a tant de sites qui disparaissent ou changent d'adresse tandis que d'autres se créent !

Jusqu'ici, je ne vérifie les liens que lorsque je réécris entièrement une "Vie" d'empereur (ça devrait être bientôt le tour de ton copain Titus).Cependant, je crois que je vais bientôt mettre "ma main à ma conscience" (comme on dit), et effectuer un grand nettoyage dans tout cela : certaines pages "datent" déjà de plus d'un et demi et ont grand besoin d'un bon coup de serpillière (ou plutôt, comme je suis Belge, de "torchon") !

Bonne chance pour ton exposé !

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5 Octobre 2002

Audeboboc a écrit : 

Ce livre est un désastre, il est médiocre. Les mémoires d'hadrien ne mérite ni majuscules, ni pages.

RÉPONSE :

Ah bon ?!

livre yourcenar

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5 Octobre 2002

Bert a écrit : 

Encore Bert qui pointe son nez ! (que j'ai fort long, ceci explique peut-être cela !)

Je vois pas mal de questions portant sur, pour résumer: untel était-il homosexuel ?

Peut-être faudrait-il approfondir (sic) le sujet, mais peut être pas sur votre site qui a d'autres chats à fouetter (re-sic)… Essentiellement pour rappeler, comme vous le fîtes en votre temps (pour le divin Jules, je crois…), que l'acception du "fait homosexuel" n'était pas en ces temps-là celle que nous avons aujourd'hui, et que la nuance, en la matière, est nécessaire !

Les notions d'"amitié", entre hommes, de "lien social" ou "civique", les différences de conditions entre personne faisant que toutes n'étaient pas, sur le plan sexuel y compris, égales entre elles, la différence d'âge, bref, toute une activité sociale bien différente de celle de notre temps qui entraîne nécessairement des différences de traitement des "faits sociaux" selon que l'on vivait à Rome sous Auguste ou à Los Angeles sous Georges ! (ce que je ne souhaite bien évidemment à personne !)

Un petit résumé intéressant :

  • Le Pharisien libéré - la gayté dans l'Antiquité, ça n'existe pas ! : Clic !

Circule sur le net une thèse de psycho fort intéressante sur l'"homosexualité antique", mais impossible à retrouver! Je ne désespère pas, heureux de rajouter des caractères à votre site qui en regorge et va bientôt exploser !

RÉPONSE :

Fût-il cyranesque, vous faites bien de pointer votre nez. Vous êtes toujours fort le bienvenu ! Cependant, ne croyez pas que l'homosexualité supposée de tel ou tel empereur romain soit foncièrement "hors sujet" de mon site : tout ce qui concerne les dirigeants de la Rome impériale m'intéresse !… Mais, dans ce cas précis, il me semble que l'on a vite fait le tour de la question.

En effet, et sans entrer dans le débat de savoir ce qu'était réellement l'homosexualité masculine dans l'Antiquité romaine et comment elle était considérée, d'après ce que j'ai pu constater, chaque fois qu'elle est évoquée pour un empereur romain ce n'est qu'afin de nuire à la réputation de celui-ci. Comme l'expose l'intéressant article dont vous m'avez communiqué l'adresse (Clic !) (et comme je l'ai écrit à ici (Clic !), quand Suétone se fait l'écho d'une relation amoureuse entre César et le roi de Bithynie, c'est surtout pour faire sauter quelques boulons de la statue du Dieu Jules. De la même façon, quand Suétone montre un empereur pourtant plutôt du genre austère tel que Tibère occupé à d'infâmes orgies dans son île de Capri, c'est afin de le faire passer pour un vieux bouc pervers, gâteux et cruel. Quant à, Néron, il met un comble à son ignominie en épousant Sporus en tant que jeune marié et se faisant épouser par Épaphrodite comme une jeune vierge effarouchée, etc, etc… Et ce dénigrement d'empereurs par le biais de mœurs sexuelles "déviantes" se poursuit après Suétone. Dans les biographies de l'Histoire Auguste, plus tardives (début du Ve siècle), mais qui reprennent les allégations de sources plus anciennes, l'homosexualité devient l'ingrédient indispensable d'une "bonne biographie de mauvais empereur" - aussi nécessaire que la bière pour de vraies carbonnades flamandes ! Mais évidemment, dans un contexte aussi peu objectif, il est quasi impossible de déterminer ce qui relève de la fiction ou de la réalité, ou plutôt de distinguer la simple médisance de la calomnie pure et de découvrir la part de vérité historique enterrée dans une masse de ragots nauséabonds !

