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Avril 2001 (page 2/2)

Sommaire du mois d'Avril : Clic !

 
 
22 Avril 2001
Aurélien a écrit : 

Ayant un travail à fournir en Histoire sur le thème de l'Empereur Romain, je recherche en vain depuis un moment des informations sur le déroulement du sacre, ainsi que sur le lieu des couronnements des Empereurs romains.

J'apprécierais si vous pouviez me renseigner où m'envoyer des liens vers des sites sur ce thème…

Merci d'avance...

 
 
 
RÉPONSE :

Je ne sais plus exactement si c'est Gibbon ou Montesquieu qui a affirmé que "l'Empire romain était une monarchie absolue dont l'absolutisme était tempéré par le coup d'État". Toujours est-il que, contrairement à ce qui se passa depuis dans d'autres empires, la légitimité de l'empereur romain n'était pas nécessairement de nature dynastique et certainement pas de nature religieuse, même si certaines fonctions impériales étaient religieuses.

Donc, dans l'Empire romain, pas de sacre ni de couronnement !

Celui qu'on a coutume, par facilité, d'appeler l'"empereur romain" était, à la fois, le premier citoyen de Rome, son premier magistrat et le commandant en chef de ses armées.
Revêtu de la puissance tribunitienne et doté du droit de veto ainsi que de l'immunité liés à la fonction de "Tribun du Peuple", l'empereur pouvait être considéré comme le protecteur du peuple romain.
En tant que Princeps, il était aussi le leader de l'aristocratique Sénat de Rome. C'est lui qui convoquait les sessions, qui fixait l'ordre du jour des délibérations, qui prenait la parole en premier et qui, naturellement, pouvait valider ou invalider tous les votes grâce à son droit de veto.
Enfin, il était l'Imperator, c'est-à-dire le généralissime des armées, celui dont les soldats attendaient gloire, honneur et surtout grasses rémunérations.

Cette "triple casquette" de l'empereur romain explique que la désignation de l'empereur pouvait revêtir plusieurs aspects. Parfois, (par exemple pour Tibère, Caligula, Titus, Domitien, Trajan et les Antonins, etc) le nouvel empereur, successeur désigné de son prédécesseur, voyait son élévation confirmée par le Sénat sans que l'armée ne rechigne. Dans d'autres cas, bien plus rares, (pour Nerva, par exemple) le Sénat prenait l'initiative de désigner le nouveau souverain. Mais à partir, du IIIe siècle, l'armée fit main basse sur l'élection impériale : l'empereur en titre ne fut plus, désormais, que le général qui, soutenu par ses armées, avait, au terme d'une guerre civile plus ou moins longue, plus ou moins féroce, triomphé de tous ses rivaux soutenus, eux aussi, par d'autres soldats avides de récompense.

Naturellement, je simplifie outrageusement. Chaque cas est particulier.

Une constante reste cependant : avant l'empereur byzantin Léon Ier (457 - 474) qui reçut la couronne des mains du patriarche de Constantinople, aucun "empereur romain", qu'il soit païen ou chrétien, ne fut "couronné" ou "sacré".

Comme, si j'en crois votre adresse mail, vous êtes Français, sacrifions à un certain chauvinisme. ;-))
Peut-être vous serait-il agréable de lire le récit de la seule et unique désignation d'un empereur romain qui se déroula jamais à Paris (Lutèce). Il s'agit du pronunciamiento militaire qui, en 360, porta au pouvoir l'empereur Julien II dit "l'Apostat". Il s'agit d'un extrait des Histoires de l'historien romain Ammien Marcellin (fin du IVe siècle).

