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Juin 2002 (page 2/3)

Sommaire du mois de Juin : Clic !

13 juin 2002

Christophe a écrit : 

J'ai une petite question à te demander :

Voilà, j'ai lu pas mal de livres et de sites Internet sur des différents empereurs romains et je suis étonné de voir le nombre d'empereurs morts d'apoplexie. Pour le moment, j'en dénombre trois : Trajan, Hadrien, Valentinien Ier (364//375).

Si je ne me trompe pas, mourir d apoplexie, c'est s'étouffer de colère ou quelque chose comme ça.

Pourrais-tu me dire pourquoi tant d'empereurs mouraient de cette façon (note à cette époque ça ne devait pas être de tout repos !)

Pourrais-tu me confirmer que l'empereur Jovien est bien mort à cause d'un braséro sous sa tente ?

RÉPONSE :

Si j'en crois mon vieux dico Larousse ("Je sème à tous vents"), l'apoplexie, c'est - tiens-toi bien ! : "Un foyer de nécrose tissulaire hémorragique ne s'accompagnant d'aucune oblitération artérielle ou veineuse ; le trouble initial n'étant que purement vasomoteur"… Nous voici donc rassurés ! En fait, plus simplement, l'apoplexie, c'est une attaque - une hémorragie - cérébrale, mortelle ou non. Et il ne faut pas nécessairement être en proie à une violente colère pour y succomber : en général le mauvais était de l'appareil circulatoire suffit ! Une "hygiène de vie" déplorable, trop de vin, une alimentation trop riche, ainsi, naturellement, que le stress lié à l'exercice, particulièrement périlleux de la fonction impériale, peuvent donc expliquer les crises d'apoplexie de certains empereurs… qui, cependant, avaient plus fréquemment tendance à mourir poignardés, empoisonnés, massacrés par les propres soldats ou trucidés par les ennemis que d'agoniser douillettement dans leur lit, que ce soit après avoir piqué une crise de rage ou non !

Ceci posé, à la fin de sa vie, Trajan était un homme usé par de nombreuses années de guerre (et de débauche). Il ne faut donc pas nécessairement chercher la cause de sa maladie létale - commotion cérébrale ? - dans son hypothétique propension à piquer de noires colères. Quoi qu'il en soit, au moment où il mourut, il était si affaibli qu'il aurait eu, dit-on, mille difficultés à dicter ses dernières volontés si bien que son épouse Plotine, ou son médecin Criton, s'en seraient chargé à sa place… C'est du moins ce que prétendirent les ennemis d'Hadrien, successeur de Trajan désigné par ce testament douteux. .

Quant à cet Hadrien qui hérita du trône de Trajan, il mourut d'une maladie longue et pénible, mais dont nous ignorons la nature exacte. L'empereur, éprouvé tant physiquement que moralement, souffrait tant qu'il implora à plus d'une reprise ses serviteurs de mettre fin à ses jours ainsi qu'au martyre qu'il endurait. Ce qui, par parenthèse, cadre mal avec une attaque foudroyante "d'apoplexie". Ainsi, Hadrien ordonna à un esclave de transpercer d'une épée, mais celui-ci n'osa obéir ; ensuite, il demanda du poison à son médecin, mais celui-ci préféra se suicider plutôt que d'être accusé d'empoisonnement. Enfin, ce n'est qu'après avoir encore tenté de se percer d'un poignard, qu'on lui arracha des mains au dernier moment, qu'il il se résigna à affronter la mort d'un cœur ferme, digne d'un vieux Romain stoïque. Il mourut paisiblement dans les bras de son héritier Antonin le Pieux… C'est du moins la version de l'Histoire Auguste, un texte anonyme de la fin du IVe siècle ap. J.-C. et qui est en général assez défavorable à Hadrien.

Valentinien Ier mourut effectivement après avoir piqué une colère homérique à l'encontre d'une délégation de barbares (en l'occurrence des Quades) qui avaient eu le mauvais goût de poser des conditions avant de se soumettre.