Une seule chose me paraît cependant évidente : si l'homosexualité présumée de tel ou tel empereur était utilisé pour noircir sa mémoire, c'est que l'homosexualité était probablement perçue de façon négative, sinon par une large part de la population de l'Empire, du moins par la majorité du lectorat d'auteurs "à sensation" tels que Suétone et ses continuateurs.

En outre, certains empereurs étaient de grands admirateurs, et même d'ardents propagandistes, de civilisation hellénique. Ils ne voulaient donc en aucun cas apparaître insensibles à la beauté masculine. Si Néron "épousa" la beau Sporus (si tant est que ce mariage homosexuel eut jamais lieu), et si Hadrien, ce "petit Grec", tomba raide dingue du bel Antinoüs, allant même jusqu'à le mettre au rang des dieux, c'était peut-être moins par passion que pour poser un acte symbolique - provocateur certes, mais fort - qui montrait mieux que tous les discours leur attachement au mode de vie "grec". La diffusion dans tout l'Empire romain des bustes et statues d'Antinoüs ne fut-elle pas davantage un genre de "manifeste de l'hellénisme" plutôt que la proclamation urbi et orbi des préférences sexuelles du maître du monde romain qui, finalement, n'intéressaient personne ?

De plus, ne peut-on croire que la déification progressive de la fonction impériale poussa certains empereurs à afficher une bisexualité "jupitérienne". Le maître de Rome, de plus en plus souvent et de plus en unanimement considéré comme une émanation de Zeus, ne devait-il pas, à l'instar du roi des dieux, céder aussi bien au charme de la belle Léda qu'à celui du mignon Ganymède ? Il s'agissait là de politique, (peut-être) pas réellement d'amour !

Il y aurait donc, d'une part, des empereurs qui utilisent le prestige de la civilisation hellénique (ou plutôt hellénistique) afin d'unifier idéologiquement leur empire et d'instaurer une monarchie de droit divin, et, d'autre part, des milieux "conservateurs" qui résistent à cette politique en s'appuyant sur l'homophobie d'une partie de la population pour discréditer les initiatives impériales.

Mais ce n'est là qu'une simple hypothèse.

Pour le reste, déterminer le degré de tolérance de la société antique par rapport à l'homosexualité, distinguer toutes les nuances qui permettraient de discerner ce qui était sexuellement honorable de ce qui ne l'était point, bref, savoir "avec qui et dans quelles positions" les Romains plongeaient "dans le stupre et la fornication" sans encourir la honte et le déshonneur, c'est l'affaire de spécialistes de la civilisation antique. Or, je n'en suis pas un…

… Mais ce qui ne m'empêche naturellement pas d'être intéressé par ce sujet. C'est pourquoi j'attendrai avec impatience que vous me fassiez part de vos découvertes sur le Net, et en particulier en ce qui concerne cette thèse que vous recherchez avec une belle persévérance.

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6 Octobre 2002

Michel a écrit : 

Vous rappelez-vous notre petite correspondance concernant le griffon et Pégase comme animal mythique sur les pièces de monnaies (voir ici : Clic !) ? Voici quelques jours, j'ai ramassé sur le Net cette photo d'une lampe romaine bien étrange, avec un bien bizarre "lion ailé" sur le miroir !

lampe griffon

Pouvez-vous, éventuellement, me dire ce que vous en pensez.

Bizarre un animal pareil dans la mythologie romaine, ne trouvez vous pas ? Comme quoi, avec les Romains, on n'est pas encore sorti de l'auberge…

RÉPONSE :

Quoique je manque d'éléments comparatifs, cette photo semble bien représenter un griffon dans toute sa splendeur : bec et ailes d'aigle, corps de lion… quand je vous disais que l'apparition d'un tel animal sur un champ de courses aurait fait fuir tous les parieurs !

Votre remarque sur la présence de cet animal dans la mythologie romaine est très pertinente puisque le dictionnaire où je puise ces renseignements (Dictionnaire de l'Antiquité de l'Université d'Oxford - Édition Robert Laffont - Collection Bouquins) signale (mais sans s'attarder) que la "conception du griffon est d'origine orientale". Ce qui expliquerait d'ailleurs le caractère quelque peu orientalisant de cette représentation (du moins à ce qu'il me semble). Quant à l'aspect laineux du pelage du griffon, il peut aussi sans doute s'expliquer du fait que cet animal fabuleux était censé garder un trésor dans le grand Nord, au pays des Hyperboréens… Un pays où, comme chacun sait, le fond de l'air et souvent fort frais et où il vaut mieux ne pas sortir le soir sans "sa petite laine".

