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Août 2002 (page 2/2)

Sommaire du mois d'Août : Clic !

24 Août 2002

Francesco a écrit : 

Il y a une newsletter ? Je veux m'inscrire…

RÉPONSE :

Désolé, mais il n'y a pas de "Newsletter" pour le site Empereurs romains. Cependant, la page Quoi de IX ? vous indiquera toutes les nouvelles pages (notices biographiques, pages "courrier", cartes, etc…). Il vous suffit de placer cette adresse parmi vos "liens favoris" et de la consulter régulièrement.

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26 Août 2002

Denis a écrit : 

De la part de l'Association de prière citoyenne (APC) :

Peut-être devriez-vous chercher dans la puissante intercession de sainte Philomène, si chère au curé d'Ars, la réponse à vos interrogations sur la persécution de Dioclétien ? La foi soulève les montagnes. Ne peut-elle aussi résoudre les grandes énigmes de l'Histoire ?

Pour plus de détails, cf. la page suivante (Clic !), et en particulier, le témoignage apporté par Sr Marie Louise de Jésus.

RÉPONSE :

Un grand merci pour ce judicieux conseil.

À vrai dire, pour résoudre mes interrogations sur la persécution de Dioclétien, j'avais déjà demandé l'intercession de Notre-Dame de Foy, la Sainte Madone protectrice de ma petite ville natale de Rochefort (Belgique). Cependant, vous devez avoir raison : sainte Philomène, plus spécialisée "ès persécution", devrait se montrer en l'occurrence plus efficace.

Encore merci pour votre aide.

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26 Août 2002

Georges a écrit : 

Sauriez-vous me dire où trouver plus d'informations sur la bataille qui eut lieu entre Clodius Albinus et Septime Sévère en 197, au nord de Lyon, pense-t-on ?

RÉPONSE :

La bataille de Lyon qui opposa, le 19 février 197, l'empereur Septime Sévère à son rival Clodius Albinus est relatée par deux historiens romains (mais qui écrivaient en Grec) : Dion Cassius et Hérodien. Ces deux auteurs ayant vécu au début du IIIe siècle, donc assez peu de temps après cette guerre civile, leurs témoignages sont en général considérés comme à peu près fiables.

Le récit de Dion Cassius (Histoire romaine, livre 76, 6) est disponible (en traduction anglaise uniquement, hélas) sur le site LacusCurtius (Clic !). À noter que cet auteur prétend que, lors de la bataille de Lyon, trois cent mille hommes s'affrontèrent (cent cinquante mille soldats dans chaque camp). Rien que ça !… Mais on sait que les historiens antiques avaient toujours tendance à "gonfler les effectifs" !

clodius albinus

Quant au texte d'Hérodien, le voici : "Quand l'armée de Sévère fut parvenue en Gaule, des escarmouches eurent lieu dans différents secteurs, mais la dernière se produisit à Lyon, cité puissante et prospère, où Albinus s'était enfermé et se maintenait après avoir envoyé son armée au combat. Une violente bataille s'engagea. Pendant très longtemps, l'issue en resta douteuse et l'on ne sut à quel camp reviendrait la victoire. C'est que les Bretons (d'Albinus) ne le cèdent en rien aux Illyriens (de Septime Sévère) pour la vaillance et l'ardeur meurtrière, et comme les deux armées luttaient bravement, ni l'une ni l'autre ne prenaient aisément la fuite. Selon le récit de certains historiens d'alors qui ne cherchaient pas à plaire, mais à dire la vérité, la ligne de bataille de l'armée d'Albinus l'emporta si largement dans le secteur où se trouvaient Sévère et sa propre armée que ce dernier, en prenant la fuite, tomba de cheval et dut abandonner le manteau impérial pour n'être pas reconnu. Les Bretons, partis à la poursuite de leurs ennemis, entonnaient déjà un péan en signe de victoire quand apparurent Lætus, général de Sévère et, avec lui, les troupes qu'il commandait, encore fraîches parce qu'elles étaient tenues en dehors de la bataille. On accuse Lætus d'avoir attendu la fin du combat et d'avoir volontairement tardé à intervenir. S'il avait gardé ses troupes fraîches, c'était, prétend-on, parce qu'il aspirait lui-même à diriger l'Empire ; d'ailleurs, n'était-il pas apparu seulement lorsqu'il avait appris la chute de cheval de Sévère.

