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Néron
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Tome 7 - Vie des FEUX
(Sortie, chez Dargaud, le 13 Novembre 2009)

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QUELQUES LIVRES SUR NÉRON
 

    Attention : ceci n'est pas une "bibliographie" exhaustive, loin de là ! Il s'agit simplement de quelques "beaux" livres, histoire et romans, que j'aime bien, que je fréquente souvent, et qui permettront sans doute au lecteur intéressé - mais non spécialiste - d'approfondir sa connaissance de Néron, de sa vie et de son temps.

  • Claude AZIZA - Néron, le mal aimé de l'Histoire : Clic !
  • Eugen CIZEK - Néron, l'Empereur maudit : Clic !
  • Carlo-Maria FRANZERO - Néron, sa vie et son temps : Clic !
  • Lion FEUCHTWANGER - Le Faux Néron : Clic !
  • Pierre GRIMAL - le Procès Néron : Clic !
  • Hubert MONTEILHET - Néropolis : Clic !
  • PÉTRONE - Satiricon : Clic !
  • Jean-Charles PICHON - Saint Néron : Clic !
  • Jean RACINE - Britannicus : Clic !
  • Cristina RODRIGUEZ - Moi, Sporus, prêtre et putain : Clic !
  • Henryk SIENKIEWICZ - Quo Vadis ? : Clic !
  • SUÉTONE - Vies des Douze Césars : Clic !
  • TACITE - Annales : Clic !
  • Mika WALTARI - Le Secret du Royaume (Minutus) : Clic !
1. Les sources indispensables…

livre tacite

TACITE : Annales.

"Tacite n'est pas un historien, un savant, qui ferait la somme objective et froide de la vie politique de Rome au Ier, siècle, mais un homme vivant, d'une grande intelligence limitée par des préjugés d'époque et de classe, d'un jugement sûr mais orienté par des passions qu'il avoue, d'une grande noblesse d'âme mais tempérée par beaucoup de prudence. C'est un artiste. Il voit loin et profond, il remarque, en tout, la ligne de force, la couleur dominante. Il sait ramasser une impression, situer un fait, ouvrir par un seul mot de vastes perspectives. Le premier, parmi les écrivains occidentaux, il a compris que l'histoire des hommes n'est pas un état de choses vers lequel on s'efforce, et puis qui se prolonge, mais une durée sans fin, un changement, une évolution. Il y a malentendu lorsqu'on veut voir en lui le premier grand peintre de la grandeur et de la décadence de Rome. Il est le témoin d'un moment particulier, et c'est bien pourquoi il devient le contemporain de chacun de ses lecteurs." (Léon Thoorens, Panorama des Littératures, 2, Marabout; 1966).

Les Annales traitent la vie de Néron, depuis son adoption par Claude (livre XI) jusqu'à l'année 66 (livre XVI incomplet).

Tacite et Néron sur le Web : Clic !

Les Annales de Tacite sont disponibles (entre autres) :

  • Tacite, Annales, traduction, d'après Burnouf, par Henri Bornecque, Éditions Garnier-Flammarion, Classiques N° 21.
 

livre suetone

SUÉTONE : Les Douze Césars.

"Lire Suétone, c'est enquêter de nuit dans le palais, en rasant les murs, écoutant aux portes et fouillant dans les corbeilles à papier. (…). Suétone a une âme de détective privé. Il note tout, les anecdotes, les on-dit, les potins : tout ce qui, de tous les temps, passionne les lecteurs de la presse à sensation. (…) Car ses portraits n'en sont pas. Pour chaque César, il avait rédigé des fiches où il groupait les faits et anecdotes glanés dans les archives ou dans les conversations d'antichambres sous des rubriques, toujours les mêmes . la table, le lit, les amis, les cruautés, les vices, etc. (…). Suétone n'a pas d'imagination précisément, ni de style, ni de vision. Il rapporte ce qu'il entendait raconter, et ce qu'il entendait raconter était, pour une large part, la vérité, les Césars ayant eu plus d'imagination, dans leur vie, que leurs contempteurs, plus tard, dans leurs récits." (Léon Thoorens, Panorama des Littératures, 2, Marabout; 1966)

Sur le Web :

  • Traduction française des Douze Césars dans la Bibiotheca Classica Selecta de l'Université Catholique de Louvain (UCL) - une remarquable initiative : Clic !. Pour la vie de Néron : Clic !