Enfin, les causes du décès de Jovien sont controversées. Voici ce qu'écrit à sujet Edward Gibbon (Histoire du déclin et de la Chute de l'Empire romain, vol 1, chap. XXV) : " Ce fut à Dadastana, une petite ville obscure, située à une égale distance de Nicée et d'Ancyre (auj. Ankara) que l'empereur trouva le terme fatal de son voyage et de son existence. Il alla se coucher après un souper peut-être trop copieux, et on le trouva le lendemain matin mort dans son lit. Il y eut différentes opinions sur la cause de cette mort. Les uns l'attribuèrent à une indigestion occasionnée par la quantité de vin qu'il avait bu, ou par la qualité des champignons qu'il avait mangés le soir précédent ; d'autres prétendirent qu'il avait été suffoqué durant son sommeil par la vapeur du charbon et par les exhalaisons malsaines qui sortirent des plâtres neufs dont étaient couverts les murs de l'appartement. Les soupçons de poison et d'assassinat n'eurent d'autre motif que le peu de recherche qui furent faites sur la mort d'un prince dont le règne et la personne furent bientôt oubliés".

Bref, la mort subite de Jovien était bizarre, mais, comme elle arrangeait tout le monde, personne ne chercha vraiment à connaître les causes réelles de ce décès suspect.

jovien

En regardant les questions des lecteurs je suis tombé sur question sur la statue équestre de Marc Aurèle. Il est vrai que cette statue (sur le Capitole) est une réplique. En fait, l'original existe encore. Il se trouve dans le musée du Capitole, où on la voit… enfin ce qu'il en reste : malheureusement (si mes souvenirs sont bons) il n'y a plus le cheval. On n y apprend aussi quelle est en or ! et que si elle n'a pas disparu au moment du sac de Rome, c'est parce quelle pesait trop lourd et que les barbares n avaient pas toutes l'année pour piller la ville. Voilà… Si vous allez a Rome, je vous conseille vivement ce musée et vous ne risquez pas de louper la statue. D'ailleurs, elle est sous verre près des restes de la statue (tête et pieds) de Constantin.

RÉPONSE :

Un grand merci pour ces infos sur la statue de Marc Aurèle. Une petite chose m'étonne cependant : tu parles de statue "en or". Je n'ai pas fait de recherches à ce sujet et je t'avoue que cela ne m'empêche pas dormir, mais il faut probablement entendre par là qu'elle était, à l'origine, recouverte de fines feuilles d'or. Car si cette statue avait été en or massif, nul doute que les premiers barbares qui prirent Rome auraient jeté ce trésor colossal en bas de son socle, l'auraient brisé à coup de masse et l'auraient fondu en lingots aisément transportables.

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16 Juin 2002

villadriana.it a écrit : 

 site villa hadriana

 

We have gone back to 123 A.D., the period of Magna Roma, into the HADRIAN'S VILLA.

Ancillæ and Ministri are offering Ancient and Sacred Food to Guests from Third Millennium.

The tables are set with Mappæ, Inargentatæ Supelectiles and Italica Fictilia.

The delicacies of Apicius, Cato and Columella and other original recipes are eaten without a fork.

An Archaeologist leads us through a realistic journey, gives us all sort of historical information, facts, indiscretions and rumours of that period.

Siamo tornati nel 123 D.C., nel periodo della MAGNA ROMA, nella VILLA DI ADRIANO.

Ancillæ et Ministri offrono Antichi Cibi Sacrali a Noi, Ospiti del 3° Milllennio

I tavoli sono imbanditi con Mappæ, Inargentatæ Supelectiles ed Italica Ficticlia.

Possiamo gustare, senza forchetta, le prelibatezze di Apicio, Columella, Catone e di altri Antichi Gastronomi.

Il Magister Cenæ, un archeologo, ci guida in questo realistico viaggio, con informazioni storiche ed indiscrezioni su cibi, fatti e personaggi del periodo

Nous revenons en 123 ap. J.-C., à l'époque de la Magna Roma, dans la VILLA D'HADRIEN

Ancillæ et ministri proposent à leurs hôtes du IIIe millénaire la nourriture antique et sacrée.

Les tables ont été dressées avec mappæ, inargentatæ supelectiles et italica fictilia.