(Les soldats rassemblés à Lutèce, réquisitionnés par l'empereur régnant Constance II pour son expédition contre les Perses, ne peuvent se résoudre à quitter leur Gaule natale)

Au début de la nuit, leur mutinerie éclata ouvertement, et chacun attisant son ressentiment en proportion de l'affliction que lui causait cet événement inattendu (leur envoi en Orient), ils en viennent aux armes et aux voies de fait. En poussant une immense clameur, ils se dirigèrent tous vers le palais, qu'ils encerclèrent sur toute sa superficie pour empêcher quiconque de parvenir à trouver le moyen de s'échapper, et en vociférant affreusement, ils hurlaient : "Julien Auguste !" (= "Julien, empereur !").
Ils s acharnaient de la manière la plus pressante, pour le contraindre à se présenter devant eux-, forcés d'attendre les premières lueurs du jour, ils l'obligèrent finalement à se montrer. À sa vue, le vacarme reprit de plus belle, et ils le proclamèrent Auguste (= empereur), à l'unanimité et sans aucune réserve.

julien soldat, julien l'apostat

Julien dit l'Apostat

Mais lui résistait de pied ferme, à tous et à chacun, tantôt en manifestant son indignation, tantôt en leur tendant les bras pour les prier et les supplier de ne pas commettre un acte déshonorant après tant de victoires si heureuses, et de ne pas donner matière à discorde par un faux-pas téméraire et intempestif. Et voici ce qu'il ajouta en s'adressant à eux d'un ton bienveillant, quand ils se furent enfin apaisés : "Que votre colère se calme pour un temps, je vous prie, et il sera facile d'obtenir sans rébellion ni menées révolutionnaires ce que vous réclamez. Puisque les attraits de votre terre natale vous retiennent, et que vous craignez des pays étrangers auxquels vous n'êtes pas habitués, retournez maintenant chez vous : vous ne verrez rien au-delà des Alpes, puisque vous ne le voulez pas. Je vous en excuserai personnellement par des justifications appropriées auprès de l'Auguste (= l'empereur Constance II) : c'est un prince capable d'entendre raison, et fort avisé ".
Les clameurs, là-dessus, n'en continuaient pas moins de toutes parts, tous les assistants s'opiniâtrant également avec une ardeur unanime, et comme le tohu-bohu de cet affrontement était à son comble et que s'y mêlaient des invectives insultantes, le César (Julien avait été nommé "César", c'est-à-dire empereur-adjoint par Constance trois années plus tôt) fut contraint de leur céder.
On le hissa sur un bouclier de fantassin, et tandis qu'il se dressait bien haut au-dessus de la foule sans que personne fit silence, il fut déclaré Auguste
(=empereur) ; on le somma de montrer un diadème, et comme il assurait n'en avoir jamais eu, on se mit à lui réclamer un collier ou un bandeau de sa femme. Et comme il disait avec insistance qu'il ne convenait pas, pour de premiers auspices, d'être affublé d'une parure de femme, on se mit en quête des phalères d'un cavalier, pour qu'une fois couronné, il présentât au moins en apparence l'ombre du pouvoir suprême. Mais comme il s'évertuait à dire que cela non plus n'était pas moins déshonorant, un certain Maurus (...) retira le torque qui était son insigne de porte-étendard, et le posa avec une belle audace sur la tête de Julien.
Ainsi acculé à la dernière extrémité, conscient de ne pouvoir échapper désormais au danger présent s'il persistait dans son refus obstiné, Julien promit de leur distribuer à tous cinq pièces d'or et une livre d'argent par tête." (Ammien Marcellin, Histoires, 20 : IV - Traduction de Jacques Fontaine, Les Belles Lettres, Paris, 1996).

Dans le cas de Julien, on le voit, l'acclamation des soldats révoltés suffit à faire de lui, sinon l'empereur légitime, du moins un prétendant valable au trône impérial. Le fait de revêtir un insigne militaire comme symbole de la dignité impériale, purement anecdotique, ne peut en aucun cas être considéré comme un "couronnement" et encore moins un comme un "sacre". Seule compte ici l'acclamation, le pronunciamiento, des soldats.

Naturellement, je me suis contenté ici d'esquisser très grossièrement les grandes lignes de la dignité impériale romaine.

