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Août 2001 (page 2/2)

Sommaire du mois d'Août : Clic !

10 Août 2001

Sébastien a écrit : 

Site complet, mais faudrait peut-être penser à mettre sur chaque dossier un petit lien vers un fichier Word par exemple, parce que les mises en page Internet c'est pas le top.

Bon courage.

RÉPONSE :

Merci pour ce mail aussi sympathique que constructif.

Comme mes capacités relativement limitées en matière de création de pages Web m'empêchent d'atteindre une perfection formelle (par parenthèse, votre site, qui allie sobriété et recherche graphique, est fort joli : Clic !), je m'efforce simplement de privilégier le contenu et le confort de lecture…

Évidemment, la mise en forme de fichiers Word annexés serait certainement bien meilleure, mais le problème, c'est que mes pages "empereurs romains" sont en évolution constante… Adapter fréquemment toutes ces notices (près de cent actuellement) me demande déjà un temps considérable. Je ne sais comment je m'en sortirais, comment je pourrais assumer ce surcroît de travail, si je devais le faire deux fois !

Je constate d'ailleurs que les sites américains qui traitent du même sujet (De Imperatoribus romanis et The Throne of the Caesars) ne se lancent pas dans une telle aventure alors même qu'ils disposent certainement de bien plus de moyens (humains et techniques) que moi et que leurs pages subissent nettement moins de modifications que les miennes.

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14 Août 2001

Anne a écrit : 

Pourrais-tu me trouver une biographie sur Tigellin, l'âme damnée de Néron !

Merci, ce personnage m'intrigue malgré tout !

RÉPONSE :

Malheureusement je ne connais pas de "biographie de Tigellin". Il est vrai aussi que, même si son rôle d'exécuteur des basses œuvres du prince le plaça souvent sur le devant de la scène, Tigellin n'est finalement qu'un "personnage secondaire" du règne de Néron. Les auteurs antiques (Suétone, Tacite et Dion Cassius) ne l'évoquent donc qu'occasionnellement, tout en parlant d'autres personnes, d'autres événements plus importants… Néanmoins ces allusions ont largement suffi à noircir définitivement la réputation de cet homme, présenté comme débauché, cruel (voire sadique), ambitieux, cupide, lâche et sans scrupules.

Voici, en résumé, à peu près tout ce que l'on sait de lui (Source : Eugen Cizek, Néron, Librairie Arthème Fayard, 1982) :

Caius Ofonius Tigellinus provenait d'une famille grecque de Sicile. Élevé dans la maison d'Agrippine et de ses sœurs, il fut banni par Caligula et se réfugia quelque temps en Grèce avant de s'établir en Lucanie (Sud de l'Italie). C'est là qu'il s'enrichit en élevant de chevaux de course. Ce métier le rapprocha de Néron, qui adorait les courses de chars et faisait même l'aurige à l'occasion (pour ne pas dire l'"aurige d'occasion").

Tigellin commença par se rendre indispensable en tant qu'organisateur de jeux, notamment de ceux qui se déroulèrent après l'exécution d'Agrippine. Il devint préfet des vigiles, puis préfet du prétoire, mais il n'exerça jamais cette fonction seul : Néron eut l'élémentaire prudence d'adjoindre à cet ambitieux un collègue en la personne de Nymphidius Sabinus.

Vu ses origines modestes et provinciales, Tigellin était l'homme idéal pour organiser la mise au pas, voire éventuellement à l'élimination physique, des Sénateurs réactionnaires qui, congénitalement opposés à la politique culturelle orientalisante l'empereur-artiste, ne voyaient en Néron qu'un histrion ridicule et scandaleux, nuisible au prestige romain.

C'est aussi Tigellin, en personne, qui dirigea - non sans un certain plaisir sadique, paraît-il - les interrogatoires extrêmement "musclés" des servantes Octavie, l'épouse délaissée de Néron. La répartie d'une de ces pauvres femmes à l'adresse de son bourreau est d'ailleurs restée célèbre : "Ô Tigellin, la sexe d'Octavie est plus pur que ta bouche !"… et cette courageuse dame ne parlait pas précisément d'hygiène dentaire !

Ce Préfet du Prétoire, notoirement débauché, outrageusement corrompu et immensément riche (les deux vont souvent de pair), acquit rapidement une influence considérable sur l'empereur. Sa carrière atteignit son apogée dans les années 66-66.