    Sinon, en "support-papier", les Douze Césars sont disponibles (entre autres) :

  • Suétone, les Douze Césars, Belles lettres, Classiques en poche, Paris,1996 - Prix approx. : 6.61 EUR.

 
2. De l'histoire…

neron - claide aziza

Claude AZIZA : Néron - Le mal aimé de l'Histoire.

(4e de couverture)
Empereur "fou " ,criminel`et pervers, incendiaire de Rome, persécuteur des chrétiens… Au-delà du mythe, qui fut réellement Néron ? Grâce aux historiens latins Suétone et Tacite, l'Histoire peut s'écrire, avec ses zones d'ombre et ses incertitudes…Devenu empereur en 54 après J.-C., grâce à l'ambition démesuré de sa mère, Agrippine, et aux conseils avisés de son précepteur, le philosophe Sénèque, Néron découvre vite le goût du pouvoir. S'il offre au peuple Romain jeux et festivités, respecte en apparence l'autorité du sénat, le jeune prince mène de fait une politique autoritaire et n'hésite pas a éliminer ses rivaux, y compris sa propre mère. Mais, en 64, Rome est ravagée par le feu. Tout bascule… Néron est soupçonné d'être l'incendiaire; les chrétiens sont désignés comme boucs émissaires. La révolte gronde: des sénateurs conspirent Contre l'empereur, bientôt les légions se joignent à eux… En 68, Néron est contraint au suicide.
Dans un récit enlevé, Claude Aziza remet en perspective la folie meurtrière de Néron et brosse le portrait inattendu d'un empereur-artiste, mal aimé de l'Histoire.

  • Claude AZIZA, Néron, le mal aimé de l'Histoire, Découvertes Gallimard, 2006.

Claude AZIZA
Maître de conférences honoraire de langue et littérature latines à l'université La Sorbonne Nouvelle-Paris III, Claude Aziza collabore régulièrement aux revues L'Histoire et Le Monde de la Bible. Directeur de collection chez Pocket et aux Belles Lettres, il a coécrit un Dictionnaire des personnages (Garnier, 1980. Dans le domaine de l'Antiquité, il a édité, chez Omnibus, dans la série Villes antiques, Pompéi (1992), Carthage (1993), Jérusalem (1994) ; aux Belles Lettres, Isaac Laquedem (2005) et Mémoires d'Horace (2006), tous deux d'Alexandre Dumas ; aux éditions de Passy, Voyage à Pompéi, d'Alexandre Dumas. Outre ses nombreux articles sur les films traitant de l'Antiquité il a dirigé Le péplum : L'antiquité au cinéma (avec la collaboration de Michel Éloy, Hervé Dumont, Laurent Aknin, Lucas Balbo et alii), CinémAction, n° 89, 4e trim. 1998 (Corlet-Télérama).

 

livre cizek

Eugen CIZEK : Néron - L'empereur maudit.

"Il serait certes absurde de soutenir que Néron fut un empereur compétent et un homme équilibre. Il n'en faut pas moins rétablir la vérité et déblayer un terrain encombré par nombre de légendes et traditions douteuses. Nous tâcherons donc d'expliquer les " méfaits " de Néron en explorant aussi bien les méandres de son psychisme que le contexte historique qui l'a conditionné. Néron, s'il a tué sa mère, sa femme, son précepteur, n'est pas pour autant coupable de tous les crimes qu'on lui a prêtés. De même, certains témoignages antiques ont présenté de manière caricaturale ses débauches et ses excès d'histrion. Last but not least, nous nous efforcerons d'analyser au plus près les programmes politiques de l'empereur comme ceux des autres grandes forces en présence à l'époque. En effet, Néron n'a pas toujours agi selon ses seuls caprices. Il fut un stratège et un tacticien, qui sut s'entourer d'amis et de conseillers utiles. Son déséquilibre psychique, de ce point de vue, n'est pas à séparer du modèle de gouvernement qu'il s'efforça d'imposer, ni sa " folie " de ses choix politiques. (…) Entendons-nous bien : si nous reconnaissons à Néron une doctrine et une stratégie, nous ne le disculpons pas, pas plus que nous ne justifions ses crimes ou la faillite de sa politique. (Eugen Cizek, Néron, chap. Ier)