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11 Octobre 2002

Jacky a écrit : 

J'ai revu mon site "Les Divertissements dans la Rome antique" ; je pense l'avoir amélioré. J'ai développé les thèmes relatifs au cirque, à l'amphithéâtre et aux thermes. Un petit clin d'œil aussi au Forum et aux aqueducs.

site honore

Néanmoins, je souhaiterais approfondir ce qui a trait au domaine "médical". Quels étaient les soins apportés aux gladiateurs "défaillants"; quelle médecine était en vigueur à cette époque ? L'amputation était-elle courante ? Quels soins apportait-on aux agonisants ? Quel(s) remède(s) pour les yeux crevés, les membres fracturés ? De quels moyens disposaient les médecins de l'époque ? Les ouvrages que je possède ne m'ont apporté absolument aucune réponse à ce sujet et les thèmes développés sur l'Internet se réfèrent essentiellement à l'ophtalmologie.

Un chaleureux merci pour votre aide.

RÉPONSE :

C'est très sympa de votre part de m'informer de l'évolution de votre excellent site (Clic !) ; je ne manquerai pas de répercuter ces renseignements via les pages "Courrier" de mon propre site.

En ce qui concerne la médecine romaine, je crains bien d'être aussi dépourvu de documentation que vous. En effet, je m'intéresse davantage aux biographies d'empereurs qu'à la vie quotidienne dans la Rome antique.

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes et, bien évidemment, sans avoir l'outrecuidance de prétendre vous donner le moindre conseil, il me semble pourtant qu'il serait judicieux d'aborder la médecine romaine par le biais du plus célèbre médecin romain, en l'occurrence Claude Galien. D'autant plus qu'il semble avoir lu quelque part que ce bon docteur commença sa brillante carrière comme médecin de ces gladiateurs dont la forme physique paraît tant vous intéresser !

En outre, d'après ce que j'ai pu constater lors d'une recherche sommaire, les pages internet consacrées à Galien, à son œuvre et à ses pratiques médicales, sont assez nombreuses sur la Toile. Je vous transmets ci-dessous quelques-unes de ces adresses, trouvées à l'occasion de cette recherche superficielle. Mille excuses si elles font double emploi avec certaines que vous auriez déjà repérées :

  • Info Science - Biographie de Galien : Clic !
  • Site de Jean-Yves Gourdol - Portraits de médecins - Claude Galien : Clic !

Et si vous ne craignez pas de vous frotter à la prose de Galien (heureusement en traduction française) :

  • Bibliothèque interuniversitaire de Médecine (BIUM) - Œuvres numérisées de Galien :
    • Introduction : Clic !
    • Textes numérisés : Clic !
    • Thèse de Christine Bonnet-Cadilhac sur l'anatomo-physiologie de la génération chez Galien : Clic !
  • Enfin, pour info, cette page du fameux site LacusCurtius où vous trouverez les adresses de quelques sites consacrés à la médecine romaine (malheureusement, la plupart sont en Anglais) : Clic !

Je suis vraiment désolé de ne pouvoir vous aider davantage. Que cela ne vous empêche cependant pas de me prévenir quand votre site se sera enrichi de ces pages consacrées à la science médicale romaine.

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12 Octobre 2002

David a écrit : 

J'aimerais que vous me conseilliez un site Web sur la topographie de la ville de Rome et l'explication de ces constructions urbanistiques.

Merci d'avance.

RÉPONSE :

Pour tout savoir sur la topographie de la Rome antique, le "must", l'adresse incontournable, c'est, bien évidemment, celle de l'excellent site américain LacusCurtius, avec, en particulier :

  • Le Topographical Dictionary of Ancient Rome de Samuel Ball Platner : Clic !
  • 116 sites sur la ville de Rome : Clic !

Naturellement, la majeure partie de cette documentation est en Anglais. Si vous ne lisez pas cette langue, je vous conseille le non moins excellent Plan de Rome de l'Université de Caen qui fournit une documentation presqu'exhaustive sur les monuments de l'ancienne Rome : Clic !

