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Sommaire Novembre 2001 :

  • 1er Novembre :
    • Deux regrets : Les sources ne sont pas citées - Les jugements moraux sur les personnages historiques n'apportent rien : Clic !
    • Un site de Philippe Pijourlet : Politique et religion dans l'Empire romain, du IVe au VIIe siècle : Clic !
  • 1er Novembre :
    • Quelques sites sur les auteurs latins (Biographies - Bibliographies) : Clic !
  • 1er Novembre :
    • QUOI !? Pas d'empereurs avant Jules César ? Qu'y avait-il "avant" ? : Clic !
  • 4 Novembre :
    • Quelques réflexions et questions, en vrac, sur Gallien, Salonine, la noblesse romaine, Romulus Augustule, Césarion et Valérien : Clic !
    • Que devint Salonine, épouse de Gallien, après la mort de son époux ? : Clic !
    • Que devint Romulus Augustule, après sa déposition ? : Clic !
    • La noblesse romaine est-elle l'héritière du Sénat romain ? : Clic !
    • Valérien fut-il réellement empaillé après sa mort ? : Clic !
    • Que devint Césarion, fils de César et de Cléopâtre, après la victoire d'Octave ? : Clic !
  • 5 Novembre :
    • Quelques petites réflexions sur la psychologie des empereurs de la "dynastie" antonine : Clic !
    • Les Antonins n'étaient pas nécessairement des petits saints ! : Clic !
  • 6 Novembre :
    • "Legion" : un nouveau jeu de stratégie pour PC : Clic !
  • 11 Novembre :
    • Qu'en est-il de la recherche scientifique et de l'industrialisation à Rome ? : Clic !
    • Peut-on réellement parler de "recherche scientifique" dans l'Empire romain ? : Clic !
    • Peut-on réellement parler d'"industrialisation" dans l'Empire romain ? : Clic !

  • 11 Novembre :
    • Constantin et la fondation de Constantinople : Clic !
  • 12 Novembre :
    • Quelques précisions sur l'Afrique romaine, sur la pièce "Romulus le Grand" et sur l'opportunité de jugements moraux dans les narrations historiques. : Clic !
    • La pièce "Romulus le Grand" de Dürrenmatt ? : Clic !
    • Les Romains et l'Afrique - Qui était "Africain" ? : Clic !
  • 20 Novembre :
    • Comment Jules César s'habillait-il ? : Clic !
    • Quelques liens sur les vêtements dans l'Antiquité romaine. : Clic !
  • 21 Novembre :
    • Quelques infos complémentaires sur le temple de Mars Ultor à Rome. : Clic !
    • Les Romains organisaient-ils des croisières ? : Clic !
  • 26 Novembre :
    • Quelques infos sur le "Cursus honorum". : Clic !
  • 27 Novembre :
    • Ces "Marcus" qui firent la grandeur de Rome... : Clic !
    • Les prénoms àRome - Quels empereurs se prénommèrent "Marcus" ? Quel était leur caractère ? : Clic !
  • 29 Novembre :
    • Jules César et Néron "en moins compliqué..." : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Novembre 2001

Philippe a écrit : 

Permettez-moi de vous faire les remarques suivantes :

  • Il est dommage que toutes vos sources ne soient pas citées. Travaillant sur la période je me suis rendu compte que les sources disponibles sur cette période sont parfois contradictoires, c'est pour cela qu'il est frustrant de ne pas les voir indiquées.
  • Les jugements moraux sur des personnages ayant vécu il y a 17 siècles n'ajoutent rien à l'intérêt de votre travail. Personnellement j'essaye de comprendre l'esprit de cette époque pour expliquer les comportements.

J'ai un site sur lequel je mets un travail que j'effectue sur l'empire romain du 4e au VIIe siècle : Politique et religion dans l'empire romain du 4ème au 7ème siècle

Je n'en suis qu'au tout début de ce travail, ce qui explique le caractère inachevé de la première partie.

RÉPONSE :

Tout d'abord un grand merci pour votre mail aussi sympathique que judicieux… car vos remarques sont parfaitement fondées. Vos n'ètes d'ailleurs pas le premier à me reprocher (gentiment, ça va de soi) l'absence de bibliographie (Clic !). J'envisage donc bien d'établir une bibliographie sommaire quand ce site sera (à peu très) terminé.

