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Sommaire Décembre 2001 :

  • 2 Décembre 2001 :
    • Quelques (maigres) infos sur le Liban (Phénicie) et Beyrouth à l'époque romaine : Clic !
  • 2 Décembre 2001 :
    • Combien d'empereurs s'appelèrent-ils "César" : Clic !
  • 3 Décembre 2001 :
    • Quelle fut la dynastie qui fournit les empereurs "les plus cruels" ? : Clic !
  • 4 Décembre 2001 :
    • Une petite bibliographie pour Antonin le Pieux : Clic !
      • Enfin une bio d'Antonin : Bernard REMY, Antonin le Pieux, le siècle d'or de Rome : Clic !
  • 11 Décembre 2001 :
    • Des infos sur le Théâtre de Marcellus : Clic !
    • Qui était Marcellus, neveu d'Auguste : Clic !
  • 13 Décembre 2001 :
    • L'Oppidum d'Ensérune et les Romains : Clic !
  • 13 Décembre 2001 :
    • Site Nimispauci - Vie de César (Plutarque) sur le Net : Clic !
  • 14 Décembre 2001 :
    • Des infos sur les empereurs romains à l'époque de Cicéron : Clic !
  • 14 Décembre 2001 :
    • Où trouver des représentations de monnaies à l'effigie de Jules César : Clic !
  • 16 Décembre 2001 :
    • Empereur et Galiléen, une pièce d'Ibsen sur Julien l'Apostat : Clic !
  • 19 Décembre 2001 :
    • Néo-paganisme suspect dans ce site émaillé de préjugés anti-chrétiens ? : Clic !
    • L'évolution du dogme chrétien, rapide ou lente ? : Clic !
  • 23 Décembre 2001 :
    • Le film Gladiator et l'inculture francophone : Clic !
  • 27 Décembre 2001 :
    • Le Satiricon de Pétrone et le Quo Vadis de Sienkiewicz : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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2 Décembre 2001

Aurélie a écrit : 

En parcourant votre site, je me suis dit que vous pourriez peut-être m'aider, ou me donner votre avis.

Je suis un jeune auteur de CD ROM pour enfants ; mon projet a reçu une bourse de la SCAM* (sociétés civiles des auteurs multimédia), car le sujet promet plus de profondeur qu'à l'accoutumée.

Voici : il s'agit d'une enquête à mener pour délivrer trois enfants (le jeu s'adresse à des enfants d'une dizaine d'année) qui se trouvent dans différentes époques.

  • le moyen âge de Philippe Auguste (Paris)
  • l'apogée du Royaume de la Rouss' (Kiev)
  • la Phénicie romaine (Beyrouth).

Mon problème actuellement est de trouver des ressources sur cette dernière période... Qui dirigeait cette province ? Quelle date précise choisir ? (je m'intéresse au mélange des cultures, mais il me faut choisir une période faste, joyeuse) J'aimerais évoquer l'École de Droit qui existait à cette époque et rivalisait avec celle de Rome…

En plus de cet éclairage historique, je cherche également des ressources sur les mythes de l'époque, car la quête touche les deux aspects.

J'espère avoir été assez claire. Si vous n'avez aucune idée de tout cela, tant pis, mais tout regard peut m'aider.

RÉPONSE :

À part cette fameuse école et les austères juristes qui la fréquentaient, qu'y a-t-il donc de si intéressant dans la Beyrouth romaine pour que vous vouliez, de force forcée, vous servir de cette ville, au demeurant riche d'un long et glorieux passé, comme "décor oriental" de votre jeu ? Que ne choisissez-vous Antioche, Alexandrie ou Palmyre pour abriter vos personnages ? ;-))

Mais trêve de boutade ! Tout d'abord, mille excuses pour le léger retard apporté à répondre à votre mail. Puisque le résultat de mes recherches concernant la ville de Beyrouth (Bérythe, Berythos, Berythum) à l'époque romaine, tant sur Internet que dans ma documentation, restaient assez décevants, j'espérais, mais en vain, que ce laps de temps me permettrait de me remémorer certaines infos lues par le passé…