D'autres liens vers des sites similaires (cartes, plans et maquettes de Rome) sont également disponibles à cette adresse de mon propre site :

  • Rome: monuments, plans et maquettes : Clic !
site LacusCurtius

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13 Octobre 2002

Michel a écrit :

L'autre jour, après avoir fait l'acquisition d'un petit denier de Julia Domna (Clic !), je suis tombé sur un as d'Ælius César avec en exergue "Pannonia" au revers (Clic !). Je suis bien sûr, parti à la recherche de cette fameuse pièce dans l'ouvrage de Cohen (Clic !). Mais plus grande encore a été ma stupéfaction de lire l'histoire de cet illustre Ælius. Selon Cohen, il avait comme père un certain Ceionius Commodus, mais portait les noms de Verus, de Lucius Aurelius et d'Annius quand Hadrien l'adopta et lui donna alors le nom d'Ælius, le faisant ainsi entrer dans la famille "Ælia"… Qu'est-ce donc pour une chinoiserie romaine cette affaire ? Ensuite je lis qu'il était préteur et gouverneur de Pannonie, ce qui explique bien sûr le texte sur la monnaie. Et Cohen termine par la phrase : "on lui reprochait des excès de table qui probablement abrégèrent sa vie". Je suppose que Cohen aime les euphémismes ou est-ce vrai ? Inutile de dire que je me suis précipité sur votre site, bible de chacun qui s'intéresse à l'histoire de Rome. Mais je n'ai pas retrouvé ces passages-là. J'ai bien retrouvé le passage qui le cite comme le papa du futur Lucius Hips Verus ! ;o))

Je me pose aussi des questions sur Julia Domna : il est curieux qu'on la connaisse aussi sous le nom de Julia Pia. Je suppose que ça doit avoir affaire avec ce "Pius" qu'on retrouve chez Antonin, et que tout le monde voulut s'approprier par la suite, juste histoire de faire bien !

Auriez-vous la gentillesse de m'éclairer un peu au sujet des questions que je me pose.

RÉPONSE :

Bon alors, pour Ælius César, il semble bien que notre ami Cohen, à l'instar de nombre d'auteurs du XIXe siècle, ait accordé trop de crédit aux divagations que l'Histoire Auguste profère sur lui. Pour rappel, l'Histoire Auguste, c'est un recueil de biographies impériales, composée "à la manière de Suétone" par un auteur païen qui vivait à l'époque de Théodose (fin du IVe siècle - début du Ve). Or, quand cet écrivain ne savait grand-chose de la personne dont il écrivait la biographie, il avait une fâcheuse tendance à inventer, à pasticher ou à se livrer à de joyeux anachronismes. Et comme, au Ve siècle, les sources concernant Ælius César faisaient déjà cruellement défaut, sa courte biographie dans l'Histoire Auguste recèle bien plus de fumée que de feu !

Quelques certitudes seulement.

Tout d'abord le nom que cet Ælius portait avant son adoption par Hadrien était seulement Lucius Ceionius Commodus. Ce même nom qu'avaient d'ailleurs déjà porté son père (consul en 106) ainsi que son grand-père (consul en 78). Lucius Junior, futur Ælius César, ne s'appela donc jamais Annius (le gentilice de Marc Aurèle) ni Verus (cognomen que ce même Marc Aurèle donna à Lucius Verus, fils d'Ælius César, mais que ce dernier ne porta jamais - il n'avait d'ailleurs aucune raison de le faire).

Lors de son adoption par Hadrien (fin 136 ap. J.-C.), notre Lucius Ceionius Commodus prit le nom de famille de son père adoptif (Ælius) et devint donc, tout bêtement, Lucius Ælius César. Cette année-là (136), Lucius était sans doute déjà consul suffect. Suite à son adoption, il fut désigné comme consul (ordinaire) pour l'année suivante (137), reçut la puissance tribunitienne et fut nommé proconsul en Pannonie inférieure et supérieure. Ælius César mourut dans les premiers jours de l'année 138 ap. J.-C. Il était marié avec une certaine Avidia. Lucius Verus, co-empereur avec Marc Aurèle, naquit de ce mariage. L'épouse d'Ælius César n'était autre (le monde est si petit) que la fille de cet Avidius Nigrinus qui, au tout début du règne d'Hadrien, avait conspiré contre le nouvel empereur qu'il jugeait trop peu militariste (sur la conspiration de Nigrinus, voir ici : Clic !)

aelius

Cela ce sont des certitudes, ou des quasi-certitudes. Il existe aussi une hypothèse intéressante développée en son temps par le célèbre (mais quelque peu fasciste) historien Jérôme Carcopino qui, pour expliquer l'adoption d'Ælius César, voudrait que celui-ci fût un fils naturel d'Hadrien qui, jeune homme, aurait fort bien connu (au sens biblique du terme) l'épouse de Lucius Commodus Senior. C'est une idée séduisante, mais qui manque totalement de fondements historiques.

