->emp - chrono
courrier site emp
   

Sommaire Juillet 2001 :

  • 2 Juillet :
    • Septime Sévère et Macrin étaient-ils autochtones d'Afrique du Nord ? : Clic !
    • Septime Sévères et Macrin parlaient-ils d'autres langues que le latin ? : Clic !
    • Septime Sévère et Macrin : quelles sont les sources ? : Clic !
  • 5 Juillet :
    • Existe-t-il des sites (en français) sur la vie quotidienne des Romains et sur les orgies ? : Clic !
  • 18 Juillet :
    • Traductions et adaptations du célèbre poème Animula, vagula… attribué à Hadrien (?) : Clic !
  • 22 Juillet :
    • Des infos sur Manlia Scantilla, épouse de Didius Julianus : Clic !
  • 26 Juillet :
    • Comment donner un vocabulaire idoine à Victor Mature - Demetrius ? : Clic !
    • Comment s'adressait-on aux empereurs Tibère et Caligula ? : Clic !
    • Les Romains vouvoyaient-ils ?  : Clic !
PAGE SUIVANTE :
  • 26 Juillet :
    • Quel était le prénom d'Auguste ? : Clic !
    • Les prénoms des Romains : Clic !
    • Le buste de M. Junius Brutus : authenticité douteuse ? : Clic !
  • 26 Juillet :
    • Le cycle de bandes dessinées Muréna de Delaby et Dufaux : Clic !
    • Chez César, les Belges sont "fortissimi", pas "bravissimi" ! : Clic !
  • 27 Juillet :
    • La technologie des Romains fut-elle comparable à celle du XVIIIe siècle ? : Clic !
  • 28 Juillet :
    • Sévère Alexandre, empereur chrétien ? : Clic !
  • 29 Juillet :
    • La mort prématurée de Titus fut-elle considérée par les Juifs comme un effet de la justice divine ? :  Clic !
 
RECHERCHE DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
Google Custom Search
 
 
2 Juillet 2001
Nabil a écrit : 

Je voudrais savoir si les deux empereurs d'Afrique du Nord Septime Sévère et Macrin etaient des indigènes / autochtones d'Afrique du Nord ou des Romains y ayant vécu ? Parlaient d'autres langues que le latin (disons le Berbère) comme St Augustin.

Quelle est la meilleure source pour en savoir plus sur ces 2 empereurs ?

 
 
 
RÉPONSE :

Effectivement, les "empereurs africains" Septime Sévère et Macrin furent vraisemblablement d'authentiques indigènes d'Afrique du Nord.

Septime Sévère est né dans une vieille famille de Leptis (ou Lepcis) Magna, en Libye actuelle. Son arrière grand-père émigra à Rome dans le courant du Ier siècle et eut deux fils. L'aîné resta à Rome et y fit une fort honorable carrière politique (il entra dans l'ordre sénatorial), tandis que le cadet revint en Afrique. C'est de cette branche de la famille Septmii, redevenue provinciale et africaine, qu'est issu notre Sévère empereur.

Notons cependant que la ville de Leptis Magna fut fondée par les Phéniciens (Sémites) et colonisée par les Grecs avant de devenir colonie romaine sous Trajan (début du IIe siècle ap. J.-C.). En outre, elle comptait, comme bien des villes de Libye de cette époque, une importante population juive. Il est donc bien difficile de savoir en quoi consistait réellement l'"identité africaine" de l'empereur… sans doute était-elle aussi métissée que la population de sa ville natale !

Quant à Macrin qui renversa Caracalla, fils de ce Septime Sévère, il naquit à Césarée de Maurétanie Césarienne (auj. Cherchel en Algérie). Comme sa famille était d'origine très modeste (peut-être même de condition servile), tout porte à la croire autochtone… à moins que les parents de Macrin, esclaves originaires de Dieu sait où, n'aient échoué en Afrique du Nord que par le plus pur des hasards après avoir été ballottés aux quatre coins de l'Empire romain.

Outre le latin, on peut être certain que Septime Sévère et Macrin connaissaient et parlaient le grec : c'était un peu ce qu'est aujourd'hui l'anglais. Le reste n'est que conjectures.

