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Sommaire Aout 2002 :

  • 3 Août :
    • Qui était le "dernier des Romains" ? : Clic !
  • 5 Août :
    • Un site sur la Villa d'Hadrien (Villa Hadriana) : Clic !
  • 11 Août :
    • Quelle est la première oeuvre littéraire sur la "martyrologie" ? : Clic !
  • 11 Août :
    • Peut-on encore visiter des tombeaux d'empereurs romains ? : Clic !
  • 16 Août :
    • Gladiator : un remake (moins fidèle du point de vue historique) de La Chute de l'Empire romain, un péplum des sixties ? : Clic !
    • Une notice biographique rien que pour Césarion ? : Clic !
  • 18 Août :
    • À TÉLÉCHARGER : des fiches généalogiques sur les Julio-Claudiens : Clic !
  • 21 Août :
    • Jésus, info ou intox ? : Clic !
    • Que penser de la Résurrection de Jésus : Clic !
    • Un site pour tout savoir des empereurs romains d'Orient : Clic !
    • Quelques sites sur l'Histoire du Christianisme : Clic !
  • 21 Août :
    • Un "fabuleux destin" pour Romulus Augustule après son abdication ? : Clic !
    • … Ainsi que pour son prédécesseur Julius Nepos ? : Clic !
  • 24 Août :
    • Une "Newsletter" pour ce site ? : Clic !
  • 26 Août :
    • Sainte Philomène et le mystère de la Persécution de Dioclétien : Clic !
  • 26 Août :
    • Le 19 février 197, à Lyon, Septime Sévère flanque une raclée à Clodius Albinus : Clic !
  • 27 Août :
    • Soliloques, une intéressante édition des Pensées de de Marc Aurèle : Clic !
    • Un peu masos, les premiers Chrétiens ? : Clic !
    • Ne pas mélanger les torchons et les serviettes… ni saint Paul avec Marc Aurèle ! : Clic !
  • 31 Août :
    • Quelques questions (un peu indiscrètes) au webmaster de ce site : Clic !
    • Les quelques livres qui "nidifient" sur mon bureau : Clic !
  • Août 2002 :
    • Site Archéobel : Nouvelles monnaies de l'époque de Domitien : Clic !
    • … Ainsi que quelques autres objets intéressants : Clic !
    • Pégase et Griffon, même combat ? : Clic !
    • Comment dater les pièces romaines "anonymes" ? : Clic !
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3 Août 2002

Harfang a écrit : 

Cela fait deux heures que je parcours votre site avec bonheur. D'ailleurs peut-être pourriez-vous m'aider: je recherche des informations sur un vague souvenir concernant un général surnommé le dernier des Romains et qui aurait combattu a la bataille des champs Catalauniques… Est-ce là une divagation de ma part, ou a-t-il vraiment existé ?

RÉPONSE :

En vitesse, et pour vous éviter de passer une nuit blanche à la recherche de ce vague souvenir scolaire, voici brièvement ce qu'il en est. Ce général surnommé "le dernier des Romains" s'appelait Ætius (ou, si vous préférez, Aétius). Il a effectivement combattu (et vaincu) Attila à la bataille des Champs Catalauniques (près de Troyes, en Champagne), mais, pour tout dire, ses troupes n'étaient plus guère "romaines" que de nom, composées principalement qu'elles étaient de "barbares" aussi peu romanisés que possible - surtout des Wisigoths et des Francs, sous la conduite du roi Mérovée (cependant, d'autres tribus franques, qui soutenaient les prétentions au trône du frère de ce Mérovée, combattaient avec les Huns d'Attila).

Il faut dire que cet Ætius connaissait fort bien les Huns : auparavant, il en avait recruté et utilisé des escadrons entiers pour combattre d'autres "Barbares" qui menaçaient l'Italie. Notre Ætius sera finalement tué par le très faible empereur Valentinien III qui craignait davantage l'ambition de ce général aux dents longues que tous les envahisseurs "barbares" réunis. (Voir cette page où j'évoque l'étrange colloque d'Attila avec le pape Léon : Clic !).

N.B. :
"Dernier des Romains" : Aetius… ou Boèce ? : Clic !