Professeur de langues et littératures classiques à l'Université de Bucarest, Eugen Cizek enseigne également à l'Université de Lyon. Il a notamment publié L'Époque de Trajan, Mentalité et institutions politiques romaines et L'Empereur Aurélien et son temps.

  • Néron d'Eugen CIZEK est paru chez Arthème Fayard, 1982
  • Réédition : Eugen CIZEK, Néron - l'Empereur maudit. Marabout Université N° 486. 1988.
 

livre franzero

Carlo-Maria FRANZERO : Néron, sa vie et son temps.

"Toute ma vie, semble-t-il, j'ai porté au fond de mon esprit un portrait de l'être étrange que fut Néron. Chaque fois que je suis retourné à Rome, je suis remonté sur la colline, chaque fois mes rêves ont pareillement pris leur essor.
Du sommet du Palatin j'apercevais la Rome néronienne étalée sous mes yeux. Là-bas, du côté de Saint-Pierre, je voyais le cirque personnel de Néron, celui où il fit montre de ses talents de conducteur de char et de chanteur. Au-delà des ruines du Forum et du délicieux temple de Vesta, mes regards exercés distinguaient les souches marquant l'emplacement de la Maison d'Or qu'il fit construire dans sa folie. Je n'avais aucune peine à imaginer, auprès du Circus Maximus, sa statue géante
(…). Je voyais revivre l'immense cité, telle que Néron la fit reconstruire après le grand incendie. (…) Il me suffisait d'étendre les mains pour toucher des fantômes : Agrippine, meurtrière et assassinée, Sénèque l'hypocrite, Tigellin, vil et pervers, et Néron, l'empereur-enfant, qui aimait tant à écrire des poèmes et à chanter en s'accompagnant sur la lyre.
Quel homme était-il, en réalité ? me demandais-je et la question n'a jamais cessé de me hanter.
(…) Ses cendres étaient à peine froides que ce sycophante de Suétone entreprenait de le noircir aux yeux de la postérité afin de donner plus de lustre aux Antonins, ses patrons. Les auteurs chrétiens des premiers siècles en ont brossé un portrait absurde, en en faisant le féroce assassin des martyrs'. Fut-il seulement le meurtrier de sa mère, de son frère, de sa femme et de ses amis ? Assurément. Mais il fut également un grand potentat, connaissant à la perfection l'art de se rendre populaire. Il fut un précurseur des princes de la Renaissance, un mélange étrange de cruauté, de grandeur et de dilettantisme. L'Histoire est encombrée de héros vertueux et assommants ! Néron fut un jeune empereur insensé, le dernier des Césars, le miroir et l'image d'une Rome à qui le monde obéissait et que blasait déjà l'exercice de son immense pouvoir. Et le peuple romain l'adorait." (Carlo-Maria Franzero, Néron, sa vie et son temps, Préface)

  • C.M. FRANZERO, The Life and Times of Nero, Alvin Redman Ltd, Publishers, London
  • Carlo-Maria FRANZERO, Néron, sa vie et son temps - Traduction de R. Jouan, Payot, Paris, 1955
  • Réédité notamment en 1980, dans la Petite Bibliothèque Payot.

 

livre grimal

Pierre GRIMAL : Le Procès Néron.