Il accompagna Néron en Grèce. Mais, de retour en Italie (68 ap. J.-C.), subodorant sans doute le proche effondrement du régime néronien, il démissionna de ses fonctions de Préfet du Prétoire, prétendument pour raisons de santé. Il se trouvait donc fort opportunément éloigné de Rome quand Néron fut renversé et contraint au suicide.

Tigellin parvint encore à se faire oublier durant le règne éphémère de Galba, mais toutes ses trahisons, tous ses crimes avaient catalysé bien trop de rancunes sur sa personne. En 69, l'empereur Othon, qui venait de succéder à Galba, donna satisfaction à ses nombreux ennemis en le contraignant au suicide.

Voilà ! C'est à peu près tout ce qu'on sait sur ce gros dégueulasse !

nero

Tu comprendras qu'avec aussi peu de certitudes (?) historiques, il n'existe pas (du moins à ma connaissance) de biographie "sérieuse" de Tigellin : elles se seraient limitées à deux trois pages tout au plus ! Mais, les romanciers, eux, se sont emparés de ce personnage taillé sur mesure pour jouer le rôle de "vilain méchant pas beau" de service. Tigellin, c'était le personnage repoussoir par excellence ! Il intervient donc dans tous les romans "néroniens"…enfin tous ceux que j'ai lus.

Si tu veux savoir ce qu'il devient sous la plume de ces auteurs ingénieux et souvent plus perspicaces que bien des historiens, tu le retrouveras par exemple dans :

  • Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz, ("Livre de Poche" - 2001)
  • Le Secret du Royaume - Minutus de Mika Waltari (Éditions Olivier Orban - 1983 et "Livre de Poche" - 1991)
  • Néropolis d'Hubert Monteilhet (Presses Pocket - 1997)

et très récemment

  • Moi Sporus, prêtre et putain de Cristina Rodriguez (Édition Calmann-Lévy - 2001)

 

NB :
UN PETIT BÉMOL POUR TIGELLIN :
Clic !

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16 Août 2001

Yves a écrit : 

Petite question pourrais-je savoir, où sont né les Empereurs suivants ainsi que ces femmes.

  • Empereur Geta
  • Faustine jeune
  • Élagabal
  • Constance II
  • Constant
  • Julia Domna
  • Valens

Merci pour ces renseignements

RÉPONSE :

On ne connaît pas nécessairement toujours, ni toujours précisément, les lieux de naissance des empereurs… Et ceux de leurs dames encore moins !

Voici néanmoins ce que j'ai trouvé :

  • Geta : né le 27 mai (ou le 7 mars) 189 à Rome (ou à Milan)
  • Faustine la Jeune (Fille d'Antonin le Pieux, épouse de Marc Aurèle) : née en 130 ap. J.-C. - lieu de naissance inconnu.
  • Élagabal : né en 201 ou 203, sans doute à Rome (?)
  • Constance II : né le 7 août 317 en Illyrie (côte dalmate), peut-être à Sirmium (auj. Mitrovica en Serbie)
  • Constant : né entre 320 et 323. Lieu de naissance inconnu.
  • Julia Domna : née en Syrie, sans doute à Émèse où son père était grand-prêtre héréditaire.
  • Valens : né vers 328. Lieu de naissance inconnu mais probablement à Cibalis (auj. Vinkovci en Croatie) comme son frère Valentinien Ier.

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24 Août 2001

Compagnon1 a écrit :

Ayant découvert votre site, je me demande certaines choses.

1. Allez-vous parler des Empereurs bretons du Ve siècle ? Bien qu'abandonnés de Rome les Bretons ont continué à donner des titres impériaux.

Concernant l'introduction de Jules César, elle est justifiée. L'Empire est fondé en -27, c'est la date des historiens, mais qui préfèrent appeler ça le principat. Pour l'époque, c'est toujours la République et c'est à partir des Flaviens, je crois, que la notion d'Empire fait son apparition. En gros, César était Empereur d'une République et Auguste d'un Empire. C'est comme ça que je le vois.