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5 Août 2002

Emmanuel a écrit : 

J'ai réalisé un site sur la Villa Hadriana.

site Villa Hadr

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11 Août 2002

Bidzina a écrit : 

Pourriez-vous nous dire quand a été écrite la première œuvre littéraire sur la martyrologie ?

Nous vous prions d'indiquer le titre et l'année de cet ouvrage.

RÉPONSE :

Je suis désolé, mais je ne comprends pas bien votre question. En effet, "première œuvre littéraire sur la martyrologie", cela peut signifier plusieurs choses (en se limitant aux martyrs chrétiens de l'Antiquité romaine, naturellement) :

Tout d'abord, les "Actes des Martyrs".

Il s'agit de documents rassemblés après la mort d'un martyr et destinés à l'édification des fidèles. Ces documents se composent le plus souvent de pièces juridiques (interrogatoire du Chrétien par le magistrat romain et sentence prononcée par celui-ci), d'un discours apologétique - la profession de foi du martyr avant sa mort atroce (ça va de soi), et enfin du récit du supplice (par un tiers, évidemment).
Les premiers "Actes" concernent des martyrs exécutés au milieu du IIe siècle (entre 150 et 180) : ceux relatifs au martyre de saint Polycarpe de Smyrne sont les plus connus et semblent les plus anciens. Cependant, la date de compilation (ou de rédaction) définitive de ce genre de documents demeure très controversée. Selon certains historiens, la composition aurait été effectuée très peu de temps après le martyre. Pour d'autres, il s'agit de récits édifiants, composés plus tardivement (IIIe - IVe siècles) sur base des documents originaux.

On peut aussi considérer les martyrologes comme d'autres "œuvres littéraires sur la martyrologie".

Le martyrologe est un livre liturgique qui reprend, selon l'ordre du calendrier, les noms des martyrs (et des saints) avec indication du lieu et des circonstances de leur supplice. Le plus ancien martyrologe connu est le martyrologe "hiéroronymien" (car attribué à saint Jérôme) qui fut composé en Italie du Nord au Ve siècle. Il ne renferme que le nom du martyr et le jour de sa passion. Par la suite, les notices s'étofferont, des détails (croustillants ou édifiants) seront ajoutés pour fournir autant d'exemples aux prédicateurs. C'est de ces martyrologes, amplifiés au fil des siècles par des récits hagiographiques édifiants, que naîtra la très célèbre Légende dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle), l'un des plus grands "best-sellers" du Moyen Age.

Enfin, je lis ceci dans un livre fort intéressant de G. W. Bowersock : "Dans toute l'évolution de la fiction à la martyrologie et à l'hagiographie, l'ouvrage de transition est certainement, parmi les textes qui survivent, les Reconnaissances clémentines (Note : Les Reconnaissances du Pseudo-Clément, éd. et trad. A. Schneider et L. Cirillo, Turnhout - Belgique - Brepolis, 1999). Cet étrange livre n'est rien moins qu'une fiction historique, largement dans l'esprit des romans grecs que nous possédons, mais avec un héros chrétien et une abondance d'homélies chrétiennes édifiantes au lieu des discours de la fiction païenne". (Glen W. Bowersock, Rome et le Martyre, Éditions Flammarion, 2002)

Je ne connais malheureusement rien de plus au sujet de ces "Reconnaissances clémentines", et ne pourrais donc vous affirmer qu'il traite précisément des martyrs.

livre bowersock

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11 Août 2002

Thabermas a écrit : 

Je souhaiterais savoir s'il existe encore de nos jours des sépultures d'Empereurs romains, ayant résisté tant aux hommes qu'au temps.

