->emp - chrono
courrier site emp
   

Sommaire Décembre 2000 :

  • 11 décembre :
    • Où trouver des notices plus courtes ? : Clic !
  • 23 décembre :
    • Les "Crimes" de Néron ? : Clic !
    • Repères chronologiques pour le règne de Néron : Clic !
  • 25 décembre :
    • Domitien et l'Odéon : Clic !
  • 25 décembre :
    • Antoine est-il "oublié" ? : Clic !
    • Cléopâtre, César et Antoine : Clic !
    • Jules César gay ? : Clic !
    • "Netiquette" des pages "Empereurs romains" : Clic !
  •  29 décembre :
    • Rien sur Arcadius ? : Clic !
    • "Victoria Augusta"… certains doutes subsistent : Clic !
 
RECHERCHE DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
Google Custom Search
 
 
11 Décembre 2000
Sylvain a écrit : 

Génial, Un travail de "fou" !

Je suis moi-même en cours de réalisation d'un site, mais sur les trente dynasties Égyptienne, Chrétienne, etc… J'aurais besoin de renseignements sur les empereurs Romains, bien entendu, avec un lien sur ton site.

Mon besoin est simple : nom, date, mort (avec suivant l'importance, un ou deux faits). J'attends ta réponse, si c'est OK, un lien, cela va sans dire, sur ton site. Et avertissement lorsque le mien sera OK. À ce jour, je possède déjà 80 Mo de texte. Comme quoi, sur Internet, y a vraiment des cas !

 
 
 
RÉPONSE :

Merci pour ton message, et bon courage pour ton site égyptien !

La page "Index" de mes "empereurs romains" reprend, naturellement, les noms de tous les empereurs romains, ainsi les dates de leur règne.

Évidemment, les notices reliées à cette page-index fournissent plus bien qu'"un ou deux faits" par empereur… C'est d'ailleurs ce qui fait leur originalité ! C'est en effet surtout parce que je n'avais rien trouvé d'équivalent en français sur le Net que je me suis décidé à y mettre la documentation que j'avais récoltée depuis un certain temps ! Ceci pour te dire que résumer des notices que j'ai laborieusement enrichies me paraîtrait revenir quelque peu en arrière dans ma démarche !

Cela dit, pour disposer d'un résumé des principaux faits des empereurs, je te conseille de jeter un coup d'oeil sur cet "Abrégé" des Empereurs romains et de leur civilisation, par Jean-Michel Marcet.

J'espère voir bientôt ton site. N'hésite pas à me tenir au courant quand tu l'auras "basculé" sur le Net…

 

 
 
 
23 Décembre 2000
Guillaine a écrit : 
Pouvez-vous m'envoyer la liste de tous les crimes de Néron ainsi que leurs dates.
 
 
RÉPONSE :

Les "Crimes de Néron"… C'est vite dit !

Aujourd'hui beaucoup d'historiens plus sérieux que moi (qui ne suis ni historien, ni tout à fait sérieux), revoient leur avis sur Néron, trouvent bien des excuses à ses crimes et ne le considèrent plus systématiquement comme un monstre sadique et vicieux.

De fait, entouré comme il l'était d'individus ambitieux et sans scrupules, ce pauvre Néron n'avait guère le choix : c'était tué ou être tué ! Même l'assassinat de sa mère Agrippine, elle-même meurtrière de son mari l'empereur Claude et incestueuse à force d'ambition, pourrait être compris sinon excusé.

Tout cela pour dire qu'il est donc bien difficile de déterminer quels sont réellement les vrais "crimes" de Néron. C'est pourquoi je te livre ci-dessous une chronologie complète, quoique succincte, de la vie de Néron telle qu'elle est couramment admise (Source : Néron, Eugen Cizek, Librairie Arthème Fayard, 1982. - Clic !).
Il faut cependant noter que plusieurs dates reprises ci-dessous (Voyage en Grèce, Révolte Juive par exemple) restent assez controversées.

