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Sommaire Juin 2001 :

  • 1er Juin :
    • Quels étaient les sports pratiqués par les Romains ? : Clic !
  • 3 Juin :
    • Julien l'Apostat et le mystérieux tombeau de Makron en Samarie : Clic !
    • Le tombeau de Makron : celui du Christ ou de Jean-Baptiste ? : Clic !
    • Julien l'Apostat a-t-il incinéré le squelette du Christ ? : Clic !
  • 6 Juin :
    • Exercice bizarre : Un seul adjectif pour caractériser un empereur romain… : Clic !
  • 8 Juin :
    • Des infos complémentaires sur PompéI et l'éruption du Vésuve : Clic !
  • 14 Juin :
    • Les Empereurs romains étaient-ils canonisés ou déifiés ? : Clic !
    • L'Apothéose des empereurs romains : Clic !
  • 19 Juin :
    • Un mail de Cristina Rodriguez (Mémoires de Caligula - Moi, Sporus, prêtre et putain) : Clic !
    • Petit et modeste "flash-back" sur ma "démarche intellectuelle" : Clic !
 
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Juin 2001
Évelyne a écrit : 
Je recherche des informations et photos sur les sports pratiqués sous l'empire romain.
 
 
 
RÉPONSE :

Je ne sais si vous considérez les combats de gladiateurs comme un "sport" au sens strict du terme. Quoi qu'il en soit, comme ces spectacles, si particuliers à l'Empire romain, ont été récemment replacés sous les feux de l'actualité par le film Gladiator de Ridley Scott, vous trouverez suffisamment de documentation sur le Net pour que je m'abstienne d'en parler davantage ici.

En revanche, je vous avoue que je n'ai guère trouvé de documentation concernant les sports pratiqués par les Romains au temps de l'Empire. Je sais qu'ils connaissaient les disciplines sportives traditionnelles des Grecs (course à pied, saut en longueur, lancement du disque et du javelot, lutte, boxe). Les Jeux olympiques ne furent d'ailleurs interdits qu'à l'extrême fin de l'Empire, sous le règne de Théodose.
Je ne n'ai cependant trouvé aucun document témoignant d'une pratique assidue et populaire de ces sports hérités de la tradition hellénique.

Voici néanmoins quelques liens à ce sujet :

  • arena-stadium.eu.org :
    • Période romaine - la pratique individuelle du sport : Clic !
    • Période romaine - les ludi : Clic !
  • Site de Jacky Honoré - Les Divertissements dans la Rome antique : Clic !
  • unicaen.fr - Plan de Rome Université de Caen - Le Grand Cirque : Clic !

Outre les gladiateurs et cette influence grecque, évidente mais dont il est assez difficile d'évaluer l'importance, la principale caractéristique sportive du monde romain, toutes régions confondues, c'était l'extraordinaire engouement pour les courses de chevaux. Ces compétitions hippiques drainaient un public aussi nombreux que celui des plus grands matches de foot de notre époque, et suscitaient plus de passion encore.

Pour vous donner une idée de ces spectacles sportifs ainsi que les passions qu'ils suscitaient, je vous conseille de vous en référer au livre de Jérôme Carcopino, "la Vie quotidienne à Rome à l'Apogée de l'Empire" (Livre de Poche n° 5800), et en particulier au chapitre III de la 2e partie ; un excellent texte, mais un peu trop long pour que je le cite ici.

jerome carcopino, vie quotidienne a rome

 

 
 
 
3 Juin 2001
Jean a écrit : 

Je viens d'écouter une émission sur France Inter. L'Empereur Julien se serait rendu dans un petit village à une cinquantaine de km de Jérusalem, pour se rendre au tombeau qui était vénéré comme étant celui du Christ. Ce village s'appellerait "Macron". L'orthographe est phonétique. Je n'ai retrouvé aucune donnée écrite à ce sujet.

Julien aurait fait ouvrir le tombeau, brûler le corps qui s'y trouvait, et disperser les cendres dans le vent, en proclamant que la résurrection du Christ n'avait pas eu lieu et n'aurait jamais lieu.