À part quelques indications éparses et presque insignifiantes, ce que j'ai trouvé de plus intéressant, c'est un paragraphe de l'article que la Catholic Encyclopedia consacre à Beyrouth (Clic !). J'en ai risqué une traduction française :

"Il est certain que les Romains agrandirent et embellirent Beyrouth. Deux légions y étaient casernées, la Leg. V Macedonica et la Leg. VIII Augusta. En 14 av. J.-C elle devint une colonie Romaine sous le nom de Colonia Julia Augusta Felix Berytus, probablement d'après Julie, la fille d'Auguste (Mommsen, Res gestae divi Augusti, II, 119).
Les rois des Juifs Hérode le Grand, Hérode Agrippa Ier, et Hérode Agrippa II construisirent des monuments somptueux à Beryte et y donnèrent des combats de gladiateurs (Josèphe, Guerre des Juifs, I, XXI, 11 ; Antiq. Jud., XVI, XI, 2 ; XVII, X, 9 ; XIX, VII, 5 ; XX, IX, 4) ; Titus également, après le siège de Jérusalem, y donna des combats de gladiateurs à Beryte, avec des combattants Juifs. (Josèphe, Guerre des Juifs, VII, III, 1.). C'est à cette époque que fut édifié le magnifique aqueduc, dont les ruines sont encore visibles, et qui amenait en ville les eaux de la rivière Magoras (maintenant Nahr Beiruth).
Aux environs du milieu du IIIe siècle, Beryte devint le siège de la Faculté de droit la plus renommée de l'Empire Romain d'Orient. Beaucoup de jurisconsultes célèbres y enseignèrent (Montreuil, Hist. du droit byzantin, I, 264-273, 279-283). Cette école fut épargnée par Justinien lorsqu'il ferma toutes les écoles semblables pour ne garder que celle de Constantinople. La ville souffrit beaucoup d'un tremblement de terre en 529 et elle était tombée en déchéance quand elle prise par les Arabes vers 635".

Au cours de mes recherches, j'ai quand même déniché quelques sites qui pourraient peut-être vous intéresser. Les voici, au cas où…

  • LacusCurtius - Ressources sur Liban antique : Clic !
  • Archéologie à Beyrouth : Clic !
  • Oriental Institut Website : Clic !
  • Mythes : Clic !
  • Bibliotheca Classica Selecta :
    • Mythologies indo-européenne et gréco-romaine : Clic !
    • Magie dans le monde gréco-romain : Clic !
    • Droit et la justice dans le monde romain : Clic !

Désolé de ne pouvoir vous aider davantage.

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2 Décembre 2001

Olivier a écrit : 

À part Jules, combien y a-t-il eu d'Empereurs du nom de César ?

Merci de votre réponse.

RÉPONSE :

Pour commencer, il faut quand même rappeler qu'à l'origine, le mot "César" (en latin Cæsar), ce n'est évidemment pas un nom de famille. Il s'agit du surnom traditionnel des membres de la gens Julia (= "famille julienne") et qui fut porté pour la première fois par un ancêtre de notre Jules des Gaules, un certain Sextus Julius Cæsar (vers 208 av. J.-C.).

Donc, dans le nom latin complet de notre grand Jules (Caius Julius Cæsar), le mot Caius, c'est le prénom : Julius (= Jules) c'est le nom de famille ; et Cæsar (= César) le surnom traditionnel de la famille. Et contrairement à ce que l'on croit couramment, ce mot "César" n'aurait pas nécessairement de rapport avec une "césarienne" grâce à laquelle un petit "Jules" aurait vu le jour, ni désigné la belle chevelure longue et abondante (en latin cæsaries) d'un de ces Jules. Ce serait plutôt un mot d'origine étrusque, mais dont la signification réelle nous échappe.