D'autre part, pour répondre à votre demande spécifique, j'ai indiqué en caractères gras et rouges les "crimes de Néron"…. ou prétendus tels. Cependant, comme je l'ai signalé ci-dessus, je parierais volontiers qu'avec un bon avocat, Néron, s'il passait devant une cour d'Assises actuelle sortirait du tribunal libre comme l'air tant nombre de ces "crimes" sont, soit excusables, soit improbables !

nero
   
 REPÈRES CHRONOLOGIQUES POUR LE RÈGNE DE NÉRON.
  • 37
    Le 15 décembre : Naissance à Antium de Lucius Domitius Ahenobarbus fils de Cnæus Domitius Ahenobarbus et d'Agrippine la Jeune, fille de Germanicus, sœur de Caïus (Caligula).
  • 39
    Le 27 octobre : complot de Cætulicus et de Lepidus contre Caligula. Agrippine est exilée.
  • 40
    Mort de Cnæus Domitius Ahenobarbus. Orphelin, Lucius est élevé dans la maison de sa tante Domitia Lepida, sœur de son père.
  • 41
    Le 24 janvier, Caligula est assassiné. Avènement de Claude, frère de Germanicus, donc oncle d'Agrippine. Celle-ci rentre à Rome et, plus tard, épouse Crispus Passienus.
  • 48
    Août-septembre : Claude fait tuer Messaline, sa femme.
  • 49
    Janvier : Claude épouse Agrippine, la mère de Lucius.
    À la fin de l'année, Agrippine reçoit le titre d'Augusta.
    Fiançailles de Lucius et d'Octavie.
  • 50
    Le 25 février : Lucius devient Néron, fils adoptif de Claude, sous le nom de Tiberius Claudius Nero. Plus tard, il s'appellera Nero Claudius Cæsar Drusus Germanicus.
  • 51
    Le 4 mars, Néron prend la toge virile.
  • 53
    Néron épouse Octavie, sa sœur par adoption et parente de sang. Il a 16 ans, Octavie en a 12.
  • 54
    Le 13 octobre, annonce officielle de la mort de Claude, assassiné par Agrippine. Avènement de Néron (54-68).
    Influence d'Agrippine sur le gouvernement impérial.
    Début de la guerre d'Arménie, contre les Parthes.
  • 55
    Janvier : L'influence d'Agrippine diminue sensiblement au profit de celle de Sénèque et Burrus qui tâchent d'orienter le régime vers un contrat avec la majorité des sénateurs.
    Le 13 février Britannicus a 14 ans révolus. Peu de temps après, Néron le fait tuer.
    Combats en Orient, livrés par Corbulon contre les Parthes.
    Pourparlers entre Romains et Parthes.
  • 56
    Les pourparlers avec les Parthes se poursuivent.
    Néron subit l'influence positive de Burrus et de Sénèque
  • 57
    Néron envisage de transformer le système fiscal romain.
    Corbulon amorce une nouvelle offensive contre les Parthes.
  • 58
    Le Sénat rejette le projet de réforme fiscale de Néron.
    Néron, aurige et citharède.
    Début de sa liaison avec Poppée.
    Corbulon chasse Tiridate et les Parthes de l'Arménie.
  • 59
    Fin mars : Néron fait tuer sa mère, Agrippine
    .
    Corbulon installe Tigrane V sur le trône d'Arménie et en fait le vassal fidèle des Romains.
    Les Parthes semblent se résigner.
  • 60
    Néron organise la première édition des jeux quinquennaux. Il tente d'helléniser les mœurs romaines.
    Tigrane V attaque l'Adiabène, territoire vassal des Parthes. Il est repoussé.
    En Bretagne, éclate le grand soulèvement dirigé par Boudicca. Graves revers des Romains.
  • 61
    Néron modifie sa stratégie politique et durcit sa conduite à l'égard de l'aristocratie sénatoriale. Des sénateurs d'origine relativement modeste deviennent consuls.