Je ne sais pas non plus si saint Augustin parlait le berbère (et à vrai dire, j'ai quelques doutes à ce sujet tant l'Afrique du Nord était "romanisée" au début du Ve siècle). Toutefois, en ce qui concerne Macrin, comme il était né dans une famille modeste, grosso modo dans la même région que l'évêque d'Hippone mais plus de deux siècles avant lui, à une époque où la civilisation romaine était moins largement implantée, il est possible qu'il connaissait l'idiome local (berbère ? numide ? je ne suis guère spécialiste de ces questions).

Quant à Septime Sévère, originaire d'une ville hellénistique, il me paraît douteux qu'il connût d'autres idiomes que le grec (sans doute sa langue maternelle) et le latin (qu'il n'a probablement appris que quand il vint à Rome)… Mais, une fois encore, à ma connaissance, les sources historiques restent muettes à ce sujet. Si toutefois il avait quelques notions d'un autre langage, c'était peut-être l'araméen, la deuxième langue véhiculaire de l'Orient romain, ainsi que celle de sa seconde épouse, Julia Domna, fille d'un grand-prêtre d'Émèse (auj. Homs, en Syrie).

septime severe
 
macrin

Si tu souhaites approfondir tes connaissances sur ces deux empereurs, tu peux aller jeter un coup d'œil sur les nombreux liens qui se trouvent à la fin des notices biographiques que je leur ai consacrées (Pour Septime Sévère : Clic ! et pour Macrin : Clic !).

Quant aux sources antiques disponibles pour l'étude des règnes de ces empereurs, elles ne sont pas légion. Citons, principalement :

 

 
 
 
5 Juillet 2001
Jean-Michel a écrit : 

Médecin, ayant peu de temps libre, curieux, je traîne quand je le peux sur Internet, j'aime bien l'histoire, et un dimanche pluvieux je tombe par hasard sur votre site. C'est une révélation… passionnant, bien construit, facile à lire, avec de l'humour ; c'est une pure merveille et je tenais à vous en féliciter.

Pour moi ca a été une révélation, 5 siècles de mon histoire qui s'ouvraient a moi, je le dévore, y "surfe", avec le même plaisir a chaque fois du coup mon appétit a grandi, j'ai cherché d'autres sites sur Rome, aucun n'est satisfaisant en français, seule langue que je parle et je reviens toujours vers votre site avec la même satisfaction. Aussi je tenais à vous remercier pour votre travail et pour la passion que vous avez déclenchée en moi. Je me suis même mis à commencer une collection de monnaies romaines (là, ma femme vous remercie moins).

Ma curiosité est seulement en manque sur la vie de tous les jours des Romains, les coutumes, les jeux, la médecine, les orgies (et oui aussi)… etc.
Existe-t-il des sites et des liens mettant en relation les périodes que vous décrivez si bien et la vie quotidienne ?

En vous félicitant encore pour avoir mis toute cette connaissance sur le net

 
 
 
RÉPONSE :

Mille mercis pour ce sympathique message. Vos propos ne sont pas sans susciter en moi une once de remords : Serais-je un briseur de ménage ? Vous aurais-je, moi qui ne suis pas collectionneur, inconsciemment poussé à dilapider l'argent des commissions par l'acquisition de coûteuses monnaies romaines ? Je ne pense pas l'avoir fait, mais si c'est les cas, je présente mes plus vives (et plus plates) excuses à votre tendre épouse et prie le Ciel miséricordieux pour qu'il préserve votre cerveau hippocratique des ravages contondants d'un rouleau à pâtisserie vengeur ! ;-))

Pour répondre à votre question, voici l'adresse de quelques sites Internet traitant de la vie quotidienne des Romains de l'Antiquité :

(liste vérifiée le 6 janvier 2014)

  • Charité bien ordonnée… Voyez tout d'abord cette page de mon site, où sont référencés tous les anciens courriers, échangés avec d'autres sympathiques internautes, relatifs à divers aspects de la vie quotidienne des Romains de l'Antiquité : Clic !
  • Site de Karl Claerhout - La vie dans l'Empire : Clic !
  • Site "le Musée vivant de l'Antiquité" - La vie dans la cité et hors de la cité : Clic !
  • Site "Les Romains dans l'Antiquité" : Clic !
  • nlsn.free.fr/latin - La vie quotidienne au temps des Romains : Clic !
  • Jacky Honoré - Divertissements dans la Rome antique : Clic ! - La cuisine romaine : Clic !