Savez-vous où je pourrais trouver un texte se rapportant à cet évènement ?

 
 
 
RÉPONSE :

Je n'ai malheureusement trouvé sur le Net qu'un court texte (malheureusement en Anglais) relatif au tombeau de Makron et au sacrilège imputé à Julien l'Apostat. C'est dans l'article que la Catholic Encyclopedia consacre à saint Jean-Baptiste : Clic !

Pour faciliter vos recherches, j'ai tenté une petite traduction du passage relatif à cette affaire : 

"La date de la mort de Jean-Baptiste, fixée par les calendriers liturgiques au 29 août, peut difficilement être attestée, parce qu'elle se base sur des documents peu dignes de confiance. Une vieille tradition prétend que sa sépulture se trouvait à Sébaste (Samarie). Cependant, s'il se trouve une vérité quelconque dans le récit de Flavius Josèphe, qui relate que Jean fut exécuté à Macheronte, il est alors difficile de comprendre pourquoi Jean fut enterré aussi loin de la forteresse d'Hérode. Il est néanmoins tout à fait possible que ses restes sacrés furent transférés à Sébaste à une date ultérieure, de nous inconnue. En tout cas, selon le témoignage de Rufin et Théodoret, son tombeau était honoré là-bas vers le milieu du quatrième siècle. Ces auteurs ajoutent que ce saint lieu fut profané sous Julien l'Apostat (vers 362), les ossements étant en partie brûlés. Une partie des reliques fut sauvée et portée à Jérusalem, puis à Alexandrie. Et c'est là que, le 27 mai, 395, ces reliques furent déposées dans la magnifique basilique qui venait d'être dédié au Précurseur sur le site du temple célèbre de Sérapis jadis célèbre. Le tombeau de Sébaste continua néanmoins à être visité par des pèlerins pieux et saint Jérôme témoigne des miracles qui s'y produisirent. Certaines reliques avaient donc peut-être été ramenées à Sébaste".

Cela dit et même si je n'ai pas eu l'occasion d'écouter cette émission de radio qui devait pourtant être du plus haut intérêt, cette sombre histoire d'exhumation et de crémation, sur l'ordre de Julien l'Apostat, d'un cadavre anonyme vénéré en Samarie me disait quelque chose. Cela remontre à bien longtemps ! En fait, je l'avais lue dans un bouquin qui fit, jadis, les délices de mes années d'adolescence… et qui contribua certainement à forger mon caractère un fifrelin sceptique. Il s'agit du livre de Robert Ambelain intitulé Jésus ou le Mortel secret des Templiers, Robert Laffont, 1973).

U

Julien dit l'Apostat

Voici que ce M. Ambelain dit de Julien et de la tombe de Makron :

"Né en 331, neveu de Constantin, Julien fut proclamé empereur en 361 et mourut en 363. (…). En 362, Julien arrive à Antioche, venant des Gaules et de sa chère Lutèce. Il ne dissimule pas qu'avant d'engager la guerre contre les Perses, il va opérer une exhumation. Dès lors, ce ne sont que menaces non déguisées dans les milieux chrétiens (…).

Le départ pour la guerre contre les Perses est de mars 363. Auparavant, en 362, et au mois d'août, ayant appris qu'en Samarie, à Makron, les Juifs d'une certaine secte venaient en pèlerinage à un tombeau "pour y adorer comme un dieu", "un mort", qui était "ressuscité", Julien avait immédiatement fait la distinction entre le corps de Jean le Baptiste, que l'on prétendait enterré par ses disciples, près de Sébaste (l'ancienne Sichem de la Bible), et celui de Jésus (Note de R. Ambelain : Le Baptiste (…) mourut à Machéronte, aux bords de la mer Morte, et y fut certainement inhumé. La confusion avec Makron, en Samarie, est évidemment voulue. Elle avait pour but d'effacer la trace du séjour du cadavre de Jésus en ce lieu).