    À Rome, construction d'un gymnase.
    Le royaume du Bosphore devient protectorat romain.
    Commence la seconde étape de la guerre parthique : Vologèse fait chasser Tigrane V d'Arménie et y installe Tiridate, son frère.
  • 62
    Printemps : mort de Burrus. Tigellin et Fænius Rufus deviennent préfets du prétoire. Sénèque se retire peu à peu de la cour.
    Néron fait tuer Rubellius Plautus et Faustus Cornelius Sulla.
    Octavie est répudiée, l'empereur épouse Poppée.
    L'affranchi Doryphore, partisan d'Octavie, est tué.
    Le 19 juin, Octavie, exilée, est tuée sur l'ordre de Néron. Commencent les procès de lèse-majesté au Sénat. Néron envoie Cæsennius Pætus en Orient afin d'annexer l'Arménie.
    À la fin de l'année, Cæsennius Pætus est écrasé par les Parthes à Randeia.
  • 63
    Janvier : Poppée donne naissance à une fille, Claudia Augusta.
    Mai : Mort de la petite Claudia Augusta. Rupture entre Néron et Lucain, qui se voit interdire de lire en public sa Pharsale.
    CorbuIon reprend en main la situation sur le front oriental. Les Romains reconnaissent Tiridate comme roi d'Arménie et vassal de Rome. La guerre parthique prend fin.
    La révolte est définitivement écrasée en Bretagne.
  • 64
    Néron se produit pour la première fois sur une scène publique à Naples.
    Fin juillet : Rome est ravagée par un grand incendie. Néron entreprend la construction d'une nouvelle Rome (nova urbs) et de la Maison dorée (domus aurea).
    Annexion du Pont.
  • 65
    Fin avril : la conjuration de Pison est découverte. Sont tués ou contraints au suicide Pison, Lucain, Sénèque, Fænius Rufus, etc
    .
    Été : seconde édition des jeux quinquennaux.
    Poppée, enceinte est brutalisée par Néron (?) et meurt. Elle est divinisée après sa mort.
  • 66
    Pétrone se suicide sur ordre de Néron
    .
    Tiridate arrive à Rome où il est couronné roi d'Arménie.
    Sommet du règne et du néronisme. Clôture du temple de Janus et proclamation de la paix universelle.
    Thrasea est condamné et se suicide.
    Néron épouse Statilia Messalina.
    Fin septembre : Néron part pour la Grèce. Vague de répressions à Rome et dans l'Empire.
    Soulèvement des Juifs en Judée.
  • 67
    Exploits artistiques de Néron en Grèce.
    Corbulon est contraint au suicide.
    Début du creusement du canal de Corinthe. Libération de la Grèce.
    Une nouvelle conspiration contre Néron se forme.
    Retour de Néron en Italie (décembre).
    Vespasien combat les Juifs révoltés.
  • 68
    Janvier : entrée de Néron à Naples.
    Février : contacts entre Vindex et d'autres gouverneurs de provinces, tel Galba, pour renverser Néron.
    Mars : à la suite de sa tournée en Grèce, triomphe artistique de Néron à Rome. L'empereur se rend à Naples. Vindex déclenche le soulèvement de la Gaule contre Néron. L'empereur l'apprend à Naples.
    Échec d'une tentative de meurtre contre Galba. Néron rentre à Rome.
    Avril : Galba s'insurge contre Néron. Celui-ci devient "Consul sans collègue"
    Mai : Verginius écrase Vindex à Vesontio. Soulèvement de Macer en Afrique
    Rumeurs à Rome quant à la défection générale des armées de l'Empire. La situation politique est déstabilisée.
    Le régime s'effondre.
    Le 11 juin : abandonné par le Sénat, sa cour et les Prétoriens, Néron est contraint au suicide au moment où on l'arrête comme ennemi public.