(N.B. Ces sites, mais encore bien d'autres consacrés à vie quotidienne des Romains, figurent à la page reprenant mes sites favoris sur Rome et sa civilisation)

… Sans oublier aussi d'excellents livres. Parmi eux, le toujours intéressant ouvrage de Jérôme Carcopino, "la Vie quotidienne à Rome à l'Apogée de l'Empire" (Livre de Poche n° 5800). D'autres livres sont également signalés ici : Clic !

Quant aux "orgies romaines", si elles vous intéressent, vous recommande vivement le Neropolis d'Hubert Monteilhet qui fait un tableau exhaustif (mais sans doute un peu exagéré) de celles qu'on prête couramment au règne de Néron !…

livre carc

 

 
 
 
10 Juillet 2001
Zoé a écrit : 

Auriez-vous l'amabilité m'indiquer le nom de l'auteur de la traduction du poème "animula vagula blandula…" que vous citez sur votre page web sur Hadrien (ainsi que toute autre référence nécessaire) ?

J'aimerais citer ce texte dans un ouvrage publié, et je ne peux le faire sans en préciser l'origine !

En vous remerciant d'avance pour votre aide

 
 
 
RÉPONSE :

J'ai bien peur d'être l'auteur de cette adaptation un peu mirlitonée du célèbre poème attribué à Hadrien. Ce texte n'est donc publié que sur mes pages Internet et ses seules références bibliographiques sont celles de mon site empereurs-romains.net.

Afin de pallier mes lacunes latines et poétiques, j'avoue cependant m'être inspiré de la traduction proposée par André Chastagnol (Histoire Auguste, Vie d'Hadrien, XXV, édition Robert Laffont, collection "Bouquins") ainsi que de l'adaptation que Ronsard, le grand poète du XVIe siècle, troussa de ce poème… "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme", disait Lavoisier !

Pour rappel, Hadrien aurait écrit (l'attribution de ces vers à l'empereur reste très controversée) :

Animula vagula blandida,
Hospes comesque corporis,
Quae nunc abibis in loca
Pallidula rigida nudula
Nec, ut soles, dabis locos ?

Ce qu'André Chastagnol traduit par :

Amelette, vaguelette, calinette,
Hôtesse et compagne de mon corps,
Qui maintenant t'en vas vers des lieux,
Livides, glacés et dénudés,
Tu ne lanceras plus res habituelles plaisanteries !
André Chastagnol (Histoire Auguste, Vie d'Hadrien, XXV, édition Robert Laffont, collection "Bouquins")

Ronsard, lui, avait ronsardisé ceci (je me suis permis de moderniser l'orthographe) :

Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette, doucelette,
Très chère hôtesse de mon corps,
Tu descends là-bas, faiblelette,
Pâle, maigrelette, seulette,
Dans le froid royaume des morts ;
Toutefois simple, sans remords
De meurtre, poison, et raucune
Méprisant faveurs et trésors,
Tant enviés par la commune.
Passant, j'ai dit : suis ta fortune,
Ne trouble mon repos, je dors.

Ce dont j'ai fait, ainsi que vous l'avez noté :

Amelette, vaguelette, mignonnette,
Très chère hôtesse de mon corps,
Et qui maintenant descend seulette
Dans des lieux livides et morts
Où jamais plus ne seras guillerette !
hadrien

Voilà donc clairement déterminée la part de responsabilité de chacun, mais j'assume bien volontiers le résultat final.

 

N.B. :
Sur ce poème, voir aussi ici :
Clic !

 

 
 
 
22 Juillet 2001
Pïerre a écrit : 
Je recherche des informations sur Manlia Scantilla, femme de Didius Julianus, suite à la découverte d'une monnaie en bronze dans le Sud de la France.
 
 
 
RÉPONSE :

manlia scantilla

On ne connaît pratiquement rien de Manlia Scantilla, épouse de l'éphémère empereur de Didius Julianus, et qui, à l'avènement de son Julianus de mari, reçut sans doute du Sénat le titre honorifique d'Augusta (ainsi d'ailleurs que leur fille Didia Clara).