 

 
 
 
24 Avril 2001
Matthieu a écrit : 

J'ai en charge de faire un exposé sur l'empire romain, qui, ma foi, me pose quelques soucis au niveau de la recherche. J'ai trouvé l'URL de votre site et je le trouve fort intéressant, seulement voilà, j'aimerais vous poser une ou deux questions, pourriez-vous m'accorder un peu de votre temps libre ?

Donc voilà : tout d'abord je dois rechercher quelle est l'origine de la fonction impériale ; j'ai cherché en vain.

Voilà ce que je souhaiterais savoir :

  • Qu'il y avait-il avant les empereurs romains ?
  • Comment ces empereurs sont-ils apparus ?

Voilà pour l'origine de la fonction impériale

Ensuite, j'aimerais savoir si je dois citer César comme empereur romain ?

J'hésite fortement, voici comment j'aurais aimé me justifier :

  • Il gouverna comme un empereur
  • Il était populaire auprès du peuple
  • La "Vie des douze césars" n'est pas un titre au hasard
  • Les empereurs s'appelaient tous César
 
 
 
RÉPONSE :

Tout d'abord, je vous remercie de l'intérêt que vous portez à mes pages.

Quant aux questions que vous me posez - du moins les deux premières - il est assez difficile d'y répondre en quelques lignes sans opérer d'outrageuses simplifications.

1. Qu'y avait-il avant les "empereurs romains" et comment sont-ils apparus :

Après plus de deux siècles (de ± 753 à 509 avant J.-C.) d'une royauté étrusque, Rome conquit son indépendance et opta pour un gouvernement républicain, d'abord aristocratique, puis démocratique. Tous les actes officiels de l'État étaient posés au nom "du Sénat et du peuple romain" (Senatus PopulusQue Romanus - SPQR).

Au fur à mesure de l'expansion territoriale de Rome, le pouvoir accordé au peuple, à la plèbe, se délita. Les patriciens (aristocrates) devenaient de plus en plus riches, et les plébéiens de plus en plus dépendants de leur bonté intéressée. Rome gardait le nom de "République", mais était devenue, en fait, une oligarchie : les sénateurs les plus riches achetaient les voix populaires et gouvernaient selon leurs propres intérêts.

Vers 130 avant J.-C., les réformes des frères Gracques (Tiberius et Caius Gracchus), visant à enrayer l'appauvrissement des classes moyennes et populaires, échouèrent. Les deux leaders populaires furent assassinés, mais leurs idées leur survécurent et, afin de les imposer, un parti politique populaire (les populares) vit le jour. C'était le début des guerres civiles.

Le général Marius, réformateur de l'armée romaine, vainqueur des Cimbres et des Teutons et leader des populares prit un moment l'avantage. Il réduisit les pouvoirs des Sénateurs, mais lui et ses partisans furent vaincus par le sanguinaire Sylla, chef du parti aristocratique qui s'empara du pouvoir à Rome en 82 avant J.-C. Nommé "dictateur à vie", il devint le seul maître de l'État romain.

En 79 avant J.-C., à la surprise générale, Sylla renonça à tous ses pouvoirs. Le parti populaire releva alors la tête sous la direction de Jules César. Celui-ci s'allia un temps avec Pompée, le bras armé du parti sénatorial, et avec le richissime Crassus pour former le "Premier Triumvirat", mais les rivalités entre les deux hommes apparurent bientôt au grand jour. Une autre guerre civile éclata. Le grand Jules écrasa Pompée à Pharsale (48 av. J.-C.), puis ses derniers partisans à Thapsus en Afrique (-46) et à Munda en Espagne (-45).

Le parti aristocratique était à nouveau vaincu. Jules César devint, lui aussi, "dictateur à vie", et voulait même coiffer la couronne royale quand il fut assassiné (ides de mars -44) par des prétendus "républicains" mais qui n'étaient, en fait, que des représentants de l'aristocratie sénatoriale.