(Source : Eugen CIZEK, Néron,, Librairie Arthème Fayard, 1982.)

 

 
 
 
25 Décembre 2000
Amélie a écrit : 
Je dois présenter un exposé sur l'Odéon, mais je ne dispose que de peu de documents. Je dois faire un plan d'un odéon, ainsi qu'un texte d'environ cinq pages. Pourriez-vous m'aider ?
 
 
 
RÉPONSE :

Au risque de décevoir une presque compatriote, je ne dispose pas de beaucoup de documentation sur l'Odéon de Rome, construit sur ordre de l'empereur Domitien (81 - 95), sur le modèle d'édifices grecs du même genre et destiné aux récitations poétiques. On notera néanmoins que de telles préoccupations culturelles et artistiques paraissent assez paradoxales chez un empereur d'aussi mauvaise réputation que Domitien, que ses biographes présentent comme un souverain particulièrement soupçonneux, ignare et paresseux.

Néanmoins, si cela peut t'être utile, voici une citation de Suétone (Historien latin du début du IIe siècle) qui montre que l'édification de l'Odéon de Rome s'inscrivait dans une politique de reconstruction et d'embellissement de la Ville :

"Il restaura beaucoup de grands édifices qui avaient été la proie des flammes, entre autres le Capitole qui avait été brûlé de nouveau. Mais ces reconstructions se faisaient toujours sous son propre nom, et sans aucune mention des anciens fondateurs. Il bâtit un temple neuf sur le Capitole, et le dédia à Jupiter Gardien. On lui doit la place qui porte aujourd'hui le nom de Nerva, le temple de la famille Flavia, un stade, un odéon, enfin une naumachie dont les pierres servirent ensuite aux réparations du grand cirque, dont les deux côtés avaient été incendiés". (Suétone, Vie des Douze Césars, Domitien, V).

Quant aux premiers spectacles qui furent donnés dans cet Odéon flambant neuf, ainsi que dans le stade tout proche, ce même bon vieux Suétone nous en parle sans doute quand il écrit :

"Il (= Domitien) institua en l'honneur de Jupiter Capitolin un concours quinquennal de musique, d'équitation et de gymnastique, et les couronnes y étaient un peu plus nombreuses qu'elles ne le sont aujourd'hui. On se disputait même le prix de prose grecque et de prose latine. Les joueurs de luth, avec ou sans accompagnement de chant, rivalisaient ensemble. Dans le stade, des vierges concouraient pour le prix de la course. Domitien présidait en sandales, vêtu d'une toge de pourpre à la grecque, portant sur la tête une couronne d'or avec les effigies de Jupiter, de Junon et de Minerve. Il était assisté du flamine de Jupiter et du collège des prêtres Flaviens, tous habillés comme lui, à l'exception que son image surmontait leurs couronnes." (Suétone, Vie des Douze Césars, Domitien, IV)

Voilà, quant à moi, c'est à peu près tout ce dont je dispose.

domitien

Bon courage et bonne chance pour ton exposé !

 

 
 
 
25 Décembre 2000
Stéphane a écrit : 

Votre site m'a donné envie de (re)lire Suétone….

Je me pose tout de même une petite question… Je ne vois pas Antoine après César. L'avez-vous oublié (ça m'étonnerait ;o) ) ?

 
 
 
RÉPONSE :

Non, non, rassurez-vous, je n'ai pas "oublié" le brave Antoine, ce vert galant, amant, entre autres, de la belle Cléopâtre au si joli nez ; ce joyeux luron, membre émérite de la confrérie des Anime Tobioi ("Les Inimitables viveurs") qui égayait les chaudes nuits alexandrines de ses beuveries effrénées !

En fait, même s'il fut certainement un "imperator", avec petit "i", c'est-à-dire un général de corps d'armée, même s'il ne laissa a personne d'autre le soin de prononcer du haut des rostres l'oraison funèbre de César, même si ce fut lui, et non le falot Octave-futur-Auguste, qui se chargea de régler leur compte aux assassins dudit César en leur infligeant la cuisante raclée de Philippes, Marc Antoine, contrairement à Jules et à Auguste, ne gouverna jamais l'ensemble de l'Empire romain. En effet, pendant qu'il batifolait avec la belle Cléopâtre en Égypte, Octave Auguste dirigeait la partie occidentale de l'Empire, sans parler de l'évanescent Lépide qui se vit un temps attribuer les provinces d'Afrique.

Tout cela pour dire que s'il me paraissait tout à fait indiqué d'insérer le grand Jules César sur la liste des "empereurs romains" (quoique cela en ait étonné certains, voir ici), il me semblait peu judicieux d'y placer Antoine. Et ce d'autant plus que, dans son gouvernorat d'Asie, cédant aux demandes pressantes et aux arguments convaincants de sa royale maîtresse, il accepta de n'exercer ses pouvoirs qu'au nom de Césarion, fils de César et de Cléopâtre. Il en vint même, pratiquement, à compromettre l'unité territoriale de l'Empire en cédant au royaume d'Égypte toute la côte orientale de la Méditerranée, avec l'île de Chypre, et en transformant des provinces romaines en royaumes pour les enfants nés de son union avec Cléopâtre (son fils Alexandre Hélios recevait l'Arménie et sa fille Cléopâtre Séléné se voyait octroyer la Cyrénaïque, la Libye et une partie de Tunisie actuelle). D'ailleurs, Antoine se contentera toujours du titre de "Triumvir" !