Si vous permettez de préciser ma pensée, j'ajouterai ici ici que faire figurer une liste exhaustive de sources et références au bas de chacune des notices biographiques m'apparaîtrait un peu comme un genre de "tromperie dur la marchandise", ou si vous préférerez de "mélange de genre". Ce faisant, n'induirais-je pas les internautes à penser que ces notices sont "plus" que ce qu'elles sont réellement ? De donner à penser qu'il s'agit là de travaux scientifiques de type universitaire alors qu'elles constituent plutôt un travail de vulgarisation destiné au public le plus large. Un travail qui, certes, vise à l'exactitude (mieux vaudrait parler de "pertinence") historique, mais qui, mes compétences en matière de critique historique étant simplement celles d'un historien amateur, ne prétend pas se hisser au-delà d'une bonne érudition.

Votre deuxième remarque est tout aussi fondée que la première. C'est vrai : les jugements moraux sur des personnages décédés depuis des siècles ne font pas "avancer le schmilblick" d'un millimètre… Mais que voulez-vous, la lecture assidue de Voltaire dans mes jeunes années m'a sans doute un peu déformé l'esprit (à défaut d'améliorer mon style), et, écrivant aussi (surtout) pour mon plaisir, je ne puis m'empêcher de prendre parti, de déplorer telle attitude ou de louer telle autre ! Il me semble d'ailleurs aussi, qu'on le veuille ou non, ce genre de procédé, outre qu'il allège considérablement le propos, est inhérent au "genre biographique" : on écrit sur un personnage parce qu'on l'aime ou qu'on le déteste. Quoi qu'on fasse, le parti pris transparaîtra donc toujours…alors, tant qu'à faire, autant l'afficher ouvertement ! C'est d'ailleurs pour cela, à cause de sa subjectivité, que beaucoup d'historiens français contemporains méprisent quelque peu ce genre littéraire, lui préférant l'interprétation raisonnée de données "objectives". Ils n'ont pas tort… mais je n'ai pas "tout faux" non plus ! Encore une fois, cela dépend du public auquel on s'adresse.

J'avais déjà repéré votre site, l'avais parcouru et en avais trouvé le propos fort intéressant. Comme, de mon côté, je suis actuellement occupé à revoir en profondeur les notices consacrées aux empereurs des IVe et Ve siècles, je ne manquerai certainement pas d'établir des liens vers vos pages si riches d'infos.

Conclusion de Philippe :

Si vous connaissez mon site alors vous avez pu voir que la question de la christianisation de l'empire fait partie des problèmes que je dois élucider. pour ce qui est des premiers siècles, je trouve l'explication de Max Weber brillante. Pour ce qui est de la suite… je vais moi aussi essayer une explication.

Pour ce qui est de Voltaire, c'est un auteur que j'adore, mais je n'adopterais pas son genre de point de vue pour expliquer des siècles où la religiosité est aussi exacerbée.

Et puis à mon sens l'enjeu est trop important, il s'agit de tordre le coup à ces théories que je cite concernant l'empire chrétien.

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1er Novembre 2001

Christian a écrit : 

Je recherche un site de biographies-bibliographies d'auteurs latins de l'Antiquité.

Avez-vous un "tuyau" ?

RÉPONSE :

Voici quelques sites sur les auteurs et la littérature latine. J'espère qu'ils pourront orienter (puis compléter) vos recherches :

  • Bibliiotheca Classica Selecta :
    • Points d'entrée spécialisés - Auteurs anciens : Clic !
    • Les auteurs anciens : quelques aperçus bibliographiques : Clic !
  • Latin Literature : Base de donnée de (presque) tous les auteurs latins disponibles sur le Web : Clic !
  • Site Nimispauci : Des traductions françaises d'auteurs grecs et latins : Clic !

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1er Novembre 2001

Didier a écrit : 

Je suis avec un ami et nous venons de consulter votre site sur les empereurs romains. C'est vraiment super, très complet. Mais, je ne vois rien avant 49 avant JC ! Où sont les emperurs précédents ? Peut-être qu'il n' y en avait pas ? Quel était le régime avant et qui régnait sur Rome.

RÉPONSE :

Ben non ! Pas plus d'empereurs avant Jules César (et encore, il est très contesté comme premier empereur) que de cheveux sur le crâne de votre bleu gardien Barthez !