Il est bien évident que celui qu'il nomme "le mort", celui que les Juifs "adorent comme un dieu", qu'ils prétendent "ressuscité", ce n'est pas Jean le Baptiste, qui fut décapité, que personne en Israël n'a jamais adoré comme un dieu, et que l'on n'a jamais prétendu être ressuscité. Celui que Julien entend par ces mots, c'est Jésus.

D'autant plus que la légende du Baptiste précisait que ce n'était que sa tête que ses disciples avaient pu récupérer et emporter en Samarie ; or, à Sébaste, il s'agissait d'un squelette complet. Ce n'était donc pas celui de Jean-Baptiste.
Et il donne alors les ordres nécessaires pour que l'on fasse ouvrir le tombeau, brûler les restes et jeter les cendres au vent. Ainsi, donc, puisqu'il y avait restes, cadavre antérieurement, et squelette présentement, c'est que nulle résurrection charnelle n'avait eu lieu. Ce faisant, Julien a signé sa condamnation à mort. Elle ne tardera pas, précédée par toutes les menaces allusives que nous avons rapportées précédemment. (…)
"

(Robert Ambelain, Jésus ou le mort secret des Templiers, Robert Laffont, 1973)

rombert ambelain; jesus, secret des templiers

Naturellement, vous n'êtes pas obligé de croire M. Ambelain sur parole ! (pour se faire opinion, il vaut d'ailleurs mieux lire son (ses) livre(s) du premier à la dernière page, car, naturellement, je suis obligé de sabrer dans certains de ses enchaînements logiques)

Quant à moi, aujourd'hui encore, je ne saisis toujours pas très bien l'intérêt qu'aurait eu Julien à commettre ce sacrilège. Comme le dit fort justement Lucien Jerphagnon (Julien dit l'Apostat, Seuil, 1986 - p247) : "Julien, étranger à l'intuition chrétienne, voit dans la résurrection non point un mythe significatif, mais une vulgaire supercherie, un canular". Dès lors, disperser aux quatre vents le corps carbonisé de Jésus, n'était-ce pas se priver du même coup de la preuve la plus irréfutable que le Christ n'était pas "ressuscité des morts et monté aux cieux dans sa gloire" ? Au moment où l'empereur apostat s'échinait à démontrer que le Christianisme n'était qu'une machination sordide, se serait-il privé de la joie d'exhiber urbi et orbi le squelette pantelant du "Messie" ?

Moi, je ne pense pas.

D'autre part, si tant est que le mort de Makron était un "homme ressuscité que les juifs adoraient comme un dieu" (chose qui, évidemment, paraît suspecte vu l'intransigeance de la religion juive - toutes sectes réunies - au sujet de l'unicité de Dieu), il ne peut en aucun s'agir de Jésus : jamais les Juifs n'admirent sa résurrection de cet homme, et son nom était anathématisé dans toutes les synagogues depuis la fin du Ier siècle !

En revanche, certains Juifs, même s'ils ne le considéraient comme un dieu au sens strict du terme, semblent bien avoir cru à la résurrection de Jean-Baptiste. On en trouve des traces de cette "idéologie" dans les trois Évangiles synoptiques. Prenons celui de Marc (6 : 14) : "Or le roi Hérode entendit parler de Jésus dont le nom devenait célèbre. On disait : " Jean-Baptiste est ressuscité d'entre les morts". Ces disciples de Jean-Baptiste formèrent d'ailleurs une "certaine secte juive", celle des Mandéens. Il n'est donc pas impossible que ceux-ci rassemblèrent certaines reliques (vraies ou fausses) de leur maître en Samarie et les y vénérèrent.

Si ceci n'est que supposition, tout le reste, exhumation et crémation de reliques chrétiennes sur l'ordre de Julien, n'est, à mon avis, qu'impure invention des "historiens ecclésiastiques" Théodoret et Rufin. En effet, lors de son séjour à Antioche, Julien s'était contenté, faute sans doute trop bénigne aux yeux desdits Rufin et Théodoret, de transférer les restes de l'évêque Babylas, qui souillaient le Temple de Daphné, vers un endroit vierge de tout culte païen. Pour noircir son image infâme d'Apostat en lui imputant un sacrilège bien épouvantable, les braves "historiens" chrétiens forgèrent donc de toutes pièces cette ébouriffante histoire de squelette carbonisé… sans songer un seul instant que leur fantaisie macabre apporterait un jour du grain (frelaté) au moulin de mécréants plus nuisibles encore que l'infâme Julien "l'Apostat" !