"Aucun empereur romain n'a été aussi sévèrement condamné par l'Histoire que le fils d'Agrippine, arrivé au pouvoir par la volonté de sa mère à l'âge de dix-sept ans, mort à trente et un ans. Cette condamnation, que faut-il en penser ?
À travers une série de documents hétérogènes, qui reposent tous sur des témoignages authentiques (lettres, actes publics, fragments de journal intime, etc.) on découvre la suite des événements (remis à leur date par les commentaires d'un complice, le découvreur du " dossier ") et les mobiles vraisemblables, ainsi que les réactions des différents personnages, acteurs ou témoins. Il devient alors possible de discerner la complexité du réel que le récit historique, dit " objectif ", masque sous une apparente simplicité.
Qui est Néron ? Un monstre de perversité ? Un enfant aimant et sensible à la beauté du monde ? Un enfant meurtri, privé d'amour ? Un adolescent soumis à toutes les tentations de son imagination ? Un provocateur défiant la morale et les lois, et en position de le faire ? Un criminel pur et simple ? Son talent pour la musique a-t-il joué un rôle dans le destin du monde ? Et ce monde, l'a-t-il changé ?
Chacun des textes recueillis dans ce dossier, et dont aucun n'est entièrement imaginé, reflète une facette de la réalité. C'est au lecteur lui-même, et à lui seul, qu'il revient de se faire historien, de découvrir le vraisemblable, au-delà de la légende, d'imaginer des angles de vision possibles et de composer un personnage et un paysage qui ne seront qu'à lui. Peut-être se plaira-t-il à retrouver, à travers ces témoignages, quelques-uns des problèmes de notre temps, par exemple ceux que pose la répartition des richesses ou le rôle assignable à la pensée et à la sensibilité des hommes, à côté des mécanismes et des fatalités dont nous nous plaisons à feindre qu'ils enchaînent la liberté humaine.
" (Le Procès Néron, Éd. de Fallois  - texte de couverture)

 

livre pichon

Jean-Charles PICHON : Saint Néron.

"L'ouvrage de Jean-Charles Pichon marque un refus : celui de s'en tenir aux conventions d'une histoire figée, alors même que des éléments nouveaux d'une part, une lecture des évènements et des textes qui tient compte de leur dimension mythologique et ésotérique d'autre part, apportent un éclairage différent à ce premier siècle.
Certes, ne serait-ce que parce qu'il dénonce l'imposture, l'essai de Jean-Charles Pichon mérite que l'on s'y arrête.
Mais sa portée véritable, ce qui lui confère un statut qui dépasse de loin la majorité des livres consacrés à l'époque, tient en l'affirmation que le règne de Néron est en soi un tournant : celui de la création des mythes du christianisme par un être dont il ne s'agit pas de juger des vertus et des vices, mais de constater que, peut-être, sans lui, cette religion n'aurait pas existé - ou connu une telle diffusion - en dépit du rôle prépondérant de Paul en tarit que premier propagateur de la foi nouvelle.
Le 10 mai 1962, le quotidien belge Le Soir publiait ces lignes, signées d'un certain Albert Kies : « Faut-il ajouter que j'ai lu sans ennui le Saint Néron de M. Pichon ?Au fur et à mesure que j'avançais dans ma lecture, les livres s'entassaient devant moi : Tacite, Suétone, le Nouveau Testament, un dictionnaire latin. [,Un livre qui invite à tant de lectures, peut-on vraiment nier qu'il soit passionnant ? »
(Jean-Paul Debenat, Postface du Saint Néron de Jean-Charles Pichon, e-dite histoire, 2000)

  • Jean-Charles PICHON, Saint Néron, e-dite. (Voir aussi ici : Clic !)

 
3. De la fiction… …

livre satyricon

PÉTRONE : Satiricon.

