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Juillet 2002 (page 2/2)

Sommaire du mois de Juillet : Clic !

27 Juillet 2002

Luc a écrit : 

Je viens de terminer le livre de Roger Caratini sur Auguste. L'été dernier, j'avais lu le livre de Cristina Rodriguez, Moi Sporus prêtre et putain, qui porte sur Néron. De même que la série de Colleen Mccullough sur Jules César. Pourriez-vous me suggérer d'autres titres de romans concernant les empereurs romains que vous jugez intéressants.

Les romans historiques étant souvent moins académiques et plus intéressant pour un profane comme moi me permettent de mieux connaître l'histoire tout en appréciant une histoire souvent un peu amélioré donc souvent moins arides.

Pourriez-vous me suggérer d'autres titres de roman concernant les empereurs romains que vous jugez intéressants ? Et peut-être pourriez-vous les intégrer à la fin de vos notices biographiques dans une case à part dans vos liens concernant les dits empereurs romains ? (Réponse)

Continuez votre bon travail, moi je vous promets de continuer à vous lire et à enrichir mes connaissances des empereurs romains. Merci

RÉPONSE :

Vous avez bien raison : quand l'absence de documents contraint les vrais historiens au silence, l'imagination d'un romancier peut parfois ouvrir des perspectives intéressantes !

Voici donc quelques modestes conseils de lecture. Veuillez m'excuser si j'enfonce des portes ouvertes : en matière de "romans historiques", je ne connais si vos goûts, ni l'ampleur de votre bibliothèque.

À cette page "courrier" (Clic !), vous trouverez déjà quelques bons livres. Parmi ceux-ci, je vous recommande vivement les excellents romans historiques que sont le Néropolis d'Hubert Monteilhet (voir aussi ici : Clic !) et Les Jardins de Lumière d'Amin Maalouf. Bien sûr, ce dernier livre, qui retrace la vie de Mani (le fondateur du "manichéisme"), ne traite pas à proprement parler de l'Empire romain, mais la guerre de Rome contre l'Empire perse lui sert de toile de fond. Toujours à cette page, les livres de Benoist-Méchin Cléopâtre ou le rêve évanoui et Julien ou le rêve calciné ne sont pas à proprement parler des "romans historiques", mais se lisent avec le même plaisir que les meilleurs d'entre eux !

À cette page (Clic !) vous trouverez quelques romans historiques "des temps néroniens". Parmi ces livres qui sont, pour la plupart des "classiques", je vous recommande vivement le Secret du Royaume du très désabusé Mika Waltari - d'une ironie décapante !…

Si vous avez lu et aimé le Sporus de Cristina Rodriguez, vous apprécierez sans doute autant (voire davantage) son dernier-né : le César aux Pieds nus qui relate les "années de formation" du jeune Caligula.

Au mois de février dernier (Clic !), un correspondant, d'ailleurs fort érudit, évoquait un livre de Roar Skolmen intitulé Bleu Marine… Encore un excellent roman historique ! même si ce récit - au demeurant vraiment passionnant - sert un peu trop souvent de prétexte à des narrations bibliques qui pourront vite paraître lassantes à des lecteurs qui, comme moi, se souviennent encore assez bien des leçons d'"Histoire sainte" du catéchisme.

À cette page (Clic !), une internaute signale un autre roman sur Néron et son temps, mais je vous avoue ne l'avoir point (encore) lu…

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Je ne voudrais pas terminer ces "conseils littéraires", sans vous signaler mon dernier coup de cœur : Il s'agit des romans historico-policiers de Steven Saylor. Bien sûr, ces enquêtes se déroulent un peu "avant" la période impériale de l'histoire romaine, mais ils fournissent néanmoins un nombre impressionnant de renseignements sur la vie quotidienne dans l'Antiquité romaine.. Pour l'instant, j'en ai lu - ou plutôt dévoré - deux volumes :

  • Steven SAYLOR, L'Énigme de Catilina (Éditions 10-18, N° 3099)
  • Steven SAYLOR, Meurtre sur la Voie Appia (10-18, N° 3413).

Si mes cours de latin (il y a bien longtemps) m'avaient laissé d'assez mauvais souvenirs, et fort confus, de la conjuration de Catilina ainsi que du meurtre du tribun Clodius attribué (?) à la "bande à Milon", les enquêtes du "détective" Gordien (le héros de Steven Saylor) ont merveilleusement dissipé ce brouillard scolaire ! Depuis, je me suis même replongé avec curiosité dans les textes arides de Cicéron et de Salluste, c'est tout dire !

C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit pour l'instant. J 'espère que ces quelques références vous suffiront.