La suite des événements confirme assurément ces allégations. En effet, aussitôt l'ensemble de la situation rétablie, Sévère, exempt désormais de tout souci, récompensa généreusement tous ses généraux, à l'exception du seul Lætus à qui, seul, il gardait rancune et qu'il fit exécuter. Mais cela n'intervint que plus tard. Pour l'heure, Lætus, comme on l'a dit, était apparu avec des troupes fraîches. Les soldats de Sévère, qui s'en trouvèrent renforcés, replacèrent celui-ci sur son cheval et lui remirent son manteau. Les troupes d'Albinus, elles, croyaient déjà tenir la victoire, et quand celles de Sévère les abordèrent, elles n'étaient plus en bon ordre. L'arrivée soudaine de cette armée vaillante qui n'avait pas encore lutté les obligea, au terme d'une brève résistance, à plier. Ce fut alors une débandade générale. Les troupes de Sévère les poursuivirent et en firent un carnage jusqu'à Lyon. Sur le nombre des soldats qui, de chaque côté, subirent la mort ou la captivité, chacun des historiens de l'époque a donné ses propres évaluations, au gré de ses préférences. Les soldats de Sévère pillèrent ensuite la ville, l'incendièrent, capturèrent Albinus et lui tranchèrent la tête, qu'ils apportèrent à Sévère. Puis ils dressèrent deux trophées, l'un pour l'Orient, l'autre pour le Nord". (Hérodien, Histoire des Empereurs romains, Traduction de Denis Roques, Édition Les Belles Lettres, Paris, 1990).

Sur le Net, je n'ai pas trouvé grand-chose au sujet de cette bataille. Au cas où vous ne les auriez pas déjà repérés, je vous transmets néanmoins ces trois "liens" :

  • Histoires d'un jour - 19 février 197 - Victoire de Septime Sévère à Lyon : Clic !
  • E. Robin - Septime Sévère et l'armée : Clic !
  • Frédéric Bey - L'armée romaine aux Ier et IIe siècles : Clic !

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27 Août 2002

Bert a écrit : 

Ça faisait longtemps que je n'étais pas venu… Ah, toujours un régal ! Et puis, la touche "libre-penseur", voltairienne en diable, est encore là, heureusement…

À propos de la statue de Marc Aurèle, parlez-vous de celle placée en haut de la colonne du même nom, colonne qui soutient (supporte ?) la statue de St Paul depuis Sixte Quint ? (Réponse : Clic !)

Il existe une édition des Pensées de Marcus Aurelius, appelées là des Soliloques, traduction augmentée d'une réflexion sur les rapports entre le stoïcisme d'Aurèle et les "premiers Chrétiens", pas mal du tout, je trouve.

Je vous en conseille la lecture, ainsi qu'à ceux de vos lecteurs que cela intéresserait !

En voici les références :

Soliloques de Marc Aurèle - Classiques de poche, dans la collection du livre de poche. Outre les Soliloques (titre que cet éditeur a préféré à Pensées, remember les "commentarii" du grand Jules ?), on, trouvera aussi dans ce livre un texte de Jean-Louis Gratteloup, qui, (je le résume trop, mais bon…), reprenant la formule d'Auguste Comte, considère que la religion chrétienne a remplacé le stoïcisme en le détruisant, et que désormais, la dernière vraie "philosophie" de l'homme décidant lui-même, maître de sa pensée, a été remplacé par ce qu'il appelait (si mes souvenirs sont exacts…) l'infaillibilité papale, le dogme remplacent le libre-arbitre…

Enfin, ce petit (mais décidément complet !) bouquin se termine par la relation (tirée des Actes des martyrs ou d'Eusèbe, me semble t-il) des martyres de St Ignace sous Trajan (hilarant, si, si), celui de St Polycarpe (sous Marc Aurèle, il me semble…), ceux de Justin, de Pothin, de Laurent et de Blandine, des récits qui, tous, montrent avec quel fanatisme (je ne vois pas d'autre mot…) ces braves types exigent le supplice, un cruel, et surtout, surtout, que personne, même leurs amis, ne les en prive, pour l'amour de Dieu

livre soliloques

RÉPONSE :

Ça fait toujours plaisir de revoir - ou plutôt de relire - de vieilles connaissances ! Merci pour votre mail, ainsi que pour ce renseignement concernant cette version des Pensées de Marc Aurèle. J'ai bien pris note des références de ce livre. Vos commentaires étant si élogieux, j'ai immédiatement passé commande à ma libraire. Celle-ci étant Flamande, donc théoriquement efficace, et se prénommant Rita (comme la sainte spécialiste des causes désespérées), je ne devrais, en principe, pas trop tarder à entrer en possession de ce livre. À mon avis, ce seront surtout les annexes "martyrologiques" qui retiendront surtout mon attention, car, bien sûr, les Pensées de Marc Aurèle se trouvent déjà depuis belle lurette dans ma bibliothèque. Cependant, ces "Livres de Poche" ne sont pas onéreux au point de rechigner devant ce doublet.