"Il faut renoncer à résumer le Satiricon. Les deux cent cinquante pages qui en subsistent racontent les vagabondages de deux jeunes voyous, Encolpe et Ascylte, flanqués de leur petit ami Giton - dont le nom devint commun pour désigner son emploi. Ils assistent à une lecture publique, s'esquivent, s'égarent, font de mauvaises rencontres, se disputent les faveurs de Giton, se battent, se réconcilient, volent, se font voler, trompent, se laissent tromper, se mêlent aux plaisirs divers et corsés d'une compagnie de riches oisifs, s'enfuient en emportant tout ce qu'ils peuvent emporter, s'embarquent, débarquent, échappent aux prêtresses d'un dieu qu'ils ont insulté, disputent avec des poètes, assistent à un grand banquet : tout cela dans une atmosphère de ribauderie générale, naturelle et forcenée. (…). Le monde du Satiricon est un gigantesque lupanar, identique à lui-même dans les diverses villes où l'on a cru pouvoir situer les « actions » : Naples, Pompéi ou Crotone. Des philosophes stoïciens proclament la pure doctrine, mais agissent en débauchés ; des poètes déclament avec émotion de « beaux » vers, mais roulent aussitôt après dans la basse luxure ; les passants sont prêts à toutes les complicités ; les hôtes riches sont d'anciens esclaves enrichis dans on ne sait quels horribles commerces, leurs palais des constructions colossales et délirantes de mauvais goût, les invités des forbans. Sans scrupules, sans pitié, sans cœur, nul ici n'hésite jamais, ni devant rien, et nul ne doute jamais non plus que l'inconnu qui survient ne soit également corrompu, également abject. Y a-t-il place, d'ailleurs, dans ce monde, pour les notions de corruption, d'abjection ? La vie roule, forcenée, haletante, impitoyable, et les choses y sont ce qu'elles sont : monstrueuses. (…). Témoignage terrible et accablant sur son époque, le Satiricon est l'œuvre le plus étrange, la plus étonnante, de toute l'Antiquité. (Léon Thoorens, Panorama des Littératures, vol 2, Marabout, 1966.

Pour une traduction française du Satiricon, voyez l'excellent site remacle .org : Clic !
Pour le texte latin complet : Clic !
Traduction anglaise : Clic !

Éditions disponibles (entre autres)

  • PÉTRONE, Satyricon, Flammarion GF N° 357, Paris, 1981
  • PÉTRONE, Le Satiricon, Livre de Poche N° 589, Paris, 1995
  • PÉTRONE, Satiricon, Belles lettres, Paris, 2001 Collection : Classiques en poche
  • PÉTRONE Le Satyricon, Ellipses-Marketing, 1999 Collection : Les textes fondateurs
  • PÉTRONE, Satiricon, Arléa, Paris, 1991 Collection : Retour aux grands textes
  • PÉTRONE : Encolpe et Giton, Quintes-Feuilles, Paris : Clic !
 