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Quant à votre idée de créer une rubrique "littéraire" pour chaque empereur, elle est certes séduisante, mais, malheureusement, je crains bien qu'elle ne me pose des problèmes de compétence et de conscience. Je suis, bien sûr, un assez grand lecteur, mais comme je ne lis pas exclusivement des romans historiques situés dans l'Antiquité romaine - ni même d'ailleurs uniquement des livres (en général) traitant de Rome et de sa civilisation -, je ne connais pas assez de titres pour "meubler" une telle rubrique. D'autre part, à supposer même que je me tienne (ou que l'on me tienne) au courant des nouvelles parutions, j'aurais quelques scrupules à conseiller des livres que je n'aurais pas lu (et apprécié). En effet, établir des liens vers d'autres sites n'engage à rien, mais "faire de la pub" pour un livre c'est autre chose… Surtout si l'on ignore tout du contenu de ce bouquin.

Un grand merci pour votre mail ainsi que pour votre fidélité à mes pages "Empereurs romains".

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28 Juillet 2002

Céline a écrit : 

À partir de quand ou de qui peut-on parler de "décadence" de l'Empire et des empereurs romains tel qu'on l'entendait au XIXe siècle ?

Cette question sur la "décadence" imputée à certains empereurs romains vient des recherches en histoire de l'art que j'effectue actuellement sur le peintre français Georges Rochegrosse (1859-1938).

Certains de ses tableaux semblent montrer de façon systématique le renversement de dirigeants par une horde déchaînée. Il a ainsi illustré La Mort de César, Vitellius traîné dans les rues de Rome par la populace, ou Pillage d'une villa gallo-romaine par les Huns, mais aussi la chute de Babylone (scène d'orgie) ou l'épisode médiéval de la Jacquerie et autres tableaux effroyables. Par ailleurs, je pense et j'essaye de prouver que pour la plupart des tableaux de ce genre, il semble présenter le caractère décadent des dirigeants renversés. Ce ne serait pas étonnant car la décadence a passionné les artistes et écrivains de la fin du XIXe siècle qui la comparaient à leur époque. J'avoue qu'hormis les mœurs de César, j'ai du mal à trouver des failles dans les qualités reconnues à ce grand homme politique. Je dois bientôt me pencher sur l'assassinat de Géta, auriez-vous des tuyaux ?

Sinon, me conseilleriez-vous un site bien illustré (histoire de l'art oblige, notamment par des artistes du XIXe siècle) concernant l'histoire romaine ?

RÉPONSE :

Traditionnellement, la dynastie des Antonins (96 - 192 ap. J.-C.) marque "l'apogée" de l'Empire romain… et comme, inéluctablement, l'"apogée" est suivie par la "décadence", celle-ci aurait donc commencé sous Commode (180 - 192), fils réputé indigne (voir le film Gladiator) de l'empereur-philosophe Marc Aurèle, et dernier empereur de cette brillante dynastie antonine.

Ces notions de décadence, de déclin de l'Empire romain, trouvent leur origine principale chez l'auteur britannique Edward Gibbon qui, à la fin du XVIIIe siècle, écrivit une monumentale Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, un livre qui fit longtemps autorité. Mais aujourd'hui, même si l'excellent ouvrage de Gibbon peut encore être lu avec plaisir et grand intérêt, les historiens sont en peu allergique à cette terminologie quelque peu moralisatrice. Il est vrai que les Romains n'étaient pas plus "décadents" à l'époque d'Antonin le Pieux (138 - 161) qu'à celle de Constantin (306 - 337), et leur empire était tout aussi vaste et tout aussi peuplé, même s'il était nettement moins prospère. Il est également vrai qu'après Commode, l'Empire romain se maintint encore près de trois siècles en Occident et plus de treize siècles (en comptant large) en Orient, ce qui constitue, convenez-en, une bien longue "décadence" !

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Quant aux mœurs de Jules César, elles sont certes sujettes à discussion (voir ici : Clic !), mais si vous voulez mon avis, pour relier l'assassinat au thème de la "décadence" c'est n'est pas de ce côté qu'il faut chercher. Évidemment, je ne connais rien des opinions politiques de votre ami, ce peintre Georges Rochegrosse qui était pour moi un illustre inconnu jusqu'à ce que vous me révéliez son existence, mais, pour un artiste français de cette époque (IIIe République), la mort du grand Jules pouvait représenter l'ultime sursaut de patriotes républicains afin d'échapper à une tyrannie "décadente". Dans cette optique, ce que le peintre considérerait comme "décadent", ce serait le régime que Jules César voulait instaurer et non l'homme ! En effet, il existe toute une mythologie "républicaine" exaltant les vertus de l'ancienne République romaine, de l'ancienne Rome d'avant l'instauration de l'Empire, une mythologie dont s'inspirèrent d'ailleurs largement les révolutionnaires français de 1789. Dans l'esprit de ces "sans-culottes" (et de beaucoup d'historiens du XIXe siècle), la Rome républicaine, dirigée par "le Sénat et le Peuple", aurait été virile, austère, probe et désintéressée, tandis que l'Empire romain, autocratie orientalisante (quelle horreur !), aurait été efféminé, dissipé et corrompu… Bref, "décadent" !