Les gourmandises d'Apicius, de Caton et de Columelle ainsi que d'autres recettes originales sont dégustées sans la moindre fourchette.

Le maître de cérémonie, un archéologue nous emmène dans un voyage réaliste, nous prodiguant une foule de renseignements historiques sur cette époque, des anecdotes, des indiscrétions et des rumeurs…

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16 Juin 2002

Jean-Michel a écrit : 

J'essaye depuis quelques jours de m'y retrouver dans la zolie famille à tuyau de poêle des Julio-claudiens, et votre site, une fois de plus, m'aide beaucoup, car bonjour la consanguinité !

Tout d'abord vous signaler une faute de frappe : Dans votre tableau généalogique de la succession d'Auguste et de Tibère (Clic !), vous faites décéder Agrippa en 12 après J.-C. !

Et une question : Drusus César est empoisonné par sa femme Livilla, poussée par Séjan en 23 après J.-C., il a deux fils, Tiberius et Germanicus Gemellus, dont vous ne parlez pas dans les possibilités de succession de Tibère, j'en déduis, morts a la naissance, dans l'enfance ?

Ai-je raison ?

RÉPONSE :

Merci à vous de m'avoir signalé cette erreur dans le tableau généalogique des successions d'Auguste et de Tibère. Cette faute de frappe a déjà été corrigée… et les jours du brave Agrippa réduits des 23 longues années que je lui avais abusivement accordées.

Mais venons en nos moutons !

Du mariage de Drusus (qui était fils de Tibère) et sa cousine Livilla (qui était la fille du frère de ce même Tibère) naquirent :

1. Une fille nommée Livia Julia (morte en 43 ap. J.-C.)

2. En 19 ap. J.-C., des jumeaux (en latin gemellus), ces fameux Germanicus et Tiberius.

Le premier, Germanicus, mourut dès l'âge de quatre ans (en 23 ap. J.-C.).

Quant au second, Tiberius Gemellus, voici à peu près tout ce que l'on sait de lui :

Tiberius Gemellus (19 - 37/38) semble avoir connu l'enfance habituelle des enfants de la famille julio-claudienne, mais il resta dans l'ombre de ses cousins, les fils de Germanicus, qui étaient favorisés par l'empereur Tibère. Il ne prit sans doute la "toge virile" (symbolisant son passage à la majorité légale), qu'à l'âge de dix-huit ans seulement, soit quatre ans après l'âge habituel. C'est seulement avec la chute de la maison de Germanicus au milieu des années 30 que Gemellus sortit de l'ombre dans laquelle on l'avait maintenu. Mais, malheureusement pour lui, l'empereur Tibère lui préféra toujours Caligula, unique fils survivant de Germanicus. L'explication de l'attitude de Tibère envers son petit-fils naturel reste controversée.

À la mort de Tibère (16 mars 37), Caligula s'empara du pouvoir avec l'aide du Préfet du Prétoire Macron. Mais quand on donna lecture au Sénat des dernières volontés de Tibère, il y eut comme un froid, car le testament de l'empereur défunt recelait une surprise de taille : Gemellus y était désigné comme cohéritier de l'empereur Tibère, à égalité avec Caligula. Ce fut l'heure de gloire de Gemellus, mais elle lui coûta probablement la vie. Tout d'abord, Caligula fit casser le testament de Tibère. Ensuite, il fit quelque temps bonne figure à son cousin Gemellus : il l'adopta et le nomma "Prince de la Jeunesse ("princeps iuventutis"), ce qui faisait de lui l'héritier présomptif du jeune empereur. Mais cela ne dura pas. Bientôt, vers la fin de l'année 37 ou au début de 38, Caligula décida de se débarrasser de ce rival potentiel. Gemellus fut assassiné.
(Source : site de Imperatoribus romanis : Tiberius Gemellus).