RÉPONSE :

À vrai dire, je ne connais pas grand-chose de l'histoire de la Grande-Bretagne après le départ des légions "romaines" de l'usurpateur Magnus Maximus, qui laissa l'île sans défense. J'ignorais même que les chefs bretons avaient porté le titre impérial. Je pensais, peut-être un peu naïvement, qu'à partir du Ve siècle, il n'y avait plus guère que l'archéologie ainsi que les vagues allusions des légendes arthuriennes, Beowulf et quelques fables colportées par Bède le Vénérable pour éclairer l'Histoire (avec un grand H) d'Angleterre.
Tout cela pour vous dire que je serais actuellement fort embarrassé d'écrire, ne fût-ce qu'une ligne, sur ces "empereurs bretons" tardifs dont j'ignore jusqu'aux noms. Pourriez-vous, éventuellement, me communiquer une liste chronologique de ces souverains ? Cela pourrait peut-être éclairer ma pauvre lanterne. Merci d'avance.

Pour Jules César, vous avez mille fois raison. À mon avis aussi, il fut bien un "empereur" sans en porter le titre. Cela dit, si je j'ai repris le grand Jules dans liste des empereurs, c'est surtout parce que je pouvais envisager ce site sans une notice consacrée à celui qui fut sans doute, quelque fût son titre, "le plus grand des Romains" (l'expression n'est pas de moi, mais du diable si je me souviens de qui elle est !).

2. Pour la date de 476, je pense que c'est vécu par les contemporains non pas comme la fin d'un empire, mais plutôt comme celle d'une réunification entre l'Occident et l'Orient. L'empereur d'Orient devenant Empereur tout court, avec une sorte de "domaine royal" (l'Orient, Soissons), des fiefs de vassaux turbulents compris dans l'Empire (Goths, Francs), des zones perdues (Afrique, Bretagne…). C'est une sorte de féodalisation avant l'heure, avec des royaumes, mais les feudataires deviennent vite indépendants et quittent l'Empire. En fait, l'empire redevient d'Orient en 812 quand le basileus reconnaît le Saint Empire Romain. Je pense donc que de 476 à 800/812 on doit parler d'Empire Romain (sans plus de précision) et pas d'Empire Byzantin ou d'Orient.

RÉPONSE :

La date de 476 pour "la chute de l'Empire romain" est aussi traditionnelle qu'arbitraire. Là-dessus, tout le monde est d'accord. Mais quant à savoir comment la fin de l'Empire d'Occident fut ressentie par ses habitants, c'est une autre paire de manche ! Comme le dit Paul Veyne dans un entretien récent (L'Histoire n°254 - mai 2001 - p.53) : "Les habitants savent bien qu'ils ont changé de maître, que le maître maintenant c'est le barbare. Qu'est-ce que cela change ? Pour les paysans, je crois qu'on n'en sait rien. Pour les grands seigneurs (…), Ils négocient d'égal à égal avec les chefs barbares du coin, ils se mettent à leur service, ils leur en imposent sans doute, ,ils ont pour eux le prestige lié à richesse et à la culture".

Quant à l'empereur d'Orient, peut-être a-t-il ressenti la déposition de l'usurpateur Romulus Augustule comme une réunification. C'est possible. C'est d'ailleurs ainsi qu'Odoacre lui a présenté l'événement : ce n'était pas la fin de l'Empire d'Occident, mais la fin de la succession impériale en Occident ! Il y a là un monde de nuances.

Il est vrai aussi que si le sacre de Charlemagne fit tant grimacer l'Empire dit "byzantin" (terme quelque peu péjoratif pour désigner un empire qui n'était plus tout à fait "romain" mais presqu'exclusivement grec), c'est qu'il n'avait pas renoncé (et ne renonça finalement jamais) à sa prétention à l'universalité… Et si les basilei, un plus tard - en 812, dites-vous ? - acceptèrent le fait accompli "carolingien" c'est seulement du bout des lèvres, bien contraints et forcés ! Ces dirigeants grecs de l'Empire romain de Constantinople se crurent et se voulurent toujours les seuls héritiers légitimes de Rome. Des empereurs grecs, certes, mais plus romains que les Romains de Rome. Et, finalement, si l'on considère objectivement l'histoire, on doit bien admettre qu'ils n'avaient pas tout à fait tort !
Leur Empire "romain" ne mourut donc définitivement que le 29 mai 1453, avec la prise de la "deuxième Rome" par les janissaires du sultan Mehmed II (ou jusqu'en 1460 avec la chute de l'Empire grec de Trébizonde, sur les rives Mer Noire, ultime survie de l'idée impériale "romaine" en Orient).