Pour en revenir à votre question, d'une certaine façon, tous les empereurs romains portèrent de nom de "César" puisque ce surnom (comme le titre honorifique "Auguste" d'ailleurs) devint synonyme d'"empereur". Mais naturellement, si l'on considère uniquement les liens familiaux, avec toutes les filiations, tant naturelles qu'adoptives, seuls les cinq premiers empereurs, ces "Julio-Claudiens" apparentés (souvent de très loin) avec le grand Jules, auraient eu pleinement le droit de se dire Cæsar. Donc :

caesar

Si vous souhaitez "visualiser" ces filiations complexes, vous trouverez quelques tableaux généalogiques en "cliquant" sur les liens suivants :

  • La famille Julio-Claudienne - Tableau simplifié : Clic !
  • Les successions d'Auguste et de Tibère : Clic !
  • Néron, descendant d'Auguste et d'Antoine : Clic !

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3 Décembre 2001

Cindy a écrit : 

Tout d'abord je tiens à vous dire que votre site est très enrichissant et complet, néanmoins j'ai eu beaucoup de peine à trouver une réponse à ma question : Quelle dynastie a donné les empereurs les plus cruels et qu'ont-ils fait de particulièrement abominable?

RÉPONSE :

Tout d'abord un grand merci pour votre mail.

Quant à votre question ça ne m'étonne guère que vous n'en ayez pas trouvé la réponse sur mon site : elle ne s'y trouve pas !

"Quelle dynastie a donné naissance aux empereurs les plus cruels ?" Voilà une question à laquelle je n'aime guère répondre car je ne connais que trop bien la réponse que l'on attend… de vous, puisque c'est sans doute pour satisfaire à la demande d'un de vos profs que me posez cette colle ! Or, cette réponse-bateau, cette réponse attendue, cette réponse "pédagogiquement correcte" ne me satisfait pas, me paraît aussi historiquement incorrecte qu'injuste pour la mémoire des empereurs concernés !

Mais, puisque je crains bien que mes scrupules ne vous intéressent guère, voici la réponse que vous (et sans doute votre prof) attendez : la dynastie qui est réputée (j'insiste sur ce mot) avoir fourni à Rome ses empereurs les plus cruels est, sans doute aucun, la première, celle des Julio-Claudiens, qui gouverna l'Empire romain entre 27 av. J.-C. et 68 ap. J.-C.

Que reproche-t-on couramment à ces pauvres Julio-claudiens ? Le catalogue de leurs méfaits (pour la plupart davantage supposés que réels) serait un peu longuet à détailler ici. En gros, cela pourrait donner ceci :

  • Auguste ne s'en tire pas trop mal, mais il fut néanmoins sournois, dissimulateur et très peu magnanime envers ses adversaires vaincus.
  • Tibère extermina, paraît-il, la moitié du Sénat romain. Il fit assassiner Germanicus, son successeur présumé. Il laissa le pouvoir à son ministre Séjan, un des pires sadiques que Rome eut jamais connu, et finit sa vie dans les débauches et le stupre de sa villa de Capri.
  • Caligula serait, dit-on, monté sur le trône impérial après avoir assassiné son prédécesseur Tibère. Complètement cinglé, il aurait lui aussi, exterminé le Sénat, violé ses sœurs, il aurait souhaité que le peuple romain n'eût qu'une tête afin de décapiter tout le monde d'un seul coup de glaive et, enfin, last but not least, il aurait conféré le titre de consul à son cheval Incitatus.
  • Claude fut un vieillard libidineux et cruel qui se laisser mener par le bout du nez par ses ministres et par ses épouses successives (du moins quand il ne les avait pas fait exécuter auparavant).
  • Néron. Lui, il détient le titre mondial de la catégorie "empereur cruel". Il aurait fait assassiner, son demi-frère, son épouse. il aurait contraint le philosophe Sénèque au suicide, ainsi que l'élite du Sénat, il aurait incendié Rome, épousé deux hommes et surtout, jeté les Chrétiens aux lions ! (sur les "crimes de Néron", voir aussi ici : Clic !)
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Dois-je vous préciser que tout cela est très très très exagéré. Vous vous en rendrez d'ailleurs compte si vous parcourez les notices dont je me suis permis de vous indiquer les liens. En fait, ces empereurs ne furent sans doute pas pires (ni meilleurs d'ailleurs) que bien d'autres. Ils eurent simplement une malchance insigne : les quasi seules sources historiques dont nous disposons (Tacite et Suétone) pour savoir ce qu'ils furent et ce qu'ils firent leur sont absolument défavorables. Ces "historiens" antiques ne ratent aucune occasion de les calomnier. En fait, d'autres empereurs, issus d'autres dynasties furent certainement plus cruels, plus odieux, ou moins fous que ces Julio-Claudiens, mais eurent la chance d'avoir un meilleur "service de presse" !… Je pense par exemple à Caracalla qui fit égorger tant de jeunes gens de la ville d'Alexandrie d'Égypte que le sang répandu fit rougir les eaux du Nil ; à Constantin qui fit ébouillanter son épouse et égorger son fils aîné ; à Constance II qui, comme pour fêter son accession au trône, fit massacrer toute sa proche famille : à Théodose qui rassembla toute la population mâle de Thessalonique dans un amphithéâtre et la fit massacrer par ses soldats, etc…, etc.