Les meurtriers de César furent vaincus par Octave (futur Auguste) et Antoine à la bataille de Philippes (42 av. J.-C.). Au terme de cet affrontement, Octave, qui n'avait pas hérité de la magnanimité de son père adoptif Jules César, fit massacrer froidement tous les chefs du parti aristocratique. Le Sénat de Rome était désormais "à la botte" d'Octave. Il restait encore à celui-ci à se débarrasser de son encombrant allié Antoine qui gouvernait l'Orient. Ce fut chose faite à la bataille d'Actium (31 av. J.-C.) : Antoine et sa maîtresse Cléopâtre furent vaincus et se suicidèrent peu après.

Seul maître de Rome, Octave, que l'on appellera désormais Auguste (du latin Augustus, sacré, divin) n'allait pas suivre la voie de Jules César. Il refusa le sceptre royal, conserva la fiction républicaine, mais concentra entre ses mains tous les pouvoirs régaliens.

Revêtu de la puissance tribunitienne et doté du droit de veto lié à la fonction de "Tribun du Peuple", Auguste se considérait comme le protecteur du peuple romain. Mais il était aussi le "Princeps" (dont nous avons tiré le mot français "prince"), c'est-à-dire le membre plus éminent de l'aristocratique Sénat de Rome. Il convoquait les sessions, en fixait l'ordre du jour, prenait la parole en premier et naturellement, faisait valider invalider tous les votes grâce à son droit de veto.

Et enfin, Octave Auguste était l'Imperator, c'est-à-dire le général victorieux, le généralissime de toutes les armées, celui dont les soldats attendaient gloire, honneur et surtout grasses rémunérations. Le mot Imperator, dont nous avons tiré le mot français "empereur", ne recouvrait donc qu'une des multiples facettes du "pouvoir impérial".

C'est donc avec Octave Auguste que le gouvernement de Rome bascula définitivement vers ce que l'historien britannique Edward Gibbon (Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain) a caractérisé comme "une monarchie absolue revêtue de toute forme la forme d'une république" ; vers ce que nous avons coutume d'appeler, par facilité, "l'Empire romain".

Évidemment, comme je vous l'ai signalé d'emblée, j'ai été contraint ici de condenser grossièrement plus de sept siècles d'Histoire romaine. Vous trouverez sans doute des renseignements plus précis dans des site Web qu'une recherche via Google devrait vous permettre de repérer isément.

octave auguste

2. Jules César était-il un "Empereur romain" ?

Les avis divergent.

Suivant la tradition qui remonte à ce cancanier de Suétone, et tenant compte du fait que ce n'est pas sans raison que les Allemands et les Russes appelaient respectivement leur empereur Kaiser et Tsar, j'ai repris ce brave Jules en "tête du hit-parade", suscitant de ce fait l'indignation de certains internautes. Aussi, pour vous "faire une religion" à ce sujet, je vous conseille de lire aussi bien leurs arguments que les réponses que je leur ai adressées (Clic ! et Clic !)

Cela dit, quant à moi, je persiste et signe, et maintiens le grand Jules dans ma liste des empreurs romains. En effet, s'il ne fut pas vraiment le premier empereur - cette place est dévolue à son fils adoptif Octave Auguste -, c'est bien avec lui que commence l'histoire de la Rome impériale.

 

 
 
 
24 Avril 2001
Matthieu a écrit : 

J'aimerais savoir que signifient les dynasties ?

En réalité, ce n'est qu'un regroupement d'empereur ?

Pourriez-vous me résumer cela rapidement (je ne vous demande que quelques lignes, ne me consacrez pas trop de temps SVP. Vous en faites déjà beaucoup :o)

 
 
 
RÉPONSE :

Si le mot "dynastie" désigne couramment une succession de souverains au sein d'une même famille, dans le cas de la succession impériale romaine, il faut considérer ce cercle familial dans son sens le plus large.