Mais, il y a quand même un paradoxe dans toute cette histoire : Antoine, qui n'est, traditionnellement, pas considéré comme un "empereur romain", n'en demeure pas moins le grand-père de l'empereur Claude et l'arrière grand-père de Néron.

antoine

Petite explication généalogique :

  • Claude est né de l'union de Drusus et d'Antonia, elle-même fille d'Antoine et d'Octavie la Jeune (la sœur d'Octave Auguste).
    Donc : Antoine -> Antonia la Jeune -> Claude (tableau généalogique : Clic !)
  • Néron est le fils d'Agrippine la Jeune et de Cn. Domitius Ahenobarbus, lui-même fils de Lucius Domitius Ahenobarbus et d'Antonia l'Aînée, l'autre fille d'Antoine et d'Octavie. Donc Antoine -> Antonia l'Aînée -> Cn Domitius Ahenobarbus -> Néron (tableau généalogique : Clic !)

Comme quoi, si Antoine n'est pas un empereur à proprement parler, il n'en est pas moins, à l'instar de Jules César, le fondateur de la dynastie que l'on appelle traditionnellement "Julio-Claudienne"

J'espère avoir apaisé votre légitime inquiétude !

 

 
 

Réaction de Stéphane :

Cléopâtre était la maîtresse d'Antoine, mais aussi sa perte non ? (je fais très attention avec ce que j'avance, j'ai peur de paraître bête ;o) ).

Il est sûr d'une chose c'est qu'à ce petit jeu, le joyeux luron s'en est moins bien sorti que son père spirituel - le grand César - qui, malgré le fameux coup du tapis, a réussi à dominer la belle Cléopâtre. Il faut dire qu'elle était jeune et lui n'avait plus rien à prouver dans ce domaine…

RÉPONSE :

La personnalité de la dernière représentante de la dynastie des Ptolémées fut toujours, et reste encore, controversée.

Les historiens antiques (latins surtout) l'ont considérée comme une véritable sorcière, une ensorceleuse et l'ont traitée de tous les noms : "Serpent du Nil" (Horace), "Femelle lubrique, usée par la débauche" (Properce), "Putain couronnée" (Pline l'Ancien), '"Il y avait tant de vice en elle qu'elle se prostituait au premier venu" (Tite-Live). Il est vrai aussi que pour ces vieux romains traditionalistes tout ce qui venait d'Orient, et en particulier d'Égypte, était suspect !

Aujourd'hui, la tendance s'est radicalement inversée. On met surtout l'accent sur l'intelligence politique de Cléopâtre, sur ses capacités à jouer de son (ses) charme(s) pour sauver l'indépendance de son royaume égyptien, menacée par la rapacité romaine… Une Indira Gandhi, mâtinée de Sissi impératrice féministe, avec un zeste de Lolo Ferrari !

Naturellement, la vérité se trouve entre ces deux extrêmes ! Mais comment concilier des opinions si tranchées ?

Sans avoir personnellement approfondi le sujet, j'apprécie le très intelligent "Cléopâtre ou le rêve évanoui" de Benoist-Méchin (Lib. Acad. Perrin).

Ce vieux Benoist-Méchin, par ailleurs souvent assez pénétrant quoique facho sur les bords, y décrit la reine d'Égypte comme l'initiatrice de Jules César aux mystères de l'Orient ; comme celle qui lui fit découvrir les splendeurs de son royaume. Et surtout, d'après cet auteur, ce fut Cléopâtre qui fit prendre conscience à César de la nécessité de conquérir l'Asie, de restaurer l'Empire d'Alexandre le Grand, d'unir l'Orient et l'Occident sous un seul sceptre (le sien, celui de Jules, celui de leur fils Césarion ?).

L'assassinat de César, alors qu'il s'apprêtait ceindre la couronne royale, condition sine qua non de la réussite de ce projet, brisa le rêve. Cléopâtre, alors, séduisit Antoine… Un peu pour tenter de se remémorer l'amour du grand Jules, beaucoup pour sauvegarder les intérêts dynastiques de Césarion, le fils né de ces amours.