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4 Décembre 2001

Pylaurent a écrit : 

Je cherche une bibliographie assez complète sur Antonin le Pieux.

Son règne est en général très rapidement esquissé entre les règnes d'Hadrien et de Mars Aurèle. Si, selon Gibbon, c'est la meilleure période…, y a-t-il si peu a dire…?

J'ai lu Ælius, mais son objectivité est discutée…

N'y a-t-il pas des publications récentes traitant spécifiquement d'Antonin ? Je ne suis pas un spécialiste de Rome, mais ce règne (parmi les plus longs) m'intéresse de plus en plus, surtout par le silence qu'il suscite.

RÉPONSE :

Comme on dit : "les gens heureux n'ont pas d'histoire". Les règnes heureux non plus ! Nous ne savons donc pas grand-chose de celui du pieux Antonin, cet "Age d'Or de Rome" où il ne semble s'être passé aucun événement notable, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur de l'Empire.

antonin le pieux

Il faut dire aussi que, s'il y a peu à dire sur la vie de cet empereur, c'est aussi parce nous ne possédons que fort peu de documentation à son sujet. Je ne connais pas l'Ælius dont vous me parlez, mais si je m'en réfère aux spécialistes, la meilleure source antique - et quasi la seule - sur Antonin, c'est la biographie que lui consacre l'auteur de l'Histoire Auguste, ce recueil de "Vies" d'empereurs écrites par un païen anonyme de la fin du IVe siècle. Cet auteur, qui, pour la iographie d'Antonin, se cache sous le pseudonyme de Julius Capitolinus, est en général assez fantaisiste. Cependant, ici, il aurait fait un effort ! Il se serait, paraît-il, largement inspiré d'historiens sérieux, mais dont les textes ne sont pas parvenus jusqu'à nous.

Si ce texte vous intéresse, il se trouve sur le Net, mais, hélas, uniquement en Anglais et en latin. Voici les adresses :

Pour le texte français, "L'Histoire Auguste" (Traduction et commentaires d'André Chastagnol) est disponible chez éditions Robert Laffont, collection "Bouquins".

Évidemment, avec si peu de sources antiques, les "publications récentes" consacrées à Antonin ne peuvent foisonner. La bibliographie établie par André Chastagnol dans le livre mentionné ci-dessus ne reprend d'ailleurs que trois titres français, dont l'un date de 1888 :

  • G. LACOUR-GAYET, Antonin le Pieux et son temps. Essai sur l'histoire de l'Empire romain au milieu du IIe siècle (138 - 161). Paris 1888.
  • J. LE GALL, et M. LE GLAY, l'Empire romain. Paris, 1987. p. 471 - 482.
  • H.-G. PHLAUM, La Valeur de la source inspiratrice de la Vita Piii à la lumière des personnalités nommément citées. B.H.A.C., 1964 - 1965, p. 143 - 152.