romulus augustule

Il n'en reste pas moins que, selon l'optique adoptée, on peut voir des "empereurs romains" un peu partout. Ainsi, vos chefs Bretons du Ve se prenaient sans doute pour d'authentiques "empereurs romains", mais l'étaient-ils réellement ? Le pape Léon III intronisa Charlemagne "empereur des Romains", mais pour les empereurs romains, ceux de Constantinople, il ne fut jamais qu'un arriviste. Les empereurs "romains" du Saint Empire romain germanique, eux aussi, se voulaient tout aussi "romains" que ceux de Byzance. Et les empereurs "latins" de Constantinople aussi, et les empereurs grecs de Nicée, et ceux de Trébizonde… Et l'empereur des Français Napoléon Ier, quelle idée avait-il donc derrière la tête quand il donna à son fils le titre de "Roi de Rome" ? Et les empereurs (Kaisers - Césars) d'Autriche-Hongrie, leur devise A.E.I.O.U. (Austria Est Imperare Orbi Universo - "Il appartient à l'Autriche de régner sur l'univers") n'est-elle pas digne des "empereurs romains" ? Et les Tsars (Césars) de toutes les Russies, ne se prétendaient-ils pas les "empereurs de la Troisième Rome" ? Et Mussolini avec sa restauration de la "Mare Nostrum" ? etc… etc…

Comme vous voyez, toutes ces notions de "chute d'Empire romain", d'"Empire romain", d'"Empire romain d'Occident", d'"Empire Byzantin", d'"Empire grec" sont bien souvent devenues des slogans, utilisées dans des disputes d'écoles teintées de nationalisme et/ou de sectarisme religieux… Et s'il me fallait rédiger une notice biographique pour chacun de ces "empereurs romains", réel, douteux ou faux, j'aurais encore beaucoup de pain sur ma planche !

Compagnon1 réécrit :

Merci pour votre réponse.

1. Hélas, je ne connais pas l'histoire des Empereurs bretons. Il y aurait d'abord eu Marc et Gratien en 407, usurpateurs de Gaule et de Bretagne, puis Constant de 408 à 411 (Bretagne seulement). De 407 à 411 il y avait Constantin, pour Bretagne et Gaule. Il aurait été remplacé en Bretagne par Maxime (dates ?).Pour la suite, j'ai vu des cartes médiévales anglaises du Ve siècle montrant le recul romano-celte face aux Barbares et des États se constituaient, dont certains avec à leur tête un empereur.

Toutefois, il semble que ces empereurs sont parfois juste appelés rois. J'ai trouvé Aurelius et Constantin. Il y en avait d'autres. Mais comme je l'ai dit, leur dénomination semble varier. C'est tout ce que je sais sur la question.

RÉPONSE :

Merci pour ces infos complémentaires !

Ces Marc, Gratien, Constantin III, Constant II et Maxime ne m'étaient pas tout à fait inconnus. Je compte d'ailleurs - si Dieu ne prête vie, comme on dit - leur consacrer une brève notice. Si la chose vous intéresse - et si vous n'avez pas déjà repéré ces pages-, vous pouvez déjà trouver des renseignements à leur sujet (en anglais) dans le site De Imperatoribus romanis.

Voici les liens ad hoc :

  • Marcus (406 - 407) et Gratien (407) : (évoqués dans la notice consacrée à Honorius) : Clic !
  • Constantin III (407 - 411) : Clic !
  • Constant II (409 - 411) : Clic !
  • Maxime (409 - 422) : Clic !

Quant au rois-empereurs bretons Aurelius et Constantin dont vous me parlez, leur nom n'évoque rien chez moi pour l'instant. Je chercherai davantage quand je compléterai mon site en ce qui concerne cette période et cette aire géographique.

2. Concernant la 3e Rome, où la Russie se prétendait héritière de Byzance, il ne faut pas oublier que dès la prise de Constantinople les califes Ottomans se sont titrés "empereurs romains"

RÉPONSE :

Je ne savais pas que les califes ottomans s'étaient bombardés "empereurs romains" après la prise de Constantinople… Mais, à la réflexion, cela ne m'étonne guère : les Turcs Seldjoukides, prédécesseurs des Ottomans, ne s'étaient-ils pas autoproclamés "Sultans de Roum" (= rois de Rome ou plutôt "Rois de la Romanité") dès le XIe siècle, après que leur victoire de Mantzikert (1071) sur l'empereur "byzantin" Romain Diogène leur eut permis de faire main basse sur une bonne partie de la Turquie actuelle.