Vous évoquez le "fanatisme" des premiers chrétiens qui, à cor et à cris, réclamaient le martyre aux autorités romaines. Peut-être vaudrait-il mieux parler de "masochisme obstiné" ! Comme l'écrivait jadis Marc Aurèle : "Quelle âme forte que celle qui est disposée, à l'instant même s'il le faut, à se séparer de son corps ! Cependant, le fait d'être prêt à mourir doit provenir d'une réflexion individuelle et non, comme chez les Chrétiens, d'une pure obstination". (Pensées, XI, 3)

À propos d'obstination (notre ami Voltaire aurait quant à lui parlé d'"enthousiasme", ce qui, sous sa plume, était loin d'être un compliment), connaissez-vous cette savoureuse anecdote relatée par G. W. Bowersock dans son tout récent ouvrage "Rome et le martyre" (Éditions Flammarion) ?

À la fin du règne de Commode, en Asie Mineure (Turquie actuelle), un magistrat romain était en train d'expédier les affaires courantes lorsqu'une bande d'excités se présenta spontanément devant son tribunal. Ces gens lui hurlèrent qu'ils étaient Chrétiens, qu'ils refusaient d'honorer l'empereur, et qu'en conséquence, tous tenaient mordicus à encourir la sanction prévue par la Loi, c'est-à-dire la peine capitale. La vile populace païenne présente dans le Prétoire ayant emboîté le pas à ces fous en reprenant à tue-tête la sinistre antienne "Aux lions, les Chrétiens", le magistrat, complaisant (et surtout soucieux de maintenair l'ordre public), fit conduire quelques-uns de ces illuminés jusqu'au lieu d'exécution, dans l'espoir que leur supplice calmerait les autres. Hélas, ceux-ci n'en démordaient pas : coupables de christianisme, ils étaient venus pour recevoir les palmes du martyre, et il était du devoir du magistrat d'appliquer les lois ! Finalement, le Romain dut se résoudre à faire chasser manu militari ces fanatiques de son prétoire en s'écriant, exaspéré : "Pauvres fous ! Si vous tenez tant à en finir avec la vie, vous avez des falaises pour vous y précipiter et des cordes pour vous pendre !".

Précisons que cette anecdote révélatrice est tirée d'un texte de Tertullien, un écrivain chrétien du début du IIIe siècle qui était aussi très favorable au suicide par autorités romaines interposées. Il faut aussi dire que ce bouillant Africain (du Nord) était fort suspect d'avoir embrasse l'hérésie de Montanus, comme d'ailleurs ses (presque) contemporains, les fameux "Martyrs de Lyon" (sainte Blandine, Pothin et consorts)… et ledit Montanus n'avait pas prêché un christianisme des plus mous !

En ce qui concerne la statue de Marc Aurèle évoquée dans mes pages (voir : Clic !, Clic ! et Clic !), il s'agit bien évidemment de cette statue équestre actuellement érigée sur la place du Capitole à Rome , et non de celle qui se trouvait sur la colonne Aurélienne (voir Clic !) et que le pape Sixte Quint (un autre Chrétien qu'on ne peut soupçonner de mollesse) fit remplacer par celle de saint Paul (qui, lui non plus, n'était pas précisément un "modéré"). Finalement, tout pesé tout considéré, ce pape n'avait peut-être pas tort : l'Apôtre des Gentils présidant aux scènes de massacres sculptées sur la colonne, ce n'était pas déplacé pour un sou…

Mais sans doute allez vous encor m'accuser d'avoir la dent trop dure à l'égard Chrétiens ?…

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31 Août 2002

Raphaël a écrit : 

Je suis aussi passionné d'Antiquité et plus particulièrement d'Antiquité tardive, mais alors là, j'ai plein de questions, mais, aucune critique :

1) Pour les traductions latines, parles-tu latin ?

2) Combien d'ouvrages as-tu , peux-tu m'en conseiller quelques-uns d'originaux et poussés ?