britannicus - racine

Jean RACINE : Britannicus

Britannicus a donné son nom à la pièce sans qu'il ait un rôle de premier plan. Le conflit véritable se situe entre Néron et Agrippine. Ce drame violent, inhumain, se place dans une atmosphère de révolution de palais. C'est une tragédie politique dans la mesure où elle peint le combat d'Agrippine et de son fils pour une toute-puissance exclusive. Lutte sans merci, où fous les coups sont permis ; c'est en quoi drame privé et drame politique sont inséparables ici. La mort de Britannicus est le premier signe de la disgrâce d'Agrippine : l'unité est donc parfaite.
L'action est simple. Néron avait fait enlever Junie avant que la pièce commence, et, dès le début de la tragédie, le paroxysme est atteint : Agrippine, furieuse du nouvel affront qu'elle vient de subir, veut (…) reprendre sur Néron l'autorité qu'elle a perdue. Mais cette entrevue, que l'empereur a esquivée le plus longtemps qu'il a pu, se trouve différée jusqu'à l'acte IV. Entre-temps, les instincts de Néron se sont révélés : en épiant Junie, il est tombé amoureux d'elle (mais n'était-ce pas déjà le motif inconscient de l'enlèvement) ; il a, par cruauté jalouse, espionné l'entretien de Junie et de Britannicus, après l'avoir lui-même suscité ; sa fureur, lorsqu'il les a surpris à nouveau réunis, mais cette fois contre sa volonté, a provoqué l'arrestation de Britannicus, première étape vers l'assassinat du jeune prince. Ainsi Néron, que l'on ne connaissait au premier acte que par les commentaires contradictoires d'Agrippine, de Burrhus, d'Albine, de Britannicus, a glissé vers le crime; mais tout semble l'y avoir poussé : par ambition déçue, Agrippine, découvrant sa politique de bascule, a utilisé Britannicus pour faire pièce à Néron ; Burrhus, pour contrecarrer l'ambition d'Agrippine, a justifié l'empereur et s'en est fait ainsi le complice involontaire. Britannicus lui-même, par témérité, s'est laissé entraîner à conspirer contre Néron en songeant beaucoup plus à reconquérir Junie qu'à s'emparer du pouvoir. Aussi, lorsque Agrippine, qui a laissé passer une occasion de morigéner Néron, tente enfin de lui dicter sa volonté, il est trop tard : la jalousie amoureuse, la peur de retomber sous la tutelle de sa mère ne font que pousser Néron au meurtre de Britannicus ; le crime lui apparaît alors comme une nécessité, s'il veut régner seul et rester maître du sort de Junie.
Ainsi l'on s'avance progressivement vers un dénouement qui paraît de plus en plus inéluctable. On peut avoir l'illusion que l'issue fatale sera différée (…). Mais les dernières hésitations sont balayées par la vague furieuse des passions qui précipitent un dénouement dont la logique s'impose à l'esprit : c'est en quoi il apparaît comme vraisemblable. Le tragique vient de l'acheminement des personnages vers un destin qui les dépasse et dont ils ne sont que le jouet. L'action, c'est le récit des premiers pas de Néron dans la voie du crime : la jalousie amoureuse et la crainte de la menace que constitue Agrippine convergent bien. (…) Britannicus, otage innocent, est le premier obstacle rencontré par le jeune empereur sa mort ouvre la voie du parricide.
” (Jean-Pol CAPUT, présentation du Britannicus de RACINE, pour les Nouveaux Classiques Larousse, 1971)

   

SUR RACINE ET SON BRITANNICUS :

 
 

livre quo vadis

Henryk SIENKIEWICZ : Quo Vadis ? Roman des temps néroniens.

"Le Néron de Quo Vadis est un monstre, mais Sienkiewicz lui a donné une séduction qu'il n'a ni dans Tacite ni dans Suétone ; le diable d'aventure tient la main de Sienkiewicz écrivant. À mainte reprise, quand Néron chante, les auditeurs écoutent « en un muet ravissement ». Quand il parle sur l'art avec Pétrone, toute la conversation est captivante et fécondante. Comme le scélérat se révèle humble devant la beauté ! Ne va-t-il pas jusqu'à dire que l'art le fait se sentir « aussi bon que l'enfant au berceau » ? Ailleurs éclate la folie perverse. Enfin il se tue, - à grand-peine. Après sa mort, seuls lui resteront fidèles deux de ses esclaves. Une femme qui brûlera son corps sur un bûcher d'aromates. Un très jeune homme que l'historien Weigall nous montre « pleurant assis sur un lit ». Que faut-il pour faire répandre des larmes sur les égoïstes et sur les monstres ?" (H. de Montherlant, Préface de Quo Vadis ?)

Éditions disponibles (entre autres)

  • Henryk SIENKIEWICZ, Quo Vadis ?, 2 volumes , Buchet Chastel, Paris, 1998
  • Henryk SIENKIEWICZ, Quo Vadis ? - Roman des temps néroniens, LGF, Paris, 2001 - Coll. : Le Livre de poche N° : 16077
  • Henryk SIENKIEWICZ , Quo Vadis ?, Hachette-Jeunesse, Paris, 1996 - Coll. : Le livre de poche jeunesse N° : 1119
  • 4literature.net : Henryk Sienkiewicz : Quo Vadis (traduction anglaise)

 

Et sur le site associé PEPLVM - Images de l'Antiquité

 

 

livre waltari

Mika WALTARI : Le Secret du Royaume - Minutus.