RÉPONSE :

Si vous comptiez profiter de vos vacances pour effectuer le circuit touristique des tombeaux d'empereurs romains, de la même manière que l'on peut faire un tour des cimetières militaires de la Grande Guerre, je crains bien qu'une modification de votre programme estival ne s'impose ! En effet, à ma connaissance, aucune sépulture impériale romaine ne semble avoir été conservée jusqu'à nos jours. Il faut dire aussi que les anciens Romains, s'ils étaient fort respectueux de leurs morts, craignaient surtout leurs fantômes. Aussi, les cadavres enterrés dans des cimetières coquets au milieu des villes, ce n'était pas tellement leur genre. Quant à les enfouir sous les pavés des temples, cela aurait constitué une profanation sans nom ! Les morts donc étaient enterrés soigneusement le long des grands-routes ou regroupés dans des nécropoles, mais toujours prudemment relégués à l'écart des villes et des vivants. Et naturellement, ce mode d'inhumation, loin des yeux (mais non loin du cœur, rassurez-vous), et surtout loin de toute surveillance, n'était pas de nature à garantir l'éternelle conservation des monuments funéraires, même impériaux. De plus, dès que les temps devinrent plus difficiles, la conjoncture politico-militaire plus troublée et les matériaux de construction plus rares, bien des tombeaux furent démantelés et leurs pierres "recyclées" dans des édifices plus utiles aux vivants (murailles, tours, etc…)

Tout cela pour vous dire, qu'à première vue, le seul monument antique qui, aujourd'hui, évoque encore la dernière demeure d'un empereur romain serait le Mausolée de Galla Placidia à Ravenne (voir ici : Clic !, Clic ! et Clic !).

Toutefois, ce monument ne semble jamais avoir abrité les restes de l'impératrice Galla Placidia. En outre, cette Galla Placidia, épouse du "co-empereur" Constance III et mère de l'empereur Valentinien III, ne "régna" jamais réellement sur l'Empire romain.

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16 Août 2002

Christian a écrit : 

Je viens de découvrir votre site - passionnant - et les commentaires sur le film Gladiator. À mon avis, celui-ci n'est qu'un remake - superbement réalisé, certes - d'un film des années soixante intitulé La chute de l'Empire romain. Ce dernier prend d'ailleurs aussi de nombreuses libertés avec l'histoire, mais la dernière séquence (mise aux enchères de l'Empire) me semble plus exacte sur le plan historique. Qu'en pensez-vous ?

Prévoyez-vous une notice sur Césarion connaît-on les circonstances exactes de sa mort ?

RÉPONSE :

Que le film Gladiator soit un "remake" du film La Chute de l'Empire romain, je crois qu'à peu près tout le monde est d'accord sur ce point… Mais quant à dire que - même superbement réalisé - l'œuvre de Ridley Scott n'est "que" ça, cela me paraît un tantinet injuste. À mon avis, et même si je suis loin d'être un cinéphile averti ou un cinéphage glouton, et même si mes souvenirs de La Chute de l'Empire remontent à plusieurs lustres, il me semble que le réalisateur de Gladiator a quand même fameusement dépoussiéré cette vielle histoire, et, du même coup, donné comme un nouvel air de jeunesse au vieux genre du "péplum".

Conséquence de ces souvenirs quelque peu défraîchis, je ne puis affirmer que l'épilogue de cette Chute de l'Empire est davantage conforme à la réalité historique que celui de Gladiator… ce qui ne serait d'ailleurs pas difficile, car ce dernier relève vraiment de la fantaisie historique. En réalité, après l'assassinat de Commode, ses meurtriers offrirent le trône impérial au vieux général Pertinax. Donc, pas de Lucius Verus Junior pour succéder au vilain Commode ! Cependant, une fois intronisée, cette vieille baderne de Pertinax se montra si intransigeante sur la discipline que les Prétoriens se révoltèrent, trucidèrent l'empereur qui leur avait été imposé (eux, Commode, ils l'aimaient plutôt bien !), puis, effectivement, ils mirent l'empire à l'encan. C'est le richissime sénateur Didius Julianus qui fit l'offre la plus alléchante et qui fut donc acclamé comme empereur par les cupides soldats… mais il ne tarda guère à s'en mordre les doigts !

gladiator
NB : Sur le film Gladiator, voyez aussi :
  • Des liens sur Gladiator : Clic !
  • "Infidélités" historiques du film Gladiator de Ridley Scott : Clic !, Clic ! et Clic !
  • La magnifique bataille initiale du film Gladiator, un tissu d'"infidélités" : Clic !
  • Le film Gladiator et l'inculture : Clic !
  • Commode avait-il la joie d'être "tonton" : Clic !
  • Lucilla, sœur de Commode : Clic !