 

 
 
 
6 juin 2001
Stéphane a écrit : 

Si je me permets aujourd'hui de vous écrire c'est pour vous demander un service. En effet j'ai l'intention d'écrire un article (j'écris bénévolement pour un journal local) pour lequel la référence à trois empereurs romains m'est nécessaire. Mon problème est que cet article doit très rapidement prendre forme et que je ne peux avoir le temps de consulter toutes les notices bibliographiques. C'est pourquoi vous me seriez d'une aide précieuse si vous acceptiez de me répondre car vous pourriez aiguillonner mon travail plus efficacement. Il vous suffirait pour cela de mentionner pour chaque adjectif, le nom de l'empereur qui vous vient immédiatement à l'esprit et qui vous paraît le mieux répondre aux caractéristiques que je recherche. Bien sûr un même nom peut répondre à plusieurs critères.

Voici la liste des caractères
(Voir réponse)

 
 
 
RÉPONSE :

C'est un exercice un peu bizarre que vous me demandez là, mais enfin, en voici le résultat. (Pour chaque empereur, j'établis un lien vers la notice de mon site… même si vous ne trouverez pas nécessairement dans cette page la justification de mon choix)

Comme vous me l'avez conseillé, il s'agit des premiers noms qui me sont venus à l'esprit. Il me serait sans donc sans doute parfois difficile d'assumer ces choix tout à fait arbitraires…

 

 
 
 
 8 juin 2001
Fatima a écrit :
Je voudrais vous demander de m'envoyer des informations sur l'ancienne ville de "POMPEI" détruite par le volcan
 
 
 
RÉPONSE :

Des infos sur Pompéi, cette ville des environs de Naples détruite le 24 août 79 par l'éruption du volcan Vésuve, ce n'est pas ce qui manque sur le Web ! Il doit bien avoir des milliers de pages consacrées à cette localité (et à sa voisine d'Herculanum), à ses ruines, à ses trésors archéologiques, et en particulier, à ses célèbres fresques si émouvantes !

Voici quelques-unes de ces pages :
(Liens vérifiés le 20 Décembre 2013)

  • Wikipédia - Pompéi : Clic ! - Destruction de Pompéi : Clic !
  • Site officiel de la Superintendance archéologique de Pompéi : Clic ! (en anglais et en italien)
  • herodote.net - 24 août 79 :disparition de Pompéi : Clic !
  • aquadesign.be - 24 août 79 : l’éruption du Vésuve engloutit Pompéi : Clic !
  • planet-terre.ens-lyon.fr - L'éruption du vésuve en 79 après J.C. (Édouard Kaminski et Claude Jaupart) : Clic !
  • brunette.brucity.be - Pompéi et l'éruption du Vésuve : Clic !
  • cosmovisions.com - Pompéi : Clic !
  • jpdruine.free.fr/pompei - Découvrir Pompéi : Clic !
  • faustulus.free.fr - la Villa des mystères : Clic !
  • belgacom.net/collegedegembloux - Quelques photos : Clic ! !
  • club-internet.fr/decobed :
    • Le Vésuve et l'éruption de 79 : Clic !
    • Dans le même site des extraits de ces fameuses lettres de Pline le Jeune, qui furent, jadis, le cauchemar de tous les étudiants latinistes, moi compris ! : Clic !
  • marketplace.it/pompeiruins/index.htm - Pompei ruins : Clic !

 

 
 
 
14 juin 2001
Élise a écrit : 
J'aurais aimé savoir si les empereurs romains devenaient saints après leur mort ou s'ils étaient déifiés
 
 
 
RÉPONSE :

Contrairement à ce pourrait laisser penser le titre volontairement provocateur d'un livre de Jean-Charles Pichon, Saint Néron, faute d'être chrétiens, les premiers empereurs romains n'étaient ni "béatifiés ni "canonisés". En revanche, s'ils ne devenaient jamais "saints", il leur arrivait bien souvent de devenir des dieux, après leur mort ou même de leur vivant. C'était ce qu'on appelait l'"Apothéose".