"Minutus Lausus Manilianus est le fils de Marcus, héros du premier volet du Secret du Royaume.
Minutus naît à Antioche, mais très jeune vient à Rouie où il se lie avec Lucius Domitius, amoureux des arts, qui ne tardera pas à s'illustrer sous le nom de Néron.
Cette rencontre va dominer toute son existence. Successivement tribun en Bretagne et père de l'enfant d'une princesse icène, otage en Arménie de brigands sanguinaires, espion à la solde de Sénèque, éternel médiateur entre les Juifs et Rome, il devient l'un des hommes les plus riches de son temps, intendant général des ménageries impériales, fournisseur de tous les spectacles du cirque. Il en arrive même à caresser l'espoir que son fils accède au trône impérial. C'était compter sans la secte de Nazaréens, que Minutus verra se dresser sans cesse sur son chemin : son épouse, la belle Claudia, est elle-même chrétienne.
Minutus mourra d'ailleurs dans la fosse aux lions avec sa femme et son fils, après s'être converti en ricanant. Et à l'instant de sa mort se produira un miracle. Mais les hommes sont plus cruels que les dieux quand le pouvoir d'un empereur est en jeu.
" (Le Secret du Royaume - Minutus, Éd. Olivier Orban  - texte de couverture)

 

livre f. nero

Lion FEUCHTWANGER : Le FAUX NÉRON.

"Onze ans ont passé depuis la mort de Néron. Céion, fonctionnaire zélé mais sans imagination qui vient d'être nommé gouverneur de, la province de Syrie, est horrifié par la vie turbulente et anarchique de l'Orient. À peine arrivé, il se heurte à Varron, ex-sénateur animé d'une ambition d'autant plus dévorante qu'il a été banni de Rome par les successeurs de Néron. Varron répond à ce qu'il considère comme une provocation par une opération politique, diplomatique et finalement militaire de grande envergure : profitant du ressentiment des royaumes d'Orient qui souffrent du joug de Rome, il exploite les talents de comédien et surtout l'étonnante ressemblance de son ancien esclave, le potier Térence, avec l'empereur défunt, pour faire croire à un " retour " de Néron, et propulse le potier sur le devant de la scène politique, où il sera bientÔt entouré de personnages douteux, coquins et malandrins qui cherchent à profiter de cette aventure.
L'ascension fulgurante puis la chute de Néron-Térence mettent au jour les rouages du combat politique dominé par l'ambition personnelle et la lutte pour le pouvoir. Publié en 1936 à Amsterdam, interdit par les Nazis, le Faux Néron plonge dans le monde de l'Antiquité et dans l'univers exotique de l'Orient pour mieux dénoncer les dérives politiques de son temps
". (Le Faux Néron, Fayard  - texte de couverture)

Critique (le théâtre, fondateur, en 1908, du magazine culturel Der Spiegel, metteur en scène, dramaturge, auteur de romans (la plupart historiques) qui connurent dans les années 20 et 30 un extraordinaire succès, Lion FEUCHTWANGER (Munich, 1884 - Los Angeles, 1958), d'origine juive, l'ut contraint de fuir l'Allemagne nazie en 1933. Réfugié en France, à Sanary-sur-Mer, il lut interné en 1940 au camp des Milles, mais réussit à s'évader et gagna les États-Unis, où il vécut jusqu'à sa mort.

 

livre neropolis

Hubert MONTEILHET : Néropolis.