Quant aux derniers jours de ce pauvre Césarion, j'ai déjà eu l'occasion de les évoquer au détour d'un mail avec un autre internaute (voir ici : Clic !). Cela dit, je n'envisage pas de consacrer une notice biographique au fiston de Jules César et de Cléopâtre. Ce ne serait d'ailleurs pas simple de l'écrire, cette notice, car on ne sait pratiquement rien de Césarion (même la date et le lieu de sa naissance sont très controversés). Octave Auguste, devenu le seul maître de l'Empire romain, mais qui n'était que fils adoptif de César, avait tout intérêt à ce que le fils "biologique" du "Dieu Jules" tombe dans l'oubli complet ! Et il a presque réussi : Césarion, ou Ptolémée XV Philopator Cæsar, pour lui donner sa (vaine) titulature égyptiennne, n'est plus guère aujourd'hui qu'un nom.

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18 Août 2002

Denis a écrit : 

Je me permets de vous envoyer des fichiers joints concernant la généalogie (assez détaillée) des Julio-Claudiens en espérant que les visiteurs du site pourront en profiter, la critiquer, la modifier, etc. (e-mail : nanouvrignaud@aol.com)

TÉLÉCHARGER CES FICHES (format Word) ?

 

  • FICHE 1 - Généalogie des Julio-Claudiens : Clic ! (31 Ko)
  • FICHE 2 - Les mariages de l'empereur Auguste : Clic ! (21 Ko)
  • FICHE 3 - Les descendants de l'empereur Auguste : Clic ! (20 Ko)
  • FICHE 4 - La descendance de Julia, fille d'Auguste : Clic ! (21 Ko)
  • FICHE 5 - La descendance de Julia, petite-fille d'Auguste : Clic ! (21 Ko)
  • FICHE 6 - La descendance d'une tante maternelle d'Auguste : Clic ! (20 Ko)
  • FICHE 7 - La descendance d'Octavie et de C. Claudius Marcellus : Clic ! (24 Ko)
  • FICHE 8 - La descendance d'Octavie et de Marc Antoine : Clic ! (22 Ko)
  • FICHE 9 - La descendance d'Antonia Minor et de Drusus : Clic ! (22 Ko)
  • FICHE 10 - La descendance de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée : Clic ! (22 Ko)
  • FICHE 11 - Mariage et postérité de l'empereur Caligula : Clic ! (20 Ko)
  • FICHE 12 - Mariages et postérité d'Agrippine la Jeune : Clic ! (20 Ko)
  • FICHE 13 - Les mariages de l'empereur Claude : Clic ! (22 Ko)
  • FICHE 14 - La descendance de l'empereur Claude : Clic ! (22 Ko)

Pour toute info sur ces tableaux généalogiques s'adresser à :

Denis Vrignaud - e-mail : nanouvrignaud@aol.com.

RÉPONSE :

Merci également pour ces intéressantes fiches sur la généalogie des Julio-Claudiens. Comme vous le suggérez, je vais les mettre à la disposition des visiteurs de mon site. Bien évidemment, je vous tiendrai au courant des éventuelles réactions que susciteraient ces "fiches julio-claudiennes".

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21 Août 2002

Wilfrid a écrit : 

Connaîtrais-tu un lien vers un site parlant des différents empereurs d'Orient (après Théodose) et ce jusqu'à la chute de l'empire romain d'orient.

Pour info un site intéressant concernant les différentes thèses autour de l'existence de Jésus :

  • Cercle Zététique - Jésus, info ou intox ? : Clic !

Que penses-tu de ce qui est dit dans cet argumentaire ?

RÉPONSE :

Pour les empereurs d'Orient, je ne connais guère que l'excellent site "De Imperatoribus romanis" qui fournisse des notices détaillées à leur sujet (jusqu'à Constantin XI et la prise de Constantinople par les Turcs). À mon avis, ce site "DIR - De Imperatoribus romanis" est d'ailleurs le meilleur site sur les empereurs romains (le mien compris) existant sur le Net… Mais c'est en Anglais !