Avant l'Empire, il y avait un genre de République oligarchique c'est-à-dire une république presque entièrement sous la coupe de quelques nobles Sénateurs très fortunés.

J'ai déjà eu le plaisir de résumer en quelques lignes les huit siècles d'histoire romaine qui ont précédé l'époque impériale en répondant à un autre internaute sympa (Clic !). Mais si vous souhaitez en savoir plus, ces quelques autres sites éclaireront sans doute mieux votre lanterne que mon résumé un peu caricatural :

  • Noctes Gallicanae - Abrégé d'Histoire romaine : Clic !
  • J-B Histoire - Histoire romaine : Clic !
  • Histoire de la Civilisation romaine : Clic !

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4 Novembre 2001

Julien a écrit : 

Figurez vous qu'après avoir découvert Gallien durant mes études d'Histoire à la Sorbonne j'ai écrit une pièce de théâtre sur cet homme si longtemps calomnié (été 1998). Je viens de l'expédier à des éditeurs et de la présenter à un service du ministère de la culture qui décidera si oui ou non elle pourrait bénéficier de subventions pour être monté (décision en mars 2002) !

Ce que vous dites sur cet empereur est exactement ce que j'ai essayé de faire ressortir dans ma pièce !
Grâce à ce site, j'ai découvert le nom du lieu où Gallien écrasa Auréolus.

1. Savez-vous ce que sont devenus Marcianus et Salonine ? Dans ma pièce, après la mort de Gallien, je fais fuir Salonine Plotin et la maîtresse de l'empereur qui vient de tomber enceinte... Naturellement mon imagination a comblé certains vides, mais j'ai essayé de respecter la chronologie...

Je suis bien triste qu'on ne sache rien sur Romulus Augustule après 476....et le Sénat romain, quelle fut son histoire après 476 ? Les familles de sénateurs se sont-elles succédées jusqu'à Charlemagne ou Othon dans cette institution ? Les sénateurs furent-ils les ancêtres des familles nobles d'Italie ? À quel point ?

RÉPONSE :

Puisque, dans les milieux théâtreux, le mot "chance" porte malheur, je souhaite bonne m… et longue carrière à votre pièce sur Gallien et son entourage. Il ne fut sans doute pas un "grand" empereur, mais il ne fut certainement pas non plus le monstre néronien que les historiens antiques se sont complus à décrire…

Quant à son épouse Salonine, je crains bien qu'elle ne disparaisse définitivement de l'Histoire après la mort de son impérial époux… Dès lors, pourquoi ne serait-elle pas restée auprès de Plotin, son maître à penser ? C'est si ce n'est pas prouvé, cela reste du moins vraisemblable.

Même chose pour Romulus Augustule. On ne sait rien de lui après 476, quand Odoacre le délogea d'un trône bien trop grand pour lui. Cela dit, et puisque, nécessairement, vous intéressez à la chose théâtrale, je crois me souvenir qu'une pièce a été écrite sur lui. Son titre serait "Romulus le Grand" (?), et je crois qu'elle est due à un auteur allemand nommé Durrenmatt…Je dois avoir vu cela à la télé, il y a bien une bonne vingtaine d'années, alors veuillez excuser l'imprécision de mes souvenirs. Toutefois, si ces derniers sont exacts, je pense que cette pièce s'achevait également sur la déposition du jeune empereur.

Quant à ces nobles familles romaines (Orsini, Conti, Caetani, Savelli, Pierleoni, etc…) d'après le peu de ce que j'en sais, effectivement, au Moyen Age, beaucoup d'entre elles revendiquaient une très haute antiquité, remontant même au Sénat romain. Mais, naturellement, avec des archives si peu nombreuses et si souvent détruites, n'importe quel parvenu pouvait se prévaloir d'ancêtres illustres sans grand risque d'être démenti ! Avait beau mentir qui avait la bourse pleine et des armées de soudards à sa botte !