Mais si César était un véritable génie, Antoine n'était qu'un pauvre homme, un peu (beaucoup) porté sur la dive amphore ! Le Triumvir tenta bien de redonner vie au projet de Cléopâtre en entrant en guerre contre les Parthes de Mésopotamie, mais il reçut une raclée homérique.

Enfin, la bataille d'Actium, une bataille qu'Antoine ne pouvait, ne devait, pas perdre, vit s'écrouler les derniers espoirs de Cléopâtre.

La fin est archi-connue ! Antoine se transforme en kebab en s'embrochant sur son glaive, tandis que Cléopâtre se fait piquer par un aspic (?), non sans avoir essayé de séduire de grand glaçon d'Octave Auguste

cleopatre
 
livre

Naturellement, selon cette biographie assez idéalisée, on ne peut pas vraiment dire que César "domina" une Cléopâtre qui, plus tard, causera "la perte d'Antoine", pour reprendre vos expressions. Cependant ce sont sans doute vos hypothèses qui restent les plus vraisemblables. Le grand Jules, grand séducteur (femmes et hommes) devant l'éternel, n'était pas homme à se laisser manipuler par une gamine de seize ans. Quant à Antoine, grand, fort et bête, ébloui par les splendeurs de l'Orient, par les fastes de la cour des Ptolémées, abruti de vin et d'orgies, il ne put jamais rien refuser à la belle Cléopâtre au si joli nez… Un peu comme ces gendarmes guignolesques, qui, hors de chez eux, font les "mangeurs de charrettes ferrées" (comme dirait Robert Merle), mais chez qui c'est la femme qui porte la culotte !

Mais ce qu'il faut, à mon avis, se garder de faire, c'est de transformer Cléopâtre en archétype d'une prétendue "émancipation des femmes dans l'Antiquité". En effet si son comportement de "femme libérée" suscita tant d'indignation de la part des historiens antiques (comme, plus tard, ceux de la reine Zénobie de Palmyre et de la philosophe Hypatie), c'est précisément parce qu'il sortait de la norme, qu'il était très exceptionnel !

Réaction de Stéphane :

1. C'est vrai que notre ami César était aussi intéressé par les hommes… De toute façon les Romains avaient une notion de la sexualité et de la pudeur qui ne cadre pas trop avec notre époque. (pour la pudeur ça c'est sûr, pour la sexualité, on vit dans une époque où les limites sont assez "floues") ;o)

 
RÉPONSE :
 

Quant à l'homosexualité présumée de César, j'avoue que le rapport qu'en fait Suétone (et que je viens de relire par acquis de conscience) m'a toujours semblé suspect… Ce cancanier de Suétone a une vraiment une trop fâcheuse tendance à noircir la réputation de tous les empereurs antérieurs à ces Antonins qui rémunéraient grassement ses louanges ; alors pourquoi ne pas entacher également la réputation du "divin Jules" ?

D'autre part, il est vraisemblable que si César avait été le giton du roi Nicomède de Bithynie, il aurait perdu à jamais toute réputation et n'aurait jamais pu exercer tant d'ascendant sur ses troupes composées de rudes et virils légionnaires. En effet, à l'époque de César la réticence des vieux Romains traditionalistes envers les "mœurs grecques" était encore très vive, même si le jugement moral portait plutôt sur le rôle respectif des partenaires sexuels. L'homosexuel actif sauvait toujours la face, quant à son giton, passif, il était universellement déconsidéré. Comme le constate Paul Veyne (Collections de l'Histoire n° 5,) : "En ce monde, on ne classait pas les conduites d'après le sexe, amour des femmes ou des garçons, mais en activité ou passivité : être actif, c'est être un mâle, quel que soit le sexe du partenaire dit passif. Prendre du plaisir virilement ou en donner servilement, tout est là !".

Ainsi l'empereur Hadrien divinisera son favori Antinoüs sans perdre pour autant la face, mais l'empereur Élagabal, qui épousa son favori Hiérocles, sera massacré par la foule révoltée. Ô fines balances de la morale sexuelle antique !