gemellus

Vous parliez de consanguinité… Les enfants de Drusus et de sa cousine germaine, la criminelle Livilla, furent peut-être les victimes de cette propension des Julio-Claudiens à n'être pas trop regardant sur les liens des parentés dès qu'il s'agissait de convoler en justes noces. Le premier des jumeaux mourut à quatre ans seulement. Quant à notre Tiberius, son accession tardive à la majorité légale ainsi que l'obstination de Tibère à l'écarter de toute responsabilité politique alors qu'il était son petit-fils naturel, donnent à penser que ce garçon ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. C'est d'ailleurs ainsi que le présente Cristina Rodriguez dans son excellent roman, le César aux pieds nus (Éditions Flammarion) dont je vous recommande la lecture si vous souhaitez, tout en vous distrayant, y voir un peu plus clair dans les intrigues qui obscurcirent les dernières années du vieil empereur Tibère (Voir ici : Clic !).

Jean-Michel a réécrit : 

Merci de ces précisions qui, comme d'habitude, me conviennent à merveille.

Pour la fête des pères, mes tendres enfants m'ont offert un album pour mes pièces romaines. Pour introduire chaque période j'essaye de faire un arbre généalogique de la famille. Je me suis attaqué au plus dur, les Julio-claudiens. Il est évident qu'il est inspire à 99,999 % de vos tableaux. Pour introduire chaque période j'essaye de faire un arbre généalogique de la famille. Je me suis attaqué au plus dur, les Julio-claudiens. Je me permets de vous le transmettre.

Télécharger ce tableau généalogique
des Julio-claudiens ?
(Document Word - 40 Ko)
Clic !

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22 Juin 2002

Gilles a écrit : 

J'ai trouvé votre site en faisant une recherche à propos de la série TV de la BBC "I Claudius" (Moi, Claude empereur), réalisée par Herbert Wise en 1977. J'ai lu dans votre courrier que certains intervenants mentionnaient cette série extraordinaire. Je recherche depuis longtemps une version vidéo en Français, mais sans succès pour le moment.

Comme la série est passée deux fois sur Antenne 2 et une fois sur le câble il y a quelques années, je me disais que peut-être quelqu'un l'avait enregistré à ce moment-là, qui sait… Peut-être que l'un de ces correspondants possède ce document ou pourra m'aider dans mes recherches ?

Merci d'avance.

i claudius

RÉPONSE :

Je n'ai pas l'impression que la série "Moi, Claude" soit disponible en Français, mais, quoi qu'il en soit, je vais "publier" votre demande dans les pages "Courrier" de mon site ; peut-être un internaute pourra-t-il vous renseigner ou vous aider.

NB :
Effectivement. I Claudius est disponible en VO -
Voir ici : Clic !

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22 Juin 2002

Michel a écrit : 

 

Bonjour, tout le monde,

J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer que quelques pièces ont été ajoutées au site Archeobel et que quelques scans boiteux ont été remplacés par de belles photos.

Rubriques à voir :

  • Monnaies de l'"âge du fer" : Clic ! - Un "potin" de la tribu belge des Leuques (LEVCI en latin). Avers : Tête casquée (à la gauloise). Revers : Taureau chargeant à droite surmontée d'un lis.
  • Céramique : Clic !
  • Lampes à huile : Clic !
  • Bijouterie : Clic ! - Vous remarquerez la petite, mais néanmoins extrêmement intéressante bague votive en verre. Habituellement tous ces objets ajoutés comme dons aux défunts avant la fermeture de la tombe, sont en plomb ! Quand le verre est utilisé,c'est souvent pour des flacons, mais pas pour des bijoux !
    Curieux comme tout ce petit objet !…

Merci pour votre visite.

 
site archeobel

 

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25 Juin 2002

Italo a écrit : 

Auriez-vous l'amabilité de me donner l'endroit de la ville de Cilicie (en Turquie actuelle) où mourut Trajan ?

RÉPONSE :

Trajan mourut le 9 août 117 (ap. J.-C.) dans la ville de Selinus (Sélinonte de Cilicie). Après le décès de l'empereur, la localité fut d'ailleurs rebaptisée Trajanopolis, mais ce nouveau nom ne s'imposa jamais réellement. C'est aujourd'hui le petit village de Selinti, dans la province d'Adana (donc au S.-O. de la Turquie).

(Source : Catholic Encyclopedia, art. Selinus : Clic !)

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