L'histoire de sacralisation progressive de la fonction impériale romaine est trop complexe pour être résumée en quelques lignes. La déification d'un empereur pouvait dépendre de nombreux facteurs : nécessités politiques ou dynastiques, flatterie du Sénat, authentique piété filiale du successeur du souverain défunt… En outre, le jugement (qui n'était pas nécessairement celui de l'Histoire) que ses contemporains portaient sur l'empereur décédé (le prince était bon ou mauvais), ainsi que le caractère même du souverain (modeste ou prétentieux, affable ou réservé) étaient, bien sûr, déterminants quand il s'agissait de lui accorder ces "honneurs posthumes" exceptionnels.

Quelques exemples :

  • Jules César fut divinisé aussitôt après sa mort (il est vrai qu'il avait déjà effectué lui-même le plus gros du travail puisqu'il prétendait descendre en ligne directe de la déesse Vénus !).
  • Auguste, fils adoptif du grand Jules, reçut lui aussi l'apothéose après sa mort. Cependant, de son vivant déjà, il laissa les habitants des provinces orientales de l'empire célébrer un culte qui lui était dédié.
  • Son beau-fils Tibère, lui, refusa catégoriquement d'être considéré, vivant ou mort, comme un dieu.
  • Caligula avait, quant à lui, une tout autre conception de ses fonctions : il prétendit être un vrai dieu incarné. Ça ne lui réussit guère : il fut assassiné et sa mémoire fut condamnée
  • L'empereur Claude, bégayeur pitoyable et goinfre patenté, fut déifié après sa mort… à la grande hilarité de tous les Romains, et en particulier, du "philosophe" Sénèque qui, dans un peu charitable pamphlet, l'imagina métamorphosé en citrouille…

Comme vous le voyez, les attitudes face à la sacralisation varient autant que les circonstances dans lesquelles l'apothéose était octroyée, revendiquée ou assumée. Il n'en reste toutefois pas moins vrai que la tendance à considérer l'empereur (vivant ou mort) comme un dieu s'accentua au fil du temps. Pour prouver leur patriotisme, tous les habitants de l'Empire furent bientôt tenus de brûler de l'encens devant la statue du souverain (ce qui n'était pas sans poser quelques problèmes de conscience aux premiers Chrétiens), et le Sénat de Rome octroya presque automatiquement l'apothéose à tout "bon empereur" (tandis que qu'il maudissait la mémoire - damnatio memoriae - des "mauvais empereurs").

Ce fut Dioclétien qui effectua le pas définitif vers une monarchie de type oriental, où l'empereur était considéré comme une émanation de la divinité : il s'identifia à Jupiter tandis que son collègue Maximien se revendiquait d'Hercule.

Peu de temps après les réformes de Dioclétien, Constantin le Grand, même s'il s'était un moment identifié à Apollon, reçut le baptême chrétien (sur son lit de mort). C'est à ce titre que ce personnage, au demeurant fort peu ragoûtant, fut canonisé par l'Église. Il est encore considéré comme un saint - le seul parmi les souverains de l'ancienne Rome - par les chrétiens orthodoxes.

Quant aux successeurs de Constantin, tous chrétiens (excepté Julien, dit l'Apostat), ils se gardèrent pourtant bien de renoncer à leur statut, flatteur mais surtout fort utile, de personnage d'essence divine. Divin, l'empereur romain le resterait, tout chrétien qu'il était devenu ! D'une nature incommensurablement supérieure au commun des mortels, vicaire du Christ sur terre, il était promis à Le rejoindre dans la félicité céleste dès l'exhalaison de son dernier soupir. C'est dire s'il était peu prudent de désobéir à un tel personnage, ou pis encore, de contester son autorité !