 
 
emp 01

2. Si vous voulez que je publie des biographies sur ce même principe, n'hésitez pas à me le faire savoir….

RÉPONSE :

Publier certaines de mes biographies d'empereurs sur votre site ? Je vous avoue que je ne saisis pas très bien l'intérêt de la chose : pourquoi disperser la même information à deux endroits différents du Net ? Cela dit, je ne voudrais pas être mal compris ! Ne voyez dans cette attitude aucun souci de ma part de "protéger" ces textes. Si je les ai mis sur la Toile, c'est justement parce que j'estimais qu'ils pouvaient être copiés, "collés", imprimés, bref utilisés par tout un chacun. Et ce d'autant plus que, dans mon esprit, aucune de ces biographies d'empereurs n'est définitive ; toutes sont destinées à évoluer, s'enrichir, être complétées, corrigées, modifiées selon les recherches que j'effectue actuellement.

Mon seul souhait serait que ces personnes qui utilisent mes textes citent leur source d'inspiration, c'est-à-dire mentionnent mon propre site comme référence… Mais même cela, je ne puis, naturellement, l'exiger !

Cette"netiquette" me semble d'ailleurs, a priori, la plus saine façon d'aborder l'Internet : promouvoir un accès libre (voire libertaire) et économique (de temps, d'argent et de moyens…) à l'information ! Mais sans pour cela encombrer la Toile par du "spamming" de l'info. Je n'aurais en effet jamais passé mon temps à créer un site sur les empereurs romains s'il en avait déjà existé un sur le Net (il y en avait un, excellent, en anglais, mais rien de comparable en français)… Et si, un jour, apparaît un site qui me semblera meilleur, plus complet, mieux documenté que le mien, celui-ci n'aura plus aucun intérêt et je le supprimerai sans aucun regret, remords ou animosité !

 
 
29 Décembre 2000
Régis a écrit :

Je voudrais seulement savoir pourquoi rien sur Arcadius ?

Collectionnant les monnaies romaines de longue date je suis à votre disposition si vous voulez des photos des monnaies pour votre site

 
 
 
RÉPONSE :

Merci pour votre sympathique message.

Ces pages sont (pour l'instant ?) uniquement consacrées aux empereurs romains qui régnèrent soit sur l'ensemble de l'Empire romain, soit sur l'Empire romain d'Occident. Or, Arcadius, fils de Théodose le (bien peu) Grand, ne reçut, à la mort de son père, "que" la partie orientale de l'Empire romain à gouverner, tâche dont il s'acquitta d'ailleurs assez mal et avec beaucoup d'indolence !

Quoi qu'il en soit, à ce moment, la scission de l'Empire romain était devenue irréversible. Arcadius est donc, en général, considéré comme le premier "empereur byzantin" au sens propre du terme, et à ce titre, il sort du cadre de mon "étude", si j'ose employer un mot si prétentieux pour ces modestes biographies. Si Dieu ne prête vie, peut-être un jour m'occuperais-je de ces empereurs de Constantinople… Cet Arcadius figurera alors en tête de liste, juste après ce bigot de Théodose qui, lui, possède le rare privilège de figurer dans les nomenclatures impériales d'Occident et d'Orient !

Je prends note, et vous remercie, de votre proposition d'aide. À première vue, j'ai trouvé sur Internet de quoi illustrer mes pages… en espérant ne pas avoir commis trop d'erreurs numismatiques. Cependant, si vous constatez qu'il y a quelque chose qui cloche n'hésitez pas à me le faire savoir et à, éventuellement, m'envoyer des clichés corrects et/ou de meilleure qualité.

À ce sujet, je saisis la balle au bond, pour vous demander, puisque vous êtes numismate, si vous ne posséderiez pas de la documentation (iconographique ou littéraire) sur les émissions "Victoria Augusta" de l'Empire romain des Gaules, pour les années 269 et 270. Comme vous le savez sans doute, il existe une polémique au sujet de ces monnaies : cette Victoria est-elle une femme de chair et d'os, ou une allégorie de la Victoire divinisée ? J'ai tranché en faveur de la seconde hypothèse, mais j'aimerais disposer d'avis de personnes plus éclairées en numismatique que je ne le suis. Merci d'avance.

victoria augusta