Évidemment, il ne faut attacher des significations modernes aux termes romains : la "République" romaine tardive était en fait une aristocratie ploutocrate et égoïste, méprisant cordialement le peuple (cette plèbe vulgaire) et considérant les provinces conquises comme butin de guerre, "pillable" et corvéable à merci. L'instauration du pouvoir impérial fut en bonne partie le triomphe du parti "populaire" qui mit fin au pouvoir égoïste et arbitraire des aristocrates du Sénat, au plus grand soulagement du petit peuple romain et des nations soumises à Rome. Mais, naturellement, les théoriciens "républicains" du XIXe siècle ne pouvaient concevoir qu'une "monarchie autoritaire" fût finalement (relativement) plus "démocratique" qu'une "république sénatoriale". Pour eux, la prise de pouvoir de Jules César avait été le signe avant-coureur de l'irréversible "décadence" romaine, un point, c'est tout !

J'ai brièvement évoqué le meurtre de Géta dans la notice qui lui est consacrée (Clic !) ainsi que dans celle consacrée à son frère (et meurtrier) Caracalla. Mais vous trouverez sans doute des renseignements complémentaires dans deux textes qu'à mon avis, votre peintre du XIXe siècle ne pouvait pas ignorer :

  • Edward Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Vol I, Chap. VI (Éditions Robert Laffont, collection Bouquins) - Dans ce livre, dont je vous ai déjà parlé et qui fut, en quelque sorte, la "Bible romaine" des érudits du XIXe siècle, Geta est présenté comme plus modéré - donc moins "décadent" - que Caracalla.
  • Histoire Auguste, Vie de Caracalla, Vie de Geta (Éditions Robert Laffont, collection Bouquins) : une des principales sources du brave Gibbon.

Cela dit, le fait que Geta fut d'un caractère plus doux que sa brute de frère est également attesté par un historien antique presque contemporain du règne des deux frères ennemis. Voilà en effet ce qu'Hérodien écrit à son sujet : "(…) Il (= Géta) donnait l'image de la modération, se montrait pondéré et doux envers ceux qui l'approchaient, avait des occupations plus réfléchies, recherchait la compagnie d'hommes dont on louait la culture, et se passionnait pour la palestre et les exercices physiques propres aux hommes libres. Son honnêteté et la bienveillance qu'il manifestait à ses amis lui avaient donné une renommée et une réputation excellentes et incitaient la majorité des gens à lui accorder leur sympathie et leur amitié. Antoninus (= Caracalla), au contraire, agissait toujours avec dureté et emportement, se dérobait vivement aux occupations qu'on vient de mentionner à propos de son frère et affectait d'être épris de la vie militaire et des activités guerrières. C'était l'irascibilité qui le guidait toujours dans son action. Il préférait la menace à la persuasion et comptait plus sur la cruauté que sur la sympathie pour s'acquérir des amis". (Hérodien, Histoire des empereurs romains, IV, 3 - trad. Denis Roques, Éditions Les Belles Lettres).

Bref, le meurtre de Géta aurait été le triomphe de la force sur douceur… Quelle "décadence" !

Je suis désolé, mais, à première vue, je ne connais pas de sites Internet sur l'histoire romaine qui soient aussi richement illustrés que vous le souhaiteriez… Il est vrai aussi que cela peut poser des problèmes de droits de reproduction. J'ai donc bien peur qu'il vous faille effectuer des recherches "au coup par coup" pour chacun des thèmes abordés.

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J'espère néanmoins que ces quelques réflexions pourront vous aider dans votre travail.

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30 Juillet 2002

Tamara a écrit : 

Je suis au gymnase et mon travail de maturité consiste à incarner Poppée afin d'écrire son journal intime. J'ai les informations nécessaires, mais il me manque des photos ! Vous serait-il possible de me donner l'adresse des sites que vous connaissez ou je pourrais trouver diverses images d'elle ?

RÉPONSE :

Ça ne doit pas être facile tous les jours d'incarner une dame aussi complexe et (si l'on en croit certains historiens médisants) aussi retorse que la belle Poppée.

Pour savoir à quoi ressemblait réellement la splendide deuxième épouse de Néron, le mieux est encore de se référer aux monnaies qui furent frappées à son effigie. Vous trouverez des photos de ces pièces à l'adresse suivante :

  • wildwinds.com - Coins of Poppaea : Clic !

Sinon (mais sans garantie aucune de réalisme ou d'authenticité)

  • roman-empire.net - Un buste de Poppée : Clic !
  • nomismatike.hpg.ig.com.br - Une tête de Poppée : Clic !
  • miksike.ee - Une gravure représentant Poppée : Clic !
  • ...Et pour terminer, Poppée, vue par un peintre du XVIe siècle : Clic !
poppaea

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