3) Un truc utile pour toi : veux-tu des sources des informations sur le paganisme romain, les débuts du christianisme et toutes ses sectes du IIIe au VIe siècle ?
Vi ? Non ?
Les 2 : le paganisme (dans son volet populaire et dans son aspect néo-platonicien) et les débuts du christianisme (évolution et luttes doctrinales) sont vraiment mon point fort. - je pourrais t'envoyer des passages par mail si tu veux.

4) Travailles-tu seul sur ce site ?

5) Et puis la dernière : mais au juste, que fais-tu pour être si calé dans ce domaine ? Tu es bien la seule personne de mon âge (la vingtaine d'années non ?) avec un savoir aussi encyclopédique dans la matière. (ne me dis pas que du fais des sciences, là, je serais méga bleufé) peut-être le dis-tu sur un de tes sites, mais je n'ai pas trouvé.

Salut ! Et merci pour tes réponses. Surtout, prends ton temps : je ne suis pas pressé.

RÉPONSE :

Tout d'abord, mille excuses si je ne respecte pas l'ordre de tes questions… je vais cependant essayer de n'en oublier aucune.

C'est fort obligeant de ta part, mais tu me rajeunis de vingt bonnes années : j'ai en effet 46 ans ! C'est te dire que mes cours de latin sont bien loin derrière le vieux croûton que je suis. Peut-être, avec beaucoup de travail, un dico Latin-Français, une bonne grammaire latine, quelques litres de café fort et un bon stock d'aspirine, serais-je encore capable de venir à bout d'une "version" latine… mais ce n'est pas sûr ! Dès lors, soucieux de réserver mon temps et mon énergie à de plus nobles (et plus gratifiantes) tâches, je préfère, autant que faire se peut, me servir de traductions "toutes faites" puisées dans quelque bouquin, ou alors, passer par des traductions anglaises qui foisonnent sur le Net.

Vu mon âge canonique, tu dois bien te douter que je ne suis plus étudiant depuis belle lurette. Je ne suis pas prof non plus. Je suis simplement un amateur d'histoire qui tente, via le Net, de partager avec d'autres une culture générale accumulée depuis trois bonnes décennies et restée jusqu'ici largement sous-utilisée - près de vingt ans passés au service des Postes belges ne m'ont en effet, jusqu'ici, guère donné l'occasion d'aborder ces questions historiques qui m'intéressent bien davantage que les virements, mandats et chèques postaux !

Pour le reste, je travaille seul sur ce site (voir : Clic !). Comme a dit (à peu, près) jadis quelqu'un (je ne sais plus trop qui) : "Travailler en équipe, c'est se résoudre à perdre la moitié de son temps à convaincre ses collaborateurs que l'on a raison !".

En ce qui concerne les livres, je suis tenu (faute de place dans mon appartement de Bruxelles) de n'en garder que quelques-uns (mais cela fait quand même déjà un beau paquet) à portée de main, les autres restant bien au chaud dans ma maison familiale des Ardennes belges. Je travaille donc autant d'après des souvenirs de lecture, parfois fort anciens, que d'après les livres eux-mêmes. Bien souvent, je me contente d'aller m'y assurer de la pertinence de l'un ou l'autre point douteux, ou d'y vérifier l'exactitude d'une citation ou d'une référence. C'est une méthode qui ferait sans doute bondir d'horreur les vrais historiens, mais il est vrai que moi, je ne suis pas un "vrai historien" !

Te conseiller des livres ? C'est toujours un peu délicat quand on ne connaît pas les goûts, ni précisément tes centres d'intérêt de son interlocuteur. Un livre, finalement, cela ne se vend pas réellement, cela s'adopte plutôt… En outre, entre les livres "qu'on a déjà" ou ceux "qui sont vraiment trop nuls", on n'a pas plus d'une chance sur cent de tomber "juste". Cela dit, voici, si cela t'intéresse, les quelques livres qui ne quittent pour ainsi dire jamais le coin de mon bureau :