Comme vous pouvez le constater, ces ouvrages demeurent assez peu accessibles aux profanes comme vous et moi. Vu ces difficultés et la pénurie des sources antiques, mieux vaut donc, puisqu'à peu près tout s'y trouve, consulter le texte de lL'Histoire Auguste se faire sa petite idée personnelle sur la psychologie et le règne d'Antonin. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait dans la notice que je lui ai consacré.

NOTE DU WEBMASTER (9 Juin 2005) :
Enfin, une bio d'Antonin !

ANTONIN LE PIEUX
Le Siècle d'or de Rome, 138-161

par Bernard Rémy (Editions Fayard)

(4e de couverture) :

ANTONIN LE PIEUX

Entre Hadrien et Marc Aurèle, figures emblématiques du monde romain, Antonin le Pieux mérite une place de choix dans la galerie des empereurs. Il laissa d'ailleurs un souvenir inoubliable à ses successeurs qui firent figurer son surnom dans leur dénomination. Issu d'une famille de riches propriétaires fonciers de la région de Nîmes, administrateur reconnu, il siégea fréquemment au conseil d'Hadrien qui appréciait sa modestie et ses capacités et qui le désigna pour lui succéder, même si dans l'esprit de ce prince, il devait être un empereur de transition.

Monté sur le trône à cinquante et un ans, ce bel homme séduisant, amoureux de la nature, héritait d'un empire prospère et en paix avec ses voisins. Grand seigneur humaniste, il faisait confiance aux hommes et, devenu empereur, a continué à vivre modestement. Il a pourtant dirigé d'une main ferme le monde romain pendant près d'un quart de siècle, en accentuant assez nettement l'orientation monarchique du régime. Il avait un grand souci des finances de l'État qu'il administra avec rigueur, mais il prit garde à ne pas augmenter les revenus de la république aux dépens du patrimoine des particuliers. Il veilla scrupuleusement au bon fonctionnement de l'administration municipale sur laquelle reposait la prospérité. Considérable, son œuvre juridique fut très novatrice sur bien des points.

livre antonin

Antonin, dont on donna le nom à la dynastie qui régna pendant tout le IIe siècle - le « siècle d'or » de l'Empire - n'a pas démérité, loin de là ! Jouissant d'un prestige considérable parmi les habitants du monde romain et parmi les rois-clients qui vivaient au-delà des frontières, loué par tous de son vivant, encore rangé dans l'Antiquité tardive parmi les « bons empereurs », il est resté ensuite pendant trop longtemps un empereur méconnu. La présente biographie lui rend justice.

Professeur d'histoire romaine à l'université de Grenoble, Bernard Rémy est l'auteur d'une biographie de Dioclétien et de nombreuses publications, en particulier sur les sénateurs d'Anatolie au Haut-Empire ; il a publié également les inscriptions latines de plusieurs régions françaises.

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11 Décembre 2001

Julien a écrit : 

Je recherche toutes les infos possibles sur le théâtre de Marcellus si vous pouviez m'envoyer des infos ce serait bien de votre part. Je vous remercie d'avance et je vous prie de bien vouloir me répondre.

RÉPONSE :

Des pages consacrées au Théâtre de Marcellus, ce n'est pas ce qui manque sur le Web. Vous trouverez ci-dessous des liens vers quelques-unes de celles-ci. Cependant, d'après ce que j'en ai lu, peu d'entre-elles précisent qui fut réellement ce fameux Marcellus Pensant que cela pourrait peut-être vous intéresser, j'ai donc recueilli quelques infos sur lui dans un de mes vieux bouquins. Les voici :