"… À l'occasion d'un Salon du Livre au Grand Palais, je suis tombé en arrêt sur un ouvrage~ fascinant : une thèse du regretté Georges Ville, publiée par l'École de Rome : La gladiature romaine, des origines au milieu du IIe siècle de notre ère. Lisant cet admirable travail, je me répétais : si Sienkiewicz avait pu assimiler une pareille science, que n'aurait-il pas fait ? J'avais effectivement été quelque peu déçu par mes récentes relectures de Quo Vadis ?. Si la qualité romanesque restait intacte à mes yeux, l'histoire, la vraie, n'était plus au rendez-vous. Il me semblait que l'auteur avait agité des héros de convention devant un décor romain plein de trous. Et me gênait aussi un parti pris hagiographique, qui s'expliquait sans doute par le désir d'opposer une Pologne catholique à une Russie schismatique - déjà puissance occupante !
Doutant cependant de pouvoir refaire
Quo Vadis ?, j'ai caressé d'abord l'idée d'un roman tout nourri de gladiature, mais pour m'apercevoir bientôt qu'une telle tentative n'aurait été intelligible que si un nombre de pages considérable avaient été consacrées à faire revivre tout un indispensable contexte. Et puisque contexte il fallait par la force des choses, pourquoi pas un roman plus ambitieux, capable de ressusciter les moindres aspects de la Rome antique ? Et au fond, pourquoi pas un nouveau Quo Vadis ?, en harmonie avec les derniers progrès des connaissances historiques ? Comme l'avait bien vu Sienkiewicz, les temps néroniens n'étaient-ils point passionnants ? Quel thème que ce heurt entre une civilisation de l'homme et de ses plaisirs et la Cité de Dieu, annoncée par des apôtres encore en vie mais près du supplice ! (…)
On m'a souvent demandé si j'avais voulu réhabiliter Néron. Mais réhabiliter ou discréditer un personnage historique n'est pas faire œuvre d'historien, puisque l'attitude présuppose une intention a priori. Je me suis borné à présenter le Néron que les plus récents travaux - ceux de l'historien roumain Cizek, en particulier - nous révèlent ou nous suggèrent. Néron ne nous est guère connu que par les diffamations plus ou moins calomnieuses de ses ennemis aristocrates ou chrétiens. Il était légitime de discerner entre les lignes comme au travers de certains faits un Néron plus humain et plus normal.
De même en ce qui concerne les premiers chrétiens, le me suis efforcé de dépasser une hagiographie saint-sulpicienne pour atteindre une réalité qui me semble à tout prendre plus édifiante encore. L'humilité, les imperfections de l'instrument, ne font-ils pas ressortir, pour le croyant, toute l'étendue miraculeuse de la grâce divine ?
" (Hubert Monteilhet)

  • Néropolis d'Hubert MONTEILHET est paru aux Éditions Juliard (1984)

    Aussi disponible :

  • Hubert MONTEILHET, Néropolis, Pocket N° 3545, Paris, 1997

 

livre sporus

Cristina RODRIGUEZ : Moi, Sporus, prêtre et putain.

"Certains destins pourraient surprendre les dieux eux-mêmes. Qui aurait parié un sesterce sur l'avenir de Sporus, enfant prostitué et exploité par sa marâtre dans un bouge infâme de Subure ? Et pourtant…
De tribulation en tribulation, il devient prêtre de Cybèle, une déesse orientale dont le culte inspire des sentiments partagés à Rome. Tout à la fois sacré et eunuque, respecté mais inculte, indiscipliné et rebelle, gouailleur et surtout irrésistiblement charmeur, ses imprudences lui valent bien des déboires. Mais Néron lui-même ne reste pas insensible à ce curieux garçon, et fait de lui son favori, et même son épouse, avant de sombrer dans la folie et la mort. Entre banquets, intrigues, fêtes et voyages, le jeune prêtre apprendra à ses dépens que la cour de Rome peut être aussi dangereuse que les forêts de Germanie…
Conté avec la voix de Sporus, dont la verve et l'insolence désarçonnent amis et ennemis, rythmé par une suite d'épisodes picaresques, ce récit n'en est pas moins rigoureux : chaque détail est fidèle à la réalité historique, et, en contrepoint, c'est la fin d'un règne, celui de Néron, la fin d'une dynastie, celle des Julio-Claudiens, que Cristina Rodriguez raconte avec émotion
". (Moi, Sporus, Calmann-Lévy  - texte de couverture)

 

Suite…