Pour plus d'infos sur ce sujet, je vous recommande vivement l'excellent livre de Lucien JERPHAGNON, Les Divins Césars (Tallandier Éditions, 2004).

diocletien

 

 
 
 
19 Juin 2001
Cristina Rodriguez a écrit :

Bravo à vous pour votre site ! J'y viens régulièrement et je constate qu'il s'enrichit de jour en jour. Cela doit vous demander beaucoup d'énergie et je vous en félicite. Je tiens également à vous remercier pour la mention de mon roman Mémoires de Caligula dans la page dédiée à Caligula.

Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire mon petit dernier sorti aux éditions Calmann Levy, Moi, Sporus, prêtre et putain, qui se déroule à la cour de Néron, je me ferais un plaisir de vous l'envoyer. S'il n'y avait pas des gens aussi passionnés que vous, les gens comme moi ne prendraient pas autant de plaisir à écrire, croyez-moi.

Mais dites-moi, question qui me démange, comment se fait-il que vous vous passionniez à ce point pour la Rome antique ? Cette merveilleuse époque vous a-t-elle fasciné, comme ce fut mon cas, dès votre plus jeune âge ou sont-ce vos études qui vous ont conduit à explorer le sujet ?

Quoi qu'il en soit je suis ravie d'avoir fait la connaissance d'un autre "fan" :o)

Bravo encore !

cristina rodriguez, memoires de caligula
cristina rodriguez, moi sporus
 
 
 
 
RÉPONSE :

Merci pour votre message aussi flatteur que sympathique. Pour vous paraphraser : si des gens qui, comme vous, prennent autant de plaisir à écrire n'existaient pas, des personnes qui, comme moi, prennent tant de plaisir à lire de beaux livres ne pourraient guère survivre !

Quant à l'énergie que demandent mes brèves notices biographiques, je ne pense pas la déployer vainement si elle permet à l'un ou l'autre "internaute", subitement intéressé par l'histoire de l'Empire romain, de compléter ses connaissances en se plongeant dans la lecture d'ouvrages - les vôtres, par exemple - plus documentés et mieux élaborés que mes courts opuscules.

En ce qui concerne votre dernier livre, je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de le lire. Il va donc de soi que je serai ravi de le recevoir, surtout si vous avez la gentillesse et la patience d'y insérer une petite dédicace.

Vous n'êtes pas obligée de me croire, mais si j'en suis venu à m'occuper des "empereurs romains", c'est à cause d'une chanson de Charles Trenet. Je suis passé successivement du "Bon roi Dagobert" à "l'Histoire sainte" (comme eut dit ce vieux croûton de Daniel-Rops), puis de l'histoire du peuple juif aux origines du christianisme, puis des premiers chrétiens à la civilisation gréco-romaine, puis de la civilisation romaine aux empereurs !

Arrivé à ce point, j'ai constaté que, s'il existait sur Internet de très bons sites anglophones sur les "Césars", il n'y avait rien de comparable en français. Alors, j'ai tenté de pallier cette lacune en publiant sur le Net les infos que j'avais recueillies… pour les mettre à la disposition de tout internaute intéressé par ce sujet, mais aussi (et surtout) pour ne plus travailler "dans un ghetto intellectuel" et pour "tester" quelques hypothèses bizarroïdes et un tantinet hérétiques.

Au risque de vous décevoir, je suis donc plus passionné d'histoire (en général) que par une époque particulière. Cela dit, (entre autres périodes historiques), la Rome antique me plait (aussi) beaucoup.

À cause de ces fresques de Pompéi, de ces portraits funéraires du Fayoum ou de certains camées de "l'Antiquité tardive", représentant des personnages qui pourraient être nos voisins de palier, j'ai l'impression très nette, mais sans doute un peu trompeuse, que nous pouvons comprendre ces vieux Romains mieux que tout autre peuple ancien, que nous sommes plus proches de ces ancêtres vieux d'environ vingt siècles que de n'importe quelle autre humanité ancienne. Bref, la songeuse jeune fille au calame de Pompéi me touche davantage que, par exemple, les personnages hiératiques des murs des temples de l'ancienne Égypte, les demi-dieux des amphores grecques ou encore les serfs agrestes des parchemins médiévaux !