J'avais déjà eu l'occasion de parcourir la page du "Cercle Zététique" consacrée à Jésus. Évidemment, même si sa position personnelle n'est pas clairement étable, l'auteur de cette page reprend surtout les arguments de la "thèse mythiste" ("Jésus n'a pas existé ; ce n'est qu'un mythe au même titre que Mithra ou Apollon"). Quant à moi, si je devais me "positionner" en fonction des "thèses" définies dans cette page, je dirais que je suis plutôt un partisan de la "thèse cryptique" ("Jésus a existé, mais il n'a pas du tout été l'homme représenté par les évangélistes, ayant plutôt a été un révolutionnaire, un Juif millénariste, un sicaire, un zélote etc.").

Cela dit, j'ai déjà eu l'occasion, au détour de mails échangés avec d'autres sympathiques internautes, de préciser quelque peu mon point de vue sur la question très controversée de l'historicité de Jésus. Si cela t'intéresse, voici les liens qui mènent à ces courriers : Clic !, Clic ! , Clic ! et Clic !.

Le sujet n'est pas simple… D'autant plus que les thèses soi-disant "historiques" sur l'existence ou non de Jésus ne sont le plus souvent que le reflet d'opinions philosophiques. En effet, finalement, les seuls textes qui permettent d'appréhender le Jésus historique (ou le "mythe Jésus") sont les quatre Évangiles ; et comme ces textes sont complexes, et même parfois contradictoires parce que composites, élaborés selon des "traditions" souvent antagonistes, chaque "spécialiste" peut sans peine y trouver des arguments pour étayer sa propre thèse, quelle qu'elle soit !

J'ajouterais cependant encore ceci : si Jésus n'est qu'un mythe, alors je comprends vraiment mal pourquoi les "mythificateurs" (ou les "mystificateurs", si tu préfères) chrétiens des Ier et IIe siècles choisirent de faire mourir ce "Jésus mythique" sur une croix, comme un vulgaire esclave ou comme un dangereux rebelle contre Rome. Cette mort, jugée infamante, n'était certes pas de nature à favoriser la propagation de la nouvelle religion : les Juifs rigolaient doucement dans leurs barbes de ce Messie qui ne faisait rien d'autre que de mourir cloué à un gibet tel un vulgaire malandrin au lieu de libérer Israël du joug romain, tandis que le supplice légal de Jésus ("un agitateur juif crucifié sous Tibère par Ponce Pilate") rendait les autorités romaines plus soupçonneuses que jamais à l'égard des fidèles de ce maître fort suspect de ne pas porter Rome dans son coeur ! Bref, colporter une telle anecdote, c'était un "anti-mythe" pire que Vapona (excuse le jeu de mot douteux). Donc, si la crucifixion de Jésus a subsisté alors qu'elle ne pouvait qu'embarrasser les premiers prédicateurs chrétiens, c'est qu'il s'agissait d'un fait établi, connu de tous, avéré… donc réel, historiquement fondé. Et, naturellement, si un certain Jésus a été crucifié, c'est qu'il s'agissait d'un homme, pas d'un mythe !

Wilfrid réécrit : 

Merci pour ta réponse très complète.

Encore quelques questions !

1. Tu parles sur ton site d'une "Histoire du christianisme" sur laquelle tu serais en train de travailler. Ce document est-il consultable ? Sinon as-tu des liens (que tu estimes intéressants… et objectifs bien sûr)

RÉPONSE :

Mon "Histoire du Christianisme" qui se résume, en fait, à des notices biographiques des premiers papes, ni n'est ni publiée ni d'ailleurs publiable : outre le fait qu'elle est très largement inachevée, le style que j'avais adopté, à la fois trop savant pour un amateur et trop polémique pour un historien, rend cet ouvrage un peu bancal. Cependant, certains extraits (résumés et adaptés) figurent dans ce site "Empereurs romains". Pour le reste, je pense de plus en plus sérieusement - histoire sans doute d'ajouter quelques fagots au bûcher de mon autodafé ! -, à "publier" ce texte sur le Net après en avoir "unifié" le style. Mais, j'aimerais d'abord encore compléter, rendre plus pertinentes, bref améliorer certaines notices d'empereurs, ce qui me permettrait, du même coup, d'étoffer quelque peu mes connaissances sur l'Empire romain, que j'estime encore souvent trop lacunaires.