Quelques exemples :

  • Dynastie Julio-Claudienne : D'Auguste à Néron, les empereurs furent désignés parmi les descendants de Jules César et de Tiberius Claudius, le père de l'empereur Tibère. Mais Auguste, fondateur de cette dynastie, n'était que le petit-neveu de César (petit-fils de la sœur de Jules). (Voir tableau généalogique)
  • Dynastie flavienne : Ici, la filiation est directe. Titus puis son frère cadet Domitien succèdent à leur père Vespasien. (Voir tableau généalogique)
  • Dynastie dites "des Antonins" : Ici, au contraire et exception faite du lamentable Commode qui succéda à son père Marc Aurèle, il n'existe pas de liens de parenté (du moins de liens proches) entre les empereurs successifs. Nerva adopta Trajan, Trajan adopta Hadrien, Hadrien adopta Antonin le Pieux qui donna son nom à cette dynastie-bidon !
  • Dynastie des Sévères. Caracalla et Geta succédèrent à leur père Septime Sévère, le fondateur de la dynastie, mais Sévère Alexandre, dernier représentant de cette lignée, n'était qu'un petit-neveu de l'épouse de ce Septime. (Voir tableau généalogique).
    Etc.…

Comme vous le constatez, si j'ai adopté un classement des empereurs "par dynastie", c'est par obéissance à une classification "classique" traditionnelle. En réalité, l'Empire romain, ce n'était pas le Royaume de France : les coups d'états et les assassinats étaient fréquents et, bien souvent, les princes héritiers n'étaient pas en mesure de reprendre le sceptre paternel.

 

 
 
 
24 Avril 2001
ALINEROCH a écrit : 

Je fais un exposé sur Caligula et il y a certains noms que je ne trouve pas dans les encyclopédies.

Je voudrais donc savoir qui sont Macron et Marcus Silanus et si possible les dates de naissance et de mort.

Merci de me répondre sachant que ceci me serait d'un grand secours.

 
 
 
RÉPONSE :

Voilà ce que j'ai trouvé.

Macron : De son vrai nom Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro, il fut choisi par l'empereur Tibère pour le débarrasser de Séjan, ce préfet du prétoire qui, profitant de l'éloignement de l'empereur, retiré à Capri, était devenu le vrai maître de Rome et ambitionnait de monter sur le trône. Macron s'acquitta parfaitement de sa tâche, élimina Séjan et toute sa famille, prit sa place comme Préfet du Prétoire et, à son tour, tyrannisa le Sénat de Rome.

Suétone prétend (Douze Césars, Caligula, 12) que Caligula séduisit Ennia Naevia, la femme de Macron, et qu'il alla même jusqu'à lui promettre de l'épouser s'il devenait maître de l'Empire. Par ce biais, Caligula entra dans les bonnes grâce de l'époux (bafoué ou complaisant) qui lui prêta main-forte pour accéder au trône. Tacite, rapporte en effet (Annales VI, 50) que Macron "euthanasia" proprement le vieux Tibère qui se n'en finissait pas de mourir. Cependant, bien des historiens modernes émettent les plus nettes réserves sur la vraisemblance de cet épisode.

Ce fut aussi Macron qui se chargea de lire au Sénat le testament de feu Tibère qui instituait comme héritiers, à part égales, Caligula et Tiberius Gemellus (petit-fils de Tibère), mais Caligula se débarrassa bien vite de son confrère impérial.

Le nouvel empereur montra également bien peu de reconnaissance envers ceux qui l'avaient aidé à monter sur le trône : toujours aux dires de Suétone (Caligula, 26), Macron et son Ennia d'épouse "reçurent une mort sanglante" en l'an de grâce 38.

Pour infos complémentaires :

Marcus Silanus : Marcus Junius Silanus était le père de Junia Claudilla, première épouse de Caligula, qui, en 38, le contraignit au suicide sous prétexte d'un complot. Cfr Suétone, Cal. 12, 1, 23, 5 ; Dion Cassius 59, 8, 4) - Renseignement trouvé dans les notes sur le site de la BCS (notes sur une nouvelle édition de l'Agricola de Tacite) : Clic !