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2. Est-il vrai que Valérien a été empaillé par Sapor ? beuhhh… remarquez, ça n'a guère changé aujourd'hui…

J'aimerais écrire une pièce sur le fils de César et de Cléopâtre... Est-il vrai qu'on perd sa trace après les suicides de la dernière Lagide et de son beau ténébreux ? Si c'est le cas, l'imagination pourra jouer pleinement…

RÉPONSE :

L'empereur Valérien empaillé après sa mort et peint en rouge minium, une histoire vraie quoique dégoûtante ? J'aime ce qu'a écrit ce bon vieux Edward Gibbon (Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, I, X) à ce sujet. Connaissez-vous ce texte ? Qu'importe, le voici : "Lorsque Valérien succomba sous le poids de la honte et de la douleur, sa peau, garnie de paille, et conservant une forme humaine, resta suspendue pendant plusieurs siècles dans le temple le plus célèbre de Perse : monument de triomphe plus réel que tous ces simulacres de cuivre ou d'airain érigés si souvent par la vanité romaine. Cette histoire est touchante (sic) et renferme une grande morale ; mais il est permis de la révoquer en doute (…). Est-il naturel de supposer qu'un monarque si jaloux de sa dignité ait ainsi dégradé, même dans la personne d'un rival, la majesté des rois ? Quelque traitement que l'infortuné Valérien ait éprouvé en Perse, il est du moins certain que ce prince, le premier empereur de Rome qui soit tombé entre les mains de l'ennemi, passa ses tristes jours dans une captivité sans espérances". Dieu que tout à est bien dit… même si c'est pour dire qu'on ne sait rien de sûr !

En revanche, je suis au désespoir de vous annoncer qu'il est à peu près certain que Césarion, le fils de César et de Cléopâtre, fut exécuté sur ordre d'Octave !qui n'était pas encore devenu "Auguste"). Si j'en crois ce vieux facho (mais qui n'en est pas moins souvent pertinent) de Benoist-Méchin ("Cléopâtre, ou, le rêve évanoui"), après la mort d'Antoine et le suicide de Cléopâtre, un nommé Rhodon, précepteur du jeune Césarion, aurait dissuadé celui-ci de s'enfuir aux Indes, lui conseillant plutôt de s'en remettre à la clémence du vainqueur. "La clémence d'Octave", tu parles ! Pourquoi pas "l'humanité de Hitler" ? Évidemment, Octave s'empressa de faire étrangler le jeune homme (pourtant son frère légal) en qui il ne voyait qu'un rival potentiel.

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Toujours d'après Benoist-Méchin, le précepteur Rhodon justifia sa trahison en disant : "Deux Césars à la fois ? C'eut été trop pour le monde !'". Beau sophisme !

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5 Novembre 2001

Jessica a écrit : 

J'aimerais savoir si tu pourrais me donner de l'information sur quelque chose : est-ce que tu serais capable de me donner les différences et les aspects communs des façons de pensée des empereurs romains ? Plus précisément : Marc Aurèle, Hadrien, Trajan, et ceux dans cette période...Je l'apprécierais grandement !

RÉPONSE :

En ce qui concerne les différences et points communs de la psychologie des empereurs, je crois qu'il est toujours hasardeux de comparer des personnalités entre elles. Par définition tout "individu" est unique ! En outre, ces comparaisons sont encore plus difficiles avec ces empereurs du IIe siècle auxquels tu sembles t'intéresser particulièrement. D'une part, ils sont assez mal connus (j'y reviendrai) ; d'autre part, chez eux, la succession impériale ne s'effectuant pas par voie dynastique (de père en fils), mais bien par adoption (le vieil empereur adoptant son successeur), il faut donc déjà exclure l'influence de tout facteur génétique pour trouver des similitudes entre eux !

Cela dit, il me semble que je donne déjà pas mal de renseignements psychologiques sur la personnalité des empereurs de la dynastie antonine (IIe siècle) dans ces notices qui leur sont consacrées :

De plus au bas de chaque notice, tu trouveras de très nombreux qui te permettront sans doute d'affiner tes recherches.

Peut-être quelques petites précisions complémentaires, ou, si tu préfères, quelques correctifs d'une portée plus générale ? Les voici :

Tous ces empereurs du IIe (excepté Commode) sont considérés comme d'excellents souverains. Ce sont les empereurs du siècle d'or, de l'apogée de l'Empire romain Une citation : "Le second siècle a bonne réputation. C'est le "siècle d'or" de l'Empire romain". Après les guerres victorieuses de Trajan, la paix règne jusqu'à Marc Aurèle. Quatre empereurs de grand mérite se succèdent selon le principe de l'adoption et essaient d'incarner, chacun selon son caractère, l'idéal moral et politique défini à la fin du siècle précédent. Sauf sous Hadrien, la bonne entente règne entre le Sénat et l'empereur ; la simplicité de celui-ci, sa modération, le conservatisme social rassurent une aristocratie stabilisée. " (Jean-Marie Engel, l'Empire romain, Que sais-je ?, PUF).