À ma connaissance, je ne pense pas qu'il existe de sites (en Français et "objectifs" de surcroît - vaste programme !) sur l'histoire du christianisme, mais voici cependant quelques liens qui pourraient peut-être t'intéresser :

  • Historel - Histoire des religions : Clic !
  • Les Catacombes de Rome : Clic ! - Un excellent site, même si je ne suis pas toujours d'accord avec tout !
  • History Popes (en anglais) : Clic !
  • L'Année de la naissance du Christ : Clic !
  • Les Juifs d'Alexandrie, jusqu'à la révolte sous Trajan : Clic !
  • Études et documents sur Julien, Celse, etc… : Clic !
  • Et naturellement, le must (mais en Anglais) : La Catholic Encyclopedia (1913) : Clic ! - Je me demande toujours pourquoi il n'existe rien de comparable sur le Net français !… Pas plus d'ailleurs qu'on ne trouve aucune traduction française des textes des Pères de l'Église qui foisonnent pourtant en Anglais : Clic ! ou Clic !, par exemple.

2. Quid de la thèse de la résurrection de Jésus ? Serait-il mort sur la croix ou aurait-il survécu à ses blessures et se serait réfugié ailleurs dans l'empire ? Quel est ton avis (subjectif forcément) sur ce sujet au travers des (maigres) éléments dont nous disposons ?

RÉPONSE :

Puisque la Résurrection de Jésus constitue un dogme de la religion catholique, on est tenu d'y croire, mais pas nécessairement de la comprendre… Cela dit, il faut rendre justice aux Évangiles canoniques : dans ces textes, cette fameuse résurrection du Christ, cette base de la Foi chrétienne (saint Paul le disait déjà), est relatée avec une économie de moyens et une absence "d'effets spéciaux" qui rendrait presque banal ce phénomène inouï. En gros, les Saintes Femmes se rendent au Saint Sépulcre pour effectuer la toilette funéraire de Jésus (après trois jours, quel dévouement !), elles trouvent la pierre du tombeau roulée et, dans ledit tombeau ouvert à tous vents, une paire d'anges lumineux qui leur disent, tout benoîtement : "Si vous cherchez Jésus, il n'est plus là. Il est ressuscité et il vous précède en Galilée". Dans l'Évangile de Jean, Jésus lui-même apparaît ensuite à Marie Madeleine, mais celle-ci a bien du mal à le reconnaître ; elle croit qu'elle a affaire au jardinier (?) et ce n'est que quand "l'apparition" l'appelle par son nom que "son franc tombe" ! Par la suite, Jésus ressuscité apparaîtra encore à diverses personnes (disciples, apôtres) qui auront toujours autant de difficultés à le reconnaître. On remarquera aussi que Jésus ressuscité ne se montra qu'à ses fidèles ; jamais à ses bourreaux ni même à des Juifs sceptiques ! ("Cet étrange sauveur ne se manifesta qu'aux membres de sa secte et à quelques femmelettes" ironisera déjà Celse, un philosophe païen de la fin du IIe siècle).

christ res

Comme tu le vois, il y a de quoi être perplexe. L'affaire n'est pas claire… et c'est le moins que l'on puisse dire ! Mais ce que tu me demandes précisément, c'est ce que moi, avec mon objectivité accoutumée (là, je sens poindre de l'ironie), je pense de tout cela…

Ben, à vrai dire, je suis un peu comme tout le monde : j'ai des doutes…

Pour commencer, je ne sais pas trop ce que les Anciens (et en particulier les anciens Juifs) entendaient par "Résurrection". J'ai entendu dire que le terme employé dans les Évangiles pour désigner ce phénomène était, tout bonnement, dérivé du verbe "relever" (comme "relever un mur"). Jésus "ressuscité" ne serait donc que Jésus "remis sur pieds", "rétabli", sans pour autant être "ressuscité des Morts". En outre, les Évangiles rapportent que le Tétrarque Hérode Antipas répugnait à s'en prendre à Jésus parce qu'il le prenait pour Jean-Baptiste "ressuscité" : "Ce Jésus, c'est Jean que j'ai fait décapiter et qui est ressuscité !", s'explique-t-il (Marc 6 : 16). Jean-Baptiste ressuscité en Jésus ? Que veut dire cela ? En tout cas, ce qui me semble évident, c'est que le Tétrarque ne croyait pas que Jésus avait subitement pris l'apparence physique de Jean-Baptiste et se promenait désormais de par le pays, tenant sa tête coupée entre ses saintes mains, comme plus tard saint Didier devant les murs de Langres. Mais alors, que diable voulait dire cet Hérode ?