Ce Marcellus était le fils qu'Octavie (la sœur d'Octave Auguste) avait eu de son premier mariage (elle épousa Antoine en, secondes noces). Après sa victoire d'Actium (31 av. J.-C.), ledit Octave Auguste, qui était en passe de s'emparer du pouvoir suprême, se mit à considérer son Marcellus de neveu comme son héritier. Par exemple, lors des grandes cérémonies du Triomphe qui, en août 29, mettaient fin à dix années de guerres civiles, Marcellus, alors âgé de 14 ans, eut l'honneur de précéder le char triomphal de son oncle l'Imperator en chevauchant sur le cheval de droite, tandis que le futur empereur Tibère, lui, se trouvait sur cheval de gauche. Cela démontrait qu'Auguste plaçait le fils de sa sœur plus haut que son beau-fils Tibère (voir tableau généalogique : Clic !)

Au cours des années 27 - 25 (av. J.-C.) Marcellus accompagna Auguste dans son expédition en Gaule et Espagne. À ce moment, il portait le grade de tribun militaire.

Auguste, de constitution maladive, craignait pour le sort du régime qu'il avait instauré. Bien que son seul titre de Princeps ne lui permît pas de telles prétentions, il forma donc des projets dynastiques. Au retour de l'expédition d'Espagne, Marcellus fut marié tambour battant à Julie (fille d'Auguste et de sa première femme Scribonia). Flanqué de sa toute jeune épouse (sa Julie n'avait que 14 ans), notre Marcellus se trouvait ainsi désigné officiellement comme successeur d'Auguste.

En 24 av. J.-C., les intentions d'Auguste commencèrent à se faire jour. À son instigation, le Sénat donna à Marcellus un siège de préteur, puis lui conféra le titre de consul bien avant l'âge légal (fixé à 30 ans). Le jeune Marcellus, neveu du "Tout Puissant Auguste", et aussi son gendre, était désormais le premier dans la carrière des honneurs.

L'année 23 (avant J. C.) fut, à la fois pénible et décisive pour l'Empire. Au début de cette année, une conjuration contre le Princeps fut dénoncée, puis celui-ci tomba gravement malade. Auguste restait soucieux d'assurer une continuité à son œuvre, mais ni Marcellus ni Tibère n'étaient suffisamment mûrs pour prendre l'Empire en mains. Alors, le Princeps, toujours gisant sur son lit de douleurs, appela à son chevet les hommes les plus en vue de Rome et confia son sceau à Agrippa, le désignant par là comme son successeur, dans le cas où il viendrait à mourir. Le nom de Marcellus ne fut pas prononcé.

Mais Auguste surmonta la crise, et, après avoir renoncé, au consulat le 26 juin 23, il réforma le principat, donnant à Rome le caractère d'une monarchie populaire. Le principal collaborateur d'Auguste restait Agrippa, puis venait en première place dans l'entourage du prince, Marcellus, époux de Julie, et enfin Tibère, fils aîné de la fidèle Livie.

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À l'automne de l'année 23 av. J.-C., Agrippa reçut le grand commandement de l'Orient ; on entendit alors dire à Rome que cette "promotion" du premier conseiller de d'empereur sanctionnait en fait un refroidissement de ses relations avec Marcellus. On peut cependant se demander s'il y eût vraiment tension entre les deux hommes. C'est alors que Marcellus mourut, un peu avant la fin de l'année 23 ; il n'avait pas encore 20 ans. Auguste en fut profondément attristé et plus encore Octavie, sa malheureuse mère dont la vie se poursuivit dans une solitude totale. Le peuple aussi pleura Marcellus et, dans son poème épique de l'Énéide (VI, 878-886), Virgile lui dédia des vers chaleureux dans lesquels il chantait ce grand espoir déçu de l'empire romain. On prétend d'ailleurs que, lorsque le poète déclama ces vers devant Auguste et Octavie, celle-ci s'évanouit d'émotion, et, une fois revenue à elle, elle fit verser à Virgile 10.000 sesterces pour chaque vers de ce passage !

La dépouille mortelle de Marcellus fut la première à être déposée dans le mausolée d'Auguste, future sépulture officielle de l'Empire romain héréditaire.