Encore des "empereurs romains" d'occasion !…

Compagnon1 réécrit :

Bien curieuse est l'évolution de la question impériale romaine. Je me suis amusé à regarder ça et on obtient la périodisation suivante, que vous avez sans doute remarqué.

Au début c'est bien simple, on a la période de l'empire unitaire et universel, qui commence sous la République avec César, l'empereur No 0. Les dates sont, bien sûr, -27 à 395, et cette unité n'a jamais été contestée, sauf lors de l'affaire de l'empire gaulois (260-274).
Tout change lors du partage de Théodose.
Période des empires d'Orient et d'Occident (395-476). L'empire redevient unitaire de 476 à 800, malgré des fantaisistes bretons se proclamant empereurs, Julius Nepos et les ambitions de Théodoric (mais je ne sais s'il a vraiment pris le titre). Tout irait bien s'il n'y avait pas eu Charlemagne (appelons-le Charlie).
L'occident et le Saint Empire Romain (800-1806). Jusqu'en 1804 la situation impériale est stable, le Kaiser est incontesté, sauf par Alphonse père et fils en Castille qui ont pris le titre d'empereurs d'Espagne (fin XIIe - début XIIIe siècle, je crois).

En revanche, l'Orient…. L'empire romain redevient d'Orient de fait à cause des Carolingiens, et il le restera jusqu'en 1453, malgré l'exil à Nicée de 1204 à 1261 (je ne sais pas si on peut vraiment parler de la fondation d'un nouvel empire dans cette ville).
Enfin, rajoutant à la confusion l'empire de Trébizonde (jusque 1461), celui de Thessalonique (1224-1230) et l'empire latin, qui ne disparaît pas à la prise de la ville, mais au XVe (le titre était porté par les princes d'Achaïe, je crois).

Que d'héritiers légitimes et de bâtards !

Et les slaves : empire bulgare de 917 à 1018. Rebelote de 1197 à 1371, suivi d'un fractionnement en deux entre les empires de Vidin (1352-1396) et de Tirnovo (1371-1393). La Serbie n'est pas en reste entre 1346 et 1371.

Le partage de l'Occident.
C'est bien connu, l'empire d'Autriche remplace le vieux Reich (1804-1918) même si la vedette lui est volée par la France (1804-1914;1815). Quant au vieil Empire, il tente de renaître en 1849, mais il faudra attendre 1871 pour que le IIe Reich fasse son apparition alors que dans le même temps la France ressort de ses cartons le sien (1852-1870). Finalement, le dernier empire naît en 1934 avec Hitler, mais il s'agit d'un empire sans empereur, comme au début on avait un empereur sans empire !

Le partage de l'Orient
Qui est le meilleur successeur de Rome ? Les califes Ottomans (1453-1924) ? Le tsar de Russie (1547-1917) ? En fait, Pierre le grand bouleverse la hiérarchie en se nommant Imperator, reléguant le grade de tsar en seconde place… Ainsi, le pauvre IIIe empire bulgare (1908-1946) n'est plus que considéré comme royaume…

Mais le point intéressant de cette histoire, car jusque-là ce n'étaient que des banalités, c'est l'exportation du concept à l'étranger ! :

  • Ier empire d'Haïti : 1804, le second : 1849-1855
  • Ier empire du Mexique : 1822-1823 et le second : 1864-1867
  • Empire du Brésil : 1822-1889.
  • et enfin l'empire de Centrafrique : 1977-1979.

À ce moment, le concept s'élargit et des Tenno, Négus et autres fils du Ciel deviennent empereurs alors qu'ils n'ont aucune filiation avec les Imperators !

Plus fort, toute possession territoriale large est qualifiée d'empire : l'empire colonial français. Parfois, cela autorise la création d'un titre impérial nouveau : Empereur des Indes (1876-1947) ou la transformation d'un titre existant en nouveau : négus devenant empereur au sens Imperator…

Que cette histoire est compliquée ! Et encore je n'ai pas parlé de ces aventuriers du XIXe siècle, qui parfois se sont proclamés empereurs dans une région perdue, et dirigeant quelques tribus d'indigènes…

En fait si vous voulez vraiment faire les biographies de tous les Empereurs de notre pauvre monde je vous souhaite bonne chance, ce n'est pas une mince affaire.

En revanche ce qui m'intéresse dans votre travail est sa fonction première, l'histoire des paléochrétiens. D'ailleurs je crois qu'il y a un lien mort dans la biographie de Tibère (ça se rapporte avec le Christ).