À noter aussi que dans son célèbre roman Néropolis, Hubert Monteilhet met en scène un certain Decimus Silanus. descendant (petit-fils ?) de ce Marcus Silanus,

 

 
 
 
25 Avril 2001
Lauriane a écrit : 

J'avais un exposé à faire sur Néron et je me suis beaucoup aidée de votre site. En cours, lorsque j'ai annoncé à mon professeur qu'Agrippine avait été exilée, elle m'a dit qu'elle n'en était pas sûre.

Alors voila mon problème : J'ai dit à mon professeur que j'allais me renseigner. J'ai cherché sur plein de sites, mais aucun ne mentionne Agrippine. Alors je vous écris pour savoir si vous avez des renseignements sur l'exil d'Agrippine, sur la première puis seconde partie du règne de Néron et également sur la mort de Néron.

J'ose à peine vous demander si se serait possible que je l'obtienne pour ce soir mais je pense que se sera impossible. Ou alors, pouvez-vous me donner des sites qui pourraient m'aider. J'espère du fond du cœur que vous pourrez rapidement m'aider.

En vous remerciant tout de même d'avance, je vous prie d'agréer toutes mes félicitations pour votre site.

 
 
 
RÉPONSE :

Évidemment, vous fournir des renseignements sur "sur l'exil d'Agrippine, sur la première puis seconde partie du règne de Néron et également sur sa mort", cela reviendrait à récrire toute la biographie de cet empereur, chose qui serait difficile à réaliser d'ici ce soir !

Pour rassurer votre prof, je puis cependant dès à présent vous confirmer qu'Agrippine la Jeune fut exilée en octobre 39 sur ordre de Caligula et fut autorisée à rentrer à Rome dès l'avènement de Claude, son oncle et futur époux (début 41).

Quelques citations à ce sujet :

  • "Alors que le garçon (Néron) avait trois ans, l'empereur Caligula, son oncle, le bannit avec sa mère (Agrippine la Jeune) dans l'île de Ponza, sous l'accusation de conspiration. Cette accusation n'était pas sans fondement parce qu'Agrippine avait été assez insensée pour comploter avec son amant Lépide, qui était également un des mignons de son frère. Caligula en fut si irrité qu'il obligea sa sœur à gagner son lieu d'exil en transportant sur ses genoux les cendres de son amant exécuté" … "Il (Claude) avait pourtant le cœur bon et l'un de ses premiers actes fut de signer le décret permettant à Agrippine de rentrer d'exil". (C.-M. Franzero, Néron, sa vie et son temps - Payot, Paris, 1955)
  • "Néron n'a pas encore deux ans lorsque sa mère est impliquée dans la conspiration dirigée contre Gaius-Caligula par Gnæus Lentulus Getulicus et Marcus Æmilius Lepidus. Le 27 octobre 39, le complot est découvert et les conjurés châtiés. Sur ordre de l'empereur, son frère, elle est reléguée (Note : relégation = exil n'entraînant pas la perte des droits civils et militaires), et ses propriétés lui sont confisquées). (…) Suétone présente la relégation d'Agrippine comme postérieure à la mort de son mari (Domitius Ahenobarbus, en 40) : en réalité, les événements se sont déroulés dans l'ordre inverse. (…) Pourtant la situation va changer assez vite : après l'avènement de Claude, frère de Germanicus, Agrippine rentre d'exil. On est en 41, le futur Néron à quatre ans. Agrippine recouvre alors ses biens et son crédit politique." (Eugen Cisek, Néron, Arthème Fayard, 1982).