Mais attention ! Finalement, comme je l'ai déjà signalé, nous connaissons assez mal ces "bons empereurs". Les textes des historiens qui relataient leurs actes sont pour la plupart perdus, et il faut souvent s'en remettre à des rapports tardifs, incomplets ou très suspects de partialité.

Au cours du IIe siècle, ce prétendu "Age d'or", les situations économique, militaire et culturelle ne cessèrent de se dégrader. À force de chercher la stabilité, tant intérieure qu'extérieure, les empereurs de la dynastie des "Antonins" aboutirent à une "société bloquée" que seules réveillèrent les crises successives du siècle suivant où l'Empire frôla d'ailleurs plus d'une fois le bord du gouffre.

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Ces "bons empereurs" du IIe siècle ne furent donc pas des saints, loin de là. Tous eurent leurs petits (gros) défaut :

  • Trajan, le "meilleur des empereurs", fut aussi un grand buveur qui aimait à s'entourer de mignons. Il était assez cruel et grossier, appréciait fort les jeux sanglants de l'amphithéâtre et était très dépensier. Au point de vue politique, il faisait souvent preuve d'autoritarisme insupportable.
  • Quoique supérieurement intelligent, Hadrien supportait mal d'être confronté à d'autres génies que lui. Assez (très) jaloux, il pouvait aussi se montrer cruel, indiscret, égoïste et futile.
  • Tout semble si parfait chez Antonin le Pieux que cela en devient presque insupportable : prudence, économie, modération, affabilité… Bref, c'est le symbole parfait d'un paternalisme rassurant… mais frileux, peureux, replié sur soi-même ; tous les ingrédients qui allaient conduire inéluctablement à l'affaiblissement et à l'appauvrissement de l'Empire romain.
  • Quant à Marc Aurèle, l'"empereur-philosophe", à force d'avoir, dans sa jeunesse studieuse, fréquenté plus de bouquins que d'êtres humains, il avait parfois tendance à perdre le sens des réalités. Il était de santé un peu trop fragile pour supporter la rude vie de soldat qui fut la sienne tout au long des dix-sept ans de guerre qui émaillèrent son règne (de dix-neuf ans). À sa mort, il laissa son Empire affaibli, les provinces ravagées, une armée "barbarisée" par de nombreux contingents étrangers et les finances à sec.
  • Et pour Commode, ce fils dégénéré de Marc Aurèle, on a déjà tant cassé de sucre sur son dos que je pense qu'il est inutile d'en ajouter encore une couche !

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6 Novembre 2001

Lain a écrit : 

We're currently developing a PC strategy game set in ancient Rome. The game focuses around the formation of Rome, giving the player control of the Legions and the economy that supported them. We are making the initial setting as accurate as possible, but the players actions will allow them to alter what actually happens and to rewrite history. Who knows, maybe the Etruscans will rise to rule Italy instead of the Romans ! Later scenarios follow Rome's expansion through Gaul and into Britannia.

We're a small independent developer and don't have the marketing clout of the big companies. Legion is also a niche market game that does not appeal to the mass market, but more to enthusiasts. For this reason we're trying to drum up interest in the game by contacting web sites that are interested in Roman history. We think your audience are the type of people that are likely to be interested in our game. We were hoping that you could inform your readers about our game and help us to get the word out. It is very difficult to bring a game like Legion to market as publishers are only interested in mass market console games, so we need to take every opportunity we can to get people interested in the game. It would be great if you can let all your members know about the game and if possible a news item linking to our site would be very helpful. If posting news is not possible then just letting people you think might be interested know about the game would be great. If you have connections with other sites that may find this interesting then we'd also like to talk to them. If you want games like Legion to make it to the shops, we need your help!

For more information about our game - Legion - visit our website at www.slitherine.co.uk. If you have any questions then don't hesitate to ask.