Bonne continuation !

RÉPONSE :

Bravo pour cette "périodisation" aussi amusante que pertinente ! Rassurez-vous, il n'entre nullement dans mes intentions de "biographier" tous ces "imperators", vrais ou faux !

Merci aussi de m'avoir signalé ce lien mort. Je vais vérifier cela ! Si vous en détectez d'autres, n'hésitez pas à me le faire savoir.

Compagnon1 réécrit :

Une dernière remarque concernant la date officielle de disparition de l'Empire, donc en 1453.

Après moult réflexion je pense que la date n'est pas correcte. En y pensant bien, qu'a fait Mehmet II ? Il n'a fait "que " s'emparer de la capitale impériale. La date finale de l'Empire serait donc plutôt 1460 quand Démetrios Paléologue remet les clés de Mistra au sultan, car jusqu'à preuve du contraire, la Morée faisait partie intégrante de l'Empire. Qu'en pensez-vous ?

RÉPONSE :

Effectivement, on peut voir les choses comme ça puisque, vers 1430, Thomas et Démétrios Paléologues, frères de Constantin XI Dragasès, dernier "empereur romain de Constantinople", avaient réussi à reconquérir la totalité de la Morée (Péloponnèse) sur les latins (Génois, Napolitains et Aragonais).

Quand Mehmet II força Mistra à capituler (30 mai 1460), puis s'empara des forteresses environnantes et annexa de "Despotat de Morée", fief de la dynastie impériale des Paléologues depuis 1384, il effaçait donc bien la dernière survivance de l'empire romain de Constantinople en Europe.

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28 Août 2001

Frédéric a écrit : 

Je crains qu'il n'y ait une petite erreur quant à la date de règne de Valens, sur votre site figure la date de 261 ap J.-C., or Valens régna de 364 à 378 ap J.-C…

RÉPONSE :

Vous avez parfaitement raison… et je n'ai pas tout à fait tort !

Il y eut en effet deux empereurs romains du nom de Valens :

1. Le Valens que tout le monde connaît, ce frère de Valentinien qui fut tué par les Goths à la bataille d'Andrinople et qui, effectivement, régna de 364 à 378 : Clic !

2. Et avant lui, un autre Valens, un usurpateur, un des "Trente Tyrans", dont l'historicité reste fort douteuse, mais qui aurait, peut-être, tenté de se faire reconnaître comme empereur en Grèce vers 261 ap. J.-C. : Clic !

Ah, ces homonymies !…

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30 Août 2001

Nicolas a écrit : 

Travaillant sur Apollonius de Tyane, ce passage m'a intéressé :

"Alors qu'Aurélien traversait l'Asie mineure pour livrer bataille à Zénobie, la progression de ses troupes fut un moment entravée par la ville fortifiée de Tyane, dont la garnison refusait de lui ouvrir les portes. Furieux de cette résistance importune, l'empereur menaça : "Je ne laisserai pas un chien vivant dans cette ville !". Mais le plus illustre enfant de Tyane, le philosophe et thaumaturge Apollonios, contemporain et prototype du Christ, bien que mort et enterré depuis plus de deux siècles, lui apparut en songe et lui dit, d'une terrifiante voix d'outre-tombe : "Aurélien, si tu veux vaincre, cela ne te mènera à rien de méditer le massacre de mes concitoyens ! Aurélien, si tu veux régner, épargne le sang des innocents ! Aurélien, si tu veux vivre, montre-toi clément !" (Histoire Auguste, Aur., XXIV). Cette apparition miraculeuse bouleversa Aurélien et son caractère s'en trouva tout chamboulé. Lui qui était plutôt d'un tempérament brutal, violent et cruel, se montra désormais plus posé et plus indulgent."

Est-ce que le texte d'origine est consultable facilement ?.

Je vous dis cela car la trace d'Apollonius de Tyane fut effacé de la plupart des manuscrits de l'Antiquité.

Que pensez-vous de ce personnage ?. En quoi peut-il être un prototype du Christ puisque les deux personnes ont vécu au même moment ?. De plus, le nouveau testament ne parle pas d'Apollonius & Philostrate n'évoque pas Jésus.

RÉPONSE :

Le texte de la "Vie d'Aurélien" de l'Histoire Auguste est disponible sur Internet, dans le site Nimispauci de Ugo Bratelli :

  • Site Nimispauci : Clic !
  • Vie d'Aurélien : Clic !
  • Vie d'Aurélien - Chapitres 17 à 32 (où se trouve le texte complet de la citation) : Clic !