  • SUÉTONE : Vie des douze Césars
  • TACITE : Annales et Histoires
  • HISTOIRE AUGUSTE - Les empereurs romains des IIe et IIIe siècles (Voir : Clic !). Puisque tu t'intéresses à l'Antiquité tardive, voilà bien un livre que je te recommande vivement : non seulement le texte antique, mais aussi l'introduction d'André Chastagnol ainsi que ses commentaires introductifs à chaque "Vie d'empereur" sont du plus haut intérêt.
  • PSEUDO-AURÉLIUS VICTOR : Abrégé des Césars, les Belles Lettres, Paris, 1999
  • Edward GIBBON : Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Édition Robert Laffont, Coll. Bouquins
  • Patrick LE ROUX : Le Haut-Empire romain en Occident, d'Auguste aux Sévères, Éditions du Seuil, Coll Points Histoire.
  • Maurice Sartre : Le Haut-Empire romain - Les Provinces de Méditerranée orientale, d'Auguste aux Sévères, Éditions du Seuil, Coll Points Histoire.
  • Jean-Michel CARRIÉ et Aline ROUSSELLE : L'empire romain en mutation, des Sévères à Constantin (192 - 337), Éditions du Seuil, Coll Points Histoire.
  • Louis HARMAND : L'Occident romain (Gaule - Espagne - Bretagne - Afrique du Nord) (31 av. J.-C. à 235 ap. J.-C.), Éditions Payot, Paris
  • Xavier LORIOT & Saniel NONY : La Crise de l'Empire romain, 235-285, Éditions Armand Colin.
  • Maurice BOUVIER-AJAM : les Empereurs gaulois, Édition Tallandier.
  • UNIVERSITÉ D'OXFORD : Dictionnaire de l'Antiquité, Éditions Robert Laffont, Coll. Bouquins.
  • Jean-Michel THIBAUX : Pour comprendre la Rome antique, Pocket n° 10.851.
  • Sous la direction de Philippe LEVILLAIN : Dictionnaire historique de la Papauté, Éditions Fayard.
  • Fernand HAYWARD : Histoire des Papes, Payot, Paris (1929)
  • Sous la direction de J.-M. MAYEUR, Ch. et L. PIETRI, A. VAUCHEZ et M. VENARD : Histoire du Christianisme, Éditons Desclée :
    • Vol. 1. Le nouveau peuple (des origines à 250).
    • Vol. 2 : Naissance d'une chrétienté (250 - 350).
    • Vol. 3 : Les Églises d'Orient et d'Occident (432 - 610).
    • Vol. 4 : Évêques, moines et empereurs (610 - 1054).

J'espère que tu es arrivé au bout de cette interminable liste ! Finalement, je ne sais pas ce qui est le plus fastidieux : lire ce genre de bibliographie, ou les établir ?

Je serais bien évidemment ravi de consulter les textes que tu me proposes… surtout sur les origines du christianisme : je suis demandeur de toute information sur ce sujet, d'où qu'elle vienne. Les problèmes du paganisme m'intéressent moins…

Voilà j'espère avoir répondu à toutes tes questions sans en oublier aucune.

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Août 2002

Michel a écrit : 

J'ai l'honneur et le plaisir (les fleurs, je les garde pour mon épouse) de vous annoncer que la page des monnaies de Domitien de mon site Archéobel a été complétée avec deux petits quadrans comme je les aime bien : Clic !

  • Le premier quadrans porte à son avers "Pallas" ainsi que le texte IMP DOMIT AVG GERM. Au revers, un "olivier" et S-C.
  • La deuxième pièce est un quadrans dit "anonyme" car il est anépigraphe. Il porte à l'avers "Pégase" assis sur son derrière (la brave bête était probablement fatiguée de voir la tête de Domitien !).Il y a légère confusion entre certains auteurs qui appellent cette figure ailée "un griffon". Pour ma part, je pense que le griffon est un animal héraldique plus récent que "Pégase". Quant au revers de cette monnaie, il est aussi intéressant car il représente un trépied avec un serpent, et le globe terrestre au-dessus entouré du classique S-C.

Pour info, je vous signale également un beau denier en bon argent de Trajan, avec, au revers "Æquitas" et sa balance : Ciic !

Outre ces monnaies, d'autres nouveaux objets sont encore arrivés sur Archeobel, entre autres :

  • Une applique décorative et un couteau de fer : Ciic !
    Ce simple couteau (j'adore ces simples pièces que l'on ne voit quasi jamais dans les musées !) fut sans doute, jadis, celui d'un cuisinier ou d'un boucher gallo-romain. La petite anse à la fin de la soie de la pièce devait servir à mettre un anneau, par lequel le couteau était pendu a un clou ou que sais-je. Vraiment le petit objet utilitaire de l'époque. J'ai été étonné que la pièce contienne encore autant de fer solide ! Le test à l'aimant était surprenant. Enfin cela m'as permis de nettoyer la pièce en la martelant légèrement avec un petit marteau de fer. Cela enlève beaucoup mieux les restes oxydés et les petites crasses.
  • Une applique de harnais en bronze (pièce extraordinairement grande) : Ciic !
site archeobel

RÉPONSE :

pegase

Je ne vois pas comment vos "spécialistes" en numismatique peuvent confondre Pégase et un Griffon. .Autant confondre votre humble serviteur et notre brave reine douairière Fabiola, ou, comme l'écrivait jadis le savoureux auteur français René Fallet, "prendre le Pirée pour un homme et les breloques de ma tante pour celles de mon oncle" !