Quant aux autres renseignements que vous me demandez, il m'est, je vous l'ai dit d'emblée, difficile de vous donner satisfaction (…)

NOTE COMPLÉMENTAIRE (16 Décembre 2013)

Depuis la rédaction de ce courrier, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts (de Rome et d'ailleurs). Les notices biographiques de Claude et de Néron ayant été considérablement développées, une masse d'infos sur Néron et Agrippine sont désormais directement accessibles sur ce site. Entre autres :

  • Notice biographique de Néron : Clic !
    • Naissance de Néron : Clic !
    • Néron fait éventrer sa mère Agrippine : Clic !
    • Néron dans ce site et sur Web : Clic !
  • Courriers d'internautes relatifs à Agrippine : Clic !
  • Notice biographique de Claude : Clic !
    • Agrippine, les dernières années de Claude : Clic !
    • Claude dans ce site et sur Web : Clic !
agrippine la jeune
 
neron
 

 

 
 
 
26 Avril 2001
Matthieu a écrit : 

Quelque chose m'interpelle : pour mon dossier, je pensais parler de la famille de l'empereur, mais je ne trouve rien.

  • Primo, je pensais parler des successions, de la place tenue par les fils de "princes"… Auriez-vous une URL à me conseiller ?
  • Secundo, où pourrais-je me renseigner sur les lieux qu'habitaient les empereurs,
  • Ensuite, que peut-on penser des relations familiales de l'empereur ?

Merci de m'orienter sur le net, car je ne connais pas particulièrement les sites dédiés au culte de l'empire romain

 
 
 
RÉPONSE :

1. En ce qui concerne les successions impériales, vous tombez juste à point : cette question recoupe à peu près celle qu'un autre sympathique internaute m'a posée avant-hier (Clic !)

2. Lieux de résidence des empereurs romains.

C'est un peu enfoncer une porte ouverte que de rappeler que les empereurs romains résidaient à Rome. Et de fait, jusqu'à Dioclétien (début du IVe siècle), aucun empereur n'osa s'éloigner trop longtemps de sa turbulente capitale.

Cependant, après la fondation de Constantinople (future Istanbul) et les invasions barbares, la résidence impériale des empereurs romains d'Occident se fixa plus volontiers dans des villes plus proches de frontières menacées (Milan, Trêves).

Au Ve siècle enfin, l'empereur, qui n'était plus qu'un fantoche aux mains de ses généraux barbares, se réfugia à Ravenne, une ville située au bord de l'Adriatique, d'où il pouvait donc facilement mettre les voiles vers Constantinople, et qui de plus était bien protégée par les marécages qui l'entouraient.

Maintenant, quant à vous fournir l'adresse de sites Internet sur Rome (ou Milan), il en existe tant que plusieurs pages ne suffiraient pas à mentionner, même en se limitant aux principaux d'entre eux ! Cependant, en ce qui concerne la Rome impériale, j'ai un petit faible pour le site "Plan de Rome" de l'Université de Caen (Clic !).

D'autre part, pour vous faire une idée de ces "capitales de raccroc" que furent Ravenne et Trêves, je vous livre ci-dessous deux adresses les concernant :

  • Pour Ravenne (Italie) : Clic !
  • Pour Trêves (Allemagne) : Clic !
maquette de rome, universite de caen

3. Relations familiales des empereurs romains.

Avec quatre-vingt-deux souverains qui se succédèrent en plus de quatre siècles et demi, il est impossible de trouver l'ombre d'un trait commun. Il n'y a, par exemple, aucune commune mesure entre Antonin (138-161) qui montra tant d'égards envers son vieux père (adoptif) qu'on le surnomme "le Pieux", et ce Commode (180-192) réputé (le film Gladiator fait écho à cette légende) avoir assassiné son vieux Marc Aurèle de père ! Et comment comparer ce même Marc Aurèle qui honora toujours son frère adoptif, l'incapable Lucius Verus, à ce Domitien (81-96) qui aurait empoisonné son frère Titus (79-81) ou à ce Caracalla (211-217) qui haïssait son frangin Geta (211) au point de l'égorger de ses propres mains, comme un mouton !

À ma connaissance, il n'existe donc aucun site qui aborde précisément un sujet aussi vaste. Même si certains, à l'instar du mien, rapportent grosso modo comment chaque empereur se comporta envers sa parenté, aucun, du moins à ce qu'il me semble, ne s'est spécialisé dans l'étude sociologique de toutes familles impériales romaines.