À l'époque d'Hadrien, on expliqua sans doute l'adoption d'Ælius César par l'attirance physique de l'empereur Hadrien pour ce beau jeune homme dont les boucles blondes flottaient au vent. Aujourd'hui, les historiens préfèrent penser, d'une part que cette adoption visait à rassurer le Sénat (la famille de Lucius Ceionius y était puissante) et, d'autre part, qu'Hadrien estimait que ce César, ni trop falot ni trop brillant, ferait un excellent "empereur de transition" en attendant que Marc Aurèle, son favori, ait l'âge requis pour accéder au trône.

Pour le reste, l'inénarrable auteur de l'Histoire Auguste rapporte aussi qu'Ælius César inventa aussi un genre de hamburger - le pentefarmacum - composé, comme son nom l'indique de cinq ingrédients principaux (accrochez-vous) : tétines de truie, jambon en croûte et viandes de paon, de faisan et de sanglier… Je vous le recommande pour soigner vos gueules de bois !

Dans un domaine plus léger, l'Histoire Auguste rapporte aussi qu'Ælius César aimait attacher des ailes postiches à ses messagers (vous imaginez votre facteur ainsi accoutré ?) et à leur donner des noms de vents (Borée, Mistral, Aquilon, etc…). En outre ce polisson aurait aussi inventé un genre de lit, qui, entièrement entouré d'un filet aux mailles très fines, pouvait être rempli de pétales de roses ('"dont on avait enlevé le blanc", précise le méticuleux auteur de l'Histoire Auguste). C'est dans cet environnement fleuri et parfumé que l'héritier d'Hadrien aimait à s'ébattre en compagnie de jeunes et jolies damoiselles… Et si son épouse, Madame Avidia (comment ne pas être revêche quand on est affublé d'un tel nom) venait à se plaindre de ses frasques, son bucolique mari lui répondait invariablement : "Ne te plains pas et laisse-moi assouvir mes désirs avec ces pouffiasses, car à toi, il te reste la meilleure part de moi-même : la dignité que t'assure le nom d'épouse !".

Il ne manquait pas d'air, le Lucius Ælius César !

julia domna

C'est pourtant de tuberculose qu'il serait mort, et non de ces excès alimentaires que lui prête notre ami Cohen. Il aurait succombé à une crise de cette longue et pénible maladie précisément la vieille du jour où il devait être officiellement présenté au Sénat comme l'héritier de l'Empire. Il aurait trépassé alors qu'il peaufinait le discours qu'il devait prononcer à cette occasion. "Il y travaillait le matin des calendes de janvier, quand il fut pris d'un soudain crachement de sang ; la tête lui tourna ; il s'appuya au dossier de son siège et ferma les yeux. La mort ne fut qu'un étourdissement pour cet être léger" (Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, Éditions Gallimard)…

Quant à Julia Domna, qu'elle fut "pieuse" (Pia) n'étonnera personne. N'était-elle pas la fille d'un prêtre d'Émèse ?…

Bien sûr, je plaisante : dans l'Antiquité romaine, être "Pieux", cela ne signifiait pas aller à la messe tous les jours ou, comme feu ma vieille maman, "sanctifier le Jour du Seigneur" ! Être "pieux" à Rome, c'était, certes, faire tout ce qu'il fallait pour ne pas mécontenter les dieux, mais c'était surtout, accomplir minutieusement tous ses devoirs civiques et familiaux.

Alors, Julia Domna fut-elle "Pia" ? Sans doute puisque votre monnaie l'affirme… Cependant, il m'étonnerait fort que cette noble dame ait eu droit à ce titre du vivant de son auguste mari Septime Sévère. À mon avis, elle ne devint pieuse qu'en tant qu'impératrice-mère, quand elle s'occupa avec zèle du culte de son impérial défunt mari… tout en s'échinant à séparer ses deux rejetons, Caracalla et Geta, qui se sautaient à la gorge dès qu'elle avait le dos tourné !

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