Peut-être êtes-vous comme moi, et vous n'avez rien contre l'introduction d'un peu de fantastique dans l'Histoire (avec un grand H) ? Cependant, et comme je l'ai signalé dans la notice consacrée à Aurélien, l'apparition d'Apollonius à cet empereur a de bonnes chances de n'être qu'une pure invention du facétieux auteur de cette "Histoire Auguste", recueil de biographiques, souvent assez fantaisistes, d'empereurs des IIe et IIIe siècles.

En fait, cet écrivain anonyme, un païen de la fin du IVe siècle (ou du début du Ve siècle), ne ratait pas une occasion de ridiculiser le christianisme triomphant. La "Vision d'Aurélien" n'est donc probablement rien d'autre qu'une parodie de la célèbre "Vision de Constantin", celle où une croix dans le ciel lui serait apparue, avec ces mots "In hoc signo vinces" ("Tu vaincras par ce signe") qui poussaient l'empereur chrétien à faire un grand massacre de ses adversaires. Aurélien, lui, bénéficie d'une apparition plus matérielle et plus "humaine" (dans les deux sens du mot) : Apollonius lui demande d'être miséricordieux et lui promet gloire et honneur s'il sait se montrer clément. Et quand l'auteur de l'Histoire Auguste écrit que : "Cette apparition miraculeuse bouleversa Aurélien : lui qui était plutôt d'un tempérament brutal, violent et cruel, se montra désormais plus posé et plus indulgent", il s'agit également d'un trait satirique contre Constantin, lui qui, après son apparition miraculeuse, se montra encore plus cruel qu'auparavant, allant jusqu'à faire assassiner son fils aîné et son épouse.

Quant à Apollonius de Tyane lui-même, je ne connais que bien peu de choses de lui… Un thaumaturge du Ier siècle, qui aurait ressuscité des morts et qui, après sa mort, aurait été considéré comme un dieu… Bref, simplement de la culture générale ! Il me serait donc bien présomptueux de ma part d'émettre quelque opinion pertinente que ce soit sur ce personnage !

Vous avez raison de dire que mon emploi du mot "prototype" est un peu paradoxal : en effet, comment Apollonius pourrait-il être le "prototype" de son contemporain Jésus ?

aurelianus

Tout à fait d'accord… Mais, pas plus que Rome, Jésus ne s'est construit en un jour !
Le "Jésus historique" était - du moins je le pense - sensiblement différent du "Jésus de l'Église". À mon avis, Jésus était davantage chef politique que fondateur de religion. Il fallut plusieurs décennies, voire plusieurs siècles pour transformer en un Dieu incarné, Fils de Dieu, rédempteur de l'humanité convertie à une religion d'amour et de paix, cet homme de chair et de sang, qui n'était pas venu apporter la paix, mais le glaive, qui ne voulait pas changer un iota à la Loi et qui interdisait que ses disciples se rendrent auprès des païens.

Or, il impossible de créer un mythe de toutes pièces ! De la même façon qu'ils "adoptaient" certains éléments de leur culte à d'autres religions (culte de Mithra), les premiers Chrétiens "empruntèrent donc certains traits caractéristiques de Jésus à d'autres personnages … Et le Jésus guérisseur des Évangiles doit sans doute beaucoup à Apollonius le Thaumaturge !

C'est donc bien la figure christique qui commença à s'ébaucher à partir du IIe siècle qui eut (du moins en partie) Apollonius de Tyane comme prototype, et non le contemporain d'Apollonius, ce Jésus le Nazaréen, fils de David et prétendant au trône d'Israël.

Un emploi un peu ambigu de ce mot et qui, je le reconnais, méritait une petite explication. Bravo pour votre sagacité !

Conclusion de Nicolas :

En effet les liens entre le Christ & Apollonius sont bien plus étroits que prévu. Il semblerait que la réalité soit encore plus explosive que le fantastique mélangé à l'histoire !. Il est redouté comme le démon par l'Eglise depuis vingt siècles. Cette opposition farouche est plus suspecte que légitime. L'Eglise a quelque chose à se reprocher. Il reste à savoir quoi ? Des fois, le fantastique aide à faire progresser la réalité. Sans doute ce moyen sera utile afin de réhabiliter ce grand méconnu.

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