L'historien gréco-romain Hérodien, contemporain de ces événements, raconte aussi (Histoires, II, 7 et suiv.) que ce fut elle qui, avec l'aide de sa fille et de quelques amis, conseilla à son époux d'acheter l'empire romain, mis à l'encan après l'assassinat de Pertinax. Mais c'est peut-être là uniquement un trait de misogynie grecque, ou une façon de discréditer encore davantage, en le taxant d'indécision, un souverain qui n'avait pourtant pas besoin de cela ! En effet, l'auteur anonyme de l'Histoire Auguste (plus tardive il est vrai : fin IVe siècle au plus tôt) montre quant à lui l'impératrice et sa fille rechigner à partager les honneurs avec leur époux et père.

Je cite : "Par ailleurs, sa femme (de Didius Julianus) Mallia (sic) Scantilla et sa fille Didia Clara furent nommées chacune Augusta. Puis, il (Didius Julianus) se rendit au palais en y convoquant sa femme et sa fille qui l'y rejoignirent avec appréhension et à contrecœur, comme si elles pressentaient l'imminence de sa chute" (Histoire Auguste, Did. Julianus, III, 4-5, trad. André Chastagnol, Éd. Robert Laffont, Coll. Bouquins).

La même Histoire Auguste (Did. Jul., VIII, 10) dit aussi qu'elle se chargea de donner une sépulture décente à son mari assassiné… c'était bien la moindre des choses !

C'est à peu près là toutes les infos dont on dispose sur cette Manlia Scantilla. On perd totalement sa trace (déjà très ténue) après la mort de son impérial époux !

Cela dit, contrairement à ce que vous vous laissez (peut-être) entendre et à ce que je croyais moi-même vu la brièveté du règne de Julianus, les monnaies frappées à l'effigie de cette dame ne semblent pas si rares. J'ai d'ailleurs été étonné de trouver sur Internet d'assez nombreuses représentations de ces pièces. Si cela vous intéresse, voici quelques-unes de ces adresses :

  • wildwinds.com - Coins of Manlia Scantilla : Clic !
  • Site inumis.com : Description des monnaies de Manlia Scantilla : Clic !
  • cgb.fr - Sesterce de Manlia Scantilla + courte notice : Clic !

 

 
 
 
25 Juillet 2001
Tatiana a écrit : 

Je travaille pour une société de sous-titrage et nous sommes en train de retraduire deux vieux péplums, la Tunique et Démétrius et les gladiateurs.

Pouvez-vous me dire comment les gens appelaient les empereurs Tibère et Caligula ? Disaient-ils : ô Tibère, César, Empereur, Majesté, Sire, Seigneur ?

Pouvez-vous aussi confirmer que, suivant l'usage latin, le vouvoiement n'était pas employé ?

 
 
 
RÉPONSE :

Ah, l'inénarrable Victor Mature, l'air hébété, astiquant désespérément, énergiquement et à longueur de séquences, sa main souillée par le Saint Sang de la Croix… tout un poème !

"Il faut rendre à César ce qui est à César" disent les Évangiles en parlant de Tibère. C'était effectivement ce surnom "César", devenu le titre officiel de l'empereur, que les hommes libres utilisaient pour s'adresser à Tibère. En outre, selon l'historien latin Suétone, ce même empereur Tibère refusait catégoriquement qu'on l'appelât "Dominus" (= Seigneur, maître), jugeant un tel terme indigne d'un citoyen romain. C'est donc qu'il réservait l'usage de ce mot aux esclaves et aux basses classes de la société.

Caligula, lui, voulut imposer à Rome une "monarchie de droit divin". Il exigea donc qu'on s'adresse généralement à lui en lui donnait du "dominus" (= Seigneur)… à l'exception naturellement de la haute aristocratie sénatoriale romaine, de la part de qui il eût été dangereux d'exiger une telle humiliation.

Bref, pour répondre à votre question :

  • Sous Tibère, tous les hommes libres appelaient l'empereur "César". Ses serviteurs et les esclaves et lui disaient "Seigneur".
  • Sous son successeur Caligula, tout le monde ou presque devait donner du "Seigneur" à l'empereur. Seuls peut-être quelques nobles patriciens romains, trop fiers ou pas assez courtisans, continuaient d'appeler "César" ce souverain qui se voulait un dieu.

Quant au vouvoiement, il n'existe pas en latin. Forme polie ou non, on se dit toujours "tu", que l'on s'adresse à un simple citoyen ou à l'empereur lui-même.

la tunique