(Source principale : E. Kornemann, Tibère, Payot, Paris)

Mais trêve de bavardage, voici quelques liens sur le théâtre de Marcellus :

  • ac-orleans : Le Théâtre de Marcellus : Clic !
  • Univ. Caen : Plan de Rome, le théâtre de Marcellus : Clic !
  • ac-besançon : Histoire du théâtre romain : le théâtre de Marcellus : Clic !
  • Rome 72 : Le Théâtre de Marcellus : Clic !
  • LacusCurtius : Les Théâtres romains, 283 liens Web : Clic !
  • Les théâtres antiques : Clic !

En Anglais :

  • LacusCurtius : A Topographical Dictionary of Ancient Rome : Theatrum Marcelli : Clic !
  • Rome of the Caesars : Theatre of Marcellus : Clic !
  • Comune Roma : Teatro di Marcello : Clic !
  • bluffton.edu : Images of the Theater of Marcellus : Clic !
  • siba.fi : Theatre of Marcellus : Clic !
  • Roman Empire : Theatre of Marcellus : Clic !

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13 Décembre 2001

Rontayan a écrit :

Quels sont les Romains qui ont occupé l'oppidum d'Ensérune ?

RÉPONSE :

C'est très joli, l'oppidum d'Ensérune, avec, au bas du coteau, l'étang asséché de Montady qui rayonne comme un grand soleil vert et ocre, et avec, au sommet du plateau, dans l'intéressant musée archéologique, cette fascinante collection de coquilles d'œufs fossilisés… Cependant, au risque de vous décevoir, il semble bien qu'il n'y eût jamais beaucoup de Romains qui séjournèrent dans cette place-forte.

En effet, l'oppidum (ou ville fortifiée) d'Ensérune était la capitale des Élyséens, une tribu qui faisait partie des Salyens, confédération de peuples d'origine ligure.

Cet oppidum forme un triangle allongé entre les vallées de l'Orb et de l'Aude. Il fut occupé sans interruption du VIe siècle av. J.-C. au Ier siècle après J.-C.. On peut distinguer chronologiquement plusieurs phases d'implantation. De 600 à 425 av. J.-C., le site présente un habitat de type archaïque : cabanes, nombreux silos, absence de fortification et de nécropole. Entre 425 et 230 av. J.-C., Ensérune entre en relation avec les Grecs et les Étrusques. Le village primitif est alors remplacé par une ville moins étendue, dotée d'une enceinte et construite au sommet de la colline (à l'emplacement de l'actuel musée). La ville est ensuite dévastée soit par les Volques, soit par Hannibal. À partir de 230, Ensérune passe sous le contrôle des Celtes. La nouvelle cité, plus peuplée (7 000 à 8 000 habitants), plus vaste, s'étend au-delà de l'enceinte primitive et sur la nécropole. Vers l'an 118 av. J.-C., l'arrivée de nombreux colons romains dans la région narbonnaise influence rapidement le mode de vie des habitants d'Ensérune. L'oppidum est progressivement abandonné au profit des villages de plaine et des villes romaines. Vers 30 après J.-C., l'habitat n'est plus occupé.

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Bref, quand les Romains arrivent, Ensérune se vide !

(Sources :pages Internet : http://fr.encyclopedia.yahoo.com, http://arcadia.revue.free.fr et http://crehangec.free.fr/lang.htm)

Pour terminer, quelques liens sur ce très intéressant site archéologique :

  • Site officiel de l'oppidum d'Ensérune (en construction) : Clic !
  • Direction régionale de l'Environnement : Ensérune - fiche descriptive : Clic !
  • Encyclopédie Yahoo : Clic !
  • Revue Arcadia N° 10 - Ensérune : Clic !
  • Ensérune, carrefour des civilisations protohistoriques : Clic !
  • Communauté de communes "la Domitienne" - l'Oppidum d'Ensérune : Clic !
  • Toponymie Languedoc-Roussillon : Clic !

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