Ensuite, les circonstances de la mort de Jésus donnent à penser que, si le préfet romain Pilate avait voulu que Jésus survive à sa crucifixion, il ne s'y serait pas pris autrement. Je n'entrerai pas dans les détails (et d'ailleurs, on ne connaît pas grand-chose du déroulement "classique" d'une crucifixion romaine), mais, parmi d'autres anomalies possibles, une chose me paraît particulière bizarre : pourquoi Pilate fit-il crucifier Jésus précisément la veille de la Pâque juive alors qu'il fallait parfois plusieurs jours au crucifié pour succomber à cet horrible supplice et alors que, sous peine de souiller la plus grande fête juive, Jésus ne pourrait rester en croix que jusqu'au coucher du soleil (et en mars-avril, le soleil se couche tôt à Jérusalem) ? En fait, Pilate, adoptant l'adage que "le travail bien fait demande du temps", aurait tout aussi bien pu attendre le lendemain de la Pâque pour crucifier Jésus ; son supplice aurait aussi "exemplaire" et aurait certainement eu plus de chance de "réussir"… mais il ne l'a pas fait. Pourquoi ?

Ajoute à cela qu'il ne me paraît pas impossible que l'empereur Tibère ait pensé à Jésus pour remplacer la dynastie des Hérode (voir ici : Clic !) et que Pilate ait reçu des instructions afin de protéger le "Messie" de ses puissants ennemis (voir ici : Clic !), et tu comprendras que je ne pense pas qu'il faille nécessairement être un adepte de l'ésotérisme échevelé pour estimer qu'on puisse envisager que, sans obligatoirement "ressusciter des morts", Jésus ait survécu à la crucifixion et ait encore vécu quelque temps après son supplice. Où ? Personne ne pourra jamais vraiment le dire… Je crois que certains l'ont fait mourir à Massada, la dernière forteresse zélote. D'autres l'ont vu fumer des joints sur la route de Katmandou, ou encore discuter le bout de bouddhisme avec le Dalaï-lama. Moi, sans plus de preuve concrète, je préfère l'imaginer boire le bon vin du Languedoc-Roussillon entre l'élaboration de plans fumeux d'insurrection générale juive… Pourquoi ? Un peu pour aguicher les mordus du mystère de Rennes-le-Château ("IL est là mort", disent les mystérieux manuscrits trouvés dans ce non moins mystérieux village - voir ici : Clic !), mais surtout parce que de persistantes (et peut-être fort anciennes) traditions évoquent l'exil de la "Sainte Famille" dans le Sud de la France.

Je crains bien qu'une fois de plus, je ne me sois laissé emporter par le sujet. Il y aurait sans doute encore beaucoup de chose à dire, mais cela deviendrait sans doute un peu indigeste.

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21 Août 2002

Jean-Luc a écrit : 

Il semblerait que Romulus Augustule ait vécu assez longtemps en Campanie avec sa mère Barbaria dans la maison de Lucullus et qu'il ait transformé cette dernière en monastère dédié à Saint Séverin. Il serait mort au VIe siècle. A-t-il assisté à la reconquête de l'Italie par les Byzantins ? Avez-vous des précisions à ce sujet ?

Julius Nepos se serait enfui, après sa déposition par Oreste, à Split dans le palais de Dioclétien. Voulant assassiner ses courtisans en 480, il aurait été tué par ceux-ci. En savez-vous davantage ?

RÉPONSE :

Empereur fantoche, Romulus Augustule disparaît presque complètement de l'Histoire après son abdication. Il aurait effectivement occupé la Villa de Lucullus en Campanie (près de Naples). Dans les années 480-490, l'ex-empereur, assisté d'une noble dame nommée Barbaria (peut-être sa mère) aurait d'ailleurs fondé à cet endroit un monastère destiné à abriter les reliques de saint Séverin.