If you're interested we can also supply you with materials on the game such as screenshots etc

legion

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11 Novembre 2001

Pascal a écrit : 

Je m'intéresse à l'aspect technologique de l'empire et plus généralement du développement des sciences à cette époque.

Donc quelques questions.

1. Quel était le "degré" d'avancement technologique de l'Antiquité tardive dans le monde romain ? (J'ai lu, il y a bien longtemps, qu'il correspondait grosso modo à notre XVIIe siècle)…

2. Pensez-vous comme moi que l'esclavage et la christianisation de l'empire ont "cassé" la recherche scientifique à cette époque ?

RÉPONSE :

Me trompé-je ou n'ai-je pas déjà eu l'occasion de répondre à votre première question ? Si ne n'est pas le cas, voici le lien où vous trouverez ma modeste opinion à ce sujet : Clic !

L'esclavage et la christianisation ont-il cassé la recherche scientifique dans l'Empire romain ?

A mon avis (qui n'est pas celui d'un spécialiste), il n'y avait plus grand-chose à "casser" en matière de "recherche scientifique" quand, au IVe siècle, le christianisme s'imposa (fut imposé) comme religion d'état. Je me trompe peut-être, mais dans l'Antiquité gréco-romaine, le seul endroit où l'on pratiqua jamais quelque chose qui pouvait peut-être s'apparenter à ce nous appelons aujourd'hui "recherche scientifique" se trouvait à Alexandrie dans le gigantesque complexe du "Musée". Or, le Musée et la Bibliothèque d'Alexandrie commencèrent à décliner dès le IIe siècle av. J.-C., juste au moment où Rome entamait son expansion. Dès lors, parler de "recherche scientifique" pour l'Antiquité romaine - et à fortiori pour l'Antiquité romaine tardive - me paraît assez hasardeux… À mon avis, le génie de la civilisation romaine fut surtout de mettre en pratique l'héritage technologue grec, et ce au moment même où les Grecs n'étaient plus capables d'innover et se contentaient de rabâcher éternellement leurs vieilles théories.

3. Avons-nous des traces de l'industrialisation romaine ?

4. Pourriez-vous me donner des liens qui se reportent aux questions précédentes ?(Pas des liens généralistes SVP, en français, allemand ou anglais)

RÉPONSE :

Une question du même genre se pose pour "l'industrialisation romaine". Sait-on seulement s'il y eût jamais une "industrie romaine" ? À l'instar de toutes les sociétés anciennes, la société romaine (et donc son économie) reposait, et reposa toujours principalement sur l'agriculture. Toute richesse provenait de la terre, toute l'économie était tributaire des récoltes de céréales… avec un espace cultivable très limité et des rendements dérisoires. Il me paraît donc assez hasardeux d'évoquer l'éventualité d'une industrialisation significative dans une économie purement "alimentaire" et précaire parce qu'à la merci d'une simple suite de mauvaises récoltes. Tout au plus pourrait-on sans doute parler, dans le meilleur des cas, dans certaines rares périodes de paix et de stabilité politique durables, d'un artisanat urbain assez développé… Mais, comme je vous l'ai signalé d'emblée, je ne suis un spécialiste ni en économie, ni en "histoire des sciences et techniques", et ce que je vous écris là ne relève pas de recherches approfondies. Toujours est-il qu'à première vie (et à ma connaissance), et même si on ne connaît pas tout, loin de là, des techniques utilisées par les Romains, on n'a, à ce jour, trouvé nulle trace archéologique de véritable "industrie" romaine.

Pour des sites spécialisés dans ces domaines (économie, techniques) je me permets de vous renvoyer à la base de données (presque exhaustive) étable par Bill Thayer dans les pages RomanSites de son site LacusCurtius :

  • RomanSites : Clic !
  • RomanSites - Science, Technology, Engineering… : Clic !

En outre, peut-être trouverez-vous des sites intéressants sur cette autre exceptionnelle base de données que constitue la BCS (Bibiotheca Classica Selecta) de l'Université de Louvain (Belgique) :

  • BCS : Clic !
    • BCS - Ressources électroniques : Clic !
    • BCS - Points d'entrée spécialisés : Clic !

Je regrette de ne pas pouvoir vous renseigner davantage, mais, ce que vous me demandez est un peu en dehors de mes centres d'intérêt, et nettement au-delà "du cadre de mes compétences", comme on dit !

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