Naturellement, mes souvenirs mythologiques ne vont pas si loin, mais d'après ce que je viens de vérifier rapidement, Pégase, ailes exceptées, c'est un cheval on ne peut plus chevalin, avec un corps de cheval, des jambes de cheval et les dents de Fernandel, tandis que le Griffon, c'est une autre histoire, un mix bizarre : un corps de lion, des ailes et une tête d'aigle. Donc, sur un hippodrome, Pégase serait désigné comme favori par tous les parieurs, tandis que le Griffon les ferait fuir, épouvantés, aux quatre coins du champ de courses !

Encore une petite chose qui me tarabuste. C'est à propos de ces pièces anonymes que vous nommez si joliment "anépigraphes" : comment peut-on les attribuer au règne de tel ou tel empereur… voire à la période impériale plutôt qu'à la République ? Est-ce que cela se joue aux fléchettes - au "vogelpik", comme on dit de par chez nous - , un peu comme pour le nom des dessins des monnaies gauloises ?

Petit exemple : Si, moi, Béotien ignorant que je suis, j'avais trouvé votre monnaie "Pégasifiée" dans mon jardin, je me dirais en moi-même : "Tiens, c'est une vieille monnaie avec Pégase !", et j'irais voir dans un bouquin où l'on me donnerait quelques précisions sur Pégase, sa vie et ses mœurs. Je lirais alors que Pégase était l'emblème de Corinthe et que cet animal fabuleux apparaissait sur les monnaies de cette ville. "Tiens, me dirais-je alors, je me demande ce qu'une vieille pièce corinthienne peut bien faire au fond de mon jardin, au pied de mon prunier favori !". Intrigué, je retournerais alors cette monnaie et verrais enfin le fameux S-C du revers. "Ah, c'est donc une pièce romaine ! songerais-je alors. C'est déjà plus normal !". Et je conclurais naïvement que cette pièce aurait été frappée quand les Romains prirent et saccagèrent Corinthe, en 146 av. J.-C…. et j'aurais tout faux !!

Serait-ce donc trop abuser de votre patience de vous demander quelques éclaircissements à sujet de la datation de ces pièces anonymes dont j'ignorais jusqu'à l'existence avant d'en voir sur votre site ?… Il ne faut jamais perdre une occasion d'enrichir sa culture générale !

Réponse de Michel : 

Comment dater des pièces "anonymes" ?

Pour vous rassurer, le "vogelpik" n'entre pas en ligne de compte ! La littérature numismatique de notre brave Cohen nous apprend que des monnaies du même type que ces pièces anonymes ont souvent été frappées avec le nom de Domitien. Ainsi, comme vous le voyez sur mon site Archéobel, il existe un quadrans avec "Pallas" à l'avers, aussi bien avec texte que sans texte ! De plus, dans le contexte archéologique, ces petites monnaies (anonymes et avec texte) furent à nouveau utilisées depuis Domitien jusqu'à Antonin (attention, le quadrans existait déjà comme valeur monétaire sous la république). Je vous ai déjà parlé de la longévité de certaines pièces. Celles-ci ne font donc pas exception. Elles ont été mises en cours au temps de Domitien, et les pièces portaient les textes IMP DOMIT AVG GERM pour la plupart. Mais les autres (anonymes) sont probablement d'à peu près la même époque, quoique plus sous Domitien. Elles ont été frappées parfois avec des autres revers (Pallas "sans texte" porte une chouette au revers au lieu d'un olivier). La pièce au trépied existe sous Domitien avec son effigie à l'avers, et, en pièce anonyme, la tête de Domitien a heureusement été remplacée par Pégase. Les pièces proviennent d'une même source, et, avec le temps, certains avers ou revers furent modifiés, mais jamais les deux à la fois.

Comme nous savons que le quadrans a disparu pour de bon comme monnaie sous Antonin, la datation de ces pièces ne peut se situer qu'entre la période de Domitien à Antonin. C'est pas plus compliqué que ça !

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