Après avoir obtenu son abdication, Odoacre aurait assuré à Romulus Augustule un revenu de 6000 pièces d'or. Il est possible qu'après la mort d'Odoacre (493), l'ancien empereur ait renégocié cette rente avec Théodoric le Grand, le successeur (et meurtrier) d'Odoacre.

Si j'en crois encore le site "DIR - De Imperatoribus romanis" (Clic!), Romulus serait peut-être mort à l'époque de la reconquête de l'Italie par l'armée de Justinien (à partir de 536). Toutefois, quand il relata l'expédition italienne de Bélisaire (le général chargé par Justinien de la reconquête des anciennes provinces impériales), l'historien byzantin Procope ne fit aucune allusion à l'ancien empereur d'Occident. Sa survie à cette époque n'est donc que conjecturale…

Pour ajouter mon grain de sel à ce tissu de supputations, j'aurais quant à moi plutôt tendance à penser que, si le dernier empereur vivait encore vers 525 et s'il avait encore quelque importance politique à cette époque (ce qui fait déjà beaucoup de "si"), alors Romulus Augustule a sans doute été exécuté sur ordre de Théodoric. En effet, dans ces années-là, le roi ostrogoth d'Italie (qui était aussi un hérétique arien), dut faire face à une violente réaction catholique et romaine, soutenue par à la fois par Byzance, par l'église catholique et par le royaume des Francs. Si, pour son malheur, le pauvre Romulus Augustule embrassa effectivement le parti des opposants au "parti barbare" (ou s'il leur servit d'icône), nul doute que sa vie ne tint qu'à un fil. Dans ce cas, son sort dut être semblable à celui du courageux (mais verbeux) philosophe Boèce que le grand (mais inflexible) Théodoric fit exécuter.

En ce qui concerne les derniers jours de Julius Nepos, j'ai bien peur qu'on ne sache pas grand-chose de plus que ce qui est relaté dans la notice que je lui ai consacrée (Clic !). Tout au plus peut-on supputer qu'après l'abdication de Romulus Augustule, notre Julius, réfugié dans son fief de Salone (Dalmatie), tenta de faire valoir ses droits sur l'Italie. En effet, Augustule n'ayant finalement jamais été qu'un vil usurpateur, notre Nepos n'était-il pas le très légitime empereur titulaire d'Occident, le seul reconnu par l'empereur d'Orient ? Mais hélas, les temps avaient changé : tout compté, tout rabattu, puisque le nouveau maître de l'Italie admettait sa vassalité (même très symbolique) envers Byzance, l'empereur d'Orient Zénon préférait encore reconnaître le pouvoir d'un chef barbare comme Odoacre. Mieux valait en effet avoir affaire à un "employé" que l'on pouvait légitimement révoquer (même si le dire était plus facile que de le faire) plutôt qu'à un "collègue" comme Julius Nepos, qui, certes, ne serait qu'un jamais qu'un fantoche, mais qui pourrait, le cas échéant, donner une couleur de légalité aux entreprises du chef barbare contre l'Orient. Selon cette nouvelle orientation politique, nécessairement pragmatique parce qu'adaptée à la faiblesse militaire de Byzance, les prétentions de Julius Nepos sur l'Italie ne pouvaient qu'embarrasser l'Empire d'Orient qui, faute de moyens militaires, ne pouvait en aucun cas les soutenir et risquer de mécontenter le puissant Odoacre. Le mieux était donc que l'ancien empereur d'Occident disparaisse au plus vite…

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L'assassinat de Julius Nepos est donc probable, même s'il n'est pas historiquement avéré. On parla d'un empoisonnement des œuvres de Glycerius, son prédécesseur à l'empire… mais cela non plus n'est pas certain. En fait Nepos peut tout aussi avoir été tué par les nobles mécontents (et soudoyés par Byzance) ou encore être mort paisiblement dans son lit, des suites, par exemple, d'une fièvre contractée alors qu'il séjournait à Ravenne, ville entourée